Yoga

 

 

Le présumé gourou reste en prison

La Nouvelle République, 22/06/2016, par E.C Le 15 mars dernier, l'ancien professeur de yoga de 68 ans, parti d'Amiens depuis des années avec un groupe de fidèles pour chercher le soleil est interpellé à Lizant avec sa compagne Catherine. Le couple est mis en examen puis écroué, accusé de dérive sectaire, de maintenir sous sa coupe un petit groupe d'adeptes, de les assécher financièrement en les soumettant à des violences physiques comme sexuelles depuis de nombreuses années. Hier, Christian Ruhaut, défendait sa remise en liberté devant la chambre de l'instruction (1). Sans succès. C'est la plainte d'une femme médecin d'une cinquantaine d'années, déposée en septembre 2013, qui déclenche l'intérêt de la justice. Elle raconte le fonctionnement de ce groupe d'une douzaine de personnes où les questions d'argent et de sexualité semblent occuper une place prépondérante. En 2000, cette femme assure avoir signé une déclaration d'engagement initiatique pour se soumettre à la volonté de Christian Ruhaut. Elle dit lui avoir versé près de 600.000 € alors qu'il avait des problèmes financiers. Des sommes investies dans de belles maisons, à Lizant, habitation du couple écroué, et à Aumagne, une commune de Charente-Martime... C'est là que le groupe vit selon un mode de fonctionnement qualifié par la justice de dérive sectaire…La plaignante parle ainsi aux enquêteurs spécialisés de l'office central pour la répression des violences aux personnes d'un quotidien où la douzaine de membres du groupe sont poussés à fixer eux-mêmes les sanctions, à les appliquer et à les filmer. Elle accuse Christian Ruhaut de pousser le curseur un peu plus loin quand les punitions semblent trop sages. Elle détaille des pratiques sexuelles imposées émaillées d'actes de zoophilie avec un chien ou des anguilles, de scatologie, d'échangisme… Lors des perquisitions menées courant mars, les enquêteurs retrouveront des cassettes attestant de ces pratiques. Ils retrouveront aussi beaucoup d'argent liquide. Les membres de la communauté versaient mensuellement quelques centaines d'euros pour participer au fonctionnement des deux " centres ". Une orthophoniste viendra se joindre à la plainte du médecin. Elle aura versé près de 100.000 €. Une information judiciaire est finalement ouverte en mars 2015. Pendant un an, sous la conduite de deux juges d'instruction de Poitiers, les enquêteurs vont multiplier, les écoutes et les surveillances. Depuis, celui que les deux plaignantes désignent comme un gourou s'en défend. Il conteste toute pression et toute violence. Les versements d'argent seraient librement consentis ; les pratiques sexuelles découvertes ne seraient que le mode de fonctionnement d'un groupe qui aurait trouvé là la réalisation de ses fantasmes. C'est ce que disent plusieurs femmes auditionnées qui ne comprennent pas la mise en cause de leur mentor et qui en veulent même aux deux plaignantes.

« Deux personnes qui se plaignent c'est peu pour faire une secte », relève Me Coche qui conteste les faits de viol par instigation reprochés sur une longue période à Christian Ruhaut. « Les autres refusent de se dire " adeptes ". C'est un groupe qui avait son fonctionnement, particulier, qui voulait le vivre ensemble, y compris sur le plan sexuel. Et même si cela peut nous échapper, ces personnes conservent tout leur attachement à Christian Ruhaut. Elles correspondent avec lui. »  - Cette situation et tous les éléments accumulés par les enquêteurs trahissent justement la sujétion, l'emprise psychologique de personnes pourtant instruites aux situations professionnelles enviables ; ils nécessitent donc selon l'avocat général Jean-Paul Garraud, un maintien en détention. Les magistrats ont suivi cette voie.

(1) Sa compagne est toujours écrouée.

 http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2016/06/22/Le-presume-gourou-reste-en-prison-2759198

 

 

BIKRAM YOGA

Cessons de qualifier seulement de "scandales de gourous" le viol et le harcèlement par le fondateur de Bikram Yoga.

Quand Bikram Choudbury a commencé à enseigner le yoga dans les années 70 dans le sous-sol d'une banque à Beverly Hills, il était l'image du gourou ascétique idéal, dormant sur le sol et vivant de dons. Selon lui, Shirley Mc Laine lui a conseillé de se faire payer  sinon il ne serait pas respecté, et il a bien suivi son conseil car il est maintenant à la tête de l'empire Bikram Yoga et multimillionnaire. Il est l'exemple de la corruption et de l'avidité américaine.

Cette semaine C. a été condamné à payer $6,5 millions +$ 924 000 de dommages  lors d'un procès où Minakshi Jafa-Boddena , ancienne directrice des affaires juridiques internationales à l'école de yoga de Choudbury à Los Angeles, l'accusait de harcèlement et de renvoi non justifié de son poste pour avoir fait une enquête concernant les accusations de viol d'une autre femme. 6 autres femmes ont intenté des procès contre Choudrouky,  est sur le point d'aboutir, les 5 autres passeront au tribunal cette année.

Des journaux rapportent des faits en nommant Choudbury le "gourou de Bikram Yoga", ce qui le place dans le contexte plus large des scandales sexuels qui ont surgi depuis les années 60, et aussi l'idée que la religion débouche inévitablement sur le despotisme et les abus. Il est vrai que, alors que les gourous idéalisent le célibat et l'éthique, de nombreux scandales ont révélé que la sexualité et le secret sont au cœur de leur mode de vie. On a dénoncé chez de nombreux gourous leur activité sexuelle, en général avec des jeunes étudiantes blanches, ce qui a fait penser au public américain que le "modèle gourou" pose problème en raison de ses tendances inhérentes de non- démocratie et une forme extrême d'autoritarisme.

En 1993, Joël Kramer et Diana Alstad ont prévenu des dangers de la relation gourou / disciple, montrant que cela repose sur la séduction, la corruption que l'on retrouve dans toutes les formes d'autorité, et la soumission à une personne en qui on place toute sa confiance.

Même si les gourous du yoga peuvent glisser vers l'excès d'autoritarisme, en conclure que la corruption est inhérente au modèle, à la religion, à la culture sud-asiatique par opposition au modèle occidental, sa religion et sa culture soi-disant démocratique, est une erreur (…)

Bikram s'est lui-même vanté de sa superpuissance : "Je suis plus fort que Superman ...Car j'ai des couilles comme des bombes atomiques, j'en ai deux de 100 mégatonnes chacune. Personne ne me bat."

Cependant B. se lamente à la suite de son amende de $7millions d'être pratiquement ruiné. Mais comme l'a expliqué D.Trump, la ruine n'est pas suffisante pour détruire les grandes fortunes des USA (...)

Religion Dispatches, February 1, 2016  - By Andrea R. Jain  - Let’s Stop Calling Rape and Harassment by Bikram Yoga Founder Just Another “Guru Scandal”  http://religiondispatches.org/lets-stop-calling-rape-and-harassment-by-bikram-yoga-founder-just-another-guru-scandal/ -  Traduit de l'anglais par Catherine Lefèvre.

 

Le fondateur d'un empire du yoga condamné pour harcèlement

 AFP - L’Alsace - 27/1/2016. Bikram Choudhury, fondateur du Bikram, une forme de yoga pratiquée dans une pièce à 40 degrés et au succès mondial, a été condamné mardi à verser 6,47 millions de dollars de dommages et intérêts pour harcèlement moral et sexuel.

Le fondateur d’un véritable empire du yoga était poursuivi par une avocate, Minakshi Jafa-Bodden, qui avait dirigé son département juridique: elle affirmait avoir fait l’objet de brimades pour avoir pris la parole contre le harcèlement de femmes sur le lieu de travail, et notamment pour avoir enquêté sur des allégations selon lesquelles une stagiaire aurait été violée au cours d’un entraînement au Bikram.

Lundi, le même jury lui avait déjà alloué une indemnité compensatoire de 924.554 dollars, estimant que Mme Jafa-Bodden avait fait l’objet de harcèlement, discrimination et représailles de la part de Bikram Choudhury.

Lors de sa déclaration finale, l’avocat de Mme Jafa-Bodden, Mark Quigley, avait assuré que M. Choudhury «pense qu’il peut faire tout ce qu’il veut», ajoutant qu’"il est hors de contrôle, il faut le stopper».

Le concepteur très controversé d’une séquence de 26 poses de hatha yoga, qui avait déjà fait scandale en voulant les breveter alors qu’il s’agit d’une forme d’exercice physique et de respiration ancestrale, a déclaré mardi qu’il était proche de la banqueroute. Il possède bien un garage de 30 à 40 voitures de luxe, mais celles-ci contiennent de vieilles pièces détachées provenant d’autres véhicules, selon lui (…)

Mme Jafa-Bodden demandait des dommages et intérêts pour discrimination sexuelle, harcèlement sexuel, diffamation, intention d’infliger une détresse émotionnelle, négligence, agression, licenciement abusif, entre autres(…)

D’après elle, M. Choudury qualifiait en sa présence des femmes de «connasses» et avait «créé un environnement hypersexualisé, insultant et dégradant pour les femmes», en leur demandant par exemple de «brosser ses cheveux ou de lui faire des massages». D’après la plaignante, M. Choudhury «amenait sa maîtresse sur le lieu de travail», «demandait à ce que de jeunes adeptes de ses studios de yoga ou des stagiaires soient amenées à sa chambre d’hôtel», et quand Mme Jafa-Bodden s’y est refusée elle a été «victime de représailles et sortie du cercle de proches» du yogi-entrepreneur. La plainte fait état d’autres allégations d’agressions sexuelles contre des femmes lors d’entraînements ou de stages de Bikram Yoga par le chef d’entreprise et par des proches.

 http://www.lalsace.fr/actualite/2016/01/27/le-fondateur-d-un-empire-du-yoga-condamne-pour-harcelement