Moungongo monde

 

 

Le Parisien

09/03/2013

Hallucinantes veillées à l’iboga

Stéphane Sellami

Au cours de rites ancestraux gabonais pratiqués dans les Hauts-de-seine, des membres d’une association consommaient cette racine. Le gourou a été interpellé.

Quand la pratique de rites ancestraux africains dérive vers le trafic de stupéfiants et les pratiques sectaires… Cinq personnes ont été mises en examen, à la mi-février, par un juge d’instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour des faits de « trafic de drogue » et d’« abus de faiblesse sur personnes en état de sujétion psychologique ». Les cinq protagonistes, dont le responsable de l’association Moungongo monde, destinée selon ses fondateurs, « à la promotion et la protection des valeurs universelles », ont été placés sous contrôle judiciaire.

Ce sont les racines de l’iboga, réduites en poudre, qui, une fois consommées, provoquent des hallucinations. La plante est considérée comme un stupéfiant.


Une enquête avait été ouverte, au mois de mars 2010, après la dénonciation de dérives sectaires au sein de cette association dirigée par un fonctionnaire du ministère de l’Habitat et du Logement gabonais. Les investigations, menées par les enquêteurs de la cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaire de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) ont permis d’établir que les membres de cette association se retrouvaient régulièrement du côté de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) pour participer à des « veillées d’initiation au bwiti », un rite ancestral gabonais.

Une source proche de l’affaire

« Au cours de ce rite, les participants devaient consommer des extraits de racines d’iboga, une plante classée, depuis 2007, parmi les produits stupéfiants en France, relate une source proche de l’affaire. Cette drogue est censée provoquer des visions permettant aux futurs initiés d’entrer en contact avec des esprits. L’enquête a déterminé que des enfants avaient pris part à ces veillées et consommé de l’iboga. »

Interpellé le 7 février, à sa descente d’avion à l’aéroport d’Orly (Valde-Marne), le responsable de Moungongo monde a été placé en garde à vue. Il est soupçonné d’avoir profité de sa position pour exercer une contrainte morale sur les membres de son association, les amenant à se couper de leurs proches, avant d’exiger de leur part « un investissement financier et personnel ».

« Cet homme a été arrêté sur mandat de recherche délivré par un juge d’instruction, précise une source judiciaire. Il a été trouvé en possession de quelques dizaines de grammes d’iboga. En revanche, il a réfuté tout enrichissement personnel lié à la pratique du bwiti. »


Le gourou, âgé de 48 ans, a reconnu être le seul à pouvoir « interpréter » les visions provoquées par la prise de cette drogue et avoir « guidé » les membres de son groupe dans leurs décisions personnelles. Son épouse a, elle, soutenu que l’iboga contribuait à guérir le sida en Afrique.

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