Catholicisme et dérivés

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Dérives sectaires, deux ans de prison requis contre Alberto Maalouf

Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis contre Alberto Maalouf, qui comparaissait mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Caen pour abus de faiblesse et sujétion psychologique envers 19 personnes. Le délibéré sera rendu le 11 juillet.

Céline Hoyeau, La Croix 24/05/2019 – Le procureur a requis une peine de deux ans de prison « éventuellement avec sursis », assortie d’une mise à l’épreuve de trois ans, et 15 000 € d’amende, ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de participer à toute vie associative, à l’encontre d’Alberto Maalouf. Ce jeune médecin, président de l’association Notre-Dame-de-la-lumière (NDML), accusée de dérives sectaires, comparaissait mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Caen pour abus de faiblesse et sujétion psychologique envers 19 personnes. Avec des étudiants de Caen, Alberto Maalouf a lancé en 2008 un groupe dans la mouvance du Renouveau charismatique catholique, organisant des veillées de prière et de guérison, ainsi que des maraudes pour les sans-abris à Caen. Doté d’un fort charisme, le jeune homme, né au Liban et très marqué par un pèlerinage à Medjugorje en Bosnie, a fédéré autour de NDML près de 300 personnes. Quelques-uns, le « noyau consacré », des jeunes professionnels âgés d’une trentaine d’années, ont créé une « communauté nouvelle », prononçant des vœux privés et s’installant dans deux maisons, l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes, pour mener une vie ascétique et vivre « comme les premiers apôtres ». Le rayonnement d’Alberto Maalouf s’est étendu aussi au-delà de la Normandie. Élu pendant un temps dans l’instance nationale du Renouveau charismatique, il était l’invité de nombreux rassemblements, comme encore l’été dernier « Open Medj » qui a réuni 1 000 personnes à Medjugorje avec l’association l’Étoile Notre-Dame.

Une enquête canonique en 2016 – Des plaintes d’anciens membres de l’association ont toutefois commencé à remonter en 2011 à la cellule Dérives sectaires de l’épiscopat. Un ancien de NDML et un jeune psychologue, Benoît Lechevalier, ont créé alors l’association Tocsin, « pour aider de façon constructive les autorités publiques et ecclésiales sur la question des dérives sectaires ». En 2015, l’Unadfi a reçu de son côté de nouvelles plaintes et prévenu avec Tocsin la Miviludes, qui a décidé de saisir le procureur de Caen. Du côté de l’Église, l’évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Jean-Claude Boulanger, qui avait confié une lettre de mission à NDML en , avec l’animation de la paroisse de la Sainte-Trinité, a lancé une enquête canonique en 2016. Ses résultats n’ont pas été rendus publics, mais au terme de cette enquête, l’évêque a retiré sa lettre de mission. Dans sa déposition à la police, citée mardi 21 mai, Mgr Boulanger a été très dur à l’encontre du président de l’association, qualifié de « pervers narcissique », de « vrai séducteur », avec « une emprise sectaire sur les membres » de sa communauté, et qui « n’obéissait pas à l’Église » …

 

Le Vatican jugé pour les agressions sexuelles d’un prêtre : une première en France

Le Progrès Le 06/06/2019 – Le procès aura lieu au plan civil et il ne sera question que d’une demande de dommages et intérêts. Mais c’est une première en France. Un avocat, Me Emmanuel Ludot, a déjà obtenu en 2015 devant une juridiction civile, le tribunal de Nantua, la condamnation d’un ancien prêtre à un euro symbolique de dommages et intérêts pour les agressions sexuelles commises entre 1963 et 1966 sur un adolescent. Les faits s’étaient déroulés au lycée Lalande, à Bourg-en-Bresse où le prêtre, âgé aujourd’hui de 86 ans, était aumônier. Depuis, Me Ludot a engagé la responsabilité du Vatican, en estimant que celui-ci « est responsable des déviations sexuelles des prêtres. Il doit assumer les conséquences du célibat et de l’abstinence qui leur est imposée. » L’avocat estime aussi que le prêtre a été « exfiltré » en Suisse au début des années 1970 avec l’assentiment du Saint-Siège, alors que le comportement de l’ecclésiastique commençait à faire scandale à Bourg-en-Bresse.

 

Le Nonce apostolique en France bientôt face à ses accusateurs

Par Julie Pietri, le 15 mai 2019 – INFO FRANCE INTER – Mgr Luigi Ventura, représentant du Vatican à Paris, fera face la semaine prochaine à quatre hommes qui ont porté plainte contre lui pour agressions sexuelles… Monseigneur Luigi Ventura bénéficie toujours de l’immunité diplomatique…L’affaire du Nonce a été médiatisée peu après une cérémonie de vœux à la mairie de Paris, le 17 janvier dernier. Lors de cette cérémonie, Mathieu de la Souchère, jeune cadre de la mairie, dit avoir été agressé sexuellement : “… À plusieurs reprises, dont une fois devant témoins, il m’a tripoté de manière très insistante. C’était bien plus qu’une main aux fesses”. Le jeune homme a déposé plainte le 24 janvier. Depuis, plusieurs autres hommes l’ont suivi.

Australie: le cardinal Pell, condamné pour , ne fera pas appel de sa peine

RTBF.BE – Belga –  Publié le lundi 27 mai 2019  – Le cardinal australien George Pell, condamné et incarcéré pour pédophilie, ne cherchera pas à réduire sa peine s’il perd en appel de sa condamnation, rapporte l’agence de presse australienne AAP…George Pell, 77 ans, ancien numéro trois du Vatican tombé en disgrâce, a été condamné en mars à six ans de prison pour agressions sexuelles “éhontées” contre deux enfants de chœur, dans les années 60, dénoncées par le juge comme un “grave” abus de pouvoir. Les avocats de l’ecclésiastique ont introduit une demande d’appel de sa condamnation, laquelle sera examinée par un tribunal de Melbourne la semaine prochaine. Mais aucune demande de réduction de peine n’y sera jointe, rapporte AAP. Ses avocats entendent annuler la condamnation ou parvenir à un nouveau procès au motif, notamment, que la procédure présente selon eux une “irrégularité fondamentale“. Trois juges décideront, le 5 juin, d’autoriser ou non George Pell à interjeter appel de sa condamnation. De son côté, le Vatican a également ouvert une enquête interne. 

 

Le scandale des abus sexuels dans les églises en Pologne devient politique

Par Jan Cienski – Politico.eu  05/13/19 – Un documentaire exposant les abus sexuels d’enfants dans l’Eglise catholique romaine de Pologne a fait de la une question clé en vue des élections européennes. Le film, “Tell No One”, qui montre comment des prêtres violents ont détruit la vie de leurs victimes et n’ont subi aucune conséquence, a choqué le pays majoritairement catholique dans lequel l’église est un acteur politique clé ; sorti samedi soir, il avait été vu plus de 8,1 millions de fois sur YouTube à partir de lundi après-midi. (Deepl traduc.) – https://www.politico.eu/article/poland-catholic-church-sex-abuse-scandal-politics-tell-no-one-film/

 

Arte suspend la diffusion de « Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise »

Le monde 30.04.19 – La chaîne franco-allemande Arte a été contrainte de retirer de sa plate-forme de diffusion le documentaire Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise. A la suite d’une plainte en référé d’un prêtre, le tribunal d’instance de Hambourg (Allemagne) a, en effet, décidé le 20 mars de suspendre la diffusion de cette enquête consacrée aux viols commis par des ecclésiastiques sur des religieuses, qui avait fait grand bruit en France et en Allemagne. Selon Fabrice Puchault, directeur de l’Unité société et culture d’Arte France, cité par La Croix, « la personne qui a porté plainte est un prêtre allemand » : « Il n’est pas nommé [dans l’enquête], et le lieu où il exerçait n’est pas mentionné, mais il s’est reconnu et a estimé être reconnaissable par d’autres. Le tribunal lui a donné raison, après une audience à laquelle – pour des raisons qui tiennent à la procédure judiciaire allemande –, nous n’étions pas présents. »  La chaîne risque une amende pouvant aller jusqu’à 250 000 euros, ainsi que deux ans d’emprisonnement, si elle diffuse le documentaire…

Abus sexuels, le diocèse de Baltimore révèle le nom de 23 prêtres accusés après leur mort

La Croix 26.04.19 – Hadrien Genieys (avec National Catholic Reporter). Dans le but de rétablir la confiance avec les fidèles, l’archevêque de Baltimore pérennise la pratique de divulgation des noms de prêtres accusés d’abus dont l’archidiocèse est pionnier. Le diocèse de Baltimore, dans le Maryland, a rendu public, mercredi 24 avril le nom de 23 prêtres accusés après leur mort d’abus sexuels sur mineur. Ces noms viennent s’ajouter aux 103 autres qui avaient déjà été communiqués au public par le diocèse…En 2002, le diocèse fut l’un des premiers du pays à faire ce geste en révélant l’identité de 57 membres du clergé qui faisaient l’objet de sérieuses accusations.

« Trop c’est trop » : face aux scandales sexuels dans l’Eglise, ils renient leur baptême

Par Cécile Bouanchaud, Le Monde 23.05.19 – Exiger son « débaptême » est une réaction de plus en plus commune pour des fidèles « dégoûtés » par l’attitude de la hiérarchie catholique. Quand son fils lui a écrit sur leur groupe WhatsApp que le pape François refusait la démission du cardinal Barbarin, reconnu coupable de non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs, « ça a fait tilt » dans l’esprit de Florence. « J’ai envie de vomir », a-t-elle répondu à Romain, en évoquant son « dégoût » de la hiérarchie catholique…L’évidence, ça a été d’adresser au diocèse de Lyon une demande d’apostasie pour renier son baptême, célébré quarante ans plus tôt à l’église de Saint-Luc. « Trop c’est trop », commente la mère de famille dont le frère, qui s’est suicidé en 2010, était une présumée du père Preynat, ce prêtre accusé d’agressions sexuelles sur mineurs dans les années 1970 et 1980. Son fils a entrepris la même démarche. « Couvrir les violeurs, refuser de les dénoncer à la de l’Etat, oser jubiler à l’idée que les viols sont prescrits : si un enfer existait, comment ne pourrait-il être réservé aux personnes qui commettent ces crimes ? », écrit Romain dans sa lettre demandant son « débaptême »…A l’instar de Romain et Florence, une centaine de personnes ont répondu à l’appel à témoignages du Monde, racontant leur parcours pour ne plus faire partie de la communauté des catholiques. Certains disent avoir « perdu la foi ». D’autres, baptisés enfants, disent ne l’avoir jamais eue. Tous évoquent le sentiment de déréliction ressenti face à l’accumulation des scandales de pédophilie et d’agressions sexuelles frappant l’Eglise. Combien sont-ils en France à se lancer dans cette démarche ? La conférence des évêques de France (CEF), instance nationale de l’Eglise catholique, reconnaît une augmentation des demandes d’apostasie ces derniers mois, sans pour autant apporter de chiffres précis. « Nous ne centralisons pas les demandes de renonciation à la foi catholique adressées aux diocèses », commente Vincent Neymon, porte-parole adjoint de la CEF.

 

À Marseille, religieuses et prêtres se font insulter dans la rue

Par  Pierre Saint Gilles – Le Figaro , 05/04/2019 – Identifiables avec leurs habits, les prêtres et religieuses sont victimes d’agressivité, souvent traités de «pédophiles» par des inconnus. François Valty est un ostéopathe réputé à Marseille. Parmi la clientèle de son cabinet, situé dans le quartier de Notre-Dame-de-la-Garde, des religieuses et des prêtres. « Je soigne les corps, mais je suis frappé par la grande détresse de certains de mes patients religieux. » Ces hommes et femmes d’Église se confient au praticien qu’ils savent catholique et fervent pratiquant. Ses mots à lui sont crus : « Ils ont été traités de “pédés” ou de “salopes” par des inconnus croisés dans la rue. Juste parce qu’ils étaient identifiables avec leurs habits de prêtre ou de religieuse… » Si cette agressivité est nouvelle dans le centre-ville bourgeois, elle est établie depuis longtemps dans les quartiers populaires du Nord. Fazia Hamiche, conseillère municipale LR dans les XVe et XVIe arrondissements, explique ce phénomène par le repli identitaire plus que par la montée de l’intégrisme musulman…

 

PÉDOPHILIE DANS L’EGLISE FRANÇAISE : UNE ANNÉE DE DÉBALLAGES, D’AVANCÉES ET DE VALSES-HÉSITATIONS

France Info 06/01/2019 – Vous avez bousillé ma vie”, assène un ancien scout lyonnais. Sur le site de l’association La Parole libérée, des dizaines de victimes du père Bernard Preynat, mis en examen pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts dans les années 1980-1990, témoignent, réclament justice et somment le cardinal Philippe Barbarin de s’expliquer sur ses silences. L’archevêque de Lyon est jugé à partir du 7 janvier pour non-dénonciation d’agressions sexuelles contre des enfants…de nouveaux scandales sont mis à jour, remontant parfois à plusieurs décennies…

Des centaines d’agresseurs présumés nommés publiquement par des dirigeants catholiques au Texas

1er février 2019, Par Associated Press – DALLAS – Les dirigeants catholiques du Texas ont identifié jeudi 286 prêtres et autres personnes accusées d’abus sexuels sur des enfants, un chiffre qui représente l’une des plus importantes collections de noms à avoir été publiées depuis un rapport explosif du grand jury l’an dernier en Pennsylvanie.

https://www.nbcnews.com/news/us-news/hundreds-accused-abusers-named-catholic-leaders-texas-n965716

Pédophilie : l’Eglise reconnaît avoir « détruit » des dossiers

Le Monde avec AFP le 23 02 19 – Un cardinal allemand, proche du pape, a admis, samedi 23 février, que l’Eglise avait parfois détruit des dossiers sur des ecclésiastiques pourtant coupables, à l’évidence, d’avoir agressé sexuellement des mineurs.

« Des dossiers qui auraient pu documenter ces actes terribles et indiquer le nom des responsables ont été détruits ou n’ont pas même été constitués », a déploré le cardinal allemand Reinhard Marx dans un discours…

101 des 152 cas d’abus sexuels commis par des membres de l’Église au Mexique font l’objet de poursuites.

The Associated Press, MEXICO CITY – 6 mars 2019 – Le chef de la conférence épiscopale mexicaine affirme que 101 des 157 cas dans lesquels des prêtres catholiques ont été impliqués dans des abus sexuels ont été remis aux procureurs. Le conseil épiscopal a déjà déclaré que 152 prêtres avaient été retirés du ministère au cours des neuf dernières années pour des délits d’abus sexuels contre “des jeunes ou des adultes vulnérables”.  (Deepl traduc.) https://abcnews.go.com/International/wireStory/101-mexicos-152-church-sex-abuse-cases-prosecuted-61492021

 

Nouvelles accusations d’abus sexuels contre l’église catholique du Chili

EVA VERGARA Associated Press SANTIAGO, Chili – 5 mars 2019 – L’Eglise catholique romaine du Chili, déjà la cible de sanctions du Vatican, a été secouée mardi par une nouvelle allégation d’abus sacerdotal et de dissimulation de haut niveau. Daniel Rojas Alvarez, un homme indigent de 43 ans, est apparu lundi soir sur une chaîne de télévision d’Etat pour dire qu’un prêtre de la cathédrale de Santiago l’avait drogué et violé en 2015. Il a dit que le cardinal Ricardo Ezzati lui avait donné de l’argent lorsqu’il a été informé de l’attaque et lui a dit de ne pas le signaler.

(Deepl traduc.)  https://abcnews.go.com/International/wireStory/accusation-sex-abuse-chiles-catholic-church-61488180

Australie : le cardinal Pell condamné à six ans de prison pour des crimes pédophiles

France info, France Télévisions – 13/03/2019 – L’ancien numéro trois du Vatican avait été reconnu coupable de et d’agressions sexuelles sur deux mineurs dans les années 1990. Il est le plus haut représentant de l’Eglise catholique à être reconnu coupable de pédophilie. Le cardinal australien George Pell a été condamné dans son pays, mercredi 13 mars, à six ans de prison pour un viol et des agressions sexuelles contre deux enfants de chœur. Agé de 77 ans, l’ancien numéro trois du Vatican devra passer au minimum trois ans et huit mois derrière les barreaux. En décembre 1996, le prélat avait imposé une fellation à une victime et s’était masturbé en se frottant contre l’autre, alors que les deux garçons de 13 ans s’étaient cachés dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne pour y boire du vin de messe …George Pell a toujours clamé son innocence. Sa défense argue que le verdict est “déraisonnable” et qu’il se fonde sur le témoignage de la seule des deux victimes encore en vie, qui plus est sur des faits vieux de plus de deux décennies…

L’Opus Dei a versé 977 000 $ pour régler une plainte pour inconduite sexuelle contre un prêtre catholique éminent.

Washington Post – Par Michelle Boorstein, 7 janvier – La communauté catholique mondiale de l’Opus Dei en 2005 a payé 977 000 $ pour régler un procès pour inconduite sexuelle contre le révérend C. John McCloskey, un prêtre bien connu pour se préparer à la conversion de grands noms conservateurs – Newt Gingrich, Larry Kudlow et Sam Brownback, entre autres. La femme qui a déposé la plainte est une catholique de la région de D.C. qui était parmi les nombreuses personnes qui ont reçu une direction spirituelle de McCloskey par l’intermédiaire du Catholic Information Center, un centre de la vie catholique du centre-ville de Washington. Elle a dit au Washington Post que McCloskey l’avait tripotée plusieurs fois pendant qu’elle allait en consultation pastorale avec lui pour discuter de problèmes conjugaux et de dépression grave. (Deepl traduc.) https://www.washingtonpost.com/gdpr-consent/?destination=%2freligion%2f2019%2f01%2f08%2fopus-dei-paid-settle-sexual-misconduct-claim-against-prominent-catholic-priest%2f%3fnoredirect%3don&noredirect=on

Légion du Christ : le Vatican était informé dès… 1943

La Croix – Paula Boyer, le 04/01/2019 – Selon un cardinal brésilien membre de la Curie, le Vatican disposait depuis 1943 de documents sur l’inconduite du père Maciel, fondateur des . Le Vatican n’en a pas fini avec le scandale de la Légion du Christ, cette puissante congrégation conservatrice qui a été ébranlée dans les années 2000 lorsque les turpitudes en tous genres (abus sexuels et spirituels, abus de faiblesse, double vie, toxicomanie, manipulations diverses, plagiat, infraction au droit canonique, etc.) de son fondateur, le Mexicain Marcial Maciel, ont enfin été révélées au grand jour… Xavier Léger, un ancien légionnaire, qui a créé un blog et un site (1), n’a jamais craint d’affirmer que le but de la visite apostolique était « avant tout de sauver le navire. Pas de faire une véritable enquête ».                                                                                              (1) Exlcblog.info, et Lenversdudecor.org

Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise : une enquête choc contre le Vatican sur Arte

Arte, mardi 5 mars à 20h50, documentaire(96 min, disponible sur arte.tv ) – Le documentaire raconte les viols de religieuses par des prêtres et les efforts déployés par le Vatican pour les étouffer. Par Audrey Fournier et Cécile Chambraud – Alors que vient de s’achever un séminaire inédit au Vatican sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs perpétrés au sein de l’Eglise, l’enquête qu’Arte met à disposition sur sa plate-forme de vidéo à la demande vient encore, s’il en est besoin, nourrir la consternation…Mais Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise est moins une compilation de témoignages que la mise au jour d’un système organisé qui, comme le souligne le commentaire qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions, dépasse le viol pour s’apparenter à une forme de « proxénétisme clérical ». Résultat d’une investigation menée pendant deux ans dans plusieurs pays par les journalistes Elizabeth Drévillon, Marie-Pierre Raimbault et Eric Quintin, ce film va bien au-delà de la dénonciation des sévices endurés par les membres des communautés religieuses, pour s’intéresser à la responsabilité du Vatican dans la protection des prêtres violeurs …le documentaire porte une charge particulièrement violente contre le Vatican. Il impute au pontificat de Jean Paul II d’avoir favorisé cette culture de l’impunité… (Le Monde)

Plaintes contre le nonce, la France demande au Vatican de « prendre ses responsabilités »

La Croix, Gauthier Vaillant , le 01/03/2019 – Victimes et gouvernement demandent la levée de l’immunité diplomatique de Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique à Paris, visé par deux plaintes pour agressions sexuelles. Une troisième, pour des faits similaires remontant à 2008, a été déposée au Canada, où le diplomate du Saint-Siège a exercé avant d’arriver en France…Depuis le dépôt de ces plaintes, plusieurs autres personnes se sont manifestées, affirmant avoir elles aussi subi les gestes abusifs du prélat italien : des attouchements répétés sur les fesses, souvent pratiqués lors de cérémonies et réceptions officielles…

Thierry de Roucy déchu de la Légion d’honneur

La Croix. Par Gauthier Vaillant , le 15/11/2018. Il avait reçu cette décoration le 25 septembre 2003, en qualité de prêtre et de fondateur de l’ONG humanitaire Points Cœurs. Il est « exclu de la Légion d’honneur et privé définitivement du droit de porter les insignes de toute décoration française ou étrangère ressortissant à la grande chancellerie de la Légion d’honneur », indique le décret…Fin juin, Thierry de Roucy a été renvoyé de l’état clérical sur décision du Saint-Siège, pour cause de « désobéissance ». Cette décision, exceptionnelle dans l’Église, avait mis un terme à une dizaine d’années de procédures.

En 2011, Thierry de Roucy avait été reconnu coupable d’abus de pouvoir ecclésiastique, d’abus sexuels et d’absolution du complice. Placé sous surveillance de l’Église, il avait par la suite refusé à plusieurs reprises d’obéir à son évêque, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, qui lui demandait notamment de venir vivre dans le diocèse.

 

Un prêtre lanceur d’alerte démis de ses fonctions de juge ecclésiastique par l’Eglise

Nouvel Obs. Par Emmanuelle Anizon. 01.11.2018 Pierre Vignon, le prêtre qui a lancé en août la pétition (100 000 signatures) demandant la démission du cardinal Barbarin, est démis de ses fonctions de juge par les évêques. Pierre Vignon, le prêtre qui a lancé en août la pétition (100.000 signatures) demandant la démission du Cardinal Barbarin (accusé d’avoir couvert les agressions sexuelles sur mineurs du Père Preynat) a appris ce jeudi 1ernovembre qu’il était démis de ses fonctions de juge à l’officialité par les douze évêques de la région Auvergne-Rhône-Alpes…Trublion de l’Eglise, le père Vignon dénonce depuis des mois les atermoiements de l’Eglise sur la question de la pédophilie en France. Il était juge depuis 2002 à l’officialité de Lyon, dont le cardinal Barbarin… est justement le modérateur, c’est à dire une sorte de directeur…Joint par téléphone, Monseigneur Michel, l’évêque du père Vignon, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Etats-Unis: près de 700 prêtres accusés d’actes pédophiles dans l’Illinois

bfmtv.com 20/12/2018 – “L’Eglise catholique n’est pas capable de faire sa police elle-même”. – FRANCOIS GUILLOT / AFP. Vendredi, la justice américaine a révélé les noms de 700 membres du clergé de l’Illinois accusés d’agression sur mineur. L’ampleur du scandale des prêtres pédophiles ne cesse de croître aux Etats-Unis, où la justice a révélé mercredi que près de 700 membres du clergé de l’Illinois avaient été accusés, sur plusieurs décennies, d’agression sur mineur. La procureure de l’Illinois, Lisa Madigan, avait lancé une enquête en août dans cet Etat industriel du nord du pays, après la publication d’un rapport sur l’Eglise de Pennsylvanie… Depuis, ses services ont épluché les archives des six diocèses de l’Etat et leurs conclusions préliminaires sont tout aussi accablantes. Les diocèses de l’Illinois ont rendu publics les noms de 185 prêtres visés par des accusations sérieuses, mais ils avaient été avisés “d’accusations contre au moins 500 prêtres supplémentaires“, écrit Lisa Madigan… La plupart des cas n’ont pas fait l’objet d’enquêtes appropriées, ou n’en ont pas du tout fait l’objet, ajoute-t-elle, en regrettant que la justice n’ait pas été saisie. “L’Eglise catholique n’est pas capable de faire sa police elle-même”, en conclut Lisa Madigan dans un communiqué au ton sévère pour l’institution religieuse… l’archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, accusé d’avoir contribué à étouffer le scandale, a été contraint de démissionner. Des diocèses ont commencé à publier des listes noires et une dizaine d’Etats ont initié des investigations pour mettre au jour les abus.

Le Cardinal Pell reconnu coupable d’abus sexuel par le tribunal de Melbourne

Christopher White – cruxnow.com 13 déc. 2018 – NEW YORK – Dans une décision qui va sans aucun doute créer des ondes de choc dans le monde entier, le cardinal George Pell, le plus haut responsable de l’Eglise à être jugé pour abus sexuel, a été déclaré coupable mardi par un tribunal de Melbourne…Pell, âgé de 77 ans, est actuellement en congé autorisé de son poste de Secrétaire à l’économie du Vatican.

En juin 2017, Pell a été accusé par la police australienne d'” agression sexuelle historique “, l’obligeant à quitter Rome et à rentrer chez lui en jurant de laver son nom… Pell est un point de référence clé dans le catholicisme anglophone depuis au moins deux décennies, et il a été nommé par le Pape François à son conseil “C9” de conseillers cardinaux du monde entier en 2013. Mercredi, le Vatican a annoncé qu’à la fin du mois d’octobre, le pape François avait retiré Pell, avec deux autres cardinaux, de son conseil des conseillers. Il a été archevêque de Melbourne de 1996 à 2001, puis archevêque de Sydney de 2001 à sa nomination au Vatican en 2014…La Commission royale a révélé l’an dernier que 7 % des prêtres catholiques ont été accusés d’avoir abusé sexuellement d’enfants en Australie au cours des dernières décennies, et en réponse, l’Église a accepté 98 % de ses 80 recommandations, se prononçant seulement contre la recommandation que l’Église élimine le sceau du confessionnal. En août, le pape François a écrit une lettre au “Peuple de Dieu” dans laquelle il s’est excusé des nombreux camouflages et échecs…Une date de détermination de la peine pour Pell a été fixée à février 2019. Le juge Peter Kidd a déclaré que M. Pell sera placé en détention à cette date, mais qu’un appel interjeté par son équipe de défense est probable.                     (Deepl traduc) 

Les membres de Notre-Dame mère de la Lumière peuvent rentrer chez eux, près de Caen

actu.fr/normandie/caen ,14.12.2018 – Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Caen a levé les scellés qui empêchaient les membres d’une association suspectée de dérives sectaires de rentrer chez eux. Le principal rendez-vous judiciaire est fixé au mardi 22 janvier 2019, devant le tribunal correctionnel de Caen, pour les membres de l’association Notre-Dame mère de la Lumière (NDML), et celui que la justice soupçonne d’être leur gourou, un médecin urgentiste exerçant à Caen…Ce jeudi 13 décembre, le tribunal a statué sur un point précis de la procédure : les membres de cette association pouvaient-ils réintégrer les deux habitations où hommes et femmes vivaient séparément, à Verson et Tourville-sur-Odon, comme plusieurs d’entre eux le réclamaient ? Ces deux maisons étaient placées sous scellés depuis le 5 juin 2018, date de l’interpellation du gourou présumé. S’ils avaient pu récupérer certaines affaires courant octobre 2018, ils étaient, depuis, contraints de se faire héberger « à droite, à gauche »…Contrairement au ministère public, ces personnes ne se considèrent pas comme des victimes. Elles ont d’ailleurs augmenté, « de leur propre chef », selon leurs déclarations, leur participation à la vie de la communauté, versant leurs désormais 50% de revenus, contre 30% auparavant…Le vice-procureur de la République de Caen s’est opposé à la levée des scellés. Considérant les parties civiles comme des « victimes », il a argumenté : « Ces maisons sont un instrument de l’emprise mentale exercée sur elles. C’est là qu’il (le gourou présumé) avait instauré un code de conduite très rigide, avec l’interdiction d’exprimer le moindre désaccord avec lui, ce qui a provoqué la perte de tout esprit critique chez les membres de NDML. » Le tribunal a finalement accédé à la demande des membres de l’association, estimant qu’il n’était « plus nécessaire » de laisser les habitations sous scellés. Ils pourront donc réintégrer leurs pénates.

L’association Tocsin, qui lutte contre les dérives sectaires, a réagi suite à cette décision : Le moment clé de cette affaire sera le procès du 22 janvier 2019 (…) Il faut espérer que ce groupe qui continue ses activités sans son fondateur depuis qu’il est sous contrôle judiciaire ne reproduit pas aujourd’hui les dérives et comportements qui lui ont fait perdre la caution de l’église catholique et ont conduit leur chef devant les tribunaux.

L’Eglise catholique allemande face à ses milliers de victimes d’abus sexuels

AFP,  25 septembre 2018. L’Eglise catholique allemande doit s’expliquer mardi sur les abus sexuels en son sein et dont des milliers d’enfants ont été victimes, sur fond d’appels à briser la culture du silence et de scandales similaires dans le monde entier. Réunie jusqu’à vendredi à Fulda, la conférence épiscopale allemande doit présenter un lourd rapport commandé par l’Eglise il y a quatre ans et qui identifie plus de 3.600 victimes sur la période 1946-2014...Le rapport de 356 pages est un “document accablant de délits cléricaux”, résume Der Spiegel qui a eu accès à l’ouvrage. Il fait état d’au moins 3.677 victimes, en majorité des garçons âgés de moins de 13 ans, qui ont été les proies de quelque 1.670 membres du clergé. Les chiffres sont “choquants et probablement seulement le pic de l’iceberg”, a réagi Mme Barley.

Car le consortium de chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen, qui a réalisé l’enquête, n’a pas eu d’accès direct aux archives des 27 diocèses allemands. En effet, il n’a examiné que 38.000 dossiers et manuscrits sélectionnés et transmis par l’Eglise.

Selon les auteurs de l’étude, l’Eglise a aussi “détruit ou manipulé” pendant des décennies de nombreux documents relatifs à des suspects et “minimisé” sciemment la gravité des faits. “Nous demandons à l’Eglise de s’occuper enfin du problème”, s’emporte dès lors auprès de l’AFP Jörg Schuh, porte-parole du centre d’accueil des victimes d’abus sexuels Tauwetter, qualifiant d'”organisation criminelle” une institution qui couvre les crimes commis par ses cadres… « l’étude parle quand même de 4 à 5% du cléricat allemand“, ajoute-t-il…Seul le tiers des suspects a fait face à des procédures en vertu du droit canonique mais les sanctions étaient minimes, voire inexistantes. Ils étaient souvent transférés sans que les fidèles ne soient avertis du danger potentiel pour les enfants ». Pire, pour les auteurs du rapport, rien ne permet de penser que cette thématique “appartienne au passé”. Australie, Chili, Etats-Unis, Allemagne… Partout dans le monde des accusations circonstanciées de viols, d’abus sexuels, de pédophilie et de sévices physiques visent l’Eglise catholique et ses dignitaires…

Pédophilie en Pennsylvanie : des documents accablent le Vatican

LE MONDE avec REUTERS  29 08 18 – Les autorités épiscopales américaines avaient partagé leurs archives secrètes avec des responsables à Rome, selon le procureur chargé de l’enquête. Le Vatican était au courant que des prêtres catholiques de l’Etat de Pennsylvanie dissimulaient les abus sexuels qu’ils commettaient sur des enfants, les autorités épiscopales partageant des archives secrètes avec des responsables à Rome, a déclaré, mardi 28 août, le procureur général de l’Etat de Pennsylvanie. Si les diocèses de Pennsylvanie ont systématiquement nié les accusations d’abus sexuels sur des milliers d’enfants, ils ont secrètement documenté les cas d’abus et ont souvent envoyé les informations au Vatican, a déclaré Josh Shapiro lors d’entretiens donnés à deux émissions télévisées nationales…Dans un rapport de 884 pages, découlant de deux années d’enquête et instruit le 14 août par le ministère public, Josh Shapiro a décrit dans le détail les sévices commis par près de 300 hommes d’église sur une période de soixante-dix ans. Le dossier se fonde sur des archives conservées par les diocèses, des confessions manuscrites notamment, a expliqué le procureur général. « Il y a des exemples spécifiques pour lesquels, lorsque les abus ont eu lieu, les prêtres mentaient aux paroissiens, mentaient aux forces de l’ordre, au public, mais ils documentaient tous les abus dans des archives secrètes qu’ils partageaient souvent avec le Vatican », a-t-il déclaré à l’émission « The Morning Show », sur la chaîne CBS. Dans certains cas, « le Vatican était au courant des abus et était impliqué dans leur dissimulation », a ajouté Shapiro, sans préciser si le pape François ou ses prédécesseurs étaient personnellement au courant. Aucun commentaire n’a été fait par le porte-parole du Vatican…                                        

En Australie, les victimes de pédophilie vont être indemnisées et l’Eglise va payer

Neomag.fr – Par Lina Rhrissi – 6 juillet 2018 – Une commission d’enquête a auditionné près de 8 000 cas de pédophilie impliquant l’Eglise, des écoles, des orphelinats ou encore des clubs de sport… La commission a été lancée en 2012, après les révélations de plusieurs affaires de pédophilie impliquant des prêtres, à l’image de celles entamées aux Etats-Unis et en Irlande. En cinq ans, elle a reçu plus de 68 000 témoignages, que ce soit par courrier, téléphone ou mail, dont près de 26 000 entrant dans son champ d’action. Finalement, 7 981 personnes victimes d’agressions sexuelles quand elles étaient enfants ont été auditionnées à huis-clos tandis que 3 489 institutions ont été mises en cause. Plus de la moitié d’entres elles sont des organisations religieuses, catholiques ou protestantes. Mais on y trouve aussi des écoles, des orphelinats, des clubs de sports ou des organisations de jeunesse… Après la sortie du rapport, l’Eglise catholique et toutes les grandes institutions du pays se sont engagées à cotiser au sein d’une caisse nationale. Pour recevoir leurs indemnisations, les victimes doivent se connecter sur un site internet et télécharger un formulaire de 43 pages… Mais cette indemnisation, plafonnée à 150 000 dollars australiens (soit 95 000 €), est loin d’être la solution idéale. En l’acceptant, les victimes renoncent à saisir le tribunal civil où elles pourraient bénéficier de sommes beaucoup plus conséquentes et obtenir une décision de justice… De leurs côtés, les institutions accusées d’avoir protégé les pédophiles se préparent déjà à passer à la caisse. Dans l’état de Tasmanie, l’Eglise anglicane prévoit de vendre 108 propriétés, y compris des églises, pour indemniser environ 200 victimes. De quoi donner un aperçu de l’ampleur de cette tragédie australienne.                                         

Australie : un archevêque complice d’abus pédophiles échappe à la prison

Marianne – 14/08/2018  – Condamné en mai dernier à un an de détention pour avoir caché des actes pédophiles, Philip Wilson est l’ecclésiastique le plus haut placé de la hiérarchie catholique mondiale à être reconnu coupable dans une affaire de pédophilie. Philip Wilson purgera sa peine chez lui. C’est la décision qu’a rendue ce mardi 14 août le tribunal de Newcastle, en Australie. L’âge et la santé du prévenu ont été pris en compte par les magistrats pour éviter la prison à l’ancien ecclésiastique de 66 ans, rapporte le juge Robert Stone… En mai dernier, l’ancien archevêque a été condamné pour avoir couvert les actes pédophiles du prêtre James Fletcher dans les années 1970. C’était la toute première fois qu’un ecclésiastique de cette dignité… était condamné dans une affaire liée à des faits pédophiles. Selon le juge Stone, Wilson n’a “témoigné aucun remords ni contrition”. Écroué en 2004 pour actes pédophiles, James Fletcher est lui mort en détention deux ans plus tard, des suites d’un AVC. Philip Wilson a d’abord refusé de quitter ses fonctions en attendant de faire appel de sa condamnation. Il a toutefois cédé aux pressions du gouvernement australien et a remis sa démission au mois de juillet. Au Vatican, tous les yeux restent aujourd’hui braqués sur l’Australie où se joue un autre procès historique…

Chili: 158 laïcs et membres du clergé visés par une enquête pour abus sexuel

La Croix/AFP , le 23/07/2018 – Un total de 158 laïcs et membres du clergé catholique chilien sont visés par une enquête pour abus sexuels sur des mineurs et des adultes, a annoncé lundi le parquet. Parmi les 266 victimes de ces affaires, dont les plus anciennes remontent à 1960, 178 étaient mineures, a précisé le procureur général Luis Torres…”Dans leur grande majorité, les faits dénoncés correspondent à des agressions sexuelles commises par des curés de paroisses ou des personnes liés à des établissements scolaires”, selon le communiqué… Le 18 mai, l’ensemble de la hiérarchie de l’Église chilienne a présenté sa démission au pape dans le cadre d’un énorme scandale de pédophilie et d’omerta, un coup de tonnerre qui a fait suite à une série de mea culpa de François adressés au peuple chilien… François a jusqu’ici accepté la démission de cinq évêques chiliens

Orgie sexuelle et drogue au Vatican : le pas très catholique entourage du pape François

Marianne. 11/07/2017…Un haut dignitaire du Saint-Siège, prêtre-secrétaire du conseiller personnel du pape François, a été arrêté fin juin en pleine orgie homosexuelle dans un appartement de l’ancien palais de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a révélé le journal italien Il Fatto Quotidiano. Les policiers, appelés pour tapage nocturne en raison des nombreuses allées et venues des visiteurs du religieux sont en effet tombés sur une dizaine d’hommes en tenue d’Adam, en plein acte sexuel et usage de stupéfiants. Âgé de 79 ans, le locataire des lieux – occupés pendant des années par l’ancien pape Benoit XVI alors cardinal – a été aussitôt embarqué par les fonctionnaires puis envoyé au vert par sa hiérarchie dans un couvent italien. Avant cela, l’intéressé a néanmoins subi une brève hospitalisation en clinique de désintoxication pour supprimer toute trace des paradis artificiels consommés. Selon le site de l’International Business Times, journal économique en ligne qui comprend une édition italienne, le prélat aurait d’ailleurs fait par le passé deux overdoses…Le Pape François aurait d’après Sud Ouest d’ores et déjà demandé la démission de son conseiller personnel après avoir milité en faveur de la promotion de son pieux secrétaire, en voulant le nommer évêque, détaille l’International Business Times …

Notre-Dame mère de la Lumière à Caen : groupe religieux ou mouvement sectaire ?

le 30 Sep 18 – actu.fr – Le président de l’association Notre-Dame mère de la Lumière a-t-il fait de cette organisation un groupement sectaire ?.. L’homme, médecin urgentiste de profession, est jugé pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne, en maintenant la sujétion psychologique ou physique des participants ». Alors étudiant, il avait créé un groupe à l’aumônerie de l’Université de Caen, en 2008. Les membres se réunissaient pour des veillées de prières ainsi que des maraudes auprès des démunis dans les rues de Caen. Exclu de l’Université, le groupe s’était transformé en « Notre-Dame mère de la Lumière ». Une communauté qui possède deux maisons : une pour les hommes, à Verson ; l’autre pour les femmes, à Tourville-sur-Odon. D’anciens membres de l’association, soutenus par l’ADFI, ont alerté les autorités judiciaires et religieuses, au printemps 2016. Après une enquête canonique, l’évêque de Bayeux-Lisieux, Monseigneur Boulanger, a retiré sa lettre de mission à Notre-Dame mère de la Lumière, en janvier 2017. Seize victimes – L’enquête de la police judiciaire de Caen, quant à elle, a abouti au placement en garde à vue du médecin urgentiste à deux reprises en juin 2018…Son avocat, Me Jean Delom de Mézerac, s’était emporté le 23 juillet, quand le médecin avait demandé la levée de son contrôle judiciaire : Il est poursuivi comme un vulgaire gourou de secte. Il n’y a strictement rien dans ce dossier. Ces gens ont décidé un autre choix de vie, ils font partie d’une branche chrétienne reconnue par le Vatican… Le procureur de la République avait de son côté insisté sur la nécessité de « protéger les personnes d’elles-mêmes, comme dans les cas de violences conjugales »…        https://actu.fr/normandie/caen_14118/notre-dame-mere-la-lumiere-caen-groupe-religieux-mouvement-sectaire_18827834.html

Dérives sectaires dans la culture ? Questions autour de l’Office Culturel de Cluny

 France Inter – 28 septembre 2018, par Jacques Monin, Cellule investigation de Radio France.Très bien implanté localement et reconnu par les collectivités pour ses activités culturelles, l’Office Culturel de Cluny est accusé de dérives sectaires par d’anciens membres, et de non-respect du droit du travail, tandis que son fondateur est accusé d’agressions sexuelles… En 1964, le comédien Olivier Fenoy crée une troupe de théâtre à Paris. Il l’appelle Office Culturel de Cluny en hommage à un café du quartier latin appelé Le Petit Cluny. Cette référence religieuse n’est pas anodine puisque dès le départ, l’idée d’Olivier Fenoy, proche des milieux catholiques traditionalistes de l’époque, est de monter un organisme de création et de diffusion culturelle d’inspiration chrétienne. “L’Office culturel de Cluny peut s’inscrire dans ce que l’on appelait les communautés nouvelles, qui se sont développées à partir des années 60, en réaction à mai 68, explique l’historien Olivier Landron, professeur à l’Université Catholique d’Angers, auteur d’une thèse sur les Communautés Nouvelles. Certains évêques, ont alors pensé que par l’intermédiaire de l’OCC, l’Église catholique pouvait ‘évangéliser’ le monde des artistes.”  En quelques années, l’Office Culturel de Cluny accumule les succès. Son fondateur Olivier Fenoy est décoré de l’ordre du Mérite, et devient conseiller au ministère du Temps libre (Tourisme, Jeunesse et Sports).  Surtout, l’OCC parvient à “recruter” une centaine de jeunes chrétiens enthousiastes, souvent de jeunes bacheliers, qui rejoignent l’organisation car ils y voient la possibilité de faire le lien entre leur foi et l’art… En 1972, l’OCC, qui a obtenu l’agrément jeunesse et sport, se lance aussi alors dans l’animation culturelle et ouvre des centres de formation …Proche de l’Église mais jamais reconnue officiellement. Chaque “maison” s’organise selon le même système communautaire : travail en commun, revenus en communs, prières en commun trois fois par jour. En créant la communauté, le fondateur assure vouloir créer des statuts pour obtenir la reconnaissance de l’Église catholique. Durant des années, il négociera avec les évêques de France pour y parvenir. Mais, dès 1981, une enquête canonique émet des doutes… Les soupçons de déviance sectaires sont lancés. Dés 1982, le gouvernement retire l’agrément de l’OCC pour cette raison. L’organisation le récupère en 1990, le perd de nouveau puis le récupère encore en 2002. Chaque fois après de longues procédures judiciaires. En 1995 et en 1999, l’OCC figure dans la liste des rapports parlementaires de lutte contre les dérives sectaires. Cette liste, qui recense 173 groupes, est aujourd’hui décriée mais s’appuyait déjà sur des témoignages de familles qui fustigeaient l’embrigadement de leur enfant au sein d’une organisation au fonctionnement interne douteux. “J’ai fait des stages, on m’a flatté en me voyant sur scène alors j’ai tout envoyé balader pour les rejoindre pensant me consacrer au théâtre, raconte Corinne, une ancienne membre, qui a passé 19 ans au sein de l’Office Culturel de Cluny. Petit à petit, le responsable m’a dit qu’ils faisaient tout un travail avec l’Église, de charte communautaire. Il me disait : ‘On s’engage, il y a des vœux, c’est comme au monastère, cela veut dire que tu es d’accord pour prier avec nous.’ C’est ainsi que j’ai progressivement accepté de faire vœu de chasteté, voeu de pauvreté, et vœu d’obéissance.” A l’OCC, le partage des biens est la règle. Dans chaque centre, il existe un compte commun, où sont versés les revenus de l’association et les rémunérations de chaque membre lorsqu’il fait une prestation extérieure. Officiellement, ce bénévolat et ce partage des biens est un choix librement consenti. Mais d’anciens membres parlent d’un système beaucoup plus contraignant, où le cercle dirigeant fait pression pour obtenir des dons d’héritage et le cas échéant une lettre-type de testament qui lègue tout à l’OCC. Toujours d’après d’anciens “clunisiens”, chaque année, en septembre, une réunion avait lieu en présence du fondateur…Il n’était pas question de remettre en cause ses décisions, sous peine d’être mis en quarantaine, envoyé dans un lieu de prière et parfois même agressé physiquement. ”J’ai vu le chef battre un des garçons, le battre comme plâtre, et on m’avait demandé de me taire, se souvient Corinne… Très peu de vacances. Très peu de sommeil. Beaucoup de nuits blanches. Toujours sur le terrain. Cela agit comme un anesthésiant.”  Vœu de chasteté et accusations d’abus sexuels. Officiellement, tous les “communautaires” faisaient vœux de chasteté. Mais cette règle ne se serait pas appliquée à tous. Dans les années 80 et 90, Olivier Fenoy aurait utilisé son influence pour satisfaire ses désirs sexuels avec de jeunes adultes membres de la communauté ou des étudiants qui y suivaient les formations…“Tous les abus sexuels sans exception étaient accompagnés de délires mystiques, avec une petite phrase évangile : ‘Jean le disciple que Jésus aimait’ ou ‘Je t’embrasse sur la bouche parce que Jésus a fait pareil’, témoigne anonymement Martin, un ancien membre qui dit avoir subi les agressions sexuelles d’Oliver Fenoy pendant plus de 10 ans… Plus je suis sous son emprise, économiquement ou spirituellement, plus il s’autorise à profiter. S’il se trouve devant quelqu’un qui est vraiment engagé, alors là, cela va jusqu’au bout”. En 1996, au sein de la communauté, deux des victimes du fondateur évoquent ces abus. Olivier Fenoy demande alors publiquement pardon et promet de faire pénitence. Le silence retombe ensuite au sein de l’OCC, mais cette affaire provoque le départ d’une quarantaine de membres. Une fois sortis, aucun d’entre eux n’ira en parler à la justice. Il faut attendre février 2018, pour que cinq anciennes victimes décident de parler. Elles le font devant le tribunal de Police de Lyon, pour protéger une ancienne clunisienne assignée en diffamation par le fondateur pour avoir évoqué ces abus. Olivier Fenoy se désiste finalement devant le tribunal et est condamné à payer 2 000 € d’indemnités à l’ancienne membre.  Fraudes à l’Ursaff et non-versement de salaires…L’histoire de l’Office Culturel de Cluny a été jalonnée de nombreux procès, notamment dans les années 80…En 2010, 21 anciens membres de l’OCC décident de saisir la justice pour faire valoir leur droit à la retraite. “Nous nous sommes rendu compte que comme nous n’avions pas reçu de salaires durant les 15 ou 20 ans passés au sein de cette communauté, nous allions toucher le minimum retraite, explique Evelyne Grasset, qui a passé 15 ans au sein de l’OCC. C’était contraire au droit du travail français”.  En parallèle, ces anciens clunisiens s’organisent en collectif pour faire savoir ce qu’ils ont vécu. Ils créent le site internet Les années blanches, très vite contré par un autre site au nom identique tenu par ceux qui sont restés à l’OCC. Le 19 décembre 2017, la cour d’appel de Paris confirme le jugement des prud’hommes et condamne l’Office Culturel de Cluny et son association financière Patrimoine et Développement à verser un million d’euros de dommages et intérêts aux 21 plaignants. Mais difficile pour eux d’obtenir cette somme : l’OCC a été officiellement liquidée en mars 2018 et Patrimoine et développement est en redressement judiciaire…Des témoignages d’anciens membres de la communauté concordent : le fruit de leur travail était réinvesti dans les structures annexes de l’Office Culturel de Cluny. Des structures qui étaient régulièrement amenées à changer de nom et de lieu d’implantation alors que s’opéraient des transferts de fonds vers Patrimoine et Développement, l’association créée pour gérer les biens et les avoirs de la communauté…. En 2010, un autre dirigeant financier, François Destor, quitte l’OCC avec dans sa valise de nombreux documents de Patrimoine et Développement. Ces documents permettent de voir qu’Olivier Fenoy est entouré de solides conseillers financiers et juridiques, mais aussi combien l’OCC et ses satellites sont extrêmement structurés et lucratifs. “Les dirigeants ont profité de l’OCC pour vivre bien sans jamais débourser le moindre centime, raconte François Destor, 25 ans à l’OCC, et président de Patrimoine et développement pendant 10 ans. “C’était complètement fou : d’un côté les membres n’avaient pas de salaire, pas de Sécu et mangeaient chaque jour grâce à la banque alimentaire ; de l’autre, les châteaux, grâce à notre travail de rénovation, prenaient de plus en plus de valeur. Si on ajoute les dons et les legs, il y restait bien 10 à 14 millions d’euros quand je suis parti en 2010.”  Aujourd’hui, Patrimoine et Développement étant en redressement judiciaire, l’OCC dispose d’un fond de dotation également appelé Patrimoine et développement. Certaines activités comme celle du Théâtre de l’Arc en Ciel sont également financées par la Fondation Scène et Cité hébergée à la Fondation de France, et dont le fondateur est un membre historique de l’Office Culturel de Cluny…Les centres de l’OCC bénéficient ainsi de nombreuses subventions publiques : l’association Domino, qui accueille des handicapés à Roqueserières près de Toulouse, compte parmi ses partenaires la Région Occitanie ou bien encore la Mairie de Toulouse. De la même manière, en 2018, le Domaine de Tournefou a reçu pour ses activités 5 000 euros de l’antenne régionale du ministère de la Culture, 2 000 euros de la Communauté de communes, et 5 000 euros de la région Grand Est. En 2015, ce centre a pu construire une extension pour accueillir des résidences d’artistes grâce aux subventions publiques qui finançaient 40 % d’un budget total de 1,5 million d’euros. L’association ATD Quart Monde, qui, de 2000 à 2016, a envoyé des enfants en grande précarité dans des cours et des séjours de théâtre dispensés par l’OCC, a mis fin en 2017 à son partenariat avec les antennes de l’Office Culturel de Cluny.  La liste des personnalités de renom ayant participé aux congrès annuels de l’OCC depuis 20 ans est longue. L’actrice Marie-Christine Barrault ou le sociologue Edgar Morin font par exemple partie du comité de parrainage de ces congrès… Et l’Église dans tout ça ? En 2013, la Conférence des évêques de France a fini par publier un communiqué stipulant que l’Office Culturel de Cluny et les associations qui en dépendent n’ont pas de liens organiques avec l’Église catholique.  Mais tous les évêques ne partagent pas cet avis. Dans certains centres comme celui de Pâlis dans l’Aube, les prêtres continuent par exemple de venir y célébrer des messes. « L’évêque de Troyes par exemple a entendu l’un d’entre nous raconter les abus sexuels subis. Il n’a rien fait.” Se désole Evelyne Grasset, qui a passé 15 ans au sein de l’Office Culturel de Cluny …Contactés, les responsables de l’OCC insistent sur le fait qu’il n’y a pas de prosélytisme dans leurs activités, que leur religion et leur manière de vivre est une affaire privée. Ils précisent également que depuis les révélations d’abus sexuels de février 2018, le fondateur Olivier Fenoy a été écarté.  L’Office Culturel de Cluny n’existe plus puisque l’association a été liquidée ; ou plutôt, a changé de nom et s’appelle maintenant l’Œuvre de Cluny…  

L’Office culturel de Cluny condamné à un million d’euros de dommages et intérêts

LE PROGRÈS  08/02/2018.  L’Office culturel de Cluny, propriétaire du Château de Machy depuis 1993, a été condamné à verser 1 million d’euros de dommages et intérêts à 21 plaignants, qui n’avaient perçu aucun salaire pour leurs activités au sein de l’association.

 C’est la fin d’un feuilleton judiciaire qui aura duré plusieurs années. L’Office culturel de Cluny (OCC), qui exploite le château de Machy depuis 1993 avec sa troupe de théâtre L’Arc-en-Ciel, a été condamné à verser près d’un million d’euros de dommage et intérêts à 21 de ses anciens membres. Pendant plusieurs décennies, ces plaignants n’avaient perçu aucun salaire pour leurs activités au sein de l’association OCC. Ils n’avaient pas non plus cotisé socialement. Certains d’entre eux avaient notamment travaillé au château de Machy, à Chasselay. Ce jugement a été rendu par la cour d’appel de Paris le 19 décembre. Les dommages et intérêts oscillent entre 25 000 et 100 000 € selon les cas.

L’association est sur le point d’être mise en liquidation judiciaire – L’Office culturel de Cluny a été fondé en 1963 par Olivier Fenoy qui, jusqu’à la semaine passée, était directeur de la troupe de théâtre en résidence au château de Machy. Cette structure était spécialisée dans l’animation culturelle et la création artistique avec la production de pièces de théâtre. Ce n’était pas tout : son fondateur avait mis en place une communauté de travail et de vie avec une forte dimension religieuse, sans pour autant bénéficier de la reconnaissance officielle de l’Eglise catholique. « Les Clunisiens faisaient à divers degrés des vœux proches de ceux des religieux », affirmait un ancien membre au journal La Croix. Un rapport gouvernemental, réalisé en 1996, avait pointé certaines dérives sectaires au sein de l’OCC, dont les membres vivaient dans différents lieux à travers la France, comme le château de Machy à Chasselay. Or, depuis leur arrivée au sein de la communauté, ces 21 plaignants avaient travaillé sans aucun salaire, ni cotisations sociales. Certains sont restés trente ans dans la structure. La justice a finalement estimé que ces 21 personnes avaient subi « un préjudice, avec une perte de chance de percevoir une retraite ». « Nous étudions encore la possibilité de nous pourvoir en cassation », a annoncé ce mercredi l’avocat de l’Office culturel de Cluny, Olivier Kress. L’association, placée en redressement judiciaire en 2016, devrait faire l’objet d’une liquidation dans les prochaines semaines.

ZOOM – DE L’OFFICE CULTUREL DE CLUNY À LA TROUPE DE L’ARC-EN-CIEL – Le comédien Olivier Fenoy a fondé en 1963 , à Paris, l’Office culturel de Cluny (OCC), un organisme de création artistique et de diffusion culturelle. Production, mise en scène et création de spectacles font partie de ses compétences. En 1973, la troupe liée à l’OCC prend le nom de “Théâtre de l’Arc-en-ciel”. Elle est toujours en activité au château de Machy. « Dans les années 70 , l’OCC a connu un développement important avec la création de nombreux centres dans lesquelles sa centaine de membres était envoyée pour travailler dans les domaines de l’animation et de la culture », confie un ancien membre, ajoutant que l’association s’était composé un patrimoine « considérable », avec l’acquisition de sites à Paris, Vézelay, Grenoble, Pâlis, Chatressac, Cugnaux et même au Chili et au Québec. Olivier Fenoy a cessé d’être le directeur de l’OCC en 1996. Au début des années 2000, la plupart de ses membres avaient quitté la structure, avant d’entamer des poursuites quelques années plus tard.

L’Arc-En-Ciel – La compagnie théâtrale de L’Arc-En-Ciel, antenne de l’OCC, est toujours présente au château de Machy. Dirigée jusqu’à la semaine passée par Olivier Fenoy, elle abrite en résidence des comédiens. Un festival est organisé l’été et des cours de théâtre sont donnés…

Son avocat l’a confirmé mercredi après-midi : Olivier Fenoy n’est plus le directeur du théâtre de L’Arc-En-Ciel, en résidence au château de Machy. « Il a remis toutes ses charges et s’est retiré complètement de l’Office culturel de Cluny la semaine dernière. C’était sa volonté. »

Mercredi, une audience devant le tribunal de police de Lyon le concernait. Dans le cadre d’une citation directe, Olivier Fenoy poursuivait pour diffamation non publique Martine Poirson, qui a fait partie de l’OCC pendant dix ans. Cette Lyonnaise avait tenté d’intégrer au dossier jugé par la Cour d’appel de Paris une attestation, dans laquelle elle rapportait des faits présumés « d’abus de nature sexuelle, mais aussi de manipulation du fait de sa position d’autorité sur l’ensemble de la communauté ». Des faits anciens, prescrits par la justice, qui n’ont jamais fait l’objet de poursuites. Jugeant le délai trop court pour étudier toutes les pièces du dossier, l’avocat d’Olivier Fenoy a demandé un report de l’audience. Face au refus du tribunal, il s’est désisté et le fondateur de l’OCC a été condamné à verser une indemnité de 2 000 € à Martine Poirson. http://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-ouest-lyonnais/2018/02/08/l-office-culturel-de-cluny-condamne-a-un-million-d-euros-de-dommages-et-interets

Un million d’euros saisis chez les Travailleuses missionnaires.

La Croix – Claire Lesegretain (avec Vosges Matin) , le 13/08/2018. Selon le quotidien Vosges Matin, le procureur de la République d’Épinal a récemment fait saisir 950 000 € sur les comptes de l’association qui gère les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée (TMI). Une décision qui intervient dans le cadre de l’enquête en cours depuis 2015 sur les Travailleuses missionnaires qui œuvraient dans l’hôtel-restaurant « L’accueil du pèlerin », proche de la basilique de Domrémy-la-Pucelle (Vosges). La justice reproche à l’association de n’avoir jamais rémunéré ni déclaré les sept ou huit jeunes femmes qui travaillaient au sein du restaurant en y effectuant plus que 35 heures hebdomadaires. L’association payait toutefois le smic et les charges sociales auprès de la Camivac (Caisse d’assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes)…La justice a fait une estimation de l’importance des arriérés de rémunérations et de cotisations auprès des organismes sociaux, d’où cette saisie d’avoirs. Celle-ci a été immédiatement contestée par les avocats de la Famille missionnaire Donum Dei qui ont saisi la chambre de l’instruction de Nancy. Les magistrats devraient statuer cet automne sur cette saisie…Étienne Manteaux, cité par Vosges Matin, a considéré que l’association des TMI n’était pas une congrégation religieuse, et que les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée sont « soumises aux règles du travail classique ». Ce que conteste la Famille Missionnaire Donum Dei (FMDD), qui rappelle que, par une lettre du 15 mai dernier, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF), a affirmé que les TMI « doivent être considérées comme membres d’une congrégation et collectivité religieuse au sens de l’article 1er de la loi du 2 janvier 1978. En conséquence, ils doivent être assimilés à des clercs tels que définis dans la circulaire La Martinière ». Recrutées très jeunes au Burkina Faso, au Cameroun, au Vietnam, aux Philippines ou au Pérou, les Travailleuses missionnaires (créées dans les années 1950) sont des laïques consacrées appartenant à la Famille missionnaire Donum Dei, association reconnue par le Saint-Siège et rattachée au tiers ordre des grands carmes…Des investigations ont été menées par l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) : des enquêtes préliminaires ont été ouvertes en 2016 à Lisieux (Calvados), Marseille et Ars-sur-Formans (Ain) pour les mêmes faits, dans d’autres restaurants gérés par les TMI.

En 2016, les parquets de Lisieux et Marseille se sont dessaisis au profit de celui d’Épinal, afin de permettre un regroupement des procédures.

Les jeunes femmes TMI se plaignent rarement. Selon le procureur d’Épinal, toujours cité par Vosges Matin, leur discours est : « On ne touche pas de salaire, on est heureuses, on donne notre vie au Seigneur »…Pourtant la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a comptabilisé huit plaintes déposées par d’anciennes Travailleuses missionnaires, dont la dernière, en juillet 2017, pour « exploitation d’une personne réduite en  ». Après avoir auditionné d’anciennes TMI, la Miviludes avait relevé en 2015 « des éléments qui caractérisent la déstabilisation mentale ». Elle pointait « la diabolisation du monde extérieur, les ruptures avec l’environnement d’origine, l’absence de soins et les atteintes à l’intégrité physique ».En 2014, à la suite d’une cinquantaine de départs et de quinze plaintes déposées à l’association d’Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux et à leurs familles (Avref), cette association avait consacré un « livre noir » aux TMI.

Sentinelle contre les abus sur majeur dans les communautés religieuses

Radio Notre Dame – le 8 mai 2018 par Thibault Lecoq. L’association Sentinelle vient en aide aux personnes majeures qui ont été victimes d’abus dans les communautés religieuses. Elle tenait vendredi 4 mai, la 4e édition  de ces conférences et débats sur le sujet, afin de libérer la parole. Laurence Poujade est la présidente de cette association qui existe depuis 2014 et une ancienne victime d’abus sur majeur…L’association dispose de différents moyens d’actions pour parvenir à ces buts. Il y l’accompagnement des victimes et des familles, et bien sûr la communication et la sensibilisation autour de ce problème.

L’association se place au cœur de la cité car c’est une association citoyenne, hébergée dans la maison des associations du 14e arrondissement…Pour l’étude de la vie religieuse, elle est en partenariat avec l’Institut des Hautes Études du Monde Religieux (IHEMR), afin de mieux cerner les problèmes qui peuvent exister et en parler avec les autres religions représentées et l’Observatoire de la laïcité. Les journées sentinelles servent à discuter des abus sur majeurs avec les personnes impliquées : associations, anciennes victimes, parents, Église, mais aussi les personnes curieuses de ce problème…Ex. Alexia Lecomte, ancienne moniale franciscaine qui s’est fait « renvoyer » de son couvent sans aucun soutien ni aide. Deux membres de l’association ont témoigné d’un cas particulièrement révélateur de la difficulté de faire émerger ces questions : celui d’un membre de leur famille. Selon la famille qui suit la feuille de route du pape François contre les dérives sectaires, la communauté où est cette personne remplit tous les critères d’une dérive. Leurs interpellations à Mgr Planet, l’évêque en charge de la cellule des dérives sectaires dans des communautés catholiques, n’ont pas abouti. En effet, la cette personne est majeure et donc libre de ses choix. Cela pose la question de la pertinence de cette feuille de réflexion si elle n’est pas suivie au moins d’une visite de contrôle par un évêque…Françoise Poujade, a rappelé qu’en 1997 quand elle a voulu interpeller le cardinal Lustiger sur la situation de sa fille, s’est heurtée à un mur de silence. Lors de cette journée, Mgr de Moulins Beaufort, venant à titre privé pour écouter, à bien fait préciser avant son arrivée qu’il ne voulait aucun enregistrement. L’Église doit donc trouver comment en parler et comment agir contre les abus sur majeur.

Religieuses sexuellement agressées : enquête sur le dernier tabou de l’Eglise

Le Parisien. Vincent Mongaillard. 11 juin 2018. Quelques anciennes religieuses, abusées sexuellement par un prêtre, témoignent. Et brisent un tabou…Si la parole des enfants abusés sexuellement par des prêtres s’est libérée, celle de religieuses dans la même situation reste marginale. Le président de La Parole libérée y voit potentiellement un «énorme scandale».

C’est une religieuse violée par un religieux dans le parloir du monastère. Une nonne subissant les attouchements d’un prêtre dans le confessionnal. Une sœur agressée sexuellement par une autre sœur de sa congrégation. Les faits sont généralement très anciens, vieux de plusieurs décennies… Et donc prescrits. Dans la très grande majorité des cas, les proies se taisent. Quand elles réussissent à raconter leur calvaire, c’est qu’elles ont quitté la vie consacrée. Si la parole s’est libérée ces deux dernières années chez les fidèles qui, enfants, ont été victimes de curés pédophiles, celle de moniales devenues la cible de frères pervers commence à peine à se murmurer. Deux d’entre elles, sorties des ordres, ont accepté de témoigner pour la première fois, dans Le Parisien. Impossible de mesurer l’ampleur de ces drames. La Parole libérée, association d’aide aux victimes d’abus sexuels perpétrés par le clergé, en a recensé quelques-uns. « Mais c’est une évidence que le phénomène est d’une ampleur bien plus grande. Si les sœurs libèrent totalement la parole, ça peut être un énorme scandale ! », croit son président François Devaux. « Des prêtres qui abusent de leur position d’autorité spirituelle pour en profiter sexuellement, cela existe », reconnaît le responsable d’une communauté…La Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui fédère les différentes congrégations, promet qu’elle est à l’écoute. Ce lundi à Paris, elle a convié les supérieurs et les supérieures à une « journée de sensibilisation » sur « les abus sexuels », en partie ceux qui ont détruit des innocentes ayant fait vœu d’obéissance, de pauvreté et de chasteté…sœur Véronique Margron, présidente de la Corref, qui « invite toutes les victimes » à s’exprimer et à « faire remonter la parole du fond du tombeau ».Pourla psychiatre Muriel Salmona, auteure du « Livre noir des violences sexuelles » (Dunod), ce crime à « huis clos » se rapproche de « l’inceste »…«Le pouvoir marqué d’une sorte de sceau du sacré aggrave l’emprise de personnalités perverses », souligne, de son côté, sœur Véronique Margron. « Or,plus l’emprise est forte, moins la parole se libère et donc plus les prédateurs sont sécurisés dans leurs actes », en déduit François Devaux, de La Parole libérée…L’indépendance vis-à-vis des diocèses favorise ainsi la loi du silence.            http://www.leparisien.fr/societe/religieuses-sexuellement-agressees-enquete-sur-le-dernier-tabou-de-l-eglise-11-06-2018-7766382.php

Après la démission des évêques chiliens, des scandales d’abus en cascade

La Croix. Céline Hoyeau , le 28/05/2018. Depuis la démission des évêques chiliens, à qui le pape reproche une faillite collective dans la lutte contre les abus sexuels, plusieurs nouvelles affaires viennent d’être révélées…La boîte de Pandore est ouverte au Chili et il semble bien qu’il faille s’attendre à des révélations en cascade, dans cette Église gangrenée par les scandales de pédophilie. Cinq jours après la démission de l’ensemble des évêques chiliens, épinglés par le pape François pour leur gestion calamiteuse de ces affaires, le diocèse de Santiago a confirmé jeudi 24 mai une information publiée dans les médias locaux selon laquelle le chancelier, le père Oscar Munoz Toledo, c’est-à-dire l’homme chargé notamment de recueillir les plaintes des victimes de prêtres pédophiles, s’était auto-dénoncé pour avoir abusé d’une personne  le 2 janvier dernier, soit deux semaines avant la visite du pape François dans ce pays. Le père Munoz aurait lui-même couvert des abuseurs - Le diocèse indique, dans une note publiée sur son site Internet, lui avoir alors retiré toute fonction et l’avoir interdit de tout ministère public, lançant à son encontre une enquête préliminaire avant d’envoyer le dossier à Rome. Mais au-delà de son cas personnel, il se pourrait que le père Munoz ait lui-même couvert des abuseurs : c’est lui en effet qui avait reçu en 2003 les premières plaintes des victimes de Fernando Karadima. Cet ancien curé d’une paroisse huppée de Santiago s’était révélé un redoutable prédateur sexuel, dont les abus ont été à l’origine de la violente crise qui secoue l’Église chilienne.

Or, il fallut attendre 2007 pour qu’un procès canonique s’ouvre et 2010 pour que le dossier soit transmis à Rome qui renvoya aussitôt Karadima de l’état clérical. Aux yeux de l’une des victimes, Juan Carlos Cruz, l’annonce du retrait du chancelier du diocèse est à mettre en lien avec la lettre incendiaire envoyée il y a dix jours par le pape François aux évêques chiliens, dans laquelle il affirmait que des « documents compromettants » avaient été détruits. « La famille », une quinzaine de prêtres aujourd’hui suspendus – La semaine dernière toujours, un autre scandale d’abus sexuels, dans le diocèse de Rancagua (centre), a été révélé qui met en cause, celui-là, une quinzaine de prêtres, suspendus en attendant que lumière soit faite sur leurs agissements. Selon des témoignages diffusés par la chaîne de télévision Canal 13, ces clercs ont fait partie d’un groupe qu’ils ont baptisé « la famille », au sein duquel ils auraient eu pendant dix ans une conduite sexuelle inadéquate et se seraient livrés à de possibles abussexuels sur des jeunes. L’évêque du diocèse et ancien président de la conférence épiscopale chilienne, Mgr Alejandro Goic, aurait été alerté au moins à quatre reprises. Éclaboussé par ce scandale, ce dernier a démissionné ce week-end de la présidence du Conseil national de prévention des abus sexuels, l’instance créée en 2011 au sein de l’épiscopat chilien pour empêcher, précisément, de tels abus…Son remplacement a suscité une nouvelle polémique. Nommé samedi à la tête de ce Conseil, Mgr Juan Ignacio González Errázuriz, évêque de San Bernardo et membre de l’Opus Dei, est lui-même très décrié par les victimes de Fernando Karadima. Il les avait notamment critiquées par le passé, en affirmant que « leur demande de pardon » était « exagérée », tout en défendant dans les médias Mgr Juan Barros, évêque d’Osorno accusé d’avoir couvert les agissements de Karadima. Toutes ces affaires manifestement entremêlées mettent en évidence l’urgence, pour le pape de prendre des décisions drastiques, alors qu’il a entre les mains les 2 300 pages du rapport que lui ont remis les deux enquêteurs dépêchés au Chili et qu’il doit recevoir vendredi 1er juin un nouveau groupe de victimes… Les victimes lui ont remis 17 pages de propositions portant sur la prévention et la réparation de ces abus. Certaines suggèrent qu’une commission nationale soit mise en place sur le modèle de la Commission royale chargée d’enquêter sur les abus sexuels dans toute la société australienne.

Mon frère a rejoint la Légion du Christ, ordre catholique et ultra-conservateur                            ..

VICE – 17.04.2018. Matern Boeselager. La réalisatrice allemande Zita Erffa a perdu son frère : un jour, il a décidé de rejoindre la Légion du Christ... László Erffa, 19 ans, venait tout juste de finir le lycée quand il a décidé de rejoindre la Légion du Christ, un ordre catholique ultra-conservateur et très controversé. Quelques jours après, il commençait ses études au séminaire dans l’État allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ses proches avaient le cœur brisé – ils s’inquiétaient de ne plus jamais le revoir. La Légion du Christ a été fondée au Mexique par le père Marcial Maciel en 1941. D’anciens membres ont comparé l’ordre à une secte et, pendant longtemps, les allégations selon lesquelles Maciel aurait abusé sexuellement des séminaristes ont été rejetées par le Vatican. Finalement, une enquête menée en 2006 l’a reconnu coupable de viols sur des dizaines de garçons, dont certains avaient à peine 12 ans. Après la mort de Maciel en 2008, soit deux ans après l’arrivée de László, une deuxième enquête a révélé que Maciel avait eu plusieurs enfants avec au moins deux femmes. Les problèmes au sein de la Légion n’ont pas pris fin avec la mort de son fondateur. Dans un rapport des Nations Unies de 2014, le groupe était accusé d’éloigner délibérément de jeunes enfants de leurs parents, limitant souvent leurs communications à quelques fois par an. Et récemment, en octobre 2017, on a découvert que le directeur du séminaire romain de la Légion avait secrètement eu deux enfants. Quelques membres ont quitté l’ordre en réponse aux scandales – mais pas László. Après plus d’une décennie d’efforts pour le convaincre d’en partir, sa sœur Zita a décidé de réaliser un documentaire sur son quotidien dans la Légion, pour mieux comprendre sa décision de rester. Son film, The Best Thing You Can Do With Your Life, figurait dans la sélection officielle du Festival du film de Berlin cette année, et a été nominé pour le Prix du meilleur documentaire.

VICE : Comment László vous a-t-il fait part de sa décision de rejoindre la Légion du Christ ?                                                                   ..
Zita Erffa :
 Il me l’a dit au téléphone. Il était déjà là-bas depuis trois jours. J’ai passé une demi-heure à lui crier dessus. On s’est reparlé pour la première fois un an plus tard, quand il a eu le droit de recevoir des visiteurs                                             …                                                                                                                                                  
Est-ce qu’ils essayaient de vous recruter au camp d’été ?
Oui. Ils ont un club de jeunes appelé ECYD, qui est une abréviation espagnole pour « Education, Culture et Sport ». L’activité physique est ce qui distingue les légionnaires des autres ordres – ils se vantent d’être sains. Les membres du club de jeunes encourageaient tout le monde à s’inscrire. C’était déjà un peu sectaire à l’époque, donc pour moi, il était évident qu’aucun de nous ne le ferait réellement. Mais j’avais tort                                                             …                                                                                                                                                            
Que s’est-il passé ensuite ?
Il a pratiquement disparu pendant les quelques années qui ont suivi. On avait le droit de lui rendre visite une fois par an et de l’appeler trois fois par an. Toutes les lettres qu’on lui a envoyées ont été ouvertes et lues par l’ordre. Après notre première visite, environ un an après son admission, ma mère a dit qu’elle aurait préféré ne pas l’avoir vu parce qu’elle ne supportait pas de voir à quel point il avait changé.                                                                        ..
Pourquoi László n’a-t-il pas quitté l’ordre après que l’affaire des abus sexuels a éclaté ?
Les rumeurs concernant les viols allaient déjà bon train quand mon frère a rejoint l’ordre. Beaucoup de dirigeants de la légion devaient savoir ce que Marcial Maciel faisait à ces garçons, mais les légionnaires s’encouragent mutuellement à ne rien dire à leurs supérieurs, quoi qu’il arrive…https://www.vice.com/fr_ca/article/gy88e4/mon-frere-a-rejoint-la-legion-du-christ-ordre-catholique-et-ultra-conservateur

Un abbé intégriste condamné à 19 ans de réclusion en appel pour viols sur des enseignantes

La Croix – AFP, 16/02/2018 – Un abbé intégriste qui comparaissait en appel depuis mardi à huis clos à Nanterre pour viols aggravés sur trois enseignantes, dont certains assortis d’actes de torture, a été condamné vendredi à 19 ans de réclusion criminelle, contre 16 en première instance. Le ministère public avait requis 20 ans. Comme en première instance, la cour a assorti cette peine d’un suivi socio-judiciaire pendant six ans et d’une injonction de soins pour ses “problèmes de déviance sexuelle”. Christophe Roisnel, 44 ans, sera par ailleurs inscrit au fichier des délinquants sexuels. Impassible à l’énoncé du verdict, l’homme avait été mis en examen et écroué en avril 2014 pour des actes commis en 2010 au sein de l’école qu’il dirigeait, Notre-Dame de la Sablonnière, à Goussonville (Yvelines, un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.  D’autres faits s’étaient déroulés à Villette (Yvelines), ainsi qu’au domicile des parents du religieux, dans la Manche, selon une source proche du dossier. Les victimes, toutes trois enseignantes, l’accusaient d’avoir usé de son ascendant psychologique pour parvenir à ses fins : il évoquait avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé et leur faisait revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu’elles puissent les dépasser. Leur avocat François Souchon, interrogé par l’AFP, a qualifié la peine infligée de “juste”. “On a eu plus de vérité à cette audience d’appel” qui a eu “des vertus bénéfiques et salvatrices pour toutes les parties”, selon lui. La cour a estimé, comme en première instance, que l’abbé avait abusé de l’autorité que lui conférait son statut d’ecclésiastique. Le religieux, qui comparaissait détenu, n’avait cependant été condamné en mai 2017 que pour viols et non pour actes de torture.  Il a aussi été condamné cette fois pour avoir violé l’une des victimes à l’aide de ciseaux, d’aiguilles à tricoter, de manches à balai et d’autres ustensiles (brosse à dent, pinceau, gant de crin…) et l’avoir flagellée avec sa chemise. Christophe Roisnel a cette fois encore été jugé à huis clos à la demande des parties civiles (BIEN: des parties civiles). Il a cinq jours pour se pourvoir éventuellement en cassation. Ses avocats n’ont pas souhaité s’exprimer. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une communauté intégriste proche des milieux d’extrême droite, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre. Elle ne reconnaît pas le Concile Vatican II (1962-1965) qui a, selon elle, rompu avec la tradition. Elle compte près de 600 prêtres dans une soixantaine de pays dans le monde, dont 150 en France. L’abbé Roisnel avait été écarté de ses fonctions de directeur d’école en 2011 par les autorités ecclésiastiques après que les trois femmes s’étaient plaintes de ses agissements. Il avait alors été envoyé dans un couvent de capucins dans la région lyonnaise, puis muté dans une école de garçons. Mais, selon une source proche du dossier, il avait tenté de faire pression sur les enseignantes pour qu’elles se rétractent et celles-ci avaient alors déposé plainte pénalement en 2013. Seules deux des trois victimes s’étaient constituées parties civiles: une institutrice de 38 ans, que l’accusé dirigeait au sein de l’école, et une amie de celle-ci, enseignante dans un autre établissement, âgée de 32 ans. Un procès canonique devrait avoir lieu dans les mois qui viennent: l’abbé pourrait alors être “réduit à l’état laïc” (renvoyé de l’état clérical), selon une source proche du dossier.

https://www.la-croix.com/France/Un-abbe-integriste-condamne-a-19-ans-de-reclusion-en-appel-pour-viols-sur-des-enseignantes-2018-02-16-1300914430?from_univers=lacroix

“Marie Porte du Ciel” : Augustin Valencourt condamné à 2 ans de prison ferme

Le verdict est tombé ce jeudi matin. Augustin Valencourt est condamné à 5 ans de prison dont 36 mois avec sursis et mise à l’épreuve. Pour sa compagne Marie-Cécile Nurbel, la peine reste la même qu’en première instance, soit deux ans dont 16 mois avec sursis. Leur fille, Carole, écope elle aussi de deux ans avec sursis et mise à l’épreuve…Le 1er mars dernier, l’affaire de la secte “Marie Porte du Ciel” était de retour devant la justice, plus précisément à la Cour d’appel de Saint-Denis. Car quelques jours après le délibéré le 29 juin dernier, au tribunal de Saint-Pierre, le couple Valencourt, Augustin et Marie-Cécile, ainsi que leur fille Carole, avaient fait appel…Lors de ce procès en appel le 1er mars donc, l’avocat général Pierre Bernard a requis une peine de cinq ans dont trois ferme à l’encontre d’Augustin Valencourt. En première instance, ce sont cinq ans de prison dont deux fermes qui avaient été prononcés. Pour sa compagne Marie-Cécile Nurbel, alors absente à l’audience “pour raisons de santé”, il a requis deux ans dont un ferme, et enfin deux ans dont 16 mois avec sursis pour leur fille Carole qui espère elle aussi une relaxe. Si le fils Yannick Valencourt, l’ancien curé du Chaudron, n’a pas fait appel de sa condamnation à 18 mois avec sursis – le parquet de Saint-Pierre avait demandé, sans l’obtenir, à ce qu’il n’ait plus le droit d’exercer en tant que prêtre -, Gladys, l’autre fille du couple, réclame pour sa part une minoration du montant des dommages et intérêts à verser aux parties civiles.

Le délibéré sera rendu ce jeudi matin. Pour rappel, entre 2012 et 2015, les Valencourt ont su rassembler jusqu’à 700 adeptes dans leur chapelle, au sein du groupe de prière “Marie Porte du Ciel” créé en 1988. Les réunions de prière étaient l’occasion surtout pour cette famille du Tampon de vendre des statuettes religieuses à des tarifs cinq à six fois plus élevés qu’en paroisse. Ou encore des fioles d’huile « sainte » censée provenir de Lourdes… Un « business » qui leur aurait rapporté environ trois millions d’euros sur plusieurs années. De quoi s’offrir des berlines de marque BMW ou encore des voyages. L’enquête était partie du décès suspect d’un enfant malade du cancer. Les parents ont affirmé qu’Augustin Valencourt a bien failli les convaincre d’interrompre le traitement médical de leur enfant, persuadé qu’il aurait été capable de le guérir uniquement au moyen de prières et de cérémonies. Il a finalement été démontré que l’enfant était décédé sans aucun doute possible des suites de sa maladie. Lors du procès en appel, Augustin Valencourt niait toutefois toute dérive sectaire au sein de son groupe de prière.

“Je n’ai d’emprise sur personne ! J’insiste, je persiste et je signe !”, clamait l’ancien policier de 73 ans. “À aucun moment, a-t-il répété à plusieurs reprises, je n’ai mis de couteau sous la gorge de quelqu’un !”, poursuivait-il, même si quelques instants plus tôt, Carole Valencourt faisait comprendre le contraire face à la présidente. La Tamponnaise de 40 ans était convaincue que son père recevait directement ses instructions de Dieu, et a confirmé qu’Augustin Valencourt demandait à ses adeptes de le suivre aveuglément au risque, menaçait-il, de subir catastrophes, maladies et accidents… “Non, Dieu ne me parle pas. Je ne fais que reprendre la Bible”, avait répliqué Augustin Valencourt, tout en faisant comprendre que seuls des “abrutis” auraient pu croire autre chose. Mais ce ne sont pas les seuls faits que le patriarche a contesté ce jour-là : Augustin Valencourt conteste également le blanchiment d’argent découlant des dons en espèces, révélés par les enquêteurs qui avaient observé des mouvements d’argent suspects sur les comptes bancaires de la famille. Des escroqueries multiples qui ont contribué au patrimoine de 3 millions d’euros cumulé en quelques années par les Valencourt… alors qu’il n’y avait quasiment pas d’argent sur le compte de l’association “Marie Porte du Ciel”.       https://www.clicanoo.re/Faits-Divers/Article/2018/03/14/Marie-Porte-du-Ciel-Augustin-Valencourt-condamne-2-ans-de-prison

Willy Claes: “L’Opus Dei a influencé le procès Agusta”

Le Vif – 18/01/18 – Source: Knack – Il y a vingt ans, Willy Claes, ancienne figure de proue du sp.a, était condamné pour son rôle dans l’affaire Agusta. Interrogé par quatre étudiants en journalisme de la haute école Artevelde, il revient sur l’affaire qui lui a coûté sa place de secrétaire général de l’OTAN. Dans les années 1990, le constructeur d’hélicoptères italien Agusta a payé un pot-de-vin aux socialistes francophones et néerlandophones pour décrocher un contrat pour l’armée belge. En tant que ministre des Affaires économiques (1988-1992), Willy Claes (SP) était responsable des compensations économiques de ce contrat. Il s’est avéré que son chef de cabinet était l’un des titulaires d’un compte en banque suisse secret sur lequel Agusta avait versé 51 millions de francs (1,25 million d’euros). En 1998, la Cour de cassation a déclaré Claes coupable de fraude. Pourtant, Claes, âgé entre-temps de 79 ans, clame toujours son innocence: “Ce n’est pas à mon cabinet que l’opération corrompue a été montée, mais dans le parti – probablement avec le trésorier SP de l’époque, Etienne Langé. Je ne suivais ces dossiers qu’indirectement, ce que j’ai fort regretté après.”  Survenu en 1995, le scandale Agusta coïncidait avec les élections parlementaires. Malgré le climat de scandale, la figure de proue du SP Louis Tobback a remporté une victoire électorale et a réussi à faire rentrer le SP au gouvernement, même s’il a fallu en payer le prix. À la question si le parti l’a laissé tomber, Claes répond : “C’est exact. Les négociations gouvernementales primaient manifestement sur le maintien de mon haut poste international (entre-temps, Claes était secrétaire général de l’OTAN, NDLR). Pour le SP, je suis devenu une victime expiatoire servant à survivre au scandale. Après ma démission, Tobback est venu me rendre visite. Il semblait vouloir s’excuser que le parti ne puisse pas me défendre. Quand je regarde en arrière maintenant, je le comprends. Il fallait sauver les meubles, et c’est ce que Louis a remarquablement bien fait.” Claes répète dans l’interview que c’était surtout l’organisation catholique (certains opposants parlent d’une secte) qui voulait sa peau (“je suis un franc-maçon avoué”). C’est ce que lui a raconté un “homme d’Église haut placé”. L’influence de l’Opus Dei est apparue quand certains témoins se sont fait connaître comme membres de cette organisation. Ils le faisaient en criant “Que Dieu me vienne en aide”. Le président de la Cour de cassation les rappelait à l’ordre, mais le signal était donné. Il est clair qu’Opus Dei a influencé le procès Agusta”, déclare-t-il. Même le Premier ministre n’a pas pu lutter contre ces forces : “Après ma démission comme secrétaire général, le Premier ministre Jean-Luc Dehaene (CVP) m’a assuré que j’aurai à nouveau un mandat, il est vrai en marge politique. Ensuite, on m’a toutefois déclaré que “la haute société” l’en avait empêché et manipulaient l’affaire.” Et le ministre de la Justice de l’époque, Melchior Wathelet (PSC, aujourd’hui PSC) était impliqué : “Vous pouvez écrire : je serais étonné s’il n’avait pas joué de rôle”, confie Claes. Pourtant, Claes balaie aussi devant sa porte. “Je n’ai jamais vu un sou de ces pots au vin, mais en tant que ministre j’étais effectivement politiquement responsable…                       http://www.levif.be/actualite/belgique/willy-claes-l-opus-dei-a-influence-le-proces-agusta/article-normal-785961.html

Philippe Liénard: « L’Opus Dei est devenue une multinationale financière »

Le SoirELODIE BLOGIE, 30 janvier 2018.  Si l’institution catholique est en déclin, son pouvoir économique est immense. Entretien – Philippe Liénard, juriste de formation, franc-maçon revendiqué (auteur de nombreux ouvrages sur ce thème), publie un livre sur l’Opus Dei. Il tente d’y faire la lumière sur le pouvoir réel de « l’Œuvre ».  On observe une chute des vocations de prêtres, car cela implique des contraintes qui ne sont plus compatibles avec une vie au XXI e siècle : porter le cilice, faire cinq prières par jour, etc. Mais c’est précisément car il y a une chute des vocations que l’Opus Dei a multiplié les centres de formation. On en trouve 80 en France, une vingtaine en Belgique. Il y a une volonté de formater la jeunesse…Ce qu’on demande à ces enfants en termes de pression scolaire, d’obligations spirituelles est lourd… L’Opus Dei est devenue aujourd’hui une multinationale financière très bien structurée. Selon ses statuts, l’Œuvre doit être « pauvre ». Or, l’Opus Dei n’ayant rien mais possédant beaucoup, il y avait une incohérence. La réponse est à chercher du côté de cette galaxie de personnes morales, d’associations, de fondations que l’Opus Dei a développée partout, en Espagne, en France, beaucoup en Suisse, mais aussi en Belgique. Ensuite, à travers ses coopérateurs, l’Opus Dei a pu engranger des sommes extraordinaires. Ces coopérateurs ne sont pas membres ; ils vivent dans la société civile, sont mariés, pères de famille, chefs d’entreprise, mais sont proches des idées de l’Opus Dei et y versent des dons.  Dans les deux cas, je peux développer les sources et faire la démonstration. Je ne le fais pas dans ce livre car je ne voulais pas en faire un livre à scandale. J’ai beaucoup de respect pour ces deux messieurs. S’ils veulent attaquer le livre, ils peuvent le faire. Mais dans l’ouvrage, j’use du conditionnel et de beaucoup de précautions : je ne dis rien qui offre le profil d’une certitude absolue.  En Belgique, l’Œuvre est présente dans le monde judiciaire, dans celui des entreprises, dans la politique aussi, mais de façon marginale, c’est-à-dire uniquement par personne interposée. Dans tous ces cas, les coopérateurs et proches de l’Opus Dei véhiculent évidemment un projet de société particulier et se servent de leur fonction pour le faire aboutir, d’une façon ou d’une autre. L’Œuvre est sortie de son rôle spirituel « pur jus » : c’est devenu une entreprise de conquête d’un pouvoir économique. J’ai chiffré les recettes de l’Œuvre à 100 millions de dollars par jour. L’Opus Dei a compris avant tout le monde que les Eglises avaient une durée de vie et qu’il fallait que l’Œuvre survive à l’Eglise… Un peu plus de la moitié des entreprises du CAC 40 sont dirigées par des proches de l’Opus Dei. L’entreprise Renault, par exemple, a toujours été dirigée par des proches, voire par des membres, dont certains ne se cachent pas.  On parle beaucoup de la maçonnerie comme pouvoir d’influence, mais c’est parce que les franc-maçons ne sont pas secrets (contrairement à l’Opus Dei), juste discrets. Si vous connaissiez les difficultés rencontrées par les loges pour payer les factures d’électricité, vous comprendriez qu’on est loin du grand mondial. L’Opus Dei, par contre, a développé des structures mondiales. Les tentatives d’être présent sur le terrain politique existent, en Belgique aussi. L’Opus Dei joue-t-il un rôle politique majeur et décisif pour autant ? Non. Mais la Belgique n’est pas une île, elle subit les influences de ses voisins. Il faut comprendre que l’Opus Dei vit dans l’intemporalité. Ils ont tout le temps. Ce qui n’est pas le cas de nos politiques. Je ne connais aucune institution qui ait une telle vision froide, sur le long terme, avec une redoutable efficacité de ramification dans tous les milieux.

http://plus.lesoir.be/137079/article/2018-01-30/philippe-lienard-lopus-dei-est-devenu-une-entreprise-de-conquete-du-pouvoir
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