MOON

 

La secte Moon marie 2.500 couples lors d'une cérémonie géante

Sun Myung Moon, le fondateur de l'organisation, est mort en septembre 2012 à l'âge de 92 ans. C'est sa veuve, Hak Ja Han, 71 ans, qui présidait la cérémonie de ce mercredi. En 1997, Moon avait uni 30.000 couples à Washington. Deux ans plus tard, 21.000 couples emplissaient le stade olympique de Séoul.

Des unions arrangées

La plupart de ces mariages étaient arrangés par Moon, qui professait que l'amour romantique conduisait au libertinage, aux couples mal assortis et à une société malade. Beaucoup s'unissaient quelques heures à peine après s'être vu pour la première fois. Moon avait une prédilection pour les unions multiculturelles, ce qui signifiait que les nouveaux conjoints pouvaient ne pas parler la même langue. 
Kim Jeong-Rae, jeune marié sud-coréen, reconnait que la communication avec son épouse, philippine et anglophone, est pour le moment très limitée. "Je ne sais dire que quelques mots d'anglais (...). Je l'écoute et je m'exprime bribe par bribe", dit-il.
Ces dernières années, les couples sont formés par les parents des jeunes gens. Mais certains ont préféré s'en remettre aux choix de l'organisation. Les fiancés doivent alors jurer sous serment qu'ils sont vierges et ne pas consommer leur union avant 40 jours.
L’Église de l'Unification est qualifiée par ses détracteurs de secte pratiquant le lavage de cerveau sur ses adeptes. Elle revendique trois millions de fidèles, mais les experts estiment que leur nombre est bien plus faible.

 

  

Fair News Mars 2013 (traduction GEMPPI).

Au cours d’un discours devant ses adeptes à Dublin en 2005, le messie auto proclamé Sun Myung Moon prédit qu’en 2013 il lancerait une révolution spirituelle « que je sois ici ou dans le monde des esprits ».

Il mourut en 2012 après avoir célébré un de ses mariages de masse en Corée. A cette occasion les participants à la cérémonie de ce mariage de masse étaient surtout des membres de la 2° génération qui avaient été élevés dans l ‘Eglise de l’Unification. Les couples n’étaient pas choisis par Moon lui-même comme dans le passé mais par les parents. Ces parents naturels étaient les premières recrues de Moon. Selon son enseignement, ils n’étaient que les « parents biologiques » dont les enfants devaient quitter leur « ascendance satanique » pour rejoindre la lignée sans péchés  des « vrais parents » de toute l’humanité : Moon et sa femme.

La mort de Moon a peu de chances de marquer la fin de l’Eglise de l’Unification. Par exemple la Scientologie s’est renforcée après la mort de son fondateur L.Ron Hubbard.

Une des actions importantes de Moon fut de lancer un journal d’extrême droite aux USA pour contrer le libéral Washington Post. Il fut bien accueilli par les Républicains R. Reagan, G. Bush senior et junior. Ces trois-là ont souvent été photographiés avec Moon et ces photos étaient utilisées pour recruter des adeptes.

L’éditeur fondateur, J. Whelan est décédé, à l’âge de 79ans. L’administration a laissé filtrer des histoires exclusives dans le journal, qui est sorti à presque 100 000 exemplaires. Whelan a été licencié en 1984 et il déclara que c’était en raison de son opposition à la main mise de l’Eglise de l’Unification sur le contenu éditorial. Le bras droit de Moon, le colonel coréen Bo Hi Pak, était le président du journal News World d’une société partenaire.

J. Whelan a dit que le journal était devenu ce que ses détracteurs avaient toujours affirmé : « le journal de Moon dont le but était d’établir une théocratie mondiale sous l’autorité de Moon ».

C’est ce qui semble avoir été révélé des années plus tard par Moon lui-même dans son discours de Dublin. Il se vanta : « 1700 quotidiens des USA ont essayé de me détruire …mais j’ai fondé le Washington Times pour que l’on entende la voix de Dieu. Je peux obtenir ce que je veux par mes médias. Je peux même, en quelques heures, obtenir des informations soi-disant ultra secrètes de rencontres entre 3 ou 4 membres du Congrès.

Une nécrologie dans le Daily Telegraph cita des remarques désobligeantes du successeur de Whelan, Smith Hempstone, et des cadres supérieurs qui n’étaient pas membres de l’Eglise. Ils ont nié avec vigueur les accusations de Whelan, le décrivant comme un homme difficile, abusant de son personnel. Ils fournirent des copies d’une correspondance échangée entre lui et le journal, dans laquelle il fait des demandes excessives de financement.

Le Telegraph dit : « En fait la politique – politique anti communiste- apparaît comme la principale explication de l’intérêt porté par Moon au Washington Times, qui n’a jamais été surpris à faire du prosélytisme direct ou indirect pour l’Eglise de l’Unification. Tandis que les écrits et les discours de Moon montrent clairement qu’il se prenait pour un messie, Hempstone fit remarquer : « j’ai travaillé pour beaucoup d’éditeurs qui se prenaient pour Dieu ».

Le 17 février 2013 un autre mariage de masse s’est déroulé en Corée du Sud, le premier depuis le décès de Moon le 3 septembre 2012. Environ 3500 couples, dont beaucoup s’étaient rencontrés quelques jours auparavant, se sont mariés au quartier général de l’organisation à Gapyeng. Les photos montrent de nombreux couples, aucun ne montrant de la joie, une mariée endormie et son mari la regardant avec un léger sourire interrogateur. La légende dit : « Une mariée, ci-dessus, a peut-être pensé qu’elle pourrait s’échapper sans être vue dans une petite sieste ».

 

 

Les déchirements de la famille du révérend Moon, enterré ce samedi, menacent l'avenir de la secte.

Le Figaro, le 15/09/2012.La limousine n'ira pas plus loin. Sur la route de Gapyeong, dans les montagnes proches de Séoul, Moon Hyun-Jin avec sa suite de 400 personnes a été refoulé par deux fois cette semaine, alors qu'il tentait de se recueillir devant la dépouille du «Messie», son père. Le fils aîné du révérend Moon, décédé le 3 septembre, a dû se contenter d'un hommage en catimini dans sa chambre d'hôtel à Séoul face au veto infligé par ses cadets. A

«Mon frère est un démon», jure Guk-Jin, qui gère le bras financier de la secte aux trois millions de fidèles. Cet industriel qui a fait fortune dans l'armement aux États-Unis a été désigné héritier de la gestion de l'affaire familiale en compagnie du jeune trentenaire Hyung-Jin, au visage d'ange, chargé, lui, de redonner un souffle spirituel à une secte en déclin. «On se croirait dans un soap opera! Le plus ironique est que la famille se déchire pour garder le contrôle sur un mouvement dont le message clé est l'unité et la réconciliation», juge Mike Breen, auteur d'une biographie du révérend Moon, et ancien adepte du mouvement.

Bien avant les funérailles grandioses qui ont rassemblé ce samedi des milliers de fidèles du monde entier dans le sanctuaire de Gapyeong, la guerre a commencé entre les 14 enfants du prolifique révérend. Le troisième du nom a traîné en justice sa propre mère Han Hak-Ja, en l'accusant de subtiliser l'héritage évalué à deux milliards de dollars. Le fils de 43 ans a fondé sa propre branche séparatiste et n'accepte pas d'avoir été écarté de la course à la succession par son père. L'enjeu est de taille puisque la secte est à la tête d'un empire spirituel estimé à 3 millions d'adeptes à travers le monde qui s'adosse à un gigantesque patrimoine financier évalué à deux milliards de dollars, incluant des parcs d'attractions, un hôtel à New York, un quotidien américain, le Washington Times, des stations de ski ou encore une usine d'armement.

Samedi, ces luttes intestines seront habilement évacuées du devant de la scène pour offrir un spectacle haut en couleur et en émotions diffusé en direct sur les télévisions du monde entier. Outre les fidèles coréens, 15.000 «moonies» viendront de 85 pays célébrer «l'ascension» du «messie» qui fonda le mouvement en 1954, après avoir eu une vision de Jésus-Christ, lui demandant de «finir le travail».

L'Église de l'unification est passée maître dans l'art d'orchestrer des cérémonies grandioses, à l'image des mariages collectifs qui ont fait sa légende, ­rassemblant parfois jusqu'à 80.000 per­sonnes dans des stades gigantesques. La liste des VIP illustre l'influence politique tous azimuts d'un mouvement qui tenta même de réconcilier les deux Corées. On y trouve un sénateur américain, un ancien président albanais, ou un ministre népalais sans oublier quelques militaires. L'un des héritiers s'est même rendu cette semaine à Pyongyang pour recevoir les condoléances de la Corée du Nord, où des membres de la secte pilotent une usine automobile. En dépit des larmes des fidèles qui vouaient au révérend un culte de la personnalité sans faille, les déchirements de la famille Moon menacent l'avenir d'un mouvement qui a connu son heure de gloire lors de la vague «peace and love» des années 1960-1970, et connaît depuis un lent déclin.«Une majorité des membres estiment que le comportement éthique de la famille n'est pas à la hauteur de l'idéal affiché», explique Breen. Un premier scandale avait éclaté en 1998, lorsque la femme du premier fils des Moon, mariée par le révérend à l'âge de 15 ans, avait révélé les frasques de son mari, drogué, violent, dans un livre au vitriol, Dans l'ombre des Moon. La disparition du patriarche laisse les héritiers en première ligne. «L'Unificationisme pourrait se maintenir comme une “petite” religion ; mais c'est peut-être aussi le début de la fin», juge Breen.

 

Retour