1- Astrologie, occultisme...

 

a) ASTROLOGIE, ART DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE

UNE EX - ASTROLOGUE TEMOIGNE   -  Corinne Evanesse

Publié le 01.07.2011 dans le trimestriel du GEMPPI : Découvertes sur les sectes et religions

 

« Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres » LA BOETIE Traité de la servitude volontaire

Mais quelles forces et quelles valeurs sert donc l’astrologie ?

L’objet de cet exposé n’est pas de démontrer l’absurdité de l’astrologie, cela a déjà été fait ailleurs et à de multiples reprises par des gens compétents, notamment sur le site du GEMPPI  (http://www.gemppi.org/)

ainsi que sur le site de l’AFIS

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1240

Voir aussi le livre de Jacques Neirynck « Profession menteur », Ed. Favre 2010

Cet exposé est  un témoignage personnel et subjectif sur ma pratique de l’astrologie qui s’est étalée sur une douzaine d’années. J’y explique comment et pourquoi j’en suis venue à l’étudier, les conséquences que ça a eu dans ma vie et comment je m’en suis sortie.  J’ai illustré ce témoignage de nombreux exemples vécus ou observés dans mon entourage qui a été longtemps composé d’amateurs de sciences occultes, de spiritualité new âge et de médecines « douces ».

J’ai accepté de témoigner et de me replonger dans un passé que je préfèrerais oublier dans le but d’informer les personnes attirées par ces pratiques ou pour donner des pistes à  ceux qui cherchent à les aider.

Je considère aujourd’hui l’astrologie comme une sorte de drogue psychique.

 

a) pourquoi j’en suis venue à étudier l’astrologie

Et bien je ne sais pas. Il est bien difficile d’expliquer son propre comportement ;  je vais me contenter de narrer les faits en suggérant par ci par là quelques analyses.

BIENVENUE DANS LE MONDE OBSCUR DES ASTROLOGUES

 Je sortais de l’adolescence et traversais alors des difficultés d’insertion professionnelle ; sans parler de mes problèmes relationnels avec ma maman. Je ne savais trop vers qui me tourner pour m’aider et je hantais alors les librairies ayant toujours été une grosse lectrice. J’avais découvert la psychanalyse au lycée en classe de philo et je dévorais tous les livres de Freud puis passai à ceux de Jung. Ses écrits sur la notion de synchronicité me plurent et j’y vis aussitôt un  rapprochement possible avec l’astrologie que je venais de découvrir.

Définition de la synchronicité selon Jung cité dans l’article Wikipédia

« J’entends par synchronicité les coïncidences*, qui ne sont pas rares, d’états de fait subjectifs et objectifs qui ne peuvent être expliqués de façon causale, tout au moins à l’aide de nos moyens actuels »…« J'emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Le terme s'oppose à 'synchronisme', qui désigne la simple simultanéité de deux événements. »    http://fr.wikipedia.org/wiki/Synchronicité

 

C’est précisément le type de « raisonnement » qu’utilisent les astrologues.

Il existe pour eux une synchronicité entre certaines positions astrales et certains événements survenant dans la vie des individus.

Il ne s’agit pas d’une relation de cause à effet. Pour les astrologues traditionnels, j’entends par là ceux qui se réfèrent à la tradition ancienne grecque, il n’y a jamais eu d’influence astrale mais une correspondance entre des événements n’ayant en apparence aucun rapport entre eux.

L’astrologie était autrefois une mancie, c’est-à-dire un moyen de prédire l’avenir par l’interprétation de certains signes envoyés par les Dieux ;

Chez les romains ces Dieux s’appelaient justement Jupiter, Mars, etc.

La croyance en l’astrologie est indissociable de la croyance en des Dieux tout puissants ou des forces occultes diverses qui tiendraient le destin des êtres humains entre leurs mains.

 

S’il existe bien un destin, à quoi bon agir, prendre sa vie en mains?                                A quoi bon chercher à comprendre le fonctionnement de l’univers, les mystères de la matière ? A quoi bon chercher à transformer la société, améliorer les conditions de vie des Hommes ?

A partir du moment où vous croyez en l’existence d’un Destin, (qu’il soit écrit dans les astres ou pas), le but de l’existence se borne à accepter les événements comme ils se présentent, sans chercher à les changer. Comme il est impossible de s’abstenir complètement d’agir, il convient de ne le faire qu’avec l’autorisation des astres, les augures ou de votre gourou.

Ces valeurs sont celles des sociétés orientales. En Inde, par exemple, où la notion de karma domine, les parents marient leurs enfants en fonction de leurs thèmes astraux. Il est impensable d’organiser un mariage sans consulter un astrologue.

Par contre, les églises chrétiennes ont généralement combattu les arts divinatoires ; ceux-ci étant très liés aux anciennes divinités païennes et leur pratique incompatible avec la notion de libre arbitre.

Cela n’a pas été très efficace puisque 2000 ans plus tard l’astrologie est toujours là. La plupart des amateurs d’astrologie que j’ai rencontrés étaient chrétiens et avaient été marqués par une éducation religieuse ; tous croyaient en Dieu.

J’étais la seule à venir d’un milieu laïque et c‘est sûrement grâce à cette éducation que j’ai fini par m’en sortir, la raison ayant fini par reprendre le dessus.

 

Je suis persuadée que chercher à prouver l’absurdité de l’astrologie à l’aide d’arguments scientifiques revient à chercher à prouver que le corps du Christ ne se trouve pas dans l’hostie.

 

Les arguments scientifiques ne portent pas parce qu’ils se heurtent à une croyance. Dès le début de mes études, j’ai eu connaissance de ces arguments, notamment le fait que les signes du zodiaque sont décalés par rapport  aux constellations d’étoiles phénomène connu sous le nom de «  précession des équinoxes ». Cela n’a eu aucune incidence sur ma croyance

b) quelques exemples concrets vécus

1er cas : le Destin

Au cours d’un stage d’astrologie, j’ai fait la connaissance d’un enseignant en mathématiques ayant beaucoup voyagé en Inde. Il y avait un jour consulté un astrologue. Celui ci avait commencé par calculer la date de sa mort, puis avait remonté le fil des événements devant se dérouler jusqu’à sa visite chez l’astrologue. Ahuri, notre voyageur avait entendu le discours suivant : » vous allez mourir à tel âge, de telle maladie ; mais auparavant vous souffrirez de tel trouble de santé, vous vous marierez à tel âge, aurez tel nombre d’enfants, etc.»

Cet homme a reconnu avoir été assez secoué par cette expérience, mais pas au point de renoncer à l’astrologie toutefois puisqu’il l’étudiait. Des années après, il lui arrivait encore d’y penser. La date de sa mort, en particulier raisonnait de façon funèbre à ses oreilles

Or, il aurait suffi à cet homme, enseignant en mathématiques (et à moi-même bien entendu) d’utiliser sa raison pour comprendre l’impossibilité de prévoir l’avenir.

Admettons que cet homme ait pris au pied de la lettre l’assertion concernant la date de sa mort, comment se serait-il comporté alors ? Il est fort probable qu’il aurait modifié son mode de vie. A quoi bon mener une vie saine, être prudent sur la route quand on sait qu’inéluctablement on va mourir à telle date ?

Or, c’est justement ce changement de comportement qui aurait modifié la date de la mort en la rendant plus précoce !

Il se passe le même phénomène avec l’étudiant auquel on prédit qu’il va réussir ou échouer à un examen (à quoi bon travailler…)

C’est là le paradoxe des arts divinatoires,  toute prédiction dévoilée est modifiée dans ses chances de réalisations par le simple fait qu’elle est dévoilée ; il est impossible de ne pas être influencé, même de façon atténuée par une prédiction ; or, les personnes qui consultent les voyants et astrologues sont tout prêts à les croire, sinon, ils ne les consulteraient pas.

Cette impossibilité à prédire joue à l’avantage de l’astrologue. Si sa prédiction se réalise (ce qui se produit parfois ne serait-ce qu’à cause  du hasard), c’est source pour lui d’une bonne publicité. Si ce n’est pas le cas, il allèguera que sa mise en garde aura permis à son consultant de prendre des mesures qui ont finalement déjoué le sort. Dans tous les cas l’astrologue a raison ; il ne peut pas se tromper.

2ème cas : orientation professionnelle

Lorsque j’avais une vingtaine d’années, j’ai été mal orientée dans mes études par la conseillère d’orientation que j’étais allée consulter. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire  dans la vie et  elle m’a conseillée une formation à l’université : « Administration Economique et Sociale » ; il s’agit d’un département qui prépare  aux concours administratifs.  Je n’étais guère emballée à l’idée de devenir fonctionnaire mais je me suis laissée convaincre en raison de la difficulté du marché du travail

Je ne tardai pas à réaliser que j’avais fait une erreur : entrer dans la fonction publique  me donnait vraiment des boutons ;   je déteste la routine ; toute situation trop stable déclenche chez moi un réflexe de fuite.

 Je me rendis chez mon astrologue. Il me conseilla de suivre une formation dans le tourisme, ce qui était en lien avec mon Jupiter en maison IX, excellente position pour ce type d’études. Il me fit miroiter la possibilité de voyager et d’exercer un métier exempt de routine.

Je lui fis bien  remarquer que je n’étais pas très douée  en langues mais il  balaya ma réticence d’un revers de main en me disant qu’il me suffirait de réviser mon allemand, cette langue étant très appréciée dans ce métier.

Je suivi son conseil, l’idée étant séduisante pour moi.

Mais ce fut un échec complet ; mes bases en langue étaient insuffisantes et impossibles à rattraper.  Malgré mes efforts, ce vocabulaire refusait  de s’imprimer dans ma mémoire.

Ich glaube, du glaubst, er Glaubt… Gloups ! Flûte, c’est quoi après ?

J’ai perdu un an ; en outre, j’ai culpabilisé de ne pas y arriver ; puisque c’était dans mon thème astral, j’étais responsable de cet échec ; mon astrologue ne manqua pas de me le faire remarquer en me disant que le carré de mon mercure à pluton qui me rendait trop négative devait être dépassé  qu’il me fallait persévérer, insister etc.

Mais j’étais découragée.… Mon astrologue me dit alors que j’avais été victime d’un mauvais transit de saturne (les transits de saturne sont toujours mauvais, c’est « le grand maléfique ») ; celui-ci ayant le mauvais goût de passer alors dans ma maison IX.

Quelques années plus tard, ce maudit saturne devait encore me jouer des tours. Mon astrologue favori (que Dieu le bénisse et lui donne d’avantage de discernement) se montra fort alarmiste en montant ma révolution solaire de l’année.

Qu’est-ce qu’une révolution solaire ? Pour simplifier, il s’agit du thème d’anniversaire, (allant d’un anniversaire à l’autre) censé relater  les événements importants de l’année. Il est monté pour le lieu où l’on  passe son anniversaire.

En effet, la position de l’ascendant  varie selon le lieu où l’on se  trouve ; se déplacer loin du domicile habituel suffit à le faire bouger de façon significative  L’ascendant se déplace de la vierge au lion par exemple, ce qui change beaucoup de choses !

Or, ce maudit saturne  avait le malheur de transiter une des maisons cardinales de ma révolution solaire. Par contre, si j’allais passer mon anniversaire loin de chez moi, il se retrouverait dans une maison succèdent, ce qui améliorerait grandement les événements de l’année !

Et voilà en vertu de quoi, mon astrologue favori m’envoya passer mon anniversaire à Hambourg, tout cela dans le but de détourner saturne de ma tête

Je n’avais absolument rien à y faire, je dus y rester plusieurs jours, dans le but de bien imprégner le thème d’anniversaire de ces nouvelles influences planétaires désormais bénéfiques…

Bien entendu, j’ignorerais toujours si j’ai ainsi détourné de ma tête les influences maléfiques de saturne !

3ème cas : mariage

Pendant ce temps, mon astrologue favori avait bien des soucis…

Sa propre révolution solaire présentait une conjonction de planètes en maison VIII (maison de la mort et de la destruction) ; et, pour ne rien arranger, un transit de pluton (seigneur des enfers) si dirigeait le salopard vers ces planètes en VIII !

Que de drames en perspectives…

Mon astrologue favori avait une tête à faire peur, les transits approchaient et cela le glaçait littéralement d’effroi…

Il me conta toute l’histoire. Une douzaine d’années auparavant, il s’était mis dans la tête de monter d’avance, en homme prévoyant qu’il était, plusieurs de ses révolutions solaires. Il était allé jusqu’à 12, puisque 12 est un chiffre sacré qui correspond à un cycle important en astrologie : les 12 signes du zodiaque, les 12 apôtres, les 12 tribus d’Israël etc.

Il avait observé que 12 ans plus tard, pluton  traverserait certaines planètes de son thème de naissance ; de plus, cette année là, la révolution solaire indiquait que ces planètes se trouveraient en maison VIII

Cela signifiait au minimum de grands bouleversements dans sa vie ; Aussi, lorsque sa compagne de l’époque lui demanda s’ils ne pourraient pas se marier, il lui répondit (toujours en homme prévoyant qui aime à anticiper) :

« et bien, si tu veux, mais je te préviens que j’ai monté mes révolutions solaires d’avance , j’ai prévu que dans 12 ans, nous nous séparerons , ou peut-être que je mourrais cette année là… »

Cette année là, mon astrologue se débrouilla pour  rencontrer une autre femme … En raison de son thème astral,  il déclara qu’il s’agissait de sa femme karmique et Il décida donc de profiter de cette opportunité pour divorcer ! Sa révolution solaire étant incontournable, il m’expliqua qu’il n’avait pas le choix ; l’influence des astres étant déterminante, il se passerait quelque chose dans sa vie cette année qui bouleverserait tout de fond en comble ! Soit, il acceptait de se séparer de sa femme, soit les influences planétaires se manifesteraient d’une façon nettement plus négative : il pouvait très bien mourir !

Comment peut-on en arriver à se comporter de cette façon ? Eh bien, l’astrologie relevant d’une croyance, les croyances étant souvent  la ruine de la raison, peuvent vous inciter à  commettre des actes délirants,  les exemples dans l’histoire  ne manquent pas…

La croyance et la raison n’ayant aucun point de convergence, il m’est impossible d’expliquer comment j’en suis arrivée à aller passer mon anniversaire à Hambourg dans le but de dévier le cours du Destin (qui par nature est impossible à dévier)

J’aimerais pouvoir me l’expliquer mais je ne le peux pas ; j’ignore tout simplement ce qui m’est arrivé. Lorsque vous rêvez, vous ignorez que vous rêvez ; un jour, je me suis réveillée et j’ai été effarée de mon propre comportement. Mon astrologue favori ne s’est jamais réveillé.

La manie qu’ont les astrologues de vouloir absolument prédire l’avenir engendre de véritables catastrophes, c’est notamment le cas de l’astrologie médicale

4ème cas : les ravages de l’astrologie médicale

Mon astrologue favori avait un ami exerçant la même profession que je croisais de temps en temps à des congrès ou des stages Je ne l’appréciais guère le trouvant particulièrement rigide, intolérant et macho.

Nous nous étions heurtés à de nombreuses reprises ; cet homme était un authentique réactionnaire hostile aux valeurs des Lumières à la démocratie, aux droits de l’Homme, au progrès scientifique et à l’émancipation des femmes. Il était favorable à la restauration de la monarchie absolue de droit divin, il se croyait en outre un catholique fervent, sans se rendre compte que sa  pratique de l’astrologie était en contradiction complète avec sa religion*.

A l’époque, je n’ai absolument pas perçu que cette philosophie de la vie était directement liée à sa pratique de l’astrologie. Cette dernière n’est absolument pas neutre politiquement parlant ; elle est le reflet de l’idéologie de son époque  et de ceux qui l’ont inventée, les prêtres chaldéens environ 3000 ans avant notre ère. Les valeurs de l’astrologie sont incompatibles avec celles de la société occidentale moderne : progrès technique, démocratie, laïcité, etc. Peu d’astrologues s’en rendent compte, ces gens ne réfléchissant pas sur leurs pratiques.

Un exemple : l’astrologie reflète la misogynie des prêtres astrologues de l’Antiquité.

 Il existe des signes du zodiaque masculins et positifs d’un côté, féminins et négatifs de l’autre. Le soleil qui apporte la lumière est masculin et positif, la lune reflète la lumière du soleil est féminine et négative, etc.

Cela me rappelle les découvertes du militant  noir  américain Malcom X . Il ouvrit un jour un dictionnaire et consulta la définition des mots BLANC et NOIR. Il s’aperçut que le mot BLANC évoquait des valeurs positives : Pureté, Beauté, Bien. Le mot NOIR lui  évoquait la laideur, le Mal, etc.

Ce sont en majorité des femmes qui pratiquent l’astrologie et transmettent donc des valeurs qui leurs sont hostiles.

A l’époque, j’avais des conflits terribles avec cet homme, nous nous insultions copieusement à intervalles réguliers. J’aurais mieux fait de  m’en  prendre à l’astrologie. Cet homme était cohérent dans sa pratique et parfaitement à sa place ; c’est moi qui en temps que féministe laïque ne l’étais pas.

Pendant ce temps là, mon astrologue favori cherchait à calmer le jeu en me disant :

« Mais voyons, c’est normal que cet homme ne puisse pas vous supporter ; votre lune noire se trouve juste sur son ascendant ! »

Or, il se trouve que cet homme souffrait du dos. Bien entendu, il ne faisait aucunement confiance à la médecine, celle ci étant pour lui pratiquée par des techniciens déshumanisés, incapables de prendre en compte l’être humain dans sa globalité : corps, âme, esprit. De plus, il n’avait aucune envie de s’empoisonner avec des médicaments chimiques. Il consultait donc un naturopathe qui n’était autre que son ami astrologue. Il allait régulièrement chez un ostéopathe ou autre « pathe » quelconque mais il souffrait toujours.

Un jour, il disparu de la circulation et nous finîmes par apprendre ce qu’il était advenu de lui. Il était mourant à l’hôpital.

Voici l’histoire : un jour, sa sœur, n’ayant plus de nouvelles de lui depuis un certain temps et commençant à s’inquiéter passa le voir ayant la clé de son appartement, elle entra et le découvrit gisant au fond de son lit  et incapable de bouger. Alarmée, elle appela le Samu. Les examens montrèrent que son mal de dos venait des métastases d’un cancer du poumon trop avancé pour être  traité.

Il devait mourir dans de terribles souffrances quelques semaines plus tard.

Et bien personne n’avait prévu cet événement tragique !

Son ami astrologue et naturopathe prétendait que ses soucis de santé étaient dus au stress, à un transit de pluton générateur d’angoisse sur son saturne natal gouvernant le squelette.

Le malade s’était mis dans la tête qu’il mourrait un jour d’une crise cardiaque à cause de son Jupiter maitre de la maison VIII  en gémeaux opposé à des planètes en sagittaire.

Pourquoi dans ces conditions aurait-il craint de mourir d’un cancer du poumon ?

Qui est responsable de sa mort prématurée à 33 ans ?

 Cet homme a été la victime de ses préjugés  idéologiques qui lui ont interdit d’aller consulter un médecin.

Il a été aussi la victime de mon astrologue favori qui s’est révélé incapable en temps que naturopathe de poser un diagnostic correct.

L’astrologie n’a absolument pas permis de détecter ce cancer.

Je n’ai plus jamais consulté mon astrologue favori ; désormais je me suis méfiée des médecines « douces »

Voici quelle fut l’explication que donna mon ex astrologue favori concernant la maladie et la mort de cet homme : quelques années auparavant, il avait perdu sa compagne morte dans des circonstances tragiques et ne s’en était pas remis ; en médecine chinoise, les poumons sont reliés à l’émotion tristesse ; cet homme s’est donc déclenché son cancer pour pouvoir rejoindre sa compagne décédée. Ce genre d’argument choc est régulièrement employé par les partisans des médecines « douces » qui expliquent les maladies  par des désordres émotionnels : non seulement les personnes souffrent de leur maladie, mais ces gens les culpabilisent en leur disant qu’elles sont responsables de leurs problèmes de santé.

Au sein du petit groupe d’astrologues amateurs que nous étions alors, s’engagea une longue discussion à ce sujet. Le thème astral du mort fut ressorti, analysé en long en large et en travers. Une personne amena un jeu de tarots divinatoires, une autre des baguettes pour tirer le YI KING (moyen de divination chinois).

La question était d’importance : personne n’avait prévu la maladie et encore moins la mort de cet homme. L’astrologie ne fut nullement remise en cause au cours de ce débat : je ne fis pas preuve à cette occasion d’un discernement supérieur aux autres.

Ce qui fut remis en cause fut la compétence de l’astrologue.

C’est là un phénomène classique dans le domaine des croyances : les remettre en cause est très difficile ; j’avancerai l’explication suivante qui n’est qu’une suggestion :

Les croyances sont partie intégrantes de l’identité d’une personne ;  celle-ci aura par conséquent tendance à s’identifier à ses croyances (ou à ses opinions politiques…) et à les défendre avec acharnement comme si sa vie en dépendait. Renoncer à une croyance équivaut à une forme de mutilation.

Néanmoins il arrive que ça se produise puisque j’écris ces lignes.

Voici donc quelle fut la justification que trouva ce groupe à la mort de cet homme :

« Une des difficultés que rencontrent les astrologues surtout lorsqu’ils cherchent à prédire vient du raisonnement par analogie utilisé dans cet art. Chaque position planétaire peut correspondre à de multiples analogies. Par exemple, le Jupiter en gémeaux en maison XI de cet homme maitre de la maison VIII gouvernant la mort et opposé à son maitre mercure en exil en sagittaire conjoint soleil en maison V peut favoriser un infarctus (puisque la maison V gouverne le cœur ainsi que le soleil), le fait que les planètes en cause se trouvent dans l’axe gémeaux sagittaire va également dans le même sens car l’axe gémeaux sagittaire gouverne les artères et la circulation. 

MAIS les mêmes positions  planétaires peuvent tout aussi bien favoriser une maladie du poumon car les gémeaux gouvernent les poumons, mercure opposé à Jupiter est opposé à son maitre avec échange de débilité (ce qui aggrave le cas !) « 

Qu’est-ce qui va permettre de choisir entre une analogie et une autre ?  RIEN !

Il est toujours possible après coup d’expliquer n’importe  quel événement à l’aide de n’importe quelle position planétaire

C’est très simple : imaginons que cet homme soit mort d’un cancer du foie plutôt que du poumon ; mon ex astrologue favori aurait dit alors qu’en médecine chinoise, le foie est relié à l’émotion colère ; que cet homme n’ayant jamais accepté la mort de sa compagne a développé un profond sentiment de colère face à l’injustice de ce deuil ; cette colère ayant fini par donner un cancer.

Bien entendu, Jupiter gouvernant le foie en débilité en gémeaux et opposé à son maitre mercure avec échange de débilité  favorise un cancer du foie…

J’ESPERE QUE VOUS AVEZ BIEN SUIVI CE RAISONNEMENT !

L’astrologie peut être considérée comme un support à fantasmes ; les spiritualistes disent plutôt « support de méditation ».

Le lecteur futé aura compris que, si j’ai eu le malheur de rencontrer l’astrologie sur ma route, je n’en fais plus depuis longtemps… Et bien, je le félicite pour son intuition !

Je puis vous assurer que j’ai étudié l’astrologie d’une façon tout à fait sérieuse et pendant des années : il n’y a rien à en tirer

 

5 ème cas : « UN COUP DE SATURNE »

 

Dialogue entre une astrologue et une consultante (Histoire réellement vécue)

 

La scène se passe chez l’astrologue qui vient de se mettre à table et s’apprête à attaquer une raie au beurre noir (avec câpres)

-DRING

Le téléphone sonne, en soupirant, l’astrologue abandonne sa raie avec regrets et se dirige vers le téléphone.

-« Allo ?

-          C’est moi ; je te dérange ? J’aurais une petite question à poser au sujet d’un voyage que nous envisageons pour cet été aux Etats Unis.

-          (avec ennui) Où est le problème ?

-          Et bien… J’aurais voulu savoir si les astres sont favorables à un tel voyage…

-          Et pourquoi ne le seraient-ils pas ?

-          Et bien, tu vois bien, avec tous ces accidents, ces risques d’attentats…

-          Tu comprends, je suis marquée par les signes de terre après tout, et ça n’est pas bien normal pour un être humain de se trouver en l’air !

-          Si Dieu avait voulu que nous volions, il nous aurait donné des ailes après tout…

-          J’ai pensé que nous pourrions poser une question horaire à ce sujet. Aujourd’hui, nous sommes le 9 et il est 12 heures 42 ; J’ai vérifié à l’horloge parlante !

(Pour le non initié : une question horaire, est un thème astral qui permet de répondre à une question qui nous préoccupe quelle qu’elle soit, à partir du moment où nous sommes vraiment préoccupés par elle. Le thème astral est monté pour la date et l’heure auxquelles on pose la question.)

     -Je ne suis pas sûre que ce soit bien opportun de poser une question  sur un sujet pareil… Les astres pourraient considérer qu’il s’agit d’une question futile et refuser de répondre

   - Et comment on le sait qu’ils refusent de répondre ?

   - Oh, c’est simple, si l’ascendant tombe sur les trois premiers degrés du zodiaque, ça signifie qu’il est trop tôt pour poser la question ; à ce moment là, il conviendra de la reposer plus tard, mais pas dans au cours de la même lunaison. Si l’ascendant tombe sur les 3 derniers degrés du zodiaque, ça veut dire qu’il est trop tard pour poser la question ; en fait, la question posée est déjà dépassée par les événements et le consultant va recevoir une réponse sous peu sans avoir besoin de demander l’avis des astres ; par exemple, une personne demande à connaître le résultat d’un examen alors que la réponse se trouve déjà dans sa boite aux lettres…

Lorsque l’ascendant tombe sur les trois premiers degrés du zodiaque, la question est souvent inopportune, le consultant pose une question hors sujet en quelque sorte…

Dès que l’astrologue enfourche son dada, elle se laisse prendre par sa passion, au point d’en oublier sa raie au beurre noir (avec câpres) qui refroidit tristement dans son assiette…

-          Bref, je ne pense pas que dans le cas de ce voyage…

-          Oh, mais j’ai si peur de l’avion !

-          un demi lexomil…

-          (cri d’orfraies à l’autre bout du fil) Comment, mais tu ne voudrais pas que je prenne des médicaments chimiques !

-          Mais enfin, le risque d’accident ou d’attentat est minime…

-          Oui, mais quand ça tombe sur toi tu es foutu !

-          Il me semble qu’il serait plus judicieux de poser la question suivante : « pourquoi ai-je si peur de l’avion ? ». Il doit sûrement y avoir une raison inconsciente profonde à cette angoisse, ce sentiment de claustrophobie semble être lié au signe de la Vierge qui gouverne tout ce qui est rétréci… »

-          C’est vrai que ce serait une bonne idée pour plus tard, mais là j’ai vraiment besoin d’être rassurée au sujet de ce voyage (ton plaintif au téléphone)

La conversation téléphonique prend fin, l’astrologue retourne faire réchauffer sa raie en se demandant à quel moment elle a dit oui à cette demande…

Une semaine plus tard, la consultation (toujours au téléphone a lieu)

« Alors ?

- Eh bien TOUT VA BIEN. Le thème astral ne monte aucun risque d’accident, tu peux partir tranquille

- Tu es sûre ?

- Mais oui

- Et Saturne ?

(Saturne est considéré par les astrologues comme le grand maléfique ; tous les malheurs arrivent par sa faute)

- Oh, ça craint rien, il est en maison succèdent dans le thème, la maison des projets, il devrait amener des retards, seulement des retards. »

Plusieurs mois après, l’amie de retour de voyage,  téléphone à l’astrologue ;

DRING

A nouveau, l’astrologue est à table

« Allo ?

-c’est moi, nous sommes rentrés, notre voyage s’est passé divinement bien…

Tu sais que tu es une excellente astrologue, ce que je savais déjà d’ailleurs !

Tout ce que tu as prévu est arrivé

-          Ah bon ?

L’astrologue cherche en vain dans sa mémoire ce qu’elle a bien pu dire de si spécial, en vain

L’amie reprend :

-          Je n’ai pas été trop angoissée au cours du voyage, tu m’avais rassurée au sujet des risques d’accident, toutefois, le voyage a duré plus longtemps que prévu ; nous aurions du atterrir à 9heures, heure locale et à 10 h nous étions toujours en l’air, j’ai commencé à me faire du souci : en regardant par le hublot, j’ai eu un choc, au lieu de voir l’océan, j’ai aperçu de la couleur verte et des lacs, ce qui n’était absolument pas normal, nous devions atterrir à New York, donc, en bord de mer

-          Je me suis dis que notre avion avait peut être été détourné par les pirates de l’air et que nous volions vers une direction inconnue ; tu imagines mon angoisse…

-          J’ai fini par me décider à demander à l’hôtesse de l’air ce qui se passait et elle m’a répondu que nous étions en train de tourner en rond au dessus du Canada en attendant une autorisation d’atterrir

-          Tu parles d’un soulagement…

-          Et c’est alors que j’ai repensé à ce que tu m’avais dit : c’était UN COUP DE SATURNE, LE RETARD !

 

CONCLUSION

Renoncer à l’astrologie m’a demandé beaucoup de temps et de souffrances. Sa pratique rend dépendant. Peu à peu, on consulte les astres pour un oui ou pour un non. Cela développe un sentiment d’anxiété car on pourra toujours trouver dans le ciel une position astrale défavorable. Je me souviens avoir un jour lu dans le  « Traité des Interrogations » de Robert Ambelain (manuel d’astrologie horaire pour les initiés) :

« Il convient de ne pas mettre un vêtement pour la première fois quand la lune est décroissante »

Comme je l’ai dit au début de cet article, l’astrologie est une drogue et une servitude. La dépendance rend difficile l’abandon de la pratique ; renoncer crée un sentiment de manque, des rechutes ; il s’agit d’un processus de sevrage.

De même que l’ex fumeur ne doit conserver aucune cigarette à sa disposition, l’ex astrologue doit se débarrasser de ses livres et logiciels d’astrologie. 

Autre point important et qui ne facilite pas les choses : la nécessité de rompre avec l’entourage. Celui-ci, composé majoritairement d’astrologues ou de sympathisants, de pratiquants de sciences occultes diverses et variées et de tout ce que le milieu New Age peut comporter de pire joue un rôle désastreux. Il conforte l’astrologue dans ses croyances..

De plus, j’ai pu observer qu’à partir du moment où j’ai commencé à douter de l’astrologie cet entourage a tout fait pour me dissuader de laisser tomber.

Un ex alcoolique doit se débarrasser de ses compagnons de beuverie.

Pour terminer, quelques avis utiles

 À ceux qui auraient une connaissance un ami, un parent s’adonnant aux sciences occultes. Comment les inciter à  passer à autre chose ?

Règle n°1 : prendre l’affaire au sérieux, ne pas vous dire : «ça lui passera avec l’âge » ou bien « ça l’occupe, maintenant que les enfants ont quitté la maison, elle s’ennuie… »

Règle n°2 : Ne pas contrarier cette personne dans ses croyances,  ne dites pas : « mais comment peux tu croire à ces conneries ? »

J ‘ai eu droit à ce genre de réflexion de la part de mes parents, j ‘en ai été mortifiée, je me suis refermée dans ma coquille et j’ai préféré fréquenter des gens qui me comprenaient.

Chercher à convaincre une personne que sa croyance est fausse à l’aide d’arguments rationnels ne sert à rien ; c’est même contre productif, cela risque de la braquer.

Règle n°3 : cherchez à savoir ce qui l’a amené  à se tourner vers les sciences occultes. Posez lui des questions, la plupart des gens adorent parler d’eux. Les arts divinatoires représentent un symptôme, reste à savoir de quoi et ce n’est pas toujours simple ; les problèmes que  cette personne traverse  peuvent être multiples.

Règle n°4 : c’est la plus importante ; cette personne a besoin d’aide et pas forcément de l’aide d’un psy ; il peut suffire de lui proposer une activité vivifiante qui soit pour elle porteuse de sens ;  l’attrait pour les sciences occultes  trouve son origine dans un questionnement sur le sens de la vie et le pourquoi de certains événements : la souffrance, la maladie, la mort…

Nos sociétés occidentales ont eu tendance à faire disparaître ces questions en les planquant sous les tapis ; ce n’est pas parce que les sociétés pré industrielles ont donné de mauvaises réponses que ces questions sont illégitimes. De toute façon, légitimes ou pas, les êtres humains se posent ce type de questions. Pour l’avoir oublié nous voyons actuellement  fleurir le mouvement New Age, anti chambre de nombreuses de sectes.                                                                                          

*Deutéronome 18.10-12  «  Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d'astrologue, d'augure, de magicien,  d'enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts.  Car quiconque fait ces choses est en abomination à l'Éternel... »(La Bible)

 

 

b) J’ai faillis devenir un gourou

ou l’addiction astrologique

 

Corinne Evanesse,  correspondante du GEMPPI 

Publié le 01.01.2013 dans le trimestriel du GEMPPI : Découvertes sur les sectes et religions

 

Du temps où j’étudiais l’astrologie, j’avais un couple d’amis qui avaient pris l’habitude de faire appel à ma  « science »  au moindre prétexte. Cette  manie s’était développée d’une façon insidieuse, sans que j’y prisse garde. A leur  demande, j’avais monté et interprété leur thème de naissance. Je pensais m’en tenir là mais, au fil des ans,  leurs questions se firent de plus en plus fréquentes. Au moindre problème, ils  venaient me demander conseil semblant incapables de prendre une décision sans vérifier auparavant qu’ils agissaient sous un ciel favorable à leur projet. Comme à l’époque, je me comportais de la même façon, consultant les astres à tout propos, je mis du temps à voir qu’ils étaient devenus dépendants de ce que je leur racontais.  Le phénomène avait pris de l’ampleur du fait  que je ne leur faisais rien payer ; de plus, nous étions voisins et ils étaient sûrs d’avoir toujours (ou presque) leur astrologue sous la main.  S’ils avaient dû débourser de l’argent en allant consulter un professionnel, sans doute cette addiction aurait-elle été freinée par leurs finances limitées et encore, ce n’est pas certain...

 Non seulement je n’étais pas consciente du pouvoir que j’avais pris sur eux, mais, en outre, j’étais persuadée que j’avais une action positive dans leur vie ; d’ailleurs, ce n’était pas vraiment moi qui m’exprimais, mais les astres qui parlaient à travers moi.

Au bout d’un certain temps, ces coups de fil intempestifs finirent par m’agacer, puis par m’exaspérer franchement. Je commençai à me poser des questions.

Chercher à aider ses amis était certes une bonne chose, mais je n’étais pas psychothérapeute et les discussions que j’avais avec eux tournaient régulièrement à la consultation de type psy. Ne sachant pas trop quoi faire, j’en discutai avec une amie ayant suivi la même formation que moi et qui avait choisi de devenir astrologue professionnelle,  elle s’était en outre formée à la psychothérapie d’inspiration bouddhiste et était devenue la disciple d’un maitre spirituel connu dont elle me faisait un grand éloge, bref, une femme dont les avis comptaient pour moi à l’époque.

« Mais bien sûr, c’est normal que tu en aies assez ! Tu n’es plus dans ton rôle d’amie depuis longtemps, ça ne va pas du tout !  Si ces gens vont si mal, tu devrais me les envoyer, il vaut mieux qu’ils consultent une personne  qu’ils ne connaissent pas. »… 

« D’ailleurs, je suis sûre qu’il y a quantité d’aspects de leur thème astral dont tu n’as pas osé leur parler… »

Je n’avais pas été convaincue par ses arguments et du coup, je  ne leur ai pas communiqué les coordonnées de cette  astrologue. Cette femme m’affirmait qu’il ne fallait pas mélanger relation amicale et relation thérapeutique, or,  elle n’avait rien trouvé de mieux à faire que de prendre en thérapie bouddhiste ses amis d’enfance !

De plus, changer d’astrologue n’était pas une solution ; certes, j’aurais été débarrassée d’eux ce qui m’aurait bien arrangée, mais je commençais à remarquer leur dépendance aux arts divinatoires (sans toutefois prendre conscience de la mienne)

Que faire ? Je me sentais coincée ; de plus, je constatai qu’ils  me posaient régulièrement les mêmes questions, ce qui signifiait  qu’ils n’écoutaient rien de ce que je leur disais…

Je choisis de leur conseiller  d’aller consulter un psychothérapeute, de préférence  spécialisé  dans les problèmes de couple… A l’époque, ils le prirent fort mal.  Dans le milieu qu’ils fréquentaient alors,  les psychologues n’avaient pas bonne réputation ; la psychologie ne s’occupant que de la psyché, c’est-à-dire des aspects les plus inférieurs de l’esprit et n’avait pas la même valeur  que l’astrologie, puisqu’il s’agissait d’un art sacré, dont l’objectif était la transformation intérieure de l’adepte…

Je précise au passage que ce n’est pas moi qui leur avais mis dans la tête cette idée saugrenue, ils la défendaient déjà avant de faire ma connaissance …

Ces gens avaient toutes sortes de croyances curieuses ; bien que n’ayant pas suivi la même formation d’astrologie  que moi, ils auraient été tout à fait à leur place parmi mes camarades.

Dans le but de m’en débarrasser, je les informai alors que je ne faisais plus d’astrologie ; le sujet avait cessé de m’intéresser, j’avais tourné la page.  A l’époque, c’était faux, il s’agissait d’une ruse.

Ils n’acceptèrent pas ma décision et firent des pieds et des mains pour me faire changer d’avis ; j’eu droit à tout : compliments sur mes dons d’astrologue, flatteries appuyées, chantages affectifs, tentatives pour me culpabiliser et j’en passe…

L’addiction aux arts divinatoires

Je constatai également qu’à chaque fois que je les voyais, chez des amis communs par exemple, ils trouvaient toujours un moyen pour faire tourner la conversation en direction des arts divinatoires, même si le sujet dont il était question à ce moment là ne s’y prêtait pas du tout !

Non seulement je ne changeai pas d’avis, mais leur attitude de drogués en état de manque me conforta dans l’idée que j’avais pris la bonne décision ; ils avaient bel et bien besoin d’être sevrés !

 Les conséquences ne tardèrent pas à se faire sentir : une rupture violente avec le couple  qui me reprocha en public de les abandonner

Car, en effet, cette malheureuse histoire m’avait servie de leçon.

Mais je n’en pouvais plus et je ne revins jamais sur cette décision ;  ce fut une délivrance.

Cette rupture fut suivie de  bien d’autres. Je ne vois plus, par exemple, cette « amie » astrologue professionnelle, qui s’est spécialisée depuis en psychothérapie  néo-bouddhiste. Elle n’a jamais accepté que je renonce à défendre la Cause et de toute façon, nous ne vivons plus sur la même planète. Je ne la regrette pas, pas plus que les autres d’ailleurs……

J’appris, bien plus tard, que  le couple  en question avait entrepris une psychothérapie  Bien entendu, ils choisirent un homme partageant leurs croyances  (ou faisant semblant de les partager) ; il les envoya consulter une autre astrologue, puis, un chamane…

Aux dernières  nouvelles, le mari étudierait le tarot divinatoire.  Il ya des gens qui ne s’en sortent jamais…

 
          A ce sujet, je tiens à préciser que je mets bien dans le même sac TOUS les arts divinatoires. Contrairement à ce que racontent certains escrocs, l’astrologie est bien une mancie, il s’agit de voyance et de rien d’autre. Chercher à distinguer l’astrologie des arts  divinatoires, n’est qu’une tentative pitoyable pour rapprocher l’astrologie de l’astronomie, autant vouloir dire que l’alchimie ressemble à la chimie.

Cette malheureuse histoire me servit de leçon.

C’est à cette époque que je décidai de renoncer à devenir astrologue professionnel et je refusai à partir de ce moment là toutes les demandes qui m’étaient faites.

J’en avais par dessus la tête des problèmes des autres et il n’était pas question  de me laisser piéger  par une autre  expérience.  Lorsque j’annonçai ma  décision  à mes camarades étudiants  en astrologie, ce fut la consternation ; personne ne comprit ;  j’eu droit à toutes sortes de reproches ; en particulier on fustigea mon indifférence à la souffrance d’autrui et mon égoïsme.

Mais je n’en pouvais plus et je ne revins jamais sur cette décision ;  ce fut une délivrance.

Malheureusement, renoncer à devenir astrologue ne signifiait pas que j’avais cessé d’y croire !

Voir l’état de dépendance dans lequel étaient tombés ces gens me fit prendre conscience que moi-même je ne faisais guère mieux… L’astrologie faisait tellement partie de ma vie que je ne concevais pas de prendre une décision sans consulter auparavant les astres. J’observais le même phénomène chez les autres  astrologues que je fréquentais ; nous vivions dans un monde à part, parlant un langage qui n’appartenait qu’à nous. Je voyais bien que quelque chose n’allait pas mais je ne savais pas quoi faire pour en sortir. Cesser de pratiquer cet art était exclu mais j’aurais aimé ne plus en être dépendante, un peu comme ces fumeurs qui pensent à réduire leur consommation de cigarettes et pensent parvenir à gérer leur consommation…

Sans aller  jusqu’à me poser des questions sur sa validité, je me demandais si, à la longue, cette pratique était si bénéfique que ça. Je constatai en particulier que devenir astrologue avait développé mon anxiété. J’avais toujours eu une tendance à me faire du souci mais étudier l’influence des astres  ne m’avait pas aidé du tout à maitriser cette tendance, bien au contraire, cela n’avait servi qu’à me donner de nouvelle raisons de m’inquiéter. La peur de l’avenir est au cœur de la vie des astrologues et de leurs clients ; ils cherchent  percer ses secrets dans le but de se rassurer et de se protéger de malheurs futurs. Bien entendu il s’agit d’une attente toujours déçue puisqu’il est impossible de prévoir l’avenir. Mais au lieu de se rendre à l’évidence, astrologues et clients ne font que persévérer dans l’erreur.

Les occasions de se faire du souci quand on est astrologue ne manquent pas : il faut savoir que sur les 10 planètes prises en compte dans un thème astral, un grand nombre sont réputées être maléfiques : mars et saturne, pour commencer ; les nouvelles planètes découvertes depuis la fin du 18ème siècle n’ont pas une très bonne réputation non plus. Lorsque l’une d’entre elle passe par transit sur un des points importants du thème de naissance ascendant, descendant, fond du ciel, milieu du ciel, soleil, lune, maitre d’ascendant…) que va-t-il arriver ? Et à cela s’ajoutent les autres outils utilisés par l’astrologue pour prévoir l’avenir : révolutions solaires, révolutions lunaires, directions primaires, secondaires et symboliques…

Ah, que d’occasions de se prendre la tête et d’angoisser !

Par moments, j’aurai bien aimé tout envoyer balader, mais à quoi bon ? Je connaissais les positions astrales par cœur, je n’avais même plus besoin de consulter des éphémérides (tables des positions planétaires) pour savoir la position de telle ou telle planète dans le ciel ; je ne pouvais pas oublier ce que je savais : nous étions soumis aux astres et à leur influence, nos vies ne nous appartenaient pas, nous n’avions aucune marge de manœuvre !

Une véritable aliénation dont je n’ai jamais entendu dénoncer les méfaits nulle part. Combien d’articles ai-je lus dénonçant (avec toutes sortes d’arguments) les mensonges de l’astrologie ; je n’ai rien trouvé concernant ses dangers, sauf peut-être en lisant certaines pages  de blogs sur internet  écrits par des évangélistes, qui, une fois n’est pas coutume, ont réussi à dire quelque chose de vrai.

Vous devez vous demander comment j’ai réussi à m’en sortir ?

Ce sera pour une autre fois.

A SUIVRE…

 

 

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