LES PLUS BELLES ARNAQUES  A LA BIBLE
Ou la Bible à tort et à travers
 
Extrait de « Découvertes sur les sectes et religions » n° 40 du 1° janvier 1999, le trimestriel du GEMPPI. Revu le 07.06.11. Certains adeptes ne pouvant être convaincus que par l’autorité de la Bible, nous avons été amenés à utiliser des arguments bibliques dans cet article pour contrer l’influence des prédicateurs manipulateurs.
 
 
Ce dossier n’exprime pas les opinions religieuses du GEMPPI qui n’a pas d’orientation idéologique et qui est une association laïque et de toute manière composés de croyants et de non croyants. Il ne vise pas non plus à accréditer la Bible ou une position théologique. Nous ne souhaitons pas plus discréditer une religion et ses textes canoniques. 
Notre seul but sera de fournir quelques rudiments, des arguments à ceux qui sont confrontés dans leur entourage à une secte ou à des comportements sectaires basés sur une lecture singulière de la Bible.
 
Ce travail met en évidence les plus fameuses acrobaties théologiques et les meilleurs arrangements rhétoriques destinés, en prenant le plus souvent appui sur votre éducation judéo-chrétienne, à vous faire dériver par le doute, puis dévier par des enseignements péremptoires vers ce qui sera dans certains cas votre esclavage spirituel, intellectuel et affectif : pour le plus grand plaisir dissimulé d’un gourou, d’un pseudo-pasteur ou des dirigeants d’une secte.
 
Dans ce numéro nous prenons donc l’aspect d’une association de défense des consommateurs spécialisée dans le domaine religieux. Vous constaterez que nous ne visons pas seulement les pratiques des sectes reconnues comme telles, mais aussi certaines dérives religieuses pouvant se produire dans des situations particulières.
 
 
 
 
L’OPPORTUNITE DE CE DOSSIER
 
Parce qu’elle est souvent utilisée par ceux que nous visons, nous utiliserons la version Segond de la Bible. Si certaines observations que nous faisons sur les sectes dans ce dossier pourraient être faites sur certaines religions ou plutôt sur les extrêmes de toutes les religions (1), il y a des pratiques constantes de falsifications ou d’utilisations aberrantes, fanatiques ou malhonnêtes des textes sacrés qui signalent toujours une secte aux commandes de l’interprétation des Ecritures.
 
La différence sur le terrain est énorme, visible et mesurable.
 
L’accidentel en religion devient règle en secte
 
Un exemple : si l’on sonde des témoins de Jéhovah sur leurs convictions, quel que soient leur niveau intellectuel, social Etc...nous constatons qu’ils sont tous de parfaits clones spirituels et idéologiques. Ils sortent d’un même moule avec un profil standard tiré à 5 ou 6 millions d’exemplaires par la firme américaine « Watch Tower Bible And tract Sociéty ». Par contre, si nous procédons à la même opération avec des catholiques ou des protestants par exemple, nous découvrons certes une toile de fond spirituelle commune , mais aussi beaucoup de différences, voire de divergences, indices évidents de liberté de conscience par rapport à l’interprétation et à l’application de leur credo....
 
Face à cette liberté nous sommes confrontés semble-t-il à l’infantilisation et à la robotisation spirituelle des membres des sectes. Le plus fort c’est que ce sont les mêmes ingrédients (Bible, Etc.) qui sont mis en œuvre dans les 2 cas. Il s’agirait donc d’un problème de dosage. Nous ne prétendons, bien sûr, pas déterminer quel est le bon équilibre dans l’interprétation des textes.
 
Par contre, vu les effets nocifs rencontrés (2), il nous est facile de détecter les véritables arnaques intellectuelles et les combines de manipulations mentales utilisées par les sectes au travers de la Bible. Nous pourrions faire la même chose avec n’importe quel autre livre sacré comme le Coran par exemple.
 
Pour ne citer qu’un type d’interprétation tendancieuse et déséquilibrée, il suffit de retenir les thèmes qui excitent le plus d’intérêt pour les ultra de l’islam : La guerre «sainte », la condition inférieure des femmes, Etc... Evidement pour ce faire ils se référent volontiers aux paroles du Prophète Mahomet : « Les hommes sont supérieurs aux femmes » (2) ou : « Est-ce que le témoignage d’une femme n'équivaut pas seulement à la moitié de celui d’un homme ? Cela tient à l'infériorité de leur intelligence " (3) Et ceci sans tenir compte de l’essentiel qui se trouve en tête de chacune des 114 sourates du Coran (Sauf la 9ème) : "Au nom de Dieu le très Miséricordieux, le Compatissant". En l’occurrence la miséricorde envers les femmes devrait prévaloir.
Si nous avons choisi cet exemple hors Bible, c’est parce que certains n’acceptent la critique que lorsqu’elle désigne les autres. Espérons qu’ils en retiennent au moins la leçon.
 
Parallèlement dans les sectes on noie ou on dissout l’essentiel, le fondamental dans l’accessoire.
 
« On y coule allègrement le moucheron pour avaler le chameau » (4).
 
Les sectes ne font aucun compromis sur les détails «tape à l’œil », car c’est leur meilleure pub. Par contre on y trouve parfois une grande souplesse sur l’essentiel.
 
Les dirigeants témoins de Jéhovah, envoient sans état d'âme à une mort possible, faute de transfusion sanguine vitale, les enfants de leurs adeptes parce qu’ils ont interprété littéralement un verset ambigu de la Bible tout en restant amnésiques sur ce qui devrait être l’essentiel et qui devrait gouverner l’interprétation de tout le reste :
« Quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit, tu aimeras le seigneur, ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces 2 commandements dépendent toute la loi et les prophètes ». Matthieu 22 : 36 à 40.
 
 
(1) Nous assimilons les extrêmismes des religions aux sectes. Cependant, il n’est pas toujours aisé de définir où commence l’excès.
(2) Nos principales bases de références sont les «Droits de l'homme », le code pénal et l’honnêteté intellectuelle
(3)     Coran 4.34
(4)     Sahih de EL BOKHARI, Hadith 6.6
(5)     Evangile de Matthieu Chap.23 verset 24
 
 
 
LES ATTRAPES NIGAUDS DONT NOUS NE PARLERONS PAS OU PEU
 
 
1)    LE SYNCRETISME DEMAGOGIQUE
 
Beaucoup de sectes rendent leur prosélytisme efficace en partant des croyances propres de ceux qu’elles tentent de convertir.
 
C’est ainsi qu’elles manœuvrent des catholiques, protestants, juifs, musulmans sur la base de leurs traditions religieuses pour les convertir à leur insu à une autre religion. En général une espèce de bouddhisme ou d’hindouisme ou encore de paganisme émanant de la nébuleuse «new âge ».
 
La procédure est simple mais elle passe souvent inaperçue de ceux qui ont peu de culture religieuse ou qui sont trop préoccupés par leurs problèmes immédiats pour être vigilants. Il s’agit de vider de leur sens traditionnel tous les termes religieux du futur adepte et de les retraduire en conformité avec la doctrine et les buts de la secte.
 
Un exemple : dans les traditions et cultures monothéistes (christianisme, judaïsme, islam) Dieu est le créateur, la cause première par distinction à la création qui elle, a eu un commencement. C’est un système qui sur ce point est dualiste.
 
Par contre en Extrême-Orient le vocable «Dieu » aurait quasiment la signification inverse dans l’esprit des asiatiques bouddhistes ou hindouistes puisque dans ces systèmes tout est Dieu, rien n’a été crée, et par conséquent il faudrait, pour traduire loyalement cette pensée de Dieu, quelque chose du genre : «Mère Nature ». Ce sont des systèmes monistes et panthéistes (Ce qui n’a rien de péjoratif).
 
C’est ainsi que la «Science Chrétienne », «l’Aumisme» de Gilbert BOURDIN, les rose-croix de tous poils, l’Anthroposophie, le Mouvement Gnostique Chrétien Etc. ... s’apparentent beaucoup plus dans la substance de leurs croyances à l’hindouisme ou au bouddhisme, qu’au christianisme, malgré l’usage de la Bible et du personnage de Jésus Christ.
 
Ainsi lorsqu’un scientiste-chrétien vous lira dans la Bible le mot «matière », lui, comprendra : « croyance au péché », lorsqu'il y lira : « miracle », il entendra : « un phénomène de science » : c’est-à-dire tout à fait l'inverse de ce que vous saisirez. Les mots sont piégés. C’est ainsi qu’on programme les cerveaux.
 
 
2)    Ceux qui se servent de la Bible comme tremplins pour amener à une nouvelle révélation ou prophète (c’est pareil avec le Coran).
 
Tous ceux qui utilisent cette combine ne sont pas à classer dans les sectes. Cependant lorsqu’ils prétendent ajouter foi à la Bible ou au Coran, ils évitent au premier abord de vous spécifier qu’ils pensent que ces Ecritures saintes sont falsifiées ou entachées d’erreurs : ce qui les rend parfaitement inutilisables et n’ont d’intérêt pour eux que pour mettre en évidence leur nouveau prophète ou leur nouvel évangile.
                                                                            
Dans cette catégorie nous trouvons pour ne citer que quelques exemples : les Mormons, les Bahaïs, les Pèlerins d’Arès (Ouvriers de la Moisson) Etc.
Le procédé dont use cette catégorie de mouvements est très commode. Il permet de se donner une allure très tolérante à l’égard des autres religions par le fait qu’on affirme respecter leurs saintes Ecritures. Alors qu’en réalité toutes ces religions tant respectées sont considérées caduques, dépassées notamment parce que leurs Bibles et autres Corans comportent des imperfections.
 
Ces religions sont donc disqualifiées au profit de la dernière en date qui se propose de faire une grande synthèse, une correction parfaite de la volonté de Dieu. Les tenants de ce genre de mouvements sont souvent déloyaux par les dissimulations qu’ils font sur certains aspects singuliers de leur credo ou sinon très prétentieux concernant l’excellence de leur vérité ou de leurs comportements, sentiment qu’ils peuvent se permettre d’exhiber sans trop de risque puisque leurs mouvements n’ont pas eu à se confronter à l’histoire dans ses périodes les plus noires, et n’ont jamais eu assez de pouvoir pour imposer leur loi.
 
 
3)    Mouvements chrétiens dont la dérive sectaire provient de l’interprétation des Ecritures
 
Ce sont les gesticulations exégétiques de cette catégorie de mouvements religieux que nous privilégions dans ce dossier.
 
Un gourou, un pseudo-prêtre ou pasteur, une secte ont besoin d’attirer l’attention, d’être visibles, d’intéresser, de séduire, de fidéliser leur clientèle d’adeptes et d’en avoir l’exclusivité. Telles sont les conditions qui permettront à ces recruteurs d’âmes de réussir et d’atteindre leur but : le pouvoir, l’obéissance de leurs fidèles et l’argent qui en découle.
 
Pour fidéliser ses adeptes, en avoir l’exclusivité et le contrôle nous retrouvons sous différentes formes le même argumentaire et les mêmes principes de manipulations psychologiques.
 
Il s’agit de profiter de la situation de ceux qui sont dans le désarroi (santé, argent, travail, solitude), tromper ceux qui cherchent un sens à leur vie, faire peur, culpabiliser jusqu’à la paranoïa (fin du monde annoncée, jugement dernier hyper sélectif), recréer une ambiance pseudo familiale où le leader joue le rôle du père, couper les liens avec le monde extérieur à la Secte (famille, amis...), rendre l'adepte dépendant du groupe (affectivement, spirituellement, matériellement), lui extorquer son argent, entretenir l’illusion de superpouvoirs etc. ...
 
Nous ne pouvons être exhaustifs dans le traitement du sujet tant il est vaste : seules les plus belles arnaques à la Bible ont été choisies. Pour le reste veuillez nous consulter, nous vous conseillerons si nous le pouvons.
 
1- LA DIME
 
Le Dieu de l’argent, MAMON est de retour en force (Luc 16. 9-13) et curieusement dans certaines églises il se sent chez lui, car il n’est question que de lui ou presque.
Si Jésus n’était pas enclin à encaisser l’argent de ses disciples (Jean 12.6, Matthieu 19.21), il est une foule de télévangélistes souvent américains, mais qui ont des émules français, qui ont tiré une curieuse leçon de ce précepte évangélique : « faites-vous des amis des richesses injustes » (Luc 16.9).
 
Les congrégations religieuses de ces pasteurs parfois superstars ressemblent à de vraies entreprises commerciales. On est loin de l’attitude de l’apôtre Paul, qui préférait travailler de ses mains plutôt que d'être à charge de l’église (I Corinthiens 14.12., Actes 18.2.).
 
Les chrétiens sont-ils réellement assujettis au versement de la Dîme ?
 
Dans certaines églises, les fidèles s’entendent dire qu’il leur faut verser la «dîme » parce que c’est un enseignement biblique. Dîme signifie dix, c'est-à-dire 10 % des revenus. Le fidèle de ce type de mouvement devra faire une offrande «volontaire » de 10 % de son salaire, qui sera consacrée au fonctionnement de son église et aux projets que font ses dirigeants.
 
Mais est-ce bien une offrande volontaire ? Que devons nous penser lorsque le dirigeant (Pasteur, prédicateur, etc. ...) insiste lourdement dans ses prêches, par exemple sous cette forme :
 
« La dîme est prescrite dans la Bible, c’est donc la volonté de Dieu que les croyants véritables s'acquittent de la dîme, nous sommes libres de ne pas la donner, mais dans ce cas il est inutile de prier Dieu, il ne saurait exaucer ceux qui ne lui obéissent pas ! »
Certains prédicateurs n’hésitent pas à menacer leurs fidèles : «  vous volez Dieu lorsque vous ne donnez pas la dîme à l'église ».
Ce que ces prédicateurs indélicats oublient de dire c’est que la dîme était une loi qui ne concernait que les Juifs de «l’Ancienne alliance », lorsqu’ils vivaient dans un état théocratique. Les chrétiens n’étant plus assujettis à la loi de Moïse (Galates 5.4 : « vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi »... Etc.), n’ont donc plus à verser la dîme. La prescription de verser la dîme n’existe pas dans les Evangiles et le reste du Nouveau Testament. Si malgré cela certains s’entêtent à vouloir donner la dîme, qu’ils sachent que le taux de 2,5 % de leurs revenus suffira, ainsi qu’il est prescrit dans la loi de Moïse :
« Au bout de trois ans, tu sortiras toute la dîme de tes produits... Alors viendront le lévite (Prêtre), qui n’a ni part ni héritage avec toi, l’étranger, l'orphelin et la veuve, qui sont dans tes portes, et ils mangeront et se rassasieront, afin que l'Eternel ton Dieu te bénisse... » Deutéronome 14. 28.29.
 
Nous voyons dans ce texte que la dîme était divisée en 4 parts, celle des prêtres, celle des étrangers, celle des orphelins et celle des veuves.
Aujourd’hui nous payons tous trois de ces parts de dîme, par les impôts directs et indirects. En effet, les orphelinats, les pensions de reversions aux veuves Etc. sont à la charge de l’état et des caisses de retraites et non de l’Eglise.
 
Ainsi, si certains désirent absolument verser une dîme, 2,5 % de leurs revenus suffiront car il ne reste à leur charge que la part du prêtre (le Lévite) soit le quart de la dîme, car le reste (l’étranger, la veuve, l’orphelin) ils l’ont déjà donné.
 
Il est malhonnête de la part de ces prédicateurs de s’octroyer la part des étrangers, des orphelins et des veuves.
 
La seule prescription évangélique sur l’offrande est la suivante :
 
« Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte... » II Corinthiens 9.7.
 
 
Le porte-monnaie, baromètre de la spiritualité
 
Comme nous l’avons vu précédemment la référence à la dîme est fort commode pour pomper 10% des revenus des fidèles : c'est écrit quelque part dans la Bible, donc Dieu le veut. Si vous ne versez pas la Dîme à votre église, vous volez Dieu ! Bien-sûr comme nous l’avons souligné, il s’agit là d’une arnaque intellectuelle d’un rapport de 10 %.
 
L’Eglise Universelle de Dieu, devenue après scission, la «Globale Church Of Christ », l’Eglise Mormone (Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours) et beaucoup d’autres excellent dans l’application de cette sorte d’impôt pour «la plus grande gloire du Très Haut ».
 
COMME DANS LE COMMERCE, MON PRODUIT EST LE MEILLEUR
 
Le fonctionnement de ce système de prélèvement va souvent de pair avec l’exclusivité prétendue de la vérité, du salut, et l’imminence du jugement dernier. Comme dans le commerce, pour soutirer la décision d’achat au client potentiel, il faut l’amener à prendre rapidement une position en l’assurant que le produit est bientôt épuisé et qu’il ne pourra le trouver nulle part ailleurs. Et ça marche pareillement dans le domaine qui nous occupe aujourd’hui, l’opportunité d’être sauvé est de courte durée car la fin du monde est proche.
 
L’EVANGILE DE LA PROSPERITE
 
D’autres mouvements pratiquant ou non la dîme, mesurent la bonne ou la mauvaise spiritualité, la bénédiction, l’approbation de Dieu dans la vie de leurs adeptes à l’épaisseur de leur portefeuille et à leur prospérité matérielle. C’est ce que l’on appelle «l’Evangile de la Prospérité » made in America, évidemment.
Pour illustrer cela voyons grosso-modo, ce qui est enseigné dans ce type d’église ou plutôt quels sont les passages bibliques les plus utilisés.
 
Esaïe 45.7 : Ainsi parle l’Eternel... «je donne la prospérité, et je créé l’adversité... »
 
I chroniques 22.13 «alors tu prospéreras, si tu as soin de mettre en pratique les lois et les ordonnances que l’Eternel à prescrites. »

JOB 42.12. « Pendant ses dernières années, Job reçu de l’Eternel plus de Bénédictions qu’il n’en avait reçu dans les premières. Il posséda 14 000 brebis, 6 000 chameaux,
1 000 ânesses ».
 
l Corinthiens 16.2 « que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons ».
 
Comme nous le voyons, ces passages semblent indiquer que puisque Dieu donne la prospérité à ceux qui obéissent à sa volonté, il en résulte que ceux qui «galèrent» dans la vie ont un pied en enfer.
 
Et comme pour la dîme, on enseignera dans ce type d’église la nécessité de faire profiter l’Eglise, donc de rendre à Dieu, de sa prospérité, elle-même signe d’agrément divin. De plus, il est recommandé de donner à la mesure de sa foi.
Lorsque ensuite on vous apprend que «sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu » (Hébreux 11.6), vous savez ce qu’il vous reste à faire. L’argent dans ce cas est sanctifié, il devient signe de présence divine, voir de salut. Dans la plupart des cas, il faut souligner que c’est le leader religieux qui préside ou qui décide seul des dépenses et de l’affectation des offrandes. Autant dire que l’argent est quasiment dans sa poche, même si son circuit prend une forme légale (Association loi 1901 et comptabilité en ordre). Bien-sûr, nous ne désignons là que les pseudo-pasteurs ou prophètes qui abusent du système. La plupart des structures ecclésiales, sous forme de loi de 1905 ou de loi 1901, sont tout à fait loyales dans ce domaine.
 
Ce que l’on oublie souvent de préciser lorsque ces versets sont cités, c’est qu’ils étaient attribués à des individus ou à des situations particulières et ne constituaient donc en rien des commandements destinés à tous, comme la suite le démontrera.
 
Certains vont plus loin encore  lorsqu’ils considèrent que les dîmes et autres offrandes ne suffisent pas, ils font ce genre d’exhortations culpabilisatrices, pour amener leurs ouailles à donner au-delà de leurs moyens. S’endetter pour Dieu serait quelque part acheter son paradis, même si cela plonge la famille de l’adepte dans des difficultés... Pauvres enfants.
 
Ainsi certains adeptes d’une église de type évangélique qui fut répertoriée comme secte par la commission parlementaire de 1995, s’entendent dire :
 
«Que les Macédoniens sont un exemple spirituel remarquable, car malgré une pauvreté extrême, ils ont donné au-delà de leurs possibilités. »
 
II Corinthiens 8.1.4. « Ils ont, je l'atteste donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens, nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part à l'assistance destinée aux Saints ».
 
Toutefois, dans cette Eglise on assurait la pérennité des revenus en évitant d’amener les adeptes à s’endetter à l’excès, ce qui était adroit.
 
D’autre sont plus fort encore en prenant, toujours hors contexte, l’exemple de la pauvre veuve, de l’Evangile, pour vider complètement le compte de leurs adeptes, ou simplement pour les rendre totalement dépendant financièrement.
 
Marc 12.43.44. : « ...Cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc ; car tous ont donné de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre ».
 
N’est-ce pas émouvant ? Mais le problème c’est que Jésus ne faisait que noter le fait, mais n’a jamais demandé à ses disciples de se mettre sur la paille et encore moins lorsqu’ils ont charge de famille. Il y a trop à dire sur ce sujet pour que nous nous étendions plus.
 
Dans la même veine nous pourrions relever ce passage explicite du Nouveau Testament :
 
I Timothée 5.8. : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle ».
 
Donner tout son temps pour œuvrer au sein d’une «église», alors que l’on se doit d’abord à, son époux, son épouse et à ses enfants qui ont besoin d’être éduqués, aimés, entourés, si l’on fait des dons, offrandes, dîmes inconsidérées alors que l’on n'a pas assuré le nécessaire, le futur, la sécurité, l’éducation scolaire, la détente, l’épanouissement de sa famille, relèverait de «l’infidélité».
 
Jésus et les apôtres étaient eux-mêmes dénués de richesses matérielles. Doit-on en conclure qu’ils étaient l’objet d’un discrédit divin, comme l’entend insidieusement la doctrine de l’Evangile de la prospérité ?
 
Devrions-nous discerner dans cette manœuvre à connotation politique, une magouille américanisante de la C.I.A. ? Nous ne pousserions pas la parano à ce point. Certains vous «prouveront » que la Bible prône le libéralisme économique comme on l’a souligné plus haut, d’autres au moyen d’une «théologie de la libération» socialisante seront convaincus de l’inverse.
 
Puisque nous avons fait le lit doctrinal des tenants du capitalisme évangélique, nous vous proposons quelques arguments des tenants du « communisme » chrétien. Autant dire que nul, sauf s’il est fanatisé, ne peut dans ces conditions, coller une étiquette politique sur la Bible.
 
I Timothée 6.9. «  Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux. ».
 
V.17.18. : « Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines... recommande-leur de faire du bien, d'êtres riches en bonnes œuvres... de la générosité. »
 
Mathieu 6.19. : « Ne vous amassez pas des trésors sur terre »...
 
Esaie 5.8.: « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, et qui joignent champs à champs jusqu'à ce qu’il n’y ait plus d'espace. »
 
Tous ces passages doivent-être considérés dans leur contexte sans quoi on peut leur faire dire tout ce que l’on veut.
 
Et les témoins de Jéhovah dans tout cela ?
 
Nous ne pouvons nous étendre sur le système Bible-Marketing utilisé par les Témoins de Jéhovah. En schématisant on pourrait dire que le fonctionnement de ce type de mouvement s’apparente à celui d’une entreprise commerciale diffusant son produit au moyen d’un système de marketing très élaboré.
 
Ainsi les témoins de Jéhovah, travaillent pour une organisation produisant chaque semaine des millions de journaux diffusés par les clients eux-mêmes (les témoins de Jéhovah), lesquels imaginent être des vendeurs (ou missionnaires dans le vocabulaire consacré). Evitant les taxes, le produit en question (des journaux), est remboursé sous forme d’offrandes libres couvrant largement son prix de revient. Bien-sûr, c’est l’adepte qui paie.
C’est une chose normale pour un prêtre ou pasteur que de faire savoir aux fidèles sans détour ni pression spirituelle, ni menace des foudres divines, les besoins matériels de l’église, cela en est une autre que d’utiliser la Bible pour contraindre par l’intermédiaire de Dieu, les adeptes à payer le prix fort de leur adhésion.
 
Ainsi, pour recadrer tous les versets bibliques utilisés pour soutirer de l’argent, il faut savoir que pratiquement tous les appels de fonds, offrandes, collectes relatés dans le Nouveau Testament étaient principalement destinés à secourir les églises, les veuves, les membres de l’église qui étaient en difficulté ou dans la persécution. Puis seulement venait l’entretien des ministres du culte. A tel point que l’apôtre Paul travaillait de ses mains tous en exerçant son ministère. (Voir : I. Thessaloniciens 2.9 , II Corinth. 9 .1 etc. ...).
 
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possède, donne le aux pauvres et suis-moi » Matth. 19.21
 
De ceci, nous pouvons constater que fort peu de télévangélistes américains aspirent à la perfection si l’on considère le luxe dans lequel ils vivent, et pareillement pour d’autres gourous d’églises appliquant littéralement et à leur convenance des préceptes bibliques à leurs adeptes, mais ils oublient trop souvent de se les attribuer à eux-mêmes. Dans les sectes l’essentiel du budget (offrandes, dîmes, commerce) est investi dans la publicité au profit du leader ou de son mouvement, dans l’effort de recrutement, de prosélytisme, et dans l’immobilier quand ce n’est pas pour assurer un train de vie princier aux dirigeants. Les œuvres caritatives lorsqu’il y en a, ne représentent qu’une goutte d’eau, fort utile d’ailleurs pour faire taire les détracteurs.
 
Commander ou induire des comportements aberrants
 
La meilleure pub que puisse se faire une secte, ce sont les martyrs pour des causes absurdes. Ceci a l’avantage à la fois d’isoler les adeptes de leur milieu d’origine et donc de les fidéliser exclusivement à la secte et de leur démontrer qu’ils font partie de l’élite, de l’infime minorité d’élus.
 
Les comportements inflexibles et aberrants induits par les sectes sont si compromettant pour les adeptes au sein de leur milieu social, qu’ils ne peuvent plus fréquenter que des membres de leur groupe.
 
Entre mille, nous ne traiterons que d’un exemple, le plus commun :
 
 
2 - La question du sang chez les Témoins de Jéhovah.
 
 
Dans «consolation » publié par la société des Témoins de Jéhovah en septembre 1945 (traduit du Néerlandais), nous pouvions lire :
 
« Dieu n’a jamais publié de décrets qui interdisent l'emploi de transfusions sanguines. C’est une invention humaine qui à l'instar des pharisiens méprisent la miséricorde et la charité. Servir Jéhovah d'un plein esprit ne signifie pas mettre notre intelligence à l'index principalement lorsqu'il y va de la vie d’une personne humaine. Cette vie étant de grande valeur et sainte pour Jéhovah ».
 
Selon FRANZ, le quatrième Président des Témoins de Jéhovah, et selon d’autres déclarations de la direction de la secte, tout ce qu’ils éditent est directement et théocratiquement inspiré de Dieu. Toutes leurs traductions et interprétations de la Bible sont «communiquées invisiblement au Département de publicité de la société. Cela est accompli par des anges de rangs différents qui contrôlent les Témoins». (Déclaration du Vice-président FRANZ devant le tribunal d’Edimbourg le 23.11.54.).
 
Nous aurions pu encaisser cette déclaration sans trop ricaner, s’il n’y avait eu les fausses prophéties déjà formulées en 1874, 1914, 1925 par les dirigeants du mouvement. En effet les déclarations faites dans «consolation» de septembre 1945 correspondent à ce que nous appellerions du bon sens et de l’équilibre. Il est vrai que nous n’avions pas besoin des injonctions d’un ange pour aboutir à une conclusion qui aille dans le sens du respect de la vie humaine. Quelques années plus tard (1960), les anges qui « contrôlent la direction des Témoins de Jéhovah » décident d’adopter une attitude contraire aux précédant «décrets de Dieu», en interdisant les transfusions sanguines, c’est-à-dire selon les propres termes de la secte : «à l'instar des pharisiens qui méprisent la miséricorde et la charité... mettant notre intelligence à l'index. Sans aucun respect pour la vie humaine qui est d’une grande valeur et sainte pour Jéhovah ».
 
Les Témoins de Jéhovah se référent notamment à une prescription vieille de plus de 3 000 ans :
« vous ne mangerez pas de chair avec son âme, avec son sang » Genèse 9.4.
 
Si l’on en croit les Témoins, en 1945, Dieu était favorable aux transfusions sanguines, puis en 1960, il changea d’avis et décida par le biais des «anges » d’interpréter littéralement ce verset  :
 
« Il a paru bon au Saint-Esprit et a-nous de ne pas vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire, savoir de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous mettre en garde » Actes 15.28.29.
 
Les témoins de Jéhovah n’ont pas trouvé bon de positionner ce verset dans son contexte. Comme on l’a dit, les martyrs pour des causes ostentatoires d’absurdité, sont la meilleure et la plus tape à l’œil des publicités. Depuis, des dizaines d’hommes de femmes et d’enfants sont morts pour obéir à ce commandement. On se demande même si l’ordre du Temple Solaire n’a pas été supplanté en quantité de suicides d’adeptes.
Ceci est d’autant plus odieux que dans le verset utilisé par les témoins de Jéhovah, il n’est pas question de transfusion sanguine, mais de rites alimentaires.
 
Ensuite nous constatons qu’au verset 19 du même chapitre, les interdictions de viandes sacrifiées aux idoles et le sang étaient adressées aux païens (non-juifs) de cette époque qui se convertissaient au christianisme.

 
 
V.19. : « C’est pourquoi,   je suis d’avis qu’on ne créé pas de difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu mais qu’on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles... du sang... » , etc.
 
En réalité l’affaire se passait à Jérusalem où les deux grandes tendances du christianisme d’époque s’opposaient sur un point au travers des apôtres Pierre et Jacques. Fallait-il se soumettre à la loi de Moïse ou non, lorsqu’on adhérait au christianisme et fallait-il l’exiger des païens ? De plus, certains s’inquiétaient de la faiblesse intellectuelle des chrétiens issus du paganisme, d’où la nécessité de ne pas les troubler par certains comportements chrétiens très libres en matière de superstitions et de rites alimentaires.
 
En fin de compte le concile de Jérusalem débouchait sur un compromis temporaire qui ménageait les judaïsants  et les «païens convertis » tout à la fois. La confirmation en est éclatante dans ce passage.
 
I Corinthiens 8. 1- 13 : « Pour ce qui concerne les viandes sacrifiées aux idoles... La connaissance enfle, mais la charité édifie... Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’il n’y a point d'idole dans le monde, et qu’il n’y a qu’un seul Dieu... V7 Cette connaissance n’est pas chez tous. Quelques-uns uns, d’après la manière dont ils envisagent encore l'idole, mangent de ces viandes comme étant sacrifiées aux idoles, et leur conscience qui est faible, en est souillée. Ce n’est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu : si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus ; si nous n’en mangeons pas, nous n'avons rien de moins. V.9. : Prenez garde, toutefois que votre liberté ne devienne une pierre d'achoppement des faibles. Car si on te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience à lui, qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles. »
 
Dans ce passage, nous voyons que pour les chrétiens matures et adultes, il était licite de manger des viandes sacrifiées aux idoles, qui notons le, se trouvaient dans la liste des choses interdites aux païens par le concile de Jérusalem (laquelle comportait aussi l’interdiction d’absorber du sang).
Donc les choses interdites dans les versets 28 et 29 des actes des apôtres étaient permises dans l’épître aux Corinthiens. Tout le monde aura donc compris l’utilité de l’interdiction temporaire faite aux païens de cette époque particulière : ils étaient encore faibles dans leur nouvelle foi monothéiste fort éloignée de leurs croyances polythéistes d’origine.
 
Le Dieu Jéhoviste lui, semble avoir considéré les Témoins de Jéhovah, à partir de 1960, comme étant aussi faibles que les païens du début de l’ère chrétienne. Y aurait-il eu une dégradation de la qualité spirituelle des témoins de Jéhovah entre 1945 et 1960 ?
 
 
 
3 - FAUX MARTYRS, VRAIS HOMMES SANDWICH
 
 
L’intérêt pour les organisateurs et dirigeants de sectes est toujours de singulariser leurs adeptes de manière à les isoler et à les mettre en conflit avec leur milieu.
 
Ainsi, les pauvres bougres n’ont plus que la secte vers qui se tourner pour être compris, félicités pour leur «courage », leur «bravoure » à accomplir d’importantes babioles qui selon la secte sont des décrets divins de la plus haute importance.
 
Ainsi on induira l’adepte à refuser de voter, de saluer les drapeaux, à fêter Noël, les anniversaires et à se livrer à d’autres actes de «sanctification » (interprétez : mise à l’écart des inconvertis) et faire d’autres pieuses singeries ostentatoires qui seraient paraît-il des commandements extrêmement vitaux pour le témoignage de la «vérité» et le salut des âmes.
 
On voit ici le déphasage entre l’attitude des apôtres qui ne craignaient pas de manger des viandes sacrifiées aux idoles dans des temples d’idoles, et dont la conscience n’était pas affectée, et ces «néopharisiens » (pour reprendre leur propre vocabulaire), devenus maîtres dans l’art de «couler le moucheron tout en avalant le chameau » (Matthieu 23.24).
 
Il faut dire que la babiole choquante et tape à l’œil de préférence est plus facile à accomplir et plus valorisante que les actes de générosité et les vies consacrées à la charité qui passent souvent inaperçus. La «bravoure » est très accessible dans le premier cas et l’admiration de ses coreligionnaires est, par-là même, immédiate et moralement rémunératrice quelque part.
 
Tous ceux qui sont en situation d’échec social, familial ou affectif trouveront dans ce genre de procédé un moyen facile de se voiler la face, et de croire à une réussite qui en fait est factice, car elle ne fonctionne que dans le cadre très restreint d’une secte. Beaucoup de frustrés se flattent secrètement de leurs actes glorieux de sainteté, et prennent, croient-ils, une revanche sur la vie, qui est souvent dure et cruelle. Quel honneur d’être cité parmi les « proclamateurs » les plus actifs, être le plus productif de la congrégation, être celui qui endure le mieux toutes les rebuffades de ce monde «diabolique», qu’on se charge au préalable de provoquer par des comportements anormaux, ou idiots. «Mettant notre intelligence à l’index », disaient les témoins de Jéhovah pour les transfusions sanguines.
 
Colossiens 2.20-23 : « Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi comme si vous viviez dans le monde, vous impose t-on ces préceptes :
Ne prends pas !Nne goûte pas ! Ne touche pas - préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abus... Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l'humilité, et le mépris du corps, mais ils sont sans aucun mérite et contribuent à la satisfaction de la chair. »
 
Vous le comprendrez, on ne peut confondre ceux qui subissent l’intolérance, voir la persécution de ceux qui les provoquent volontairement. Si la bravoure à se faire remarquer consistait à exercer la charité et non à faire que de la propagande verbale ou comportementale, le message pourrait éventuellement être pris au sérieux.
 
 
DIEU FAIT DES COMPROMIS, PAS LES SECTES
 
Curieusement, ceux qui auraient pu être spirituellement plus exigeants que les autres, Dieu et ses envoyés, ont toléré sans problèmes des compromis sur des points beaucoup plus fondamentaux que le fait de fêter ou non un anniversaire, comme nous le voyons pour Naaman qui demandait l’autorisation de se prosterner devant une idole :
 
II Rois 5.18.19 : «Voici toutefois ce que prie l'Eternel de pardonner à ton serviteur. Quand mon maître entre dans la maison de Rimmon pour s’y prosterner et qu’il s'appuie sur ma main, je me prosterne aussi dans la maison de Rimmon : Veuille l'Eternel pardonner à ton serviteur, lorsque je me prosternerai dans la maison de RIMMON.
 
Elisée lui dit : Va en paix ! »
 
Pourtant nous lisons par ailleurs :
«Tu ne te prosterneras point devant un autre Dieu» Exode 34.14.
 
Par contre, tous les témoins de Jéhovah, servilement, refusent de saluer (alors qu’il ne s’agit même pas de se prosterner) le drapeau de leur pays. Quelle pub pour la secte ! Pour être intègres dans ce principe, ils ne devraient même pas se saluer mutuellement, au risque de tomber dans l’idolâtrie.
 
Pourtant, leur modèle Jésus ne ressemblait guère aux «zélotes » de nos sectes contemporaines :
 
Exemple :  « Nous avons vu un homme qui chasse les démons en ton nom ; et nous l’avons empêché, parce qu'il ne nous suit pas - Ne l’en empêchez pas, lui répondit Jésus ; car qui n’est pas contre vous est pour vous - ». Luc 9.50.
 
Pareillement, l’apôtre Paul ne voyait aucun inconvénient à manger les viandes sacrifiées aux idoles (voir I Corinthiens 8. citée plus haut) alors que celles-ci étaient formellement interdites par la loi de Moïse (comme le sang) et transitoirement aussi pour les païens de son époque au 1er concile de Jérusalem (Actes 15).
 
Ainsi le témoin de Jéhovah moyen ou l’adepte d’une autre secte n’hésitera pas à appliquer fanatiquement les ordres de ses dirigeants de droit divin. Le pire étant que ces ordres ne concernent le plus souvent que des bricoles secondaires d’un intérêt très mineur (si tant est qu’il y ait un intérêt) par rapport à Naaman qui se prosternait devant les idoles avec la bénédiction du prophète Elisée, alors que c’était formellement interdit dans la loi de Moîse.
 
Ainsi un pauvre enfant de témoins de Jéhovah, se verra privé de la magie de Noël, de sapin, de souvenirs, d’anniversaires, de joies partagées, de fête des mères, de l’amitié avec ses camarades d’école par rapport auxquels il va se trouver marginalisé.
Dans différents groupes sectaires, on découragera même l'enfant d'adepte, ou l'adepte lui-même à persévérer dans ses études rendues vaines à cause de l’imminence de la fin ce monde, (qui dure depuis 1900 ans : Apocalypse 3.11) et de la nécessité, de ce fait, de sauver rapidement le plus grand nombre. L’adepte sera aussi incité à ne pas se marier, ou sinon le plus tard possible, à n’avoir pas d’enfant et cela pour de pas entraver sa productivité «missionnaire ».
 
Au final ces intégristes de la Bible se seront comportés comme de parfaits «infidèles » en négligeant les devoirs primordiaux qu’ils ont envers leur famille.
 
I Timothée 5.8 : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, il est pire qu’un infidèle. »
 
Dans tous les mouvements loufoques on insiste sur le témoignage rendu, mais dans le sens de placard publicitaire, ou homme sandwich. Alors qu’il serait plus judicieux et plus honorant pour la divinité que ceux qui se réclament d’elle soient avant tout (ce qui n’exclue pas le reste), meilleurs que ce qu’ils étaient auparavant, dans les relations avec leurs conjoints (es), parents, enfants, amis. De même dans les domaines scolaires, universitaires, professionnels etc. ... sans oublier les domaines moraux et intellectuels. La «grâce » devrait transparaître, et non la disgrâce.
 
Lorsque des adeptes deviennent des sortes de hérissons à épines bibliques et négligent leur famille, amis, travail, études pour soi-disant se consacrer à Dieu et au salut de leur prochain, ils semblent perdre de vue quelque chose d’évident :
 
 « On reconnaît un arbre à son fruit » Matthieu 12.33
 
« Or les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité,... l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles... les disputes, les divisions, les sectes » Galates 5.20.
 
 
 
4 – TRADUCTIONS BRICOLEES DE
 
LA BIBLE
 
 
Lorsque le contenu de la Bible est trop contradictoire avec la doctrine que l’on désire diffuser, il suffit soit d’affirmer que les Ecritures ont été falsifiées comme les pèlerins d’ARES, les Mormons et d’autres le font, soit de concocter une traduction sur mesure.
 
Les témoins de Jéhovah se distinguent encore dans ce cas. Pour faire court nous ne citerons, parmi d’autres, que deux échantillons de falsifications de traduction.
Premièrement, la «Traduction du Monde Nouveau», c’est-à-dire la Bible des témoins de Jéhovah, est une traduction de traduction. C’est-à-dire que les textes ont été traduits (par un comité qui n’en avait pas les compétences et dont les membres se gardent bien de donner leur nom) à partir de la version anglaise de la Bible et non à partir des textes originaux hébreux, araméens et grecs. Quand on connaît la difficulté de traduire un texte d’une langue à l’autre, on imagine la qualité lamentable de cette Bible des témoins de Jéhovah.
 
Autre magouille, lorsqu’un passage biblique contrarie les croyances de la secte, on insère dans le corps du texte une explication entre parenthèses parasitant, ou pire, contredisant totalement le sens original.
Exemple : dans une traduction normale Colossiens 1.16 se traduit ainsi : « Car en lui  ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre... ».
 
Dans la « Traduction du Monde Nouveau » des témoins de Jéhovah ce verset est rendu ainsi :
«Parce que par son entremise toutes (les autres) choses ont été crées dans les cieux et sur la terre»...
 
Le mot : « (autres) », entre parenthèses n’existe absolument pas dans le texte grec original, et pire, son insertion a la particularité de donner à ce passage, une signification inverse de ce qu’il veut dire initialement. Les témoins veulent absolument faire dire au texte que toutes choses n’ont pas été créées au travers du Christ. Le «(autres) » rajouté dans le texte annule le «toutes», qui lui, existe réellement dans l’original grec.
 
Soyons clairs nous ne défendons pas l’affirmation du texte évangélique, ceci est une affaire de convictions personnelles, mais nous dénonçons le procédé de manipulation des textes.
 
Nous l’avons bien compris, la raison de cette magouille de traduction vient de ce que la théologie des témoins de Jéhovah, ne s’accommode pas de la divinité du Christ. Peu importe qu’ils aient raison ou tors sur ce point, le procédé falsificateur de sens du texte n’est intellectuellement pas admissible pour un esprit honnête.
Autre cas encore plus explicite démontrant la falsification de la «Traduction du Monde Nouveau», on nous ajoute dans le texte des mots tendancieux, n’existant pas dans les originaux, mais cette fois, en oubliant les parenthèses, et cela pour la même cause théologique.
 
Colossiens 2.9.: «Car c’est en lui* qu'habite corporellement toute la plénitude de la qualité divine». (C’est nous qui soulignons). (* Jésus Christ)
 
Le mot :
 
«Qualité» a été sciemment rajouté ou inventé par les concocteurs de la Bible des témoins de Jéhovah, pour affaiblir l'affirmation de la divinité du Christ dans ce passage.
 
Certains diront que ces acrobaties on peu d’implications pratiques dans la vie des adeptes. C’est aussi notre avis, mais le même procédé est utilisé au travers d’autres passages bibliques pour obtenir des fidèles un redoublement de leur activisme et de leur productivité au profit de la secte, en induisant de la culpabilité, des peurs apocalyptiques et bien d’autres choses.
 
C’est ainsi que la «Traduction du Monde Nouveau» falsifiera la traduction du verbe grec PISTEO : «avoir foi», par « exercer la foi ». Au premier abord la différence semble minime, mais en pratique ceci se concrétise par la possibilité de mesurer la foi de chacun au travers du volume d’heures de prédication, de prosélytisme, etc... qu’il aura fourni. Celui qui a le plus la foi, si l’on simplifie, est celui qui exerce le plus d’activités, d’où les rapports de service détaillés rendus à leurs chefs par les témoins de Jéhovah. D’autres adeptes, notamment les fidèles de l’Eglise du Christ de Boston étaient tenus de fournir un certain rendement et remettent aussi à leurs chefs, les « discipleurs », des rapports de service (le mouvement en question a depuis connus des évolutions positives parait-il, même si un groupe d’irréductibles devenus dissident semble camper sur ses positions).
 
 
  
5 - Infantiliser pour mieux soumettre
 
 
Certains gros malins usent et abusent de ce type de verset biblique :
 
« Laissez venir à moi les petits enfants... car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entera pas... ». Marc 10.15
 
Cela veut-il dire qu’il faille tout gober et accepter comme des enfants tout ce que les leaders d’un mouvement religieux vous assènent ?
 
Il est net que ce passage est allégorique. Ceci est confirmé notamment dans ces passages :
 
 « Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement, mais pour la malice, soyez, des enfants et, à l’égard du jugement soyez des hommes faits ». I Corinthiens 14.20
«Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes» Matthieu 10.16 (voir aussi Jean 3.5)
 
En conséquence, nous comprenons que le royaume des cieux n’est pas nécessairement réservé aux abrutis, mais tout autant à ceux qui réfléchissent tout en se gardant de la duplicité à l’image des enfants.
 
Les sectes ont bien compris le bénéfice qu’elles peuvent tirer à infantiliser leurs adeptes, en leur flanquant un chaperon ou un « discipleur » un tuteur qui va les diriger, les contrôler dans tous les domaines de leur vie. Sentiments, fréquentations, gestion de l’argent tout passe par l’autorisation du «directeur de conscience» ou de la secte. Les systèmes de surveillance mutuelle, de délation collective, de confessions obligatoires sont très efficaces.
 
FINALEMNET LES SECTAIRES ONT BIEN PEU LA FOI 
 
Etrangement les sectes bibliques, malgré leurs déclarations de foi fracassantes, font bien peu confiance en Dieu, qui selon les écritures guide et garde le croyant. Elles préfèrent se substituer à Dieu pour s’assurer la main mise sur toute la vie de leurs fidèles.
 
Le diable peut être aussi appelé à la rescousse des manipulateurs.
 
Il est utilisé comme un épouvantail omniprésent et omnipotent ce qui provoquera une paranoïa fort utile et une fuite en avant des adeptes, droit dans les filets de la secte. Pourtant dans les Ecritures il semble bien que le croyant puisse tout aussi bien exclure la peur superstitieuse du Diable et cela justement par sa foi en la bienveillance de Dieu.
Dans le processus d’aliénation des adeptes, le système de «  discipling » au travers de «  discipleurs » (directeurs de conscience individuels) est très efficace. Ce système de contrôle des adeptes se retrouve dans un certain nombre de groupes religieux sous différentes appellations. Le « discipleur » joue un rôle d’intermédiaire parasite (une secte aussi), de filtre déformant se positionnant entre le croyant et Dieu.
.
 
En conclusion, quelques passages édifiants : 
 
« Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat ». Marc 12.27
 
Galates 5.1. : «Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude».
 
Ephésiens 4.14. : « Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séductions ».
 
 
 
 

DERIVES SECTAIRES DANS LE

 

PROTESTANTISME

 

Jean Raymond Stauffacher,  pasteur protestant à Marseille

 

Extrait d’une conférence donnée dans le cadre du colloque national « Extrémismes religieux, dérives sectaires et thérapeutiques » samedi 8 octobre 2011  à l’Espace Ethique Méditerranéen – Hôpital de La Timone – Marseille,  organisé par le GEMPPI.  

Plusieurs conférences de ce colloque consacré aux dérives sectaires et aux extrémismes dans les religions ont déjà été publiées dans les numéros précédant, autour du bouddhisme, de l’hindouisme et de l’islam

Le but de mon propos sera de dresser un tableau simplifié du fondamentalisme protestant et introduisant quelques exemples.

D’abord, qu’est-ce qu’un protestant ?

Pour un protestant, ce qui légitime la religion chrétienne ce n’est pas l’église institutionnelle mais la Bible, révélation de Dieu aux hommes, d’ou certaines conséquences dans l’organisation ecclésiale. Pas de pape, pas de structure hiérarchique, mais des communautés locales desservies par des pasteurs. Il n’y a pas de régulation institutionnelle du protestantisme, ni de corpus théologique unique, pas de magistère imposé. Pour l’écrivain du XVII° siècle, Nicolas Boileau : « chaque protestant est un pape à lui tout seul avec sa bible à la main». Ce que Boileau souligne ici c’est que le protestantisme est porteur d’une certaine liberté de conscience, mais aussi d’un certain subjectivisme. Il est facile de voir dans l’histoire du protestantisme à quel point est forte cette tentation à l’autocratie et aussi celle de la division due à des interprétations très diverses de la Bible. Le sociologue Jean-Paul Willaime décrit d’ailleurs le protestantisme comme un christianisme marqué par une fragilité institutionnelle. Aussi, dès qu’un protestant n’est pas de l’avis d’un autre, il va fonder sa propre communauté ! Cela est au cœur des dynamiques qui lient le fondamentalisme protestant.

Comment définir, du coup, le fondamentalisme protestant ?

Le fondamentaliste protestant effectue un retour au texte biblique mais en faisant table rase de la culture reçue en héritage, c’est-à-dire des interprétations possibles. Il réduit le champ interprétatif en n’investissant qu’une seule interprétation coercitive présentée comme l’orthodoxie doctrinale qui s’accompagne d’une norme affirmée d’action : l’orthopraxie. Le protestantisme fondamentaliste pourrait donc, de ce fait, être considéré comme un radicalisme doctrinal mais aussi un radicalisme comportemental.

En passant du côté pratique, il n’est pas facile de les cerner entièrement, car ces Eglises sont en constante évolution, ce qui vient compliquer tout effort d’analyse. Le comble du protestant c’est qu’il a lui-même du mal à s’y retrouver. Néanmoins nous arrivons aujourd’hui à délimiter un certain nombre de familles protestantes qui sont travaillées plus ou moins par le fondamentalisme. J’exclus donc les églises Réformées et Luthériennes qui ne sont pas affectées par le fondamentalisme, mais par un courant diamétralement opposé qui est le libéralisme. Le milieu où l’on va trouver les idées fondamentalistes est généralement celui des églises évangéliques. Globalement, il y a, d’un côté, des églises qui sont de type traditionnel et qui sont le plus souvent des petits groupes refermés sur eux-mêmes (les Darbystes, par exemple), et de l’autre côté, l’on trouve un grand courant, celui des pentecôtistes, qu’il ne faut pas confondre avec le néo-pentecôtisme dont nous parlerons juste après.

Quelles sont les croyances communes aux pentecôtistes et aux néo-pentecôtistes ?

Les uns et les autres croient que le texte du Nouveau Testament est radicalement normatif pour la vie du croyant. Par exemple, puisque les récits des évangiles et des épîtres rapportent que les premiers chrétiens avaient des pratiques miraculeuses, notamment le don de parler en langues (glossolalie) ou de prophétiser, alors le chrétien d’aujourd’hui doit être en mesure de vivre les mêmes expériences, et en particulier la guérison divine. On pourrait dire qu’ils croient aux miracles dans la mesure où Dieu peut, selon eux, contrecarrer les causalités naturelles.

Pour autant, cela ne veut pas dire que ces personnes sont contre le recours à la médecine, il n’y a pas chez eux de position éthique radicale comme on peut en trouver chez les témoins de Jéhovah, mais leur approche fait passer la guérison divine au premier plan en tout ce qui concerne la santé. Il va y avoir ce que l’on pourrait appeler une lecture « spiritualisante » de tout ce qui touche à la santé. Cette démarche est un argument qui est beaucoup utilisé dans le prosélytisme. J’ai trouvé sur un site Internet l’histoire d’une personne qui a été miraculeusement guérie grâce à la prière des membres de son église alors qu’elle était à deux doigts de la mort. Dans le récit, on insiste particulièrement sur le fait que ses médecins, béats, ne pouvaient que constater l’efficacité de l’intercession de ces fidèles. Voici le tronc commun du pentecôtisme. Mais il est aujourd’hui dépassé dans biens des domaines par un nouveau groupe, issu de ses rangs, mais qui se pose en rupture avec lui : les néo-pentecôtistes.

Les spécificités du néo-pentecôtisme

Ce néo-pentecôtisme fait couler beaucoup d’encre. Pour ce groupe d’évangéliques, la guérison n’est pas seulement le fruit de la foi véritable connectée au Dieu du Nouveau Testament, mais elle devient le signe de la validation de la présence de Dieu. Autrement dit, si Dieu agit pour la guérison, c’est la preuve de sa présence. Le biblicisme, c'est-à-dire le fait qu’un raisonnement soit fondé sur la Bible, donc constitutif du protestantisme, a pratiquement disparu laissant la place à une connexion directe entre Dieu et l’homme, médiée par le Saint-Esprit. Le Sola Scriptura des Réformateurs n’a plus d’écho. Pour détourner la citation de Boileau nous pourrions dire que : « Le néo-pentecôtiste est un pape à lui tout seul car il a reçu ses certitudes directement de l’Esprit Saint ». L’expérience prend le pas sur le rapport aux Ecritures. Ceci résonne assez bien avec ce qui a été dit avant par Christian Terras sur un certain nombre de bergers des communautés charismatiques pratiquant le psycho spirituel (ndlr : les charismatiques catholiques ont été créés à partir de l’exemple des pentecôtistes protestants).

Ainsi, la validation du croire passe par une révélation quasi prophétique individualisée, dont le croyant est le détenteur absolu et qui ne peut être remis en cause. Il n’y a que l’expérience subjective qui puisse permettre un accès à la vérité.

Un glissement vers le pasteur-prophète

En termes d’encadrement, nous assistons, dans ces groupes, a un glissement vers la figure du pasteur-prophète, qui incarne et dit la volonté de Dieu au peuple, au détriment du pasteur-berger, dont la fonction était traditionnellement d’interpréter la Bible à la lumière de la tradition.

Mais les différences les plus probantes se situent aussi au niveau des pratiques cultuelles. Si dans le charismatisme et le pentecôtisme traditionnels on prie « en langues », en utilisant un vocabulaire qui n’a pas de sens et que Dieu seul ou les anges peuvent comprendre, désormais dans le néo-pentecôtisme, on crie en langues, c’est-à-dire, on évacue toutes les tensions accumulées en soi pour faire place au Saint-Esprit. Et croyez-moi, l’effet que cela produit est très saisissant ! On se vide pour mieux recevoir, cela pourrait d’ailleurs ressembler à certaines autres démarches ésotériques dans leur façon de considérer le rapport au spirituel. Au niveau du discours, on revient à des formes de compréhension du monde extrêmement binaires. On délimite, sans nuance, Dieu et le bien d’un côté, le Diable et le mal de l’autre, qui est en général niché chez les autres. Cette pensée est à l’origine d’une pratique spectaculaire, celle du « mapping », qui consiste à chasser les démons et revendiquer un lieu donné pour Dieu… À Marseille, bon nombre de groupes se rendent à Notre Dame de la Garde pour y chasser les démons et « revendiquer la ville pour Jésus ».

Des églises dites « ethniques »

Mais un des facteurs à ne pas minimiser dans l’analyse de cette identité est la référence constante à des pratiques culturelles. Le protestantisme aujourd’hui bénéficie de l’apport de nouveaux protestants issus de pays en voie de développement. Ils sont souvent porteurs de croyances et d’approches syncrétistes. L’appréhender nécessite de nouveaux outils d’analyse que développent aujourd’hui les anthropologues du religieux. À ce sujet, je vous renvoie au film documentaire « Le Diable, le bon Dieu, la communauté » qui retrace l’itinéraire d’une famille, dont le père est Hutu et la mère Tutsi, qui ont accepté d’être filmés durant le temps d’un processus dit « ethno-thérapeutique ». Le film montre l’habileté des soignants à gérer les croyances particulières de ces patients chez qui les références de foi et les croyances liées à leur culture d’origine sont fortement imbriquées. En outre, le film montre que si la foi de ces gens est du domaine privé, le processus thérapeutique a besoin de s’inscrire dans le cadre d’une communauté. Cela est au cœur de la problématique de ces églises aujourd’hui.

 

Conclusion

Les églises protestantes historiques sont très attentives à ces bouleversements au sein de l’identité protestante mondiale. Certains spécialistes avancent que le néo-pentecôtisme serait en fait un néo-protestantisme tant il rompt avec les pratiques héritées du protestantisme historique et exprime certains traits de la recomposition du religieux aujourd’hui. Mais, au fond, ces églises ne seraient-elles pas tout simplement une réponse religieuse singulière, donc controversée, à une mondialisation qui exerce une pression énorme sur les sociétés et qui fait constamment apparaître de nouvelles solitudes ?

 

Références bibliographiques :

-Nouvelle France protestante : Essor et recomposition au XXIe siècle, Sébastien Fath, Jean-Paul Willaime et Collectif, Labor et Fides, 2011.

-L'offensive évangélique. Voyage au cœur des réseaux militants de Jeunesse en Mission, Yannick Fer, Labor et Fides, 2010.

-Les évangéliques à la conquête de monde, Patrick De Plunkett, Perrin, 2009.

-Du ghetto au réseau, Sébastien Fath, Labor et Fides, 2006.

-Militants de la Bible aux Etats-Unis : Evangéliques et fondamentalistes du Sud, Sébastien Fath, Autrement, 2004.

- Les plus belles arnaques à la Bible : Découvertes sur les sectes et religions. GEMPPI, 1° janvier 1999

 

 

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