Catholicisme et dérivés

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Dérives sectaires, deux ans de prison requis contre Alberto Maalouf

Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis contre Alberto Maalouf, qui comparaissait mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Caen pour abus de faiblesse et sujétion psychologique envers 19 personnes. Le délibéré sera rendu le 11 juillet.

Céline Hoyeau, La Croix 24/05/2019 – Le procureur a requis une peine de deux ans de prison « éventuellement avec sursis », assortie d’une mise à l’épreuve de trois ans, et 15 000 € d’amende, ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de participer à toute vie associative, à l’encontre d’Alberto Maalouf. Ce jeune médecin, président de l’association Notre-Dame-de-la-lumière (NDML), accusée de dérives sectaires, comparaissait mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Caen pour abus de faiblesse et sujétion psychologique envers 19 personnes. Avec des étudiants de Caen, Alberto Maalouf a lancé en 2008 un groupe dans la mouvance du Renouveau charismatique catholique, organisant des veillées de prière et de guérison, ainsi que des maraudes pour les sans-abris à Caen. Doté d’un fort charisme, le jeune homme, né au Liban et très marqué par un pèlerinage à Medjugorje en Bosnie, a fédéré autour de NDML près de 300 personnes. Quelques-uns, le « noyau consacré », des jeunes professionnels âgés d’une trentaine d’années, ont créé une « communauté nouvelle », prononçant des vœux privés et s’installant dans deux maisons, l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes, pour mener une vie ascétique et vivre « comme les premiers apôtres ». Le rayonnement d’Alberto Maalouf s’est étendu aussi au-delà de la Normandie. Élu pendant un temps dans l’instance nationale du Renouveau charismatique, il était l’invité de nombreux rassemblements, comme encore l’été dernier « Open Medj » qui a réuni 1 000 personnes à Medjugorje avec l’association l’Étoile Notre-Dame.

Une enquête canonique en 2016 – Des plaintes d’anciens membres de l’association ont toutefois commencé à remonter en 2011 à la cellule Dérives sectaires de l’épiscopat. Un ancien de NDML et un jeune psychologue, Benoît Lechevalier, ont créé alors l’association Tocsin, « pour aider de façon constructive les autorités publiques et ecclésiales sur la question des dérives sectaires ». En 2015, l’Unadfi a reçu de son côté de nouvelles plaintes et prévenu avec Tocsin la Miviludes, qui a décidé de saisir le procureur de Caen. Du côté de l’Église, l’évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Jean-Claude Boulanger, qui avait confié une lettre de mission à NDML en , avec l’animation de la paroisse de la Sainte-Trinité, a lancé une enquête canonique en 2016. Ses résultats n’ont pas été rendus publics, mais au terme de cette enquête, l’évêque a retiré sa lettre de mission. Dans sa déposition à la police, citée mardi 21 mai, Mgr Boulanger a été très dur à l’encontre du président de l’association, qualifié de « pervers narcissique », de « vrai séducteur », avec « une emprise sectaire sur les membres » de sa communauté, et qui « n’obéissait pas à l’Église » …

 

Le Vatican jugé pour les agressions sexuelles d’un prêtre : une première en France

Le Progrès Le 06/06/2019 – Le procès aura lieu au plan civil et il ne sera question que d’une demande de dommages et intérêts. Mais c’est une première en France. Un avocat, Me Emmanuel Ludot, a déjà obtenu en 2015 devant une juridiction civile, le tribunal de Nantua, la condamnation d’un ancien prêtre à un euro symbolique de dommages et intérêts pour les agressions sexuelles commises entre 1963 et 1966 sur un adolescent. Les faits s’étaient déroulés au lycée Lalande, à Bourg-en-Bresse où le prêtre, âgé aujourd’hui de 86 ans, était aumônier. Depuis, Me Ludot a engagé la responsabilité du Vatican, en estimant que celui-ci « est responsable des déviations sexuelles des prêtres. Il doit assumer les conséquences du célibat et de l’abstinence qui leur est imposée. » L’avocat estime aussi que le prêtre a été « exfiltré » en Suisse au début des années 1970 avec l’assentiment du Saint-Siège, alors que le comportement de l’ecclésiastique commençait à faire scandale à Bourg-en-Bresse.

 

Le Nonce apostolique en France bientôt face à ses accusateurs

Par Julie Pietri, le 15 mai 2019 – INFO FRANCE INTER – Mgr Luigi Ventura, représentant du Vatican à Paris, fera face la semaine prochaine à quatre hommes qui ont porté plainte contre lui pour agressions sexuelles… Monseigneur Luigi Ventura bénéficie toujours de l’immunité diplomatique…L’affaire du Nonce a été médiatisée peu après une cérémonie de vœux à la mairie de Paris, le 17 janvier dernier. Lors de cette cérémonie, Mathieu de la Souchère, jeune cadre de la mairie, dit avoir été agressé sexuellement : “… À plusieurs reprises, dont une fois devant témoins, il m’a tripoté de manière très insistante. C’était bien plus qu’une main aux fesses”. Le jeune homme a déposé plainte le 24 janvier. Depuis, plusieurs autres hommes l’ont suivi.

Australie: le cardinal Pell, condamné pour , ne fera pas appel de sa peine

RTBF.BE – Belga –  Publié le lundi 27 mai 2019  – Le cardinal australien George Pell, condamné et incarcéré pour pédophilie, ne cherchera pas à réduire sa peine s’il perd en appel de sa condamnation, rapporte l’agence de presse australienne AAP…George Pell, 77 ans, ancien numéro trois du Vatican tombé en disgrâce, a été condamné en mars à six ans de prison pour agressions sexuelles “éhontées” contre deux enfants de chœur, dans les années 60, dénoncées par le juge comme un “grave” abus de pouvoir. Les avocats de l’ecclésiastique ont introduit une demande d’appel de sa condamnation, laquelle sera examinée par un tribunal de Melbourne la semaine prochaine. Mais aucune demande de réduction de peine n’y sera jointe, rapporte AAP. Ses avocats entendent annuler la condamnation ou parvenir à un nouveau procès au motif, notamment, que la procédure présente selon eux une “irrégularité fondamentale“. Trois juges décideront, le 5 juin, d’autoriser ou non George Pell à interjeter appel de sa condamnation. De son côté, le Vatican a également ouvert une enquête interne. 

 

Le scandale des abus sexuels dans les églises en Pologne devient politique

Par Jan Cienski – Politico.eu  05/13/19 – Un documentaire exposant les abus sexuels d’enfants dans l’Eglise catholique romaine de Pologne a fait de la religion une question clé en vue des élections européennes. Le film, “Tell No One”, qui montre comment des prêtres violents ont détruit la vie de leurs victimes et n’ont subi aucune conséquence, a choqué le pays majoritairement catholique dans lequel l’église est un acteur politique clé ; sorti samedi soir, il avait été vu plus de 8,1 millions de fois sur YouTube à partir de lundi après-midi. (Deepl traduc.) – https://www.politico.eu/article/poland-catholic-church-sex-abuse-scandal-politics-tell-no-one-film/

 

Arte suspend la diffusion de « Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise »

Le monde 30.04.19 – La chaîne franco-allemande Arte a été contrainte de retirer de sa plate-forme de diffusion le documentaire Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise. A la suite d’une plainte en référé d’un prêtre, le tribunal d’instance de Hambourg (Allemagne) a, en effet, décidé le 20 mars de suspendre la diffusion de cette enquête consacrée aux viols commis par des ecclésiastiques sur des religieuses, qui avait fait grand bruit en France et en Allemagne. Selon Fabrice Puchault, directeur de l’Unité société et culture d’Arte France, cité par La Croix, « la personne qui a porté plainte est un prêtre allemand » : « Il n’est pas nommé [dans l’enquête], et le lieu où il exerçait n’est pas mentionné, mais il s’est reconnu et a estimé être reconnaissable par d’autres. Le tribunal lui a donné raison, après une audience à laquelle – pour des raisons qui tiennent à la procédure judiciaire allemande –, nous n’étions pas présents. »  La chaîne risque une amende pouvant aller jusqu’à 250 000 euros, ainsi que deux ans d’emprisonnement, si elle diffuse le documentaire…

Abus sexuels, le diocèse de Baltimore révèle le nom de 23 prêtres accusés après leur mort

La Croix 26.04.19 – Hadrien Genieys (avec National Catholic Reporter). Dans le but de rétablir la confiance avec les fidèles, l’archevêque de Baltimore pérennise la pratique de divulgation des noms de prêtres accusés d’abus dont l’archidiocèse est pionnier. Le diocèse de Baltimore, dans le Maryland, a rendu public, mercredi 24 avril le nom de 23 prêtres accusés après leur mort d’abus sexuels sur mineur. Ces noms viennent s’ajouter aux 103 autres qui avaient déjà été communiqués au public par le diocèse…En 2002, le diocèse fut l’un des premiers du pays à faire ce geste en révélant l’identité de 57 membres du clergé qui faisaient l’objet de sérieuses accusations.

« Trop c’est trop » : face aux scandales sexuels dans l’Eglise, ils renient leur baptême

Par Cécile Bouanchaud, Le Monde 23.05.19 – Exiger son « débaptême » est une réaction de plus en plus commune pour des fidèles « dégoûtés » par l’attitude de la hiérarchie catholique. Quand son fils lui a écrit sur leur groupe WhatsApp que le pape François refusait la démission du cardinal Barbarin, reconnu coupable de non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs, « ça a fait tilt » dans l’esprit de Florence. « J’ai envie de vomir », a-t-elle répondu à Romain, en évoquant son « dégoût » de la hiérarchie catholique…L’évidence, ça a été d’adresser au diocèse de Lyon une demande d’apostasie pour renier son baptême, célébré quarante ans plus tôt à l’église de Saint-Luc. « Trop c’est trop », commente la mère de famille dont le frère, qui s’est suicidé en 2010, était une victime présumée du père Preynat, ce prêtre accusé d’agressions sexuelles sur mineurs dans les années 1970 et 1980. Son fils a entrepris la même démarche. « Couvrir les violeurs, refuser de les dénoncer à la de l’Etat, oser jubiler à l’idée que les viols sont prescrits : si un enfer existait, comment ne pourrait-il être réservé aux personnes qui commettent ces crimes ? », écrit Romain dans sa lettre demandant son « débaptême »…A l’instar de Romain et Florence, une centaine de personnes ont répondu à l’appel à témoignages du Monde, racontant leur parcours pour ne plus faire partie de la communauté des catholiques. Certains disent avoir « perdu la foi ». D’autres, baptisés enfants, disent ne l’avoir jamais eue. Tous évoquent le sentiment de déréliction ressenti face à l’accumulation des scandales de pédophilie et d’agressions sexuelles frappant l’Eglise. Combien sont-ils en France à se lancer dans cette démarche ? La conférence des évêques de France (CEF), instance nationale de l’Eglise catholique, reconnaît une augmentation des demandes d’apostasie ces derniers mois, sans pour autant apporter de chiffres précis. « Nous ne centralisons pas les demandes de renonciation à la foi catholique adressées aux diocèses », commente Vincent Neymon, porte-parole adjoint de la CEF.

 

À Marseille, religieuses et prêtres se font insulter dans la rue

Par  Pierre Saint Gilles – Le Figaro , 05/04/2019 – Identifiables avec leurs habits, les prêtres et religieuses sont victimes d’agressivité, souvent traités de «pédophiles» par des inconnus. François Valty est un ostéopathe réputé à Marseille. Parmi la clientèle de son cabinet, situé dans le quartier de Notre-Dame-de-la-Garde, des religieuses et des prêtres. « Je soigne les corps, mais je suis frappé par la grande détresse de certains de mes patients religieux. » Ces hommes et femmes d’Église se confient au praticien qu’ils savent catholique et fervent pratiquant. Ses mots à lui sont crus : « Ils ont été traités de “pédés” ou de “salopes” par des inconnus croisés dans la rue. Juste parce qu’ils étaient identifiables avec leurs habits de prêtre ou de religieuse… » Si cette agressivité est nouvelle dans le centre-ville bourgeois, elle est établie depuis longtemps dans les quartiers populaires du Nord. Fazia Hamiche, conseillère municipale LR dans les XVe et XVIe arrondissements, explique ce phénomène par le repli identitaire plus que par la montée de l’intégrisme musulman…

 

PÉDOPHILIE DANS L’EGLISE FRANÇAISE : UNE ANNÉE DE DÉBALLAGES, D’AVANCÉES ET DE VALSES-HÉSITATIONS

France Info 06/01/2019 – Vous avez bousillé ma vie”, assène un ancien scout lyonnais. Sur le site de l’association La Parole libérée, des dizaines de victimes du père Bernard Preynat, mis en examen pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts dans les années 1980-1990, témoignent, réclament justice et somment le cardinal Philippe Barbarin de s’expliquer sur ses silences. L’archevêque de Lyon est jugé à partir du 7 janvier pour non-dénonciation d’agressions sexuelles contre des enfants…de nouveaux scandales sont mis à jour, remontant parfois à plusieurs décennies…

Des centaines d’agresseurs présumés nommés publiquement par des dirigeants catholiques au Texas

1er février 2019, Par Associated Press – DALLAS – Les dirigeants catholiques du Texas ont identifié jeudi 286 prêtres et autres personnes accusées d’abus sexuels sur des enfants, un chiffre qui représente l’une des plus importantes collections de noms à avoir été publiées depuis un rapport explosif du grand jury l’an dernier en Pennsylvanie.

https://www.nbcnews.com/news/us-news/hundreds-accused-abusers-named-catholic-leaders-texas-n965716

Pédophilie : l’Eglise reconnaît avoir « détruit » des dossiers

Le Monde avec AFP le 23 02 19 – Un cardinal allemand, proche du pape, a admis, samedi 23 février, que l’Eglise avait parfois détruit des dossiers sur des ecclésiastiques pourtant coupables, à l’évidence, d’avoir agressé sexuellement des mineurs.

« Des dossiers qui auraient pu documenter ces actes terribles et indiquer le nom des responsables ont été détruits ou n’ont pas même été constitués », a déploré le cardinal allemand Reinhard Marx dans un discours…

101 des 152 cas d’abus sexuels commis par des membres de l’Église au Mexique font l’objet de poursuites.

The Associated Press, MEXICO CITY – 6 mars 2019 – Le chef de la conférence épiscopale mexicaine affirme que 101 des 157 cas dans lesquels des prêtres catholiques ont été impliqués dans des abus sexuels ont été remis aux procureurs. Le conseil épiscopal a déjà déclaré que 152 prêtres avaient été retirés du ministère au cours des neuf dernières années pour des délits d’abus sexuels contre “des jeunes ou des adultes vulnérables”.  (Deepl traduc.) https://abcnews.go.com/International/wireStory/101-mexicos-152-church-sex-abuse-cases-prosecuted-61492021

 

Nouvelles accusations d’abus sexuels contre l’église catholique du Chili

EVA VERGARA Associated Press SANTIAGO, Chili – 5 mars 2019 – L’Eglise catholique romaine du Chili, déjà la cible de sanctions du Vatican, a été secouée mardi par une nouvelle allégation d’abus sacerdotal et de dissimulation de haut niveau. Daniel Rojas Alvarez, un homme indigent de 43 ans, est apparu lundi soir sur une chaîne de télévision d’Etat pour dire qu’un prêtre de la cathédrale de Santiago l’avait drogué et violé en 2015. Il a dit que le cardinal Ricardo Ezzati lui avait donné de l’argent lorsqu’il a été informé de l’attaque et lui a dit de ne pas le signaler.

(Deepl traduc.)  https://abcnews.go.com/International/wireStory/accusation-sex-abuse-chiles-catholic-church-61488180

Australie : le cardinal Pell condamné à six ans de prison pour des crimes pédophiles

France info, France Télévisions – 13/03/2019 – L’ancien numéro trois du Vatican avait été reconnu coupable de viol et d’agressions sexuelles sur deux mineurs dans les années 1990. Il est le plus haut représentant de l’Eglise catholique à être reconnu coupable de pédophilie. Le cardinal australien George Pell a été condamné dans son pays, mercredi 13 mars, à six ans de prison pour un viol et des agressions sexuelles contre deux enfants de chœur. Agé de 77 ans, l’ancien numéro trois du Vatican devra passer au minimum trois ans et huit mois derrière les barreaux. En décembre 1996, le prélat avait imposé une fellation à une victime et s’était masturbé en se frottant contre l’autre, alors que les deux garçons de 13 ans s’étaient cachés dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne pour y boire du vin de messe …George Pell a toujours clamé son innocence. Sa défense argue que le verdict est “déraisonnable” et qu’il se fonde sur le de la seule des deux victimes encore en vie, qui plus est sur des faits vieux de plus de deux décennies…

L’ a versé 977 000 $ pour régler une plainte pour inconduite sexuelle contre un prêtre catholique éminent.

Washington Post – Par Michelle Boorstein, 7 janvier – La communauté catholique mondiale de l’Opus Dei en 2005 a payé 977 000 $ pour régler un procès pour inconduite sexuelle contre le révérend C. John McCloskey, un prêtre bien connu pour se préparer à la conversion de grands noms conservateurs – Newt Gingrich, Larry Kudlow et Sam Brownback, entre autres. La femme qui a déposé la plainte est une catholique de la région de D.C. qui était parmi les nombreuses personnes qui ont reçu une direction spirituelle de McCloskey par l’intermédiaire du Catholic Information Center, un centre de la vie catholique du centre-ville de Washington. Elle a dit au Washington Post que McCloskey l’avait tripotée plusieurs fois pendant qu’elle allait en consultation pastorale avec lui pour discuter de problèmes conjugaux et de dépression grave. (Deepl traduc.) https://www.washingtonpost.com/gdpr-consent/?destination=%2freligion%2f2019%2f01%2f08%2fopus-dei-paid-settle-sexual-misconduct-claim-against-prominent-catholic-priest%2f%3fnoredirect%3don&noredirect=on

Légion du Christ : le Vatican était informé dès… 1943

La Croix – Paula Boyer, le 04/01/2019 – Selon un cardinal brésilien membre de la Curie, le Vatican disposait depuis 1943 de documents sur l’inconduite du père Maciel, fondateur des légionnaires du Christ. Le Vatican n’en a pas fini avec le scandale de la Légion du Christ, cette puissante congrégation conservatrice qui a été ébranlée dans les années 2000 lorsque les turpitudes en tous genres (abus sexuels et spirituels, abus de faiblesse, double vie, toxicomanie, manipulations diverses, plagiat, infraction au droit canonique, etc.) de son fondateur, le Mexicain Marcial Maciel, ont enfin été révélées au grand jour… Xavier Léger, un ancien légionnaire, qui a créé un blog et un site (1), n’a jamais craint d’affirmer que le but de la visite apostolique était « avant tout de sauver le navire. Pas de faire une véritable enquête ».                                                                                              (1) Exlcblog.info, et Lenversdudecor.org

Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise : une enquête choc contre le Vatican sur Arte

Arte, mardi 5 mars à 20h50, documentaire(96 min, disponible sur arte.tv ) – Le documentaire raconte les viols de religieuses par des prêtres et les efforts déployés par le Vatican pour les étouffer. Par Audrey Fournier et Cécile Chambraud – Alors que vient de s’achever un séminaire inédit au Vatican sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs perpétrés au sein de l’Eglise, l’enquête qu’Arte met à disposition sur sa plate-forme de vidéo à la demande vient encore, s’il en est besoin, nourrir la consternation…Mais Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise est moins une compilation de témoignages que la mise au jour d’un système organisé qui, comme le souligne le commentaire qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions, dépasse le viol pour s’apparenter à une forme de « proxénétisme clérical ». Résultat d’une investigation menée pendant deux ans dans plusieurs pays par les journalistes Elizabeth Drévillon, Marie-Pierre Raimbault et Eric Quintin, ce film va bien au-delà de la dénonciation des sévices endurés par les membres des communautés religieuses, pour s’intéresser à la responsabilité du Vatican dans la protection des prêtres violeurs …le documentaire porte une charge particulièrement violente contre le Vatican. Il impute au pontificat de Jean Paul II d’avoir favorisé cette culture de l’impunité… (Le Monde)

Plaintes contre le nonce, la France demande au Vatican de « prendre ses responsabilités »

La Croix, Gauthier Vaillant , le 01/03/2019 – Victimes et gouvernement demandent la levée de l’immunité diplomatique de Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique à Paris, visé par deux plaintes pour agressions sexuelles. Une troisième, pour des faits similaires remontant à 2008, a été déposée au Canada, où le diplomate du Saint-Siège a exercé avant d’arriver en France…Depuis le dépôt de ces plaintes, plusieurs autres personnes se sont manifestées, affirmant avoir elles aussi subi les gestes abusifs du prélat italien : des attouchements répétés sur les fesses, souvent pratiqués lors de cérémonies et réceptions officielles…

Thierry de Roucy déchu de la Légion d’honneur

La Croix. Par Gauthier Vaillant , le 15/11/2018. Il avait reçu cette décoration le 25 septembre 2003, en qualité de prêtre et de fondateur de l’ONG humanitaire Points Cœurs. Il est « exclu de la Légion d’honneur et privé définitivement du droit de porter les insignes de toute décoration française ou étrangère ressortissant à la grande chancellerie de la Légion d’honneur », indique le décret…Fin juin, Thierry de Roucy a été renvoyé de l’état clérical sur décision du Saint-Siège, pour cause de « désobéissance ». Cette décision, exceptionnelle dans l’Église, avait mis un terme à une dizaine d’années de procédures.

En 2011, Thierry de Roucy avait été reconnu coupable d’abus de pouvoir ecclésiastique, d’abus sexuels et d’absolution du complice. Placé sous surveillance de l’Église, il avait par la suite refusé à plusieurs reprises d’obéir à son évêque, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, qui lui demandait notamment de venir vivre dans le diocèse.

 

Un prêtre lanceur d’alerte démis de ses fonctions de juge ecclésiastique par l’Eglise

Nouvel Obs. Par Emmanuelle Anizon. 01.11.2018 Pierre Vignon, le prêtre qui a lancé en août la pétition (100 000 signatures) demandant la démission du cardinal Barbarin, est démis de ses fonctions de juge par les évêques. Pierre Vignon, le prêtre qui a lancé en août la pétition (100.000 signatures) demandant la démission du Cardinal Barbarin (accusé d’avoir couvert les agressions sexuelles sur mineurs du Père Preynat) a appris ce jeudi 1ernovembre qu’il était démis de ses fonctions de juge à l’officialité par les douze évêques de la région Auvergne-Rhône-Alpes…Trublion de l’Eglise, le père Vignon dénonce depuis des mois les atermoiements de l’Eglise sur la question de la pédophilie en France. Il était juge depuis 2002 à l’officialité de Lyon, dont le cardinal Barbarin… est justement le modérateur, c’est à dire une sorte de directeur…Joint par téléphone, Monseigneur Michel, l’évêque du père Vignon, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Etats-Unis: près de 700 prêtres accusés d’actes pédophiles dans l’Illinois

bfmtv.com 20/12/2018 – “L’Eglise catholique n’est pas capable de faire sa police elle-même”. – FRANCOIS GUILLOT / AFP. Vendredi, la justice américaine a révélé les noms de 700 membres du clergé de l’Illinois accusés d’agression sur mineur. L’ampleur du scandale des prêtres pédophiles ne cesse de croître aux Etats-Unis, où la justice a révélé mercredi que près de 700 membres du clergé de l’Illinois avaient été accusés, sur plusieurs décennies, d’agression sur mineur. La procureure de l’Illinois, Lisa Madigan, avait lancé une enquête en août dans cet Etat industriel du nord du pays, après la publication d’un rapport sur l’Eglise de Pennsylvanie… Depuis, ses services ont épluché les archives des six diocèses de l’Etat et leurs conclusions préliminaires sont tout aussi accablantes. Les diocèses de l’Illinois ont rendu publics les noms de 185 prêtres visés par des accusations sérieuses, mais ils avaient été avisés “d’accusations contre au moins 500 prêtres supplémentaires“, écrit Lisa Madigan… La plupart des cas n’ont pas fait l’objet d’enquêtes appropriées, ou n’en ont pas du tout fait l’objet, ajoute-t-elle, en regrettant que la justice n’ait pas été saisie. “L’Eglise catholique n’est pas capable de faire sa police elle-même”, en conclut Lisa Madigan dans un communiqué au ton sévère pour l’institution religieuse… l’archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, accusé d’avoir contribué à étouffer le scandale, a été contraint de démissionner. Des diocèses ont commencé à publier des listes noires et une dizaine d’Etats ont initié des investigations pour mettre au jour les abus.

Le Cardinal Pell reconnu coupable d’abus sexuel par le tribunal de Melbourne

Christopher White – cruxnow.com 13 déc. 2018 – NEW YORK – Dans une décision qui va sans aucun doute créer des ondes de choc dans le monde entier, le cardinal George Pell, le plus haut responsable de l’Eglise à être jugé pour abus sexuel, a été déclaré coupable mardi par un tribunal de Melbourne…Pell, âgé de 77 ans, est actuellement en congé autorisé de son poste de Secrétaire à l’économie du Vatican.

En juin 2017, Pell a été accusé par la police australienne d'” agression sexuelle historique “, l’obligeant à quitter Rome et à rentrer chez lui en jurant de laver son nom… Pell est un point de référence clé dans le catholicisme anglophone depuis au moins deux décennies, et il a été nommé par le Pape François à son conseil “C9” de conseillers cardinaux du monde entier en 2013. Mercredi, le Vatican a annoncé qu’à la fin du mois d’octobre, le pape François avait retiré Pell, avec deux autres cardinaux, de son conseil des conseillers. Il a été archevêque de Melbourne de 1996 à 2001, puis archevêque de Sydney de 2001 à sa nomination au Vatican en 2014…La Commission royale a révélé l’an dernier que 7 % des prêtres catholiques ont été accusés d’avoir abusé sexuellement d’enfants en Australie au cours des dernières décennies, et en réponse, l’Église a accepté 98 % de ses 80 recommandations, se prononçant seulement contre la recommandation que l’Église élimine le sceau du confessionnal. En août, le pape François a écrit une lettre au “Peuple de Dieu” dans laquelle il s’est excusé des nombreux camouflages et échecs…Une date de détermination de la peine pour Pell a été fixée à février 2019. Le juge Peter Kidd a déclaré que M. Pell sera placé en détention à cette date, mais qu’un appel interjeté par son équipe de défense est probable.                     (Deepl traduc) 

Les membres de Notre-Dame mère de la Lumière peuvent rentrer chez eux, près de Caen

actu.fr/normandie/caen ,14.12.2018 – Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Caen a levé les scellés qui empêchaient les membres d’une association suspectée de dérives sectaires de rentrer chez eux. Le principal rendez-vous judiciaire est fixé au mardi 22 janvier 2019, devant le tribunal correctionnel de Caen, pour les membres de l’association Notre-Dame mère de la Lumière (NDML), et celui que la justice soupçonne d’être leur gourou, un médecin urgentiste exerçant à Caen…Ce jeudi 13 décembre, le tribunal a statué sur un point précis de la procédure : les membres de cette association pouvaient-ils réintégrer les deux habitations où hommes et femmes vivaient séparément, à Verson et Tourville-sur-Odon, comme plusieurs d’entre eux le réclamaient ? Ces deux maisons étaient placées sous scellés depuis le 5 juin 2018, date de l’interpellation du gourou présumé. S’ils avaient pu récupérer certaines affaires courant octobre 2018, ils étaient, depuis, contraints de se faire héberger « à droite, à gauche »…Contrairement au ministère public, ces personnes ne se considèrent pas comme des victimes. Elles ont d’ailleurs augmenté, « de leur propre chef », selon leurs déclarations, leur participation à la vie de la communauté, versant leurs désormais 50% de revenus, contre 30% auparavant…Le vice-procureur de la République de Caen s’est opposé à la levée des scellés. Considérant les parties civiles comme des « victimes », il a argumenté : « Ces maisons sont un instrument de l’emprise mentale exercée sur elles. C’est là qu’il (le gourou présumé) avait instauré un code de conduite très rigide, avec l’interdiction d’exprimer le moindre désaccord avec lui, ce qui a provoqué la perte de tout esprit critique chez les membres de NDML. » Le tribunal a finalement accédé à la demande des membres de l’association, estimant qu’il n’était « plus nécessaire » de laisser les habitations sous scellés. Ils pourront donc réintégrer leurs pénates.

L’association Tocsin, qui lutte contre les dérives sectaires, a réagi suite à cette décision : Le moment clé de cette affaire sera le procès du 22 janvier 2019 (…) Il faut espérer que ce groupe qui continue ses activités sans son fondateur depuis qu’il est sous contrôle judiciaire ne reproduit pas aujourd’hui les dérives et comportements qui lui ont fait perdre la caution de l’église catholique et ont conduit leur chef devant les tribunaux.

L’Eglise catholique allemande face à ses milliers de victimes d’abus sexuels

AFP,  25 septembre 2018. L’Eglise catholique allemande doit s’expliquer mardi sur les abus sexuels en son sein et dont des milliers d’enfants ont été victimes, sur fond d’appels à briser la culture du silence et de scandales similaires dans le monde entier. Réunie jusqu’à vendredi à Fulda, la conférence épiscopale allemande doit présenter un lourd rapport commandé par l’Eglise il y a quatre ans et qui identifie plus de 3.600 victimes sur la période 1946-2014...Le rapport de 356 pages est un “document accablant de délits cléricaux”, résume Der Spiegel qui a eu accès à l’ouvrage. Il fait état d’au moins 3.677 victimes, en majorité des garçons âgés de moins de 13 ans, qui ont été les proies de quelque 1.670 membres du clergé. Les chiffres sont “choquants et probablement seulement le pic de l’iceberg”, a réagi Mme Barley.

Car le consortium de chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen, qui a réalisé l’enquête, n’a pas eu d’accès direct aux archives des 27 diocèses allemands. En effet, il n’a examiné que 38.000 dossiers et manuscrits sélectionnés et transmis par l’Eglise.

Selon les auteurs de l’étude, l’Eglise a aussi “détruit ou manipulé” pendant des décennies de nombreux documents relatifs à des suspects et “minimisé” sciemment la gravité des faits. “Nous demandons à l’Eglise de s’occuper enfin du problème”, s’emporte dès lors auprès de l’AFP Jörg Schuh, porte-parole du centre d’accueil des victimes d’abus sexuels Tauwetter, qualifiant d'”organisation criminelle” une institution qui couvre les crimes commis par ses cadres… « l’étude parle quand même de 4 à 5% du cléricat allemand“, ajoute-t-il…Seul le tiers des suspects a fait face à des procédures en vertu du droit canonique mais les sanctions étaient minimes, voire inexistantes. Ils étaient souvent transférés sans que les fidèles ne soient avertis du danger potentiel pour les enfants ». Pire, pour les auteurs du rapport, rien ne permet de penser que cette thématique “appartienne au passé”. Australie, Chili, Etats-Unis, Allemagne… Partout dans le monde des accusations circonstanciées de viols, d’abus sexuels, de pédophilie et de sévices physiques visent l’Eglise catholique et ses dignitaires…

Pédophilie en Pennsylvanie : des documents accablent le Vatican

LE MONDE avec REUTERS  29 08 18 – Les autorités épiscopales américaines avaient partagé leurs archives secrètes avec des responsables à Rome, selon le procureur chargé de l’enquête. Le Vatican était au courant que des prêtres catholiques de l’Etat de Pennsylvanie dissimulaient les abus sexuels qu’ils commettaient sur des enfants, les autorités épiscopales partageant des archives secrètes avec des responsables à Rome, a déclaré, mardi 28 août, le procureur général de l’Etat de Pennsylvanie. Si les diocèses de Pennsylvanie ont systématiquement nié les accusations d’abus sexuels sur des milliers d’enfants, ils ont secrètement documenté les cas d’abus et ont souvent envoyé les informations au Vatican, a déclaré Josh Shapiro lors d’entretiens donnés à deux émissions télévisées nationales…Dans un rapport de 884 pages, découlant de deux années d’enquête et instruit le 14 août par le ministère public, Josh Shapiro a décrit dans le détail les sévices commis par près de 300 hommes d’église sur une période de soixante-dix ans. Le dossier se fonde sur des archives conservées par les diocèses, des confessions manuscrites notamment, a expliqué le procureur général. « Il y a des exemples spécifiques pour lesquels, lorsque les abus ont eu lieu, les prêtres mentaient aux paroissiens, mentaient aux forces de l’ordre, au public, mais ils documentaient tous les abus dans des archives secrètes qu’ils partageaient souvent avec le Vatican », a-t-il déclaré à l’émission « The Morning Show », sur la chaîne CBS. Dans certains cas, « le Vatican était au courant des abus et était impliqué dans leur dissimulation », a ajouté Shapiro, sans préciser si le pape François ou ses prédécesseurs étaient personnellement au courant. Aucun commentaire n’a été fait par le porte-parole du Vatican…                                        

En Australie, les victimes de pédophilie vont être indemnisées et l’Eglise va payer

Neomag.fr – Par Lina Rhrissi – 6 juillet 2018 – Une commission d’enquête a auditionné près de 8 000 cas de pédophilie impliquant l’Eglise, des écoles, des orphelinats ou encore des clubs de sport… La commission a été lancée en 2012, après les révélations de plusieurs affaires de pédophilie impliquant des prêtres, à l’image de celles entamées aux Etats-Unis et en Irlande. En cinq ans, elle a reçu plus de 68 000 témoignages, que ce soit par courrier, téléphone ou mail, dont près de 26 000 entrant dans son champ d’action. Finalement, 7 981 personnes victimes d’agressions sexuelles quand elles étaient enfants ont été auditionnées à huis-clos tandis que 3 489 institutions ont été mises en cause. Plus de la moitié d’entres elles sont des organisations religieuses, catholiques ou protestantes. Mais on y trouve aussi des écoles, des orphelinats, des clubs de sports ou des organisations de jeunesse… Après la sortie du rapport, l’Eglise catholique et toutes les grandes institutions du pays se sont engagées à cotiser au sein d’une caisse nationale. Pour recevoir leurs indemnisations, les victimes doivent se connecter sur un site internet et télécharger un formulaire de 43 pages… Mais cette indemnisation, plafonnée à 150 000 dollars australiens (soit 95 000 €), est loin d’être la solution idéale. En l’acceptant, les victimes renoncent à saisir le tribunal civil où elles pourraient bénéficier de sommes beaucoup plus conséquentes et obtenir une décision de justice… De leurs côtés, les institutions accusées d’avoir protégé les pédophiles se préparent déjà à passer à la caisse. Dans l’état de Tasmanie, l’Eglise anglicane prévoit de vendre 108 propriétés, y compris des églises, pour indemniser environ 200 victimes. De quoi donner un aperçu de l’ampleur de cette tragédie australienne.                                         

Australie : un archevêque complice d’abus pédophiles échappe à la prison

Marianne – 14/08/2018  – Condamné en mai dernier à un an de détention pour avoir caché des actes pédophiles, Philip Wilson est l’ecclésiastique le plus haut placé de la hiérarchie catholique mondiale à être reconnu coupable dans une affaire de pédophilie. Philip Wilson purgera sa peine chez lui. C’est la décision qu’a rendue ce mardi 14 août le tribunal de Newcastle, en Australie. L’âge et la du prévenu ont été pris en compte par les magistrats pour éviter la prison à l’ancien ecclésiastique de 66 ans, rapporte le juge Robert Stone… En mai dernier, l’ancien archevêque a été condamné pour avoir couvert les actes pédophiles du prêtre James Fletcher dans les années 1970. C’était la toute première fois qu’un ecclésiastique de cette dignité… était condamné dans une affaire liée à des faits pédophiles. Selon le juge Stone, Wilson n’a “témoigné aucun remords ni contrition”. Écroué en 2004 pour actes pédophiles, James Fletcher est lui mort en détention deux ans plus tard, des suites d’un AVC. Philip Wilson a d’abord refusé de quitter ses fonctions en attendant de faire appel de sa condamnation. Il a toutefois cédé aux pressions du gouvernement australien et a remis sa démission au mois de juillet. Au Vatican, tous les yeux restent aujourd’hui braqués sur l’Australie où se joue un autre procès historique…

Chili: 158 laïcs et membres du clergé visés par une enquête pour abus sexuel

La Croix/AFP , le 23/07/2018 – Un total de 158 laïcs et membres du clergé catholique chilien sont visés par une enquête pour abus sexuels sur des mineurs et des adultes, a annoncé lundi le parquet. Parmi les 266 victimes de ces affaires, dont les plus anciennes remontent à 1960, 178 étaient mineures, a précisé le procureur général Luis Torres…”Dans leur grande majorité, les faits dénoncés correspondent à des agressions sexuelles commises par des curés de paroisses ou des personnes liés à des établissements scolaires”, selon le communiqué… Le 18 mai, l’ensemble de la hiérarchie de l’Église chilienne a présenté sa démission au pape dans le cadre d’un énorme scandale de pédophilie et d’omerta, un coup de tonnerre qui a fait suite à une série de mea culpa de François adressés au peuple chilien… François a jusqu’ici accepté la démission de cinq évêques chiliens

Orgie sexuelle et drogue au Vatican : le pas très catholique entourage du pape François

Marianne. 11/07/2017…Un haut dignitaire du Saint-Siège, prêtre-secrétaire du conseiller personnel du pape François, a été arrêté fin juin en pleine orgie homosexuelle dans un appartement de l’ancien palais de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a révélé le journal italien Il Fatto Quotidiano. Les policiers, appelés pour tapage nocturne en raison des nombreuses allées et venues des visiteurs du religieux sont en effet tombés sur une dizaine d’hommes en tenue d’Adam, en plein acte sexuel et usage de stupéfiants. Âgé de 79 ans, le locataire des lieux – occupés pendant des années par l’ancien pape Benoit XVI alors cardinal – a été aussitôt embarqué par les fonctionnaires puis envoyé au vert par sa hiérarchie dans un couvent italien. Avant cela, l’intéressé a néanmoins subi une brève hospitalisation en clinique de désintoxication pour supprimer toute trace des paradis artificiels consommés. Selon le site de l’International Business Times, journal économique en ligne qui comprend une édition italienne, le prélat aurait d’ailleurs fait par le passé deux overdoses…Le Pape François aurait d’après Sud Ouest d’ores et déjà demandé la démission de son conseiller personnel après avoir milité en faveur de la promotion de son pieux secrétaire, en voulant le nommer évêque, détaille l’International Business Times …

Notre-Dame mère de la Lumière à Caen : groupe religieux ou mouvement sectaire ?

le 30 Sep 18 – actu.fr – Le président de l’association Notre-Dame mère de la Lumière a-t-il fait de cette organisation un groupement sectaire ?.. L’homme, médecin urgentiste de profession, est jugé pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne, en maintenant la sujétion psychologique ou physique des participants ». Alors étudiant, il avait créé un groupe à l’aumônerie de l’Université de Caen, en 2008. Les membres se réunissaient pour des veillées de prières ainsi que des maraudes auprès des démunis dans les rues de Caen. Exclu de l’Université, le groupe s’était transformé en « Notre-Dame mère de la Lumière ». Une communauté qui possède deux maisons : une pour les hommes, à Verson ; l’autre pour les femmes, à Tourville-sur-Odon. D’anciens membres de l’association, soutenus par l’ADFI, ont alerté les autorités judiciaires et religieuses, au printemps 2016. Après une enquête canonique, l’évêque de Bayeux-Lisieux, Monseigneur Boulanger, a retiré sa lettre de mission à Notre-Dame mère de la Lumière, en janvier 2017. Seize victimes – L’enquête de la police judiciaire de Caen, quant à elle, a abouti au placement en garde à vue du médecin urgentiste à deux reprises en juin 2018…Son avocat, Me Jean Delom de Mézerac, s’était emporté le 23 juillet, quand le médecin avait demandé la levée de son contrôle judiciaire : Il est poursuivi comme un vulgaire gourou de secte. Il n’y a strictement rien dans ce dossier. Ces gens ont décidé un autre choix de vie, ils font partie d’une branche chrétienne reconnue par le Vatican… Le procureur de la République avait de son côté insisté sur la nécessité de « protéger les personnes d’elles-mêmes, comme dans les cas de violences conjugales »…        https://actu.fr/normandie/caen_14118/notre-dame-mere-la-lumiere-caen-groupe-religieux-mouvement-sectaire_18827834.html

Dérives sectaires dans la culture ? Questions autour de l’Office Culturel de Cluny

 France Inter – 28 septembre 2018, par Jacques Monin, Cellule investigation de Radio France.Très bien implanté localement et reconnu par les collectivités pour ses activités culturelles, l’Office Culturel de Cluny est accusé de dérives sectaires par d’anciens membres, et de non-respect du droit du travail, tandis que son fondateur est accusé d’agressions sexuelles… En 1964, le comédien Olivier Fenoy crée une troupe de théâtre à Paris. Il l’appelle Office Culturel de Cluny en hommage à un café du quartier latin appelé Le Petit Cluny. Cette référence religieuse n’est pas anodine puisque dès le départ, l’idée d’Olivier Fenoy, proche des milieux catholiques traditionalistes de l’époque, est de monter un organisme de création et de diffusion culturelle d’inspiration chrétienne. “L’Office culturel de Cluny peut s’inscrire dans ce que l’on appelait les communautés nouvelles, qui se sont développées à partir des années 60, en réaction à mai 68, explique l’historien Olivier Landron, professeur à l’Université Catholique d’Angers, auteur d’une thèse sur les Communautés Nouvelles. Certains évêques, ont alors pensé que par l’intermédiaire de l’OCC, l’Église catholique pouvait ‘évangéliser’ le monde des artistes.”  En quelques années, l’Office Culturel de Cluny accumule les succès. Son fondateur Olivier Fenoy est décoré de l’ordre du Mérite, et devient conseiller au ministère du Temps libre (Tourisme, Jeunesse et Sports).  Surtout, l’OCC parvient à “recruter” une centaine de jeunes chrétiens enthousiastes, souvent de jeunes bacheliers, qui rejoignent l’organisation car ils y voient la possibilité de faire le lien entre leur foi et l’art… En 1972, l’OCC, qui a obtenu l’agrément jeunesse et sport, se lance aussi alors dans l’animation culturelle et ouvre des centres de formation …Proche de l’Église mais jamais reconnue officiellement. Chaque “maison” s’organise selon le même système communautaire : travail en commun, revenus en communs, prières en commun trois fois par jour. En créant la communauté, le fondateur assure vouloir créer des statuts pour obtenir la reconnaissance de l’Église catholique. Durant des années, il négociera avec les évêques de France pour y parvenir. Mais, dès 1981, une enquête canonique émet des doutes… Les soupçons de déviance sectaires sont lancés. Dés 1982, le gouvernement retire l’agrément de l’OCC pour cette raison. L’organisation le récupère en 1990, le perd de nouveau puis le récupère encore en 2002. Chaque fois après de longues procédures judiciaires. En 1995 et en 1999, l’OCC figure dans la liste des rapports parlementaires de lutte contre les dérives sectaires. Cette liste, qui recense 173 groupes, est aujourd’hui décriée mais s’appuyait déjà sur des témoignages de familles qui fustigeaient l’embrigadement de leur enfant au sein d’une organisation au fonctionnement interne douteux. “J’ai fait des stages, on m’a flatté en me voyant sur scène alors j’ai tout envoyé balader pour les rejoindre pensant me consacrer au théâtre, raconte Corinne, une ancienne membre, qui a passé 19 ans au sein de l’Office Culturel de Cluny. Petit à petit, le responsable m’a dit qu’ils faisaient tout un travail avec l’Église, de charte communautaire. Il me disait : ‘On s’engage, il y a des vœux, c’est comme au monastère, cela veut dire que tu es d’accord pour prier avec nous.’ C’est ainsi que j’ai progressivement accepté de faire vœu de chasteté, voeu de pauvreté, et vœu d’obéissance.” A l’OCC, le partage des biens est la règle. Dans chaque centre, il existe un compte commun, où sont versés les revenus de l’association et les rémunérations de chaque membre lorsqu’il fait une prestation extérieure. Officiellement, ce bénévolat et ce partage des biens est un choix librement consenti. Mais d’anciens membres parlent d’un système beaucoup plus contraignant, où le cercle dirigeant fait pression pour obtenir des dons d’héritage et le cas échéant une lettre-type de testament qui lègue tout à l’OCC. Toujours d’après d’anciens “clunisiens”, chaque année, en septembre, une réunion avait lieu en présence du fondateur…Il n’était pas question de remettre en cause ses décisions, sous peine d’être mis en quarantaine, envoyé dans un lieu de prière et parfois même agressé physiquement. ”J’ai vu le chef battre un des garçons, le battre comme plâtre, et on m’avait demandé de me taire, se souvient Corinne… Très peu de vacances. Très peu de sommeil. Beaucoup de nuits blanches. Toujours sur le terrain. Cela agit comme un anesthésiant.”  Vœu de chasteté et accusations d’abus sexuels. Officiellement, tous les “communautaires” faisaient vœux de chasteté. Mais cette règle ne se serait pas appliquée à tous. Dans les années 80 et 90, Olivier Fenoy aurait utilisé son influence pour satisfaire ses désirs sexuels avec de jeunes adultes membres de la communauté ou des étudiants qui y suivaient les formations…“Tous les abus sexuels sans exception étaient accompagnés de délires mystiques, avec une petite phrase évangile : ‘Jean le disciple que aimait’ ou ‘Je t’embrasse sur la bouche parce que a fait pareil’, témoigne anonymement Martin, un ancien membre qui dit avoir subi les agressions sexuelles d’Oliver Fenoy pendant plus de 10 ans… Plus je suis sous son emprise, économiquement ou spirituellement, plus il s’autorise à profiter. S’il se trouve devant quelqu’un qui est vraiment engagé, alors là, cela va jusqu’au bout”. En 1996, au sein de la communauté, deux des victimes du fondateur évoquent ces abus. Olivier Fenoy demande alors publiquement pardon et promet de faire pénitence. Le silence retombe ensuite au sein de l’OCC, mais cette affaire provoque le départ d’une quarantaine de membres. Une fois sortis, aucun d’entre eux n’ira en parler à la justice. Il faut attendre février 2018, pour que cinq anciennes victimes décident de parler. Elles le font devant le tribunal de Police de Lyon, pour protéger une ancienne clunisienne assignée en diffamation par le fondateur pour avoir évoqué ces abus. Olivier Fenoy se désiste finalement devant le tribunal et est condamné à payer 2 000 € d’indemnités à l’ancienne membre.  Fraudes à l’Ursaff et non-versement de salaires…L’histoire de l’Office Culturel de Cluny a été jalonnée de nombreux procès, notamment dans les années 80…En 2010, 21 anciens membres de l’OCC décident de saisir la justice pour faire valoir leur droit à la retraite. “Nous nous sommes rendu compte que comme nous n’avions pas reçu de salaires durant les 15 ou 20 ans passés au sein de cette communauté, nous allions toucher le minimum retraite, explique Evelyne Grasset, qui a passé 15 ans au sein de l’OCC. C’était contraire au droit du travail français”.  En parallèle, ces anciens clunisiens s’organisent en collectif pour faire savoir ce qu’ils ont vécu. Ils créent le site internet Les années blanches, très vite contré par un autre site au nom identique tenu par ceux qui sont restés à l’OCC. Le 19 décembre 2017, la cour d’appel de Paris confirme le jugement des prud’hommes et condamne l’Office Culturel de Cluny et son association financière Patrimoine et Développement à verser un million d’euros de dommages et intérêts aux 21 plaignants. Mais difficile pour eux d’obtenir cette somme : l’OCC a été officiellement liquidée en mars 2018 et Patrimoine et développement est en redressement judiciaire…Des témoignages d’anciens membres de la communauté concordent : le fruit de leur travail était réinvesti dans les structures annexes de l’Office Culturel de Cluny. Des structures qui étaient régulièrement amenées à changer de nom et de lieu d’implantation alors que s’opéraient des transferts de fonds vers Patrimoine et Développement, l’association créée pour gérer les biens et les avoirs de la communauté…. En 2010, un autre dirigeant financier, François Destor, quitte l’OCC avec dans sa valise de nombreux documents de Patrimoine et Développement. Ces documents permettent de voir qu’Olivier Fenoy est entouré de solides conseillers financiers et juridiques, mais aussi combien l’OCC et ses satellites sont extrêmement structurés et lucratifs. “Les dirigeants ont profité de l’OCC pour vivre bien sans jamais débourser le moindre centime, raconte François Destor, 25 ans à l’OCC, et président de Patrimoine et développement pendant 10 ans. “C’était complètement fou : d’un côté les membres n’avaient pas de salaire, pas de Sécu et mangeaient chaque jour grâce à la banque alimentaire ; de l’autre, les châteaux, grâce à notre travail de rénovation, prenaient de plus en plus de valeur. Si on ajoute les dons et les legs, il y restait bien 10 à 14 millions d’euros quand je suis parti en 2010.”  Aujourd’hui, Patrimoine et Développement étant en redressement judiciaire, l’OCC dispose d’un fond de dotation également appelé Patrimoine et développement. Certaines activités comme celle du Théâtre de l’Arc en Ciel sont également financées par la Fondation Scène et Cité hébergée à la Fondation de France, et dont le fondateur est un membre historique de l’Office Culturel de Cluny…Les centres de l’OCC bénéficient ainsi de nombreuses subventions publiques : l’association Domino, qui accueille des handicapés à Roqueserières près de Toulouse, compte parmi ses partenaires la Région Occitanie ou bien encore la Mairie de Toulouse. De la même manière, en 2018, le Domaine de Tournefou a reçu pour ses activités 5 000 euros de l’antenne régionale du ministère de la Culture, 2 000 euros de la Communauté de communes, et 5 000 euros de la région Grand Est. En 2015, ce centre a pu construire une extension pour accueillir des résidences d’artistes grâce aux subventions publiques qui finançaient 40 % d’un budget total de 1,5 million d’euros. L’association ATD Quart Monde, qui, de 2000 à 2016, a envoyé des enfants en grande précarité dans des cours et des séjours de théâtre dispensés par l’OCC, a mis fin en 2017 à son partenariat avec les antennes de l’Office Culturel de Cluny.  La liste des personnalités de renom ayant participé aux congrès annuels de l’OCC depuis 20 ans est longue. L’actrice Marie-Christine Barrault ou le sociologue Edgar Morin font par exemple partie du comité de parrainage de ces congrès… Et l’Église dans tout ça ? En 2013, la Conférence des évêques de France a fini par publier un communiqué stipulant que l’Office Culturel de Cluny et les associations qui en dépendent n’ont pas de liens organiques avec l’Église catholique.  Mais tous les évêques ne partagent pas cet avis. Dans certains centres comme celui de Pâlis dans l’Aube, les prêtres continuent par exemple de venir y célébrer des messes. « L’évêque de Troyes par exemple a entendu l’un d’entre nous raconter les abus sexuels subis. Il n’a rien fait.” Se désole Evelyne Grasset, qui a passé 15 ans au sein de l’Office Culturel de Cluny …Contactés, les responsables de l’OCC insistent sur le fait qu’il n’y a pas de prosélytisme dans leurs activités, que leur religion et leur manière de vivre est une affaire privée. Ils précisent également que depuis les révélations d’abus sexuels de février 2018, le fondateur Olivier Fenoy a été écarté.  L’Office Culturel de Cluny n’existe plus puisque l’association a été liquidée ; ou plutôt, a changé de nom et s’appelle maintenant l’Œuvre de Cluny…  

L’Office culturel de Cluny condamné à un million d’euros de dommages et intérêts

LE PROGRÈS  08/02/2018.  L’Office culturel de Cluny, propriétaire du Château de Machy depuis 1993, a été condamné à verser 1 million d’euros de dommages et intérêts à 21 plaignants, qui n’avaient perçu aucun salaire pour leurs activités au sein de l’association.

 C’est la fin d’un feuilleton judiciaire qui aura duré plusieurs années. L’Office culturel de Cluny (OCC), qui exploite le château de Machy depuis 1993 avec sa troupe de théâtre L’Arc-en-Ciel, a été condamné à verser près d’un million d’euros de dommage et intérêts à 21 de ses anciens membres. Pendant plusieurs décennies, ces plaignants n’avaient perçu aucun salaire pour leurs activités au sein de l’association OCC. Ils n’avaient pas non plus cotisé socialement. Certains d’entre eux avaient notamment travaillé au château de Machy, à Chasselay. Ce jugement a été rendu par la cour d’appel de Paris le 19 décembre. Les dommages et intérêts oscillent entre 25 000 et 100 000 € selon les cas.

L’association est sur le point d’être mise en liquidation judiciaire – L’Office culturel de Cluny a été fondé en 1963 par Olivier Fenoy qui, jusqu’à la semaine passée, était directeur de la troupe de théâtre en résidence au château de Machy. Cette structure était spécialisée dans l’animation culturelle et la création artistique avec la production de pièces de théâtre. Ce n’était pas tout : son fondateur avait mis en place une communauté de travail et de vie avec une forte dimension religieuse, sans pour autant bénéficier de la reconnaissance officielle de l’Eglise catholique. « Les Clunisiens faisaient à divers degrés des vœux proches de ceux des religieux », affirmait un ancien membre au journal La Croix. Un rapport gouvernemental, réalisé en 1996, avait pointé certaines dérives sectaires au sein de l’OCC, dont les membres vivaient dans différents lieux à travers la France, comme le château de Machy à Chasselay. Or, depuis leur arrivée au sein de la communauté, ces 21 plaignants avaient travaillé sans aucun salaire, ni cotisations sociales. Certains sont restés trente ans dans la structure. La justice a finalement estimé que ces 21 personnes avaient subi « un préjudice, avec une perte de chance de percevoir une retraite ». « Nous étudions encore la possibilité de nous pourvoir en cassation », a annoncé ce mercredi l’avocat de l’Office culturel de Cluny, Olivier Kress. L’association, placée en redressement judiciaire en 2016, devrait faire l’objet d’une liquidation dans les prochaines semaines.

ZOOM – DE L’OFFICE CULTUREL DE CLUNY À LA TROUPE DE L’ARC-EN-CIEL – Le comédien Olivier Fenoy a fondé en 1963 , à Paris, l’Office culturel de Cluny (OCC), un organisme de création artistique et de diffusion culturelle. Production, mise en scène et création de spectacles font partie de ses compétences. En 1973, la troupe liée à l’OCC prend le nom de “Théâtre de l’Arc-en-ciel”. Elle est toujours en activité au château de Machy. « Dans les années 70 , l’OCC a connu un développement important avec la création de nombreux centres dans lesquelles sa centaine de membres était envoyée pour travailler dans les domaines de l’animation et de la culture », confie un ancien membre, ajoutant que l’association s’était composé un patrimoine « considérable », avec l’acquisition de sites à Paris, Vézelay, Grenoble, Pâlis, Chatressac, Cugnaux et même au Chili et au Québec. Olivier Fenoy a cessé d’être le directeur de l’OCC en 1996. Au début des années 2000, la plupart de ses membres avaient quitté la structure, avant d’entamer des poursuites quelques années plus tard.

L’Arc-En-Ciel – La compagnie théâtrale de L’Arc-En-Ciel, antenne de l’OCC, est toujours présente au château de Machy. Dirigée jusqu’à la semaine passée par Olivier Fenoy, elle abrite en résidence des comédiens. Un festival est organisé l’été et des cours de théâtre sont donnés…

Son avocat l’a confirmé mercredi après-midi : Olivier Fenoy n’est plus le directeur du théâtre de L’Arc-En-Ciel, en résidence au château de Machy. « Il a remis toutes ses charges et s’est retiré complètement de l’Office culturel de Cluny la semaine dernière. C’était sa volonté. »

Mercredi, une audience devant le tribunal de police de Lyon le concernait. Dans le cadre d’une citation directe, Olivier Fenoy poursuivait pour diffamation non publique Martine Poirson, qui a fait partie de l’OCC pendant dix ans. Cette Lyonnaise avait tenté d’intégrer au dossier jugé par la Cour d’appel de Paris une attestation, dans laquelle elle rapportait des faits présumés « d’abus de nature sexuelle, mais aussi de manipulation du fait de sa position d’autorité sur l’ensemble de la communauté ». Des faits anciens, prescrits par la justice, qui n’ont jamais fait l’objet de poursuites. Jugeant le délai trop court pour étudier toutes les pièces du dossier, l’avocat d’Olivier Fenoy a demandé un report de l’audience. Face au refus du tribunal, il s’est désisté et le fondateur de l’OCC a été condamné à verser une indemnité de 2 000 € à Martine Poirson. http://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-ouest-lyonnais/2018/02/08/l-office-culturel-de-cluny-condamne-a-un-million-d-euros-de-dommages-et-interets

Un million d’euros saisis chez les Travailleuses missionnaires.

La Croix – Claire Lesegretain (avec Vosges Matin) , le 13/08/2018. Selon le quotidien Vosges Matin, le procureur de la République d’Épinal a récemment fait saisir 950 000 € sur les comptes de l’association qui gère les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée (TMI). Une décision qui intervient dans le cadre de l’enquête en cours depuis 2015 sur les Travailleuses missionnaires qui œuvraient dans l’hôtel-restaurant « L’accueil du pèlerin », proche de la basilique de Domrémy-la-Pucelle (Vosges). La justice reproche à l’association de n’avoir jamais rémunéré ni déclaré les sept ou huit jeunes femmes qui travaillaient au sein du restaurant en y effectuant plus que 35 heures hebdomadaires. L’association payait toutefois le smic et les charges sociales auprès de la Camivac (Caisse d’assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes)…La justice a fait une estimation de l’importance des arriérés de rémunérations et de cotisations auprès des organismes sociaux, d’où cette saisie d’avoirs. Celle-ci a été immédiatement contestée par les avocats de la Famille missionnaire Donum Dei qui ont saisi la chambre de l’instruction de Nancy. Les magistrats devraient statuer cet automne sur cette saisie…Étienne Manteaux, cité par Vosges Matin, a considéré que l’association des TMI n’était pas une congrégation religieuse, et que les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée sont « soumises aux règles du travail classique ». Ce que conteste la Famille Missionnaire Donum Dei (FMDD), qui rappelle que, par une lettre du 15 mai dernier, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF), a affirmé que les TMI « doivent être considérées comme membres d’une congrégation et collectivité religieuse au sens de l’article 1er de la loi du 2 janvier 1978. En conséquence, ils doivent être assimilés à des clercs tels que définis dans la circulaire La Martinière ». Recrutées très jeunes au Burkina Faso, au Cameroun, au Vietnam, aux Philippines ou au Pérou, les Travailleuses missionnaires (créées dans les années 1950) sont des laïques consacrées appartenant à la Famille missionnaire Donum Dei, association reconnue par le Saint-Siège et rattachée au tiers ordre des grands carmes…Des investigations ont été menées par l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) : des enquêtes préliminaires ont été ouvertes en 2016 à Lisieux (Calvados), Marseille et Ars-sur-Formans (Ain) pour les mêmes faits, dans d’autres restaurants gérés par les TMI.

En 2016, les parquets de Lisieux et Marseille se sont dessaisis au profit de celui d’Épinal, afin de permettre un regroupement des procédures.

Les jeunes femmes TMI se plaignent rarement. Selon le procureur d’Épinal, toujours cité par Vosges Matin, leur discours est : « On ne touche pas de salaire, on est heureuses, on donne notre vie au Seigneur »…Pourtant la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a comptabilisé huit plaintes déposées par d’anciennes Travailleuses missionnaires, dont la dernière, en juillet 2017, pour « exploitation d’une personne réduite en  ». Après avoir auditionné d’anciennes TMI, la Miviludes avait relevé en 2015 « des éléments qui caractérisent la déstabilisation mentale ». Elle pointait « la diabolisation du monde extérieur, les ruptures avec l’environnement d’origine, l’absence de soins et les atteintes à l’intégrité physique ».En 2014, à la suite d’une cinquantaine de départs et de quinze plaintes déposées à l’association d’Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux et à leurs familles (Avref), cette association avait consacré un « livre noir » aux TMI.

Sentinelle contre les abus sur majeur dans les communautés religieuses

Radio Notre Dame – le 8 mai 2018 par Thibault Lecoq. L’association Sentinelle vient en aide aux personnes majeures qui ont été victimes d’abus dans les communautés religieuses. Elle tenait vendredi 4 mai, la 4e édition  de ces conférences et débats sur le sujet, afin de libérer la parole. Laurence Poujade est la présidente de cette association qui existe depuis 2014 et une ancienne victime d’abus sur majeur…L’association dispose de différents moyens d’actions pour parvenir à ces buts. Il y l’accompagnement des victimes et des familles, et bien sûr la communication et la sensibilisation autour de ce problème.

L’association se place au cœur de la cité car c’est une association citoyenne, hébergée dans la maison des associations du 14e arrondissement…Pour l’étude de la vie religieuse, elle est en partenariat avec l’Institut des Hautes Études du Monde Religieux (IHEMR), afin de mieux cerner les problèmes qui peuvent exister et en parler avec les autres religions représentées et l’Observatoire de la laïcité. Les journées sentinelles servent à discuter des abus sur majeurs avec les personnes impliquées : associations, anciennes victimes, parents, Église, mais aussi les personnes curieuses de ce problème…Ex. Alexia Lecomte, ancienne moniale franciscaine qui s’est fait « renvoyer » de son couvent sans aucun soutien ni aide. Deux membres de l’association ont témoigné d’un cas particulièrement révélateur de la difficulté de faire émerger ces questions : celui d’un membre de leur famille. Selon la famille qui suit la feuille de route du pape François contre les dérives sectaires, la communauté où est cette personne remplit tous les critères d’une dérive. Leurs interpellations à Mgr Planet, l’évêque en charge de la cellule des dérives sectaires dans des communautés catholiques, n’ont pas abouti. En effet, la cette personne est majeure et donc libre de ses choix. Cela pose la question de la pertinence de cette feuille de réflexion si elle n’est pas suivie au moins d’une visite de contrôle par un évêque…Françoise Poujade, a rappelé qu’en 1997 quand elle a voulu interpeller le cardinal Lustiger sur la situation de sa fille, s’est heurtée à un mur de silence. Lors de cette journée, Mgr de Moulins Beaufort, venant à titre privé pour écouter, à bien fait préciser avant son arrivée qu’il ne voulait aucun enregistrement. L’Église doit donc trouver comment en parler et comment agir contre les abus sur majeur.

Religieuses sexuellement agressées : enquête sur le dernier tabou de l’Eglise

Le Parisien. Vincent Mongaillard. 11 juin 2018. Quelques anciennes religieuses, abusées sexuellement par un prêtre, témoignent. Et brisent un tabou…Si la parole des enfants abusés sexuellement par des prêtres s’est libérée, celle de religieuses dans la même situation reste marginale. Le président de La Parole libérée y voit potentiellement un «énorme scandale».

C’est une religieuse violée par un religieux dans le parloir du monastère. Une nonne subissant les attouchements d’un prêtre dans le confessionnal. Une sœur agressée sexuellement par une autre sœur de sa congrégation. Les faits sont généralement très anciens, vieux de plusieurs décennies… Et donc prescrits. Dans la très grande majorité des cas, les proies se taisent. Quand elles réussissent à raconter leur calvaire, c’est qu’elles ont quitté la vie consacrée. Si la parole s’est libérée ces deux dernières années chez les fidèles qui, enfants, ont été victimes de curés pédophiles, celle de moniales devenues la cible de frères pervers commence à peine à se murmurer. Deux d’entre elles, sorties des ordres, ont accepté de témoigner pour la première fois, dans Le Parisien. Impossible de mesurer l’ampleur de ces drames. La Parole libérée, association d’aide aux victimes d’abus sexuels perpétrés par le clergé, en a recensé quelques-uns. « Mais c’est une évidence que le phénomène est d’une ampleur bien plus grande. Si les sœurs libèrent totalement la parole, ça peut être un énorme scandale ! », croit son président François Devaux. « Des prêtres qui abusent de leur position d’autorité spirituelle pour en profiter sexuellement, cela existe », reconnaît le responsable d’une communauté…La Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui fédère les différentes congrégations, promet qu’elle est à l’écoute. Ce lundi à Paris, elle a convié les supérieurs et les supérieures à une « journée de sensibilisation » sur « les abus sexuels », en partie ceux qui ont détruit des innocentes ayant fait vœu d’obéissance, de pauvreté et de chasteté…sœur Véronique Margron, présidente de la Corref, qui « invite toutes les victimes » à s’exprimer et à « faire remonter la parole du fond du tombeau ».Pourla psychiatre Muriel Salmona, auteure du « Livre noir des violences sexuelles » (Dunod), ce crime à « huis clos » se rapproche de « l’inceste »…«Le pouvoir marqué d’une sorte de sceau du sacré aggrave l’emprise de personnalités perverses », souligne, de son côté, sœur Véronique Margron. « Or,plus l’emprise est forte, moins la parole se libère et donc plus les prédateurs sont sécurisés dans leurs actes », en déduit François Devaux, de La Parole libérée…L’indépendance vis-à-vis des diocèses favorise ainsi la loi du silence.            http://www.leparisien.fr/societe/religieuses-sexuellement-agressees-enquete-sur-le-dernier-tabou-de-l-eglise-11-06-2018-7766382.php

Après la démission des évêques chiliens, des scandales d’abus en cascade

La Croix. Céline Hoyeau , le 28/05/2018. Depuis la démission des évêques chiliens, à qui le pape reproche une faillite collective dans la lutte contre les abus sexuels, plusieurs nouvelles affaires viennent d’être révélées…La boîte de Pandore est ouverte au Chili et il semble bien qu’il faille s’attendre à des révélations en cascade, dans cette Église gangrenée par les scandales de pédophilie. Cinq jours après la démission de l’ensemble des évêques chiliens, épinglés par le pape François pour leur gestion calamiteuse de ces affaires, le diocèse de Santiago a confirmé jeudi 24 mai une information publiée dans les médias locaux selon laquelle le chancelier, le père Oscar Munoz Toledo, c’est-à-dire l’homme chargé notamment de recueillir les plaintes des victimes de prêtres pédophiles, s’était auto-dénoncé pour avoir abusé d’une personne  le 2 janvier dernier, soit deux semaines avant la visite du pape François dans ce pays. Le père Munoz aurait lui-même couvert des abuseurs - Le diocèse indique, dans une note publiée sur son site Internet, lui avoir alors retiré toute fonction et l’avoir interdit de tout ministère public, lançant à son encontre une enquête préliminaire avant d’envoyer le dossier à Rome. Mais au-delà de son cas personnel, il se pourrait que le père Munoz ait lui-même couvert des abuseurs : c’est lui en effet qui avait reçu en 2003 les premières plaintes des victimes de Fernando Karadima. Cet ancien curé d’une paroisse huppée de Santiago s’était révélé un redoutable prédateur sexuel, dont les abus ont été à l’origine de la violente crise qui secoue l’Église chilienne.

Or, il fallut attendre 2007 pour qu’un procès canonique s’ouvre et 2010 pour que le dossier soit transmis à Rome qui renvoya aussitôt Karadima de l’état clérical. Aux yeux de l’une des victimes, Juan Carlos Cruz, l’annonce du retrait du chancelier du diocèse est à mettre en lien avec la lettre incendiaire envoyée il y a dix jours par le pape François aux évêques chiliens, dans laquelle il affirmait que des « documents compromettants » avaient été détruits. « La famille », une quinzaine de prêtres aujourd’hui suspendus – La semaine dernière toujours, un autre scandale d’abus sexuels, dans le diocèse de Rancagua (centre), a été révélé qui met en cause, celui-là, une quinzaine de prêtres, suspendus en attendant que lumière soit faite sur leurs agissements. Selon des témoignages diffusés par la chaîne de télévision Canal 13, ces clercs ont fait partie d’un groupe qu’ils ont baptisé « la famille », au sein duquel ils auraient eu pendant dix ans une conduite sexuelle inadéquate et se seraient livrés à de possibles abussexuels sur des jeunes. L’évêque du diocèse et ancien président de la conférence épiscopale chilienne, Mgr Alejandro Goic, aurait été alerté au moins à quatre reprises. Éclaboussé par ce scandale, ce dernier a démissionné ce week-end de la présidence du Conseil national de prévention des abus sexuels, l’instance créée en 2011 au sein de l’épiscopat chilien pour empêcher, précisément, de tels abus…Son remplacement a suscité une nouvelle polémique. Nommé samedi à la tête de ce Conseil, Mgr Juan Ignacio González Errázuriz, évêque de San Bernardo et membre de l’Opus Dei, est lui-même très décrié par les victimes de Fernando Karadima. Il les avait notamment critiquées par le passé, en affirmant que « leur demande de pardon » était « exagérée », tout en défendant dans les médias Mgr Juan Barros, évêque d’Osorno accusé d’avoir couvert les agissements de Karadima. Toutes ces affaires manifestement entremêlées mettent en évidence l’urgence, pour le pape de prendre des décisions drastiques, alors qu’il a entre les mains les 2 300 pages du rapport que lui ont remis les deux enquêteurs dépêchés au Chili et qu’il doit recevoir vendredi 1er juin un nouveau groupe de victimes… Les victimes lui ont remis 17 pages de propositions portant sur la prévention et la réparation de ces abus. Certaines suggèrent qu’une commission nationale soit mise en place sur le modèle de la Commission royale chargée d’enquêter sur les abus sexuels dans toute la société australienne.

Mon frère a rejoint la Légion du Christ, ordre catholique et ultra-conservateur                            ..

VICE – 17.04.2018. Matern Boeselager. La réalisatrice allemande Zita Erffa a perdu son frère : un jour, il a décidé de rejoindre la Légion du Christ... László Erffa, 19 ans, venait tout juste de finir le lycée quand il a décidé de rejoindre la Légion du Christ, un ordre catholique ultra-conservateur et très controversé. Quelques jours après, il commençait ses études au séminaire dans l’État allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ses proches avaient le cœur brisé – ils s’inquiétaient de ne plus jamais le revoir. La Légion du Christ a été fondée au Mexique par le père Marcial Maciel en 1941. D’anciens membres ont comparé l’ordre à une secte et, pendant longtemps, les allégations selon lesquelles Maciel aurait abusé sexuellement des séminaristes ont été rejetées par le Vatican. Finalement, une enquête menée en 2006 l’a reconnu coupable de viols sur des dizaines de garçons, dont certains avaient à peine 12 ans. Après la mort de Maciel en 2008, soit deux ans après l’arrivée de László, une deuxième enquête a révélé que Maciel avait eu plusieurs enfants avec au moins deux femmes. Les problèmes au sein de la Légion n’ont pas pris fin avec la mort de son fondateur. Dans un rapport des Nations Unies de 2014, le groupe était accusé d’éloigner délibérément de jeunes enfants de leurs parents, limitant souvent leurs communications à quelques fois par an. Et récemment, en octobre 2017, on a découvert que le directeur du séminaire romain de la Légion avait secrètement eu deux enfants. Quelques membres ont quitté l’ordre en réponse aux scandales – mais pas László. Après plus d’une décennie d’efforts pour le convaincre d’en partir, sa sœur Zita a décidé de réaliser un documentaire sur son quotidien dans la Légion, pour mieux comprendre sa décision de rester. Son film, The Best Thing You Can Do With Your Life, figurait dans la sélection officielle du Festival du film de Berlin cette année, et a été nominé pour le Prix du meilleur documentaire.

VICE : Comment László vous a-t-il fait part de sa décision de rejoindre la Légion du Christ ?                                                                   ..
Zita Erffa :
 Il me l’a dit au téléphone. Il était déjà là-bas depuis trois jours. J’ai passé une demi-heure à lui crier dessus. On s’est reparlé pour la première fois un an plus tard, quand il a eu le droit de recevoir des visiteurs                                             …                                                                                                                                                  
Est-ce qu’ils essayaient de vous recruter au camp d’été ?
Oui. Ils ont un club de jeunes appelé ECYD, qui est une abréviation espagnole pour « Education, Culture et Sport ». L’activité physique est ce qui distingue les légionnaires des autres ordres – ils se vantent d’être sains. Les membres du club de jeunes encourageaient tout le monde à s’inscrire. C’était déjà un peu sectaire à l’époque, donc pour moi, il était évident qu’aucun de nous ne le ferait réellement. Mais j’avais tort                                                             …                                                                                                                                                            
Que s’est-il passé ensuite ?
Il a pratiquement disparu pendant les quelques années qui ont suivi. On avait le droit de lui rendre visite une fois par an et de l’appeler trois fois par an. Toutes les lettres qu’on lui a envoyées ont été ouvertes et lues par l’ordre. Après notre première visite, environ un an après son admission, ma mère a dit qu’elle aurait préféré ne pas l’avoir vu parce qu’elle ne supportait pas de voir à quel point il avait changé.                                                                        ..
Pourquoi László n’a-t-il pas quitté l’ordre après que l’affaire des abus sexuels a éclaté ?
Les rumeurs concernant les viols allaient déjà bon train quand mon frère a rejoint l’ordre. Beaucoup de dirigeants de la légion devaient savoir ce que Marcial Maciel faisait à ces garçons, mais les légionnaires s’encouragent mutuellement à ne rien dire à leurs supérieurs, quoi qu’il arrive…https://www.vice.com/fr_ca/article/gy88e4/mon-frere-a-rejoint-la-legion-du-christ-ordre-catholique-et-ultra-conservateur

Un abbé intégriste condamné à 19 ans de réclusion en appel pour viols sur des enseignantes

La Croix – AFP, 16/02/2018 – Un abbé intégriste qui comparaissait en appel depuis mardi à huis clos à Nanterre pour viols aggravés sur trois enseignantes, dont certains assortis d’actes de torture, a été condamné vendredi à 19 ans de réclusion criminelle, contre 16 en première instance. Le ministère public avait requis 20 ans. Comme en première instance, la cour a assorti cette peine d’un suivi socio-judiciaire pendant six ans et d’une injonction de soins pour ses “problèmes de déviance sexuelle”. Christophe Roisnel, 44 ans, sera par ailleurs inscrit au fichier des délinquants sexuels. Impassible à l’énoncé du verdict, l’homme avait été mis en examen et écroué en avril 2014 pour des actes commis en 2010 au sein de l’école qu’il dirigeait, Notre-Dame de la Sablonnière, à Goussonville (Yvelines, un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.  D’autres faits s’étaient déroulés à Villette (Yvelines), ainsi qu’au domicile des parents du religieux, dans la Manche, selon une source proche du dossier. Les victimes, toutes trois enseignantes, l’accusaient d’avoir usé de son ascendant psychologique pour parvenir à ses fins : il évoquait avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé et leur faisait revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu’elles puissent les dépasser. Leur avocat François Souchon, interrogé par l’AFP, a qualifié la peine infligée de “juste”. “On a eu plus de vérité à cette audience d’appel” qui a eu “des vertus bénéfiques et salvatrices pour toutes les parties”, selon lui. La cour a estimé, comme en première instance, que l’abbé avait abusé de l’autorité que lui conférait son statut d’ecclésiastique. Le religieux, qui comparaissait détenu, n’avait cependant été condamné en mai 2017 que pour viols et non pour actes de torture.  Il a aussi été condamné cette fois pour avoir violé l’une des victimes à l’aide de ciseaux, d’aiguilles à tricoter, de manches à balai et d’autres ustensiles (brosse à dent, pinceau, gant de crin…) et l’avoir flagellée avec sa chemise. Christophe Roisnel a cette fois encore été jugé à huis clos à la demande des parties civiles (BIEN: des parties civiles). Il a cinq jours pour se pourvoir éventuellement en cassation. Ses avocats n’ont pas souhaité s’exprimer. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une communauté intégriste proche des milieux d’extrême droite, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre. Elle ne reconnaît pas le Concile Vatican II (1962-1965) qui a, selon elle, rompu avec la tradition. Elle compte près de 600 prêtres dans une soixantaine de pays dans le monde, dont 150 en France. L’abbé Roisnel avait été écarté de ses fonctions de directeur d’école en 2011 par les autorités ecclésiastiques après que les trois femmes s’étaient plaintes de ses agissements. Il avait alors été envoyé dans un couvent de capucins dans la région lyonnaise, puis muté dans une école de garçons. Mais, selon une source proche du dossier, il avait tenté de faire pression sur les enseignantes pour qu’elles se rétractent et celles-ci avaient alors déposé plainte pénalement en 2013. Seules deux des trois victimes s’étaient constituées parties civiles: une institutrice de 38 ans, que l’accusé dirigeait au sein de l’école, et une amie de celle-ci, enseignante dans un autre établissement, âgée de 32 ans. Un procès canonique devrait avoir lieu dans les mois qui viennent: l’abbé pourrait alors être “réduit à l’état laïc” (renvoyé de l’état clérical), selon une source proche du dossier.

https://www.la-croix.com/France/Un-abbe-integriste-condamne-a-19-ans-de-reclusion-en-appel-pour-viols-sur-des-enseignantes-2018-02-16-1300914430?from_univers=lacroix

“Marie Porte du Ciel” : Augustin Valencourt condamné à 2 ans de prison ferme

Le verdict est tombé ce jeudi matin. Augustin Valencourt est condamné à 5 ans de prison dont 36 mois avec sursis et mise à l’épreuve. Pour sa compagne Marie-Cécile Nurbel, la peine reste la même qu’en première instance, soit deux ans dont 16 mois avec sursis. Leur fille, Carole, écope elle aussi de deux ans avec sursis et mise à l’épreuve…Le 1er mars dernier, l’affaire de la secte “Marie Porte du Ciel” était de retour devant la justice, plus précisément à la Cour d’appel de Saint-Denis. Car quelques jours après le délibéré le 29 juin dernier, au tribunal de Saint-Pierre, le couple Valencourt, Augustin et Marie-Cécile, ainsi que leur fille Carole, avaient fait appel…Lors de ce procès en appel le 1er mars donc, l’avocat général Pierre Bernard a requis une peine de cinq ans dont trois ferme à l’encontre d’Augustin Valencourt. En première instance, ce sont cinq ans de prison dont deux fermes qui avaient été prononcés. Pour sa compagne Marie-Cécile Nurbel, alors absente à l’audience “pour raisons de santé”, il a requis deux ans dont un ferme, et enfin deux ans dont 16 mois avec sursis pour leur fille Carole qui espère elle aussi une relaxe. Si le fils Yannick Valencourt, l’ancien curé du Chaudron, n’a pas fait appel de sa condamnation à 18 mois avec sursis – le parquet de Saint-Pierre avait demandé, sans l’obtenir, à ce qu’il n’ait plus le droit d’exercer en tant que prêtre -, Gladys, l’autre fille du couple, réclame pour sa part une minoration du montant des dommages et intérêts à verser aux parties civiles.

Le délibéré sera rendu ce jeudi matin. Pour rappel, entre 2012 et 2015, les Valencourt ont su rassembler jusqu’à 700 adeptes dans leur chapelle, au sein du groupe de prière “Marie Porte du Ciel” créé en 1988. Les réunions de prière étaient l’occasion surtout pour cette famille du Tampon de vendre des statuettes religieuses à des tarifs cinq à six fois plus élevés qu’en paroisse. Ou encore des fioles d’huile « sainte » censée provenir de Lourdes… Un « business » qui leur aurait rapporté environ trois millions d’euros sur plusieurs années. De quoi s’offrir des berlines de marque BMW ou encore des voyages. L’enquête était partie du décès suspect d’un enfant malade du cancer. Les parents ont affirmé qu’Augustin Valencourt a bien failli les convaincre d’interrompre le traitement médical de leur enfant, persuadé qu’il aurait été capable de le guérir uniquement au moyen de prières et de cérémonies. Il a finalement été démontré que l’enfant était décédé sans aucun doute possible des suites de sa maladie. Lors du procès en appel, Augustin Valencourt niait toutefois toute dérive sectaire au sein de son groupe de prière.

“Je n’ai d’emprise sur personne ! J’insiste, je persiste et je signe !”, clamait l’ancien policier de 73 ans. “À aucun moment, a-t-il répété à plusieurs reprises, je n’ai mis de couteau sous la gorge de quelqu’un !”, poursuivait-il, même si quelques instants plus tôt, Carole Valencourt faisait comprendre le contraire face à la présidente. La Tamponnaise de 40 ans était convaincue que son père recevait directement ses instructions de Dieu, et a confirmé qu’Augustin Valencourt demandait à ses adeptes de le suivre aveuglément au risque, menaçait-il, de subir catastrophes, maladies et accidents… “Non, Dieu ne me parle pas. Je ne fais que reprendre la Bible”, avait répliqué Augustin Valencourt, tout en faisant comprendre que seuls des “abrutis” auraient pu croire autre chose. Mais ce ne sont pas les seuls faits que le patriarche a contesté ce jour-là : Augustin Valencourt conteste également le blanchiment d’argent découlant des dons en espèces, révélés par les enquêteurs qui avaient observé des mouvements d’argent suspects sur les comptes bancaires de la famille. Des escroqueries multiples qui ont contribué au patrimoine de 3 millions d’euros cumulé en quelques années par les Valencourt… alors qu’il n’y avait quasiment pas d’argent sur le compte de l’association “Marie Porte du Ciel”.       https://www.clicanoo.re/Faits-Divers/Article/2018/03/14/Marie-Porte-du-Ciel-Augustin-Valencourt-condamne-2-ans-de-prison

Willy Claes: “L’Opus Dei a influencé le procès Agusta”

Le Vif – 18/01/18 – Source: Knack – Il y a vingt ans, Willy Claes, ancienne figure de proue du sp.a, était condamné pour son rôle dans l’affaire Agusta. Interrogé par quatre étudiants en journalisme de la haute école Artevelde, il revient sur l’affaire qui lui a coûté sa place de secrétaire général de l’OTAN. Dans les années 1990, le constructeur d’hélicoptères italien Agusta a payé un pot-de-vin aux socialistes francophones et néerlandophones pour décrocher un contrat pour l’armée belge. En tant que ministre des Affaires économiques (1988-1992), Willy Claes (SP) était responsable des compensations économiques de ce contrat. Il s’est avéré que son chef de cabinet était l’un des titulaires d’un compte en banque suisse secret sur lequel Agusta avait versé 51 millions de francs (1,25 million d’euros). En 1998, la Cour de cassation a déclaré Claes coupable de fraude. Pourtant, Claes, âgé entre-temps de 79 ans, clame toujours son innocence: “Ce n’est pas à mon cabinet que l’opération corrompue a été montée, mais dans le parti – probablement avec le trésorier SP de l’époque, Etienne Langé. Je ne suivais ces dossiers qu’indirectement, ce que j’ai fort regretté après.”  Survenu en 1995, le scandale Agusta coïncidait avec les élections parlementaires. Malgré le climat de scandale, la figure de proue du SP Louis Tobback a remporté une victoire électorale et a réussi à faire rentrer le SP au gouvernement, même s’il a fallu en payer le prix. À la question si le parti l’a laissé tomber, Claes répond : “C’est exact. Les négociations gouvernementales primaient manifestement sur le maintien de mon haut poste international (entre-temps, Claes était secrétaire général de l’OTAN, NDLR). Pour le SP, je suis devenu une victime expiatoire servant à survivre au scandale. Après ma démission, Tobback est venu me rendre visite. Il semblait vouloir s’excuser que le parti ne puisse pas me défendre. Quand je regarde en arrière maintenant, je le comprends. Il fallait sauver les meubles, et c’est ce que Louis a remarquablement bien fait.” Claes répète dans l’interview que c’était surtout l’organisation catholique (certains opposants parlent d’une secte) qui voulait sa peau (“je suis un franc-maçon avoué”). C’est ce que lui a raconté un “homme d’Église haut placé”. L’influence de l’Opus Dei est apparue quand certains témoins se sont fait connaître comme membres de cette organisation. Ils le faisaient en criant “Que Dieu me vienne en aide”. Le président de la Cour de cassation les rappelait à l’ordre, mais le signal était donné. Il est clair qu’Opus Dei a influencé le procès Agusta”, déclare-t-il. Même le Premier ministre n’a pas pu lutter contre ces forces : “Après ma démission comme secrétaire général, le Premier ministre Jean-Luc Dehaene (CVP) m’a assuré que j’aurai à nouveau un mandat, il est vrai en marge politique. Ensuite, on m’a toutefois déclaré que “la haute société” l’en avait empêché et manipulaient l’affaire.” Et le ministre de la Justice de l’époque, Melchior Wathelet (PSC, aujourd’hui PSC) était impliqué : “Vous pouvez écrire : je serais étonné s’il n’avait pas joué de rôle”, confie Claes. Pourtant, Claes balaie aussi devant sa porte. “Je n’ai jamais vu un sou de ces pots au vin, mais en tant que ministre j’étais effectivement politiquement responsable…                       http://www.levif.be/actualite/belgique/willy-claes-l-opus-dei-a-influence-le-proces-agusta/article-normal-785961.html

Philippe Liénard: « L’Opus Dei est devenue une multinationale financière »

Le SoirELODIE BLOGIE, 30 janvier 2018.  Si l’institution catholique est en déclin, son pouvoir économique est immense. Entretien – Philippe Liénard, juriste de formation, franc-maçon revendiqué (auteur de nombreux ouvrages sur ce thème), publie un livre sur l’Opus Dei. Il tente d’y faire la lumière sur le pouvoir réel de « l’Œuvre ».  On observe une chute des vocations de prêtres, car cela implique des contraintes qui ne sont plus compatibles avec une vie au XXI e siècle : porter le cilice, faire cinq prières par jour, etc. Mais c’est précisément car il y a une chute des vocations que l’Opus Dei a multiplié les centres de formation. On en trouve 80 en France, une vingtaine en Belgique. Il y a une volonté de formater la jeunesse…Ce qu’on demande à ces enfants en termes de pression scolaire, d’obligations spirituelles est lourd… L’Opus Dei est devenue aujourd’hui une multinationale financière très bien structurée. Selon ses statuts, l’Œuvre doit être « pauvre ». Or, l’Opus Dei n’ayant rien mais possédant beaucoup, il y avait une incohérence. La réponse est à chercher du côté de cette galaxie de personnes morales, d’associations, de fondations que l’Opus Dei a développée partout, en Espagne, en France, beaucoup en Suisse, mais aussi en Belgique. Ensuite, à travers ses coopérateurs, l’Opus Dei a pu engranger des sommes extraordinaires. Ces coopérateurs ne sont pas membres ; ils vivent dans la société civile, sont mariés, pères de famille, chefs d’entreprise, mais sont proches des idées de l’Opus Dei et y versent des dons.  Dans les deux cas, je peux développer les sources et faire la démonstration. Je ne le fais pas dans ce livre car je ne voulais pas en faire un livre à scandale. J’ai beaucoup de respect pour ces deux messieurs. S’ils veulent attaquer le livre, ils peuvent le faire. Mais dans l’ouvrage, j’use du conditionnel et de beaucoup de précautions : je ne dis rien qui offre le profil d’une certitude absolue.  En Belgique, l’Œuvre est présente dans le monde judiciaire, dans celui des entreprises, dans la politique aussi, mais de façon marginale, c’est-à-dire uniquement par personne interposée. Dans tous ces cas, les coopérateurs et proches de l’Opus Dei véhiculent évidemment un projet de société particulier et se servent de leur fonction pour le faire aboutir, d’une façon ou d’une autre. L’Œuvre est sortie de son rôle spirituel « pur jus » : c’est devenu une entreprise de conquête d’un pouvoir économique. J’ai chiffré les recettes de l’Œuvre à 100 millions de dollars par jour. L’Opus Dei a compris avant tout le monde que les Eglises avaient une durée de vie et qu’il fallait que l’Œuvre survive à l’Eglise… Un peu plus de la moitié des entreprises du CAC 40 sont dirigées par des proches de l’Opus Dei. L’entreprise Renault, par exemple, a toujours été dirigée par des proches, voire par des membres, dont certains ne se cachent pas.  On parle beaucoup de la maçonnerie comme pouvoir d’influence, mais c’est parce que les franc-maçons ne sont pas secrets (contrairement à l’Opus Dei), juste discrets. Si vous connaissiez les difficultés rencontrées par les loges pour payer les factures d’électricité, vous comprendriez qu’on est loin du grand mondial. L’Opus Dei, par contre, a développé des structures mondiales. Les tentatives d’être présent sur le terrain politique existent, en Belgique aussi. L’Opus Dei joue-t-il un rôle politique majeur et décisif pour autant ? Non. Mais la Belgique n’est pas une île, elle subit les influences de ses voisins. Il faut comprendre que l’Opus Dei vit dans l’intemporalité. Ils ont tout le temps. Ce qui n’est pas le cas de nos politiques. Je ne connais aucune institution qui ait une telle vision froide, sur le long terme, avec une redoutable efficacité de ramification dans tous les milieux.

Abus spirituels : Une sœur de Saint-Jean lève le voile 

La Vie – Christine Florence – le 26/10/2017 – À 24 ans, en 1999, Marie-Laure Janssens entre chez les sœurs contemplatives de Saint-Jean (la branche féminine des frères du même nom, appelés aussi « petits gris »). Elle y restera 11 ans. Aujourd’hui mariée et mère de deux enfants, elle affirme avoir été la « victime d’un crime que ni le droit pénal ni le droit de l’Église catholique ne reconnaissent : l’abus spirituel ». Elle déroule dans un livre écrit avec le journaliste Mikaël Corre, Le Silence de la Vierge (Bayard).

Au départ, une jeune femme, qui termine ses études à Sciences Po Paris, et qui, catholique convaincue, se pose la question de la vie religieuse. Désirant étudier la théologie, elle se laisse persuader par un frère de Saint-Jean que c’est à Saint-Jodard, en Bourgogne, qu’elle trouvera son bonheur. Enthousiaste, Marie-Laure part pour un premier séjour à « Saint Jo ». Là, elle étudie tout son saoul en compagnie de 40 nouvelles jeunes recrues, sort de son isolement… et se réjouit d’habiter dans un village des bords de Loire et d’avoir fui « les beaux parleurs de la rue Saint-Guillaume ». Mais des doutes sur sa vocation l’assaillent en permanence. Elle s’en ouvre à la maîtresse des novices, sœur Marthe, qui, elle, n’en a pas : « Ta place est chez les sœurs. Quand veux-tu rentrer ? » Et puis cette sœur est une femme tellement « exceptionnelle »… par « sa présence », « son regard », « son discernement » et tellement adulée des autres religieuses aussi. 

Le décor est planté dès les premières pages, sous le signe d’une emprise affective et spirituelle qui va monter crescendo. Sœur Marthe est une femme puissante à plus d’un titre : auréolée des charismes qu’on lui prête et très influente auprès de la religieuse fondatrice de la communauté et vieillissante, sœur Alix, dont elle est l’assistante. Elle va tisser sa toile autour de Marie-Laure dont elle a repéré la vive intelligence et les fragilités. Au quotidien, l’esprit d’obéissance est un véritable tremplin à la manipulation. Les sœurs ne se confient personnellement qu’à leur supérieure, même pas les unes aux autres dont elles ignorent tout, jusqu’à l’âge… Tout état d’âme est banni, ce qui conduit à « enfouir tout ressenti personnel », renier son vécu, pour mieux obéir à « la réalité objective », soit la volonté de Dieu telle qu’elle s’exprime par la supérieure… 

Une interprétation très particulière de la philosophie du père Marie-Dominique Philippe, qui a fondé les frères de Saint-Jean en 1975, et qui est accusé d’être un gourou par l’Union nationale de défense de la famille et de l’individu (Unadfi) en 1999. Les dérives sectaires dans certaines communautés nouvelles, dont la famille Saint-Jean, ont été ensuite révélées dans plusieurs journaux et en particulier dans La Vie, par de longues enquêtes. 

Cramponnée à un navire qui tangue sous les accusations et les avertissements de l’Église, Marie-Laure se réfugie plus que jamais dans le giron de sœur Marthe, devenue sa « sœur responsable » et pour laquelle elle ressent « autant d’attirance que de malaise ». Celle-ci l’expédie bientôt à Cébu, aux Philippines, pour fonder un nouveau prieuré, puis à Taïwan… Mais très vite, la jeune femme est assaillie de « crises nocturnes récurrentes » et, sur ordre de sa supérieure, doit se livrer à un exorciste, un frère de Saint-Jean qui tente vainement de la délivrer des « agressions du démon »… alors que ses symptômes n’étaient, dit-elle, que l’expression de ses « troubles » à l’égard de la sœur gourou. 

Le récit se termine au Québec, où elle a été envoyée dans « un état d’épuisement physique et psychique » alors que la communauté « est en plein chaos » : Rome a repris celle-ci en main et nommé un administrateur en 2009, Jean Bonfils, évêque émérite de Nice… La religieuse finit par sortir de cet enfer mental et de cette dépendance mortifère envers sa supérieure – qui l’a harcelée un temps par écrit –, avec l’aide d’une psychologue et de Sylvain, un ami québécois, son futur mari. 

Le livre aurait pu s’arrêter là, mais Marie-Laure Janssens pousse la réflexion plus loin. Elle a voulu écrire autre chose que la « banale histoire d’amour » d’une « religieuse défroquée »… Si elle est allée au bout de ce témoignage, c’est aussi en réaction : « Face au silence criminel de l’institution, face aussi à l’aveuglement de mes “sœurs” qui, par dizaines, souvent de manière anonyme, viennent régulièrement sur la toile témoigner de l’innocence de leurs fondateurs et du trésor de leur vocation… » Ce silence de l’institution lui a pesé lorsqu’elle s’est confiée, en 2013, à Mgr Henri Brincard, alors délégué du pape auprès de la communauté Saint-Jean, pour lui demander l’autorisation de publier son histoire. Voici la réponse de l’évêque aujourd’hui décédé : « Le silence de l’Église est à sa manière un acte de miséricorde à l’égard des personnes. Ce n’est pas avoir peur de la vérité que de garder le silence lorsque celui-ci est le langage du don de soi, le langage du service comme la Vierge vous le fait comprendre. » La jeune femme, indignée, affirme ne pas comprendre. D’où le titre de son livre : le Silence de la Vierge.   

À lire : Le Silence de la Vierge, de Marie-Laure Janssens, avec Mikael Corre, Bayard, 18,90 €. 

http://www.lavie.fr/culture/essais/abus-spirituels-une-soeur-de-saint-jean-leve-le-voile-26-10-2017-85730_680.php?utm_content=bufferf3d52&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

Ces dérives sectaires qui ébranlent l’Église


Pèlerin n°7036 du 5 octobre 2017 – Publié par Agnès CharetonÉdité par Cécile Picco Dans un livre publié ces jours-ci, une ex-religieuse de la communauté Saint-Jean raconte l’emprise mentale dont elle a été victime. Ce récit éclaire une réalité encore taboue dans l’Église : l’abus spirituel. Marie – Laure Janssens a 42 ans, elle est mariée et a deux enfants. Pendant onze ans, « sœur Marie-Laure » a porté le grand voile blanc et l’habit sombre des religieuses contemplatives de Saint-Jean, cette communauté française catholique fondée en 1975 par le P. Marie-Dominique Philippe, à Fribourg, en Suisse. Culpabilisation, isolement, verrouillage de l’esprit… Dans un témoignage écrit en collaboration avec Mikael Corre, journaliste à Pèlerin, la jeune femme décrit les mécanismes d’un système qui l’a privée de sa liberté intérieure, et manipulée dans ce qu’elle avait de plus intime : sa foi en Dieu. C’est la première fois qu’une ancienne religieuse de Saint-Jean prend la plume sans recourir à l’anonymat (1). Issue d’une famille catholique de Compiègne (Oise), Marie-Laure pousse les portes du couvent de Saint-Jodard, près de Lyon, en 1998, après des études à Sciences-Po. À l’époque, elle a « soif de Dieu » et rêve de donner sa vie au service des pauvres. Lever à 5 h 30, offices, service communautaire, travail au potager… De l’extérieur, c’est une jeune religieuse souriante. À l’intérieur, les doutes sur sa vocation la tiraillent. Marie-Laure voue une obéissance aveugle à la toute-puissante sœur Marthe, à la fois directrice spirituelle, maîtresse des novices, assistante générale de la fondatrice, sœur Alix… Elle reste prisonnière de cette relation toxique, malgré les envois en mission aux Philippines, à Taïwan, aux États-Unis et au Canada. En 2009, la communauté est reprise en main par Rome, et quatre supérieures – dont sœur Marthe – sont exclues de la vie religieuse par le cardinal Barbarin. Épuisée physiquement et psychologiquement, Marie-Laure quitte l’habit six mois après. « Je n’ai pas décidé d’écrire pour soigner mes blessures, affirme-t-elle. Je veux interpeller l’Église, car des dysfonctionnements perdurent. » Son témoignage n’apporte pas de nouvelles révélations sur la communauté Saint-Jean, qui a pudiquement reconnu, en 2013, que son fondateur, le P. Marie-Dominique Philippe, « a parfois posé des gestes contraires à la chasteté ». Son originalité réside dans le fait qu’il documente, de l’intérieur, le phénomène encore tabou des dérives sectaires dans certaines communautés catholiques. Le récit, enrichi d’extraits de sa correspondance avec sa famille (177 lettres ont été retrouvées), met en évidence la réalité de « l’abus spirituel », rendu possible quand un supérieur est en même temps directeur de conscience. Il y a alors confusion entre le « for interne » et le « for externe », distingués par le droit canon. LE DÉSARROI DES VICTIMES  – De fait, son expérience n’est pas un cas isolé, même si aucun chiffre n’existe sur les dérives sectaires dans l’Église. Celles-ci concernent souvent des communautés « nouvelles », fondées par une personnalité dotée d’un fort charisme. En 2015, une enquête canonique a été ouverte visant les Sœurs de Bethléem, et en 2016, les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée ont fait l’objet d’une visite apostolique. Parmi les affaires les plus retentissantes, qui impliquent aussi des abus sexuels, on peut citer la suspension du P. Maciel, fondateur de la Légion du Christ, en 2006 ; celle, en 2008, du F. Ephraïm, fondateur de la communauté des Béatitudes ; la condamnation canonique du fondateur de Points-Cœur, le P. de Roucy, en 2011… En 2013, une quarantaine de victimes et de familles avaient écrit leur désarroi à Mgr  Pontier, président de la Conférence des évêques de France (CEF). Celui-ci leur avait répondu dans une lettre très bien accueillie par les associations de victimes, comme l’Avref (2). Dans la foulée, la CEF avait renforcé sa vigilance, en créant différents services, regroupés en une Cellule pour les dérives sectaires. « Notre travail consiste à accueillir, écouter et accompagner les victimes qui se font connaître, explique Mgr  Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, placé à sa tête. Nous constituons ensuite des dossiers et alertons les autorités religieuses compétentes : l’évêque, le supérieur de la congrégation, Rome, etc. » Mais, dans les faits, les choses ont peu bougé. Les dossiers, complexes, aboutissent rarement à des décisions concrètes. Les raisons sont multiples : difficulté à recueillir la parole des victimes, responsabilité diluée entre des acteurs ecclésiaux qui se renvoient la balle, culture du secret, etc. « Sœur Chantal-Marie Sorlin fait un gros travail à la Cellule pour les dérives sectaires, mais son pouvoir d’action est limité. La seule manière de secouer le cocotier est d’aller en justice ou d’alerter les médias », déplore Aymeri Suarez-Pazos, président de l’Avref. « L’Église ne communique aucune information sur les enquêtes canoniques, regrette de son côté Yves Hamant, dont la fille a été concernée par ces dérives. Or ce problème ne concerne pas juste quelques familles. Il implique l’ensemble des baptisés parce qu’il touche les communautés nouvelles, sur lesquelles l’Église mise pour son avenir. » Le silence de la Vierge, Marie-Laure Janssens avec Mikael Corre, Ed. Bayard, 260 p.; 18,90 €.    (1) Félicité, la vérité vous rendra libre, témoignage anonyme d’une ancienne sœur apostolique de Saint-Jean, a été publié en 2014 aux Éd. Sentinelle. (2) Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles.  http://www.pelerin.com/A-la-une/Ces-derives-sectaires-qui-ebranlent-l-Eglise  

La parole se libère, à visage découvert, sur des abus dans la vie religieuse

France Soir – Mercredi 11 Octobre 2017 – “J’ai bel et bien passé onze ans dans une secte”: une ancienne religieuse s’exprime sans recourir à l’anonymat dans un livre paru mercredi, signe d’une parole qui se libère sur des dérives subies, et longtemps enfouies, dans certaines communautés catholiques.

“Le Silence de la Vierge” (Bayard) est le témoignage d’une femme “victime d’un crime que ni le droit pénal ni le droit de l’Église catholique ne reconnaissent: l’abus spirituel”, “variante religieuse”, souligne l’auteure, de “l’emprise affective et psychologique”.

Marie-Laure Janssens a quitté en 2010 la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean et leur vie de prière. Aujourd’hui, fait exceptionnel, cette femme de 42 ans a décidé de parler sous son nom. Et même de poser à visage découvert dans l’hebdomadaire catholique Pèlerin dont un journaliste, Mikael Corre, a mis en forme son récit.

Les dérives passées au sein de la “famille Saint-Jean”, qui compte des frères et des sœurs contemplatives ou apostoliques – engagées “dans le monde” -, sont connues. Son fondateur, le père Marie-Dominique Philippe, décédé en 2006, théoricien de “l’amour d’amitié”, a été accusé jusqu’à Rome de “déviances dans sa vie affective et sexuelle”. Plusieurs frères de Saint-Jean – surnommés les “petits gris” en raison de la couleur de leur habit – ont été jugés pour abus sexuels.

En 2009, les quatre principales responsables des sœurs contemplatives ont été destituées. En cause: un gouvernement de la communauté jugé problématique, et des soupçons d’abus spirituels, qui surviennent quand la direction de conscience et l’autorité hiérarchique sont assumées par un même responsable. Au prix d’une obéissance aveugle, d’intrusions permanentes dans la vie de personnes fragilisées.

– “Tout commence” –

“Les conséquences psychologiques de l’abus spirituel sont comparables à celles de l’abus sexuel, car il y a un viol de l’intimité”, dit Aymeri Suarez-Pazos, président de l’association Avref (Aide aux victimes de mouvements religieux), qui a consacré un “livre noir” à la communauté Saint-Jean.

“Rome a reconnu en 2016 le travail entrepris pour corriger ce qui devait l’être et nous a invité à poursuivre dans cette voie”, indique à l’AFP une source proche de la communauté, qui n’élude pas “les dysfonctionnements profonds” et l'”emprise manipulatoire” ayant existé chez les sœurs.

Pourtant, Marie-Laure Janssens n’a pas été entendue quand elle a voulu raconter son histoire dès 2013 et s’est ouvert de son projet à Mgr Henri Brincard, alors délégué du pape auprès de la communauté.

“Le silence de l’Église est à sa manière un acte de miséricorde à l’égard des personnes”, lui a répondu l’évêque, décédé depuis. Une invitation au mutisme qui l’a justement convaincue de prendre la plume.

“Ce livre est important car il tend à briser la loi du silence”, indique à l’AFP Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Cette instance gouvernementale n’a pas vocation à se substituer à l’Église dans le règlement de ses affaires internes, souligne l’ancien député. “Notre rôle c’est d’aider les victimes”, rappelle-t-il, citant les dossiers instruits ces dernières années, des Béatitudes aux Travailleuses missionnaires.

La Conférence des évêques de France (CEF) s’est saisie du sujet depuis plusieurs années. Son président, Mgr Georges Pontier, avait dénoncé en 2013 un “silence” face “au danger de certains groupes”. Des communautés souvent jeunes, reposant sur l’aura d’un fondateur charismatique et ayant connu une forte croissance.

La CEF abrite une “cellule pour les dérives sectaires dans des communautés catholiques”. Mais “c’est une cellule isolée, sans moyen d’agir si ce n’est de prévenir tel ou tel évêque qui en fait ce qu’il veut”, accuse le président de l’Avref, qui attend “une parole claire du Vatican”.

“Des évêques sont réticents parce qu’ils estiment que tout a été dit. Nous, nous estimons que tout commence”, fait valoir Laurence Poujade, présidente d’une association Sentinelle, en soutien aux victimes d’emprise communautaire. Une emprise dont cette ancienne “sœur Félicité” chez les religieuses apostoliques de Saint-Jean a elle-même fait le récit en 2014, à compte d’auteur, sous couvert d’anonymat et sous ce titre: “Félicité, la vérité vous rendra libre”. Auteur : Par AFPhttp://www.francesoir.fr/actualites-france/la-parole-se-libere-visage-decouvert-sur-des-abus-dans-la-vie-religieuse

Le cardinal George Pell, numéro trois du Vatican, est arrivé lundi en Australie, où il doit être entendu dans deux semaines pour des soupçons d’agression sexuelle.

AFP, publié le lundi 10 juillet 2017. Le pape François a accordé un congé au responsable des finances du Saint-Siège pour lui permettre d’assurer sa défense. Le prélat de 76 ans a été inculpé fin juin pour “des délits d’agressions sexuelles anciennes”, sans aucune précision sur les faits supposés ni l’âge des victimes présumées. Il est convoqué le 26 juillet devant le tribunal de Melbourne pour une audience préliminaire.

Le cardinal Pell a atterri à Sydney et rapidement quitté l’aéroport. Son porte-parole a indiqué dans un communiqué qu’il ne ferait aucune déclaration, mais précisé qu’il était reconnaissant pour “les nombreux messages de soutien qu’il continue de recevoir”. “Quand il a été informé de son inculpation par la police de l’Etat de Victoria, le cardinal Pell a déclaré à Rome qu”il rejetait catégoriquement les accusations, qu’il était complètement innocent et qu’il rentrerait en Australie pour se défendre”, a-t-il dit…L’annonce de son inculpation fin juin avait coïncidé avec la fin d’une longue enquête nationale portant sur les réponses institutionnelles apportées en Australie aux abus sexuels commis sur des enfants, finalement demandée par le gouvernement en 2012 après une décennie de pressions de la part des victimes. La commission d’enquête royale ayant conduit pendant quatre ans ces investigations a recueilli des témoignages éprouvants de milliers de victimes. L’avocate présidant ces travaux, Gail Furness, avait annoncé en février que 4.444 faits de pédophilie avaient été signalés aux autorités de l’Eglise australienne et qu’entre 1950 et 2010, “7% des prêtres étaient des auteurs présumés” d’abus sexuels sur des enfants. Le cardinal Pell avait été entendu trois fois dans ce cadre et avait reconnu devant la commission d’enquête avoir “failli” dans sa gestion des prêtres pédophiles dans l’Etat de Victoria dans les années 1970. L’ecclésiastique avait été ordonné prêtre en 1966 à Rome, avant de revenir en Australie en 1971 où il avait gravi les échelons de la hiérarchie catholique. Nommé archevêque de Melbourne en 1996, puis de Sydney en 2001, il avait été accusé en 2002 d’abus sexuels pour des faits présumés très anciens mais avait été innocenté par la suite. Il avait été choisi en 2014 par le pape François pour mettre davantage de transparence dans les finances du Vatican.

Thierry de Roucy, le prêtre intenable que l’Eglise menace d’excommunier

Libération , Par Bernadette Sauvaget — 16 mars 2017 – Le curé, sorte de gourou catholique, a été condamné en 2011 par un tribunal religieux pour abus sexuel et abus de pouvoir, mais refuse de se plier aux décisions de l’institution. S’il n’était question d’abus sexuels et de dérives sectaires, l’affaire serait hautement cocasse. Un curé français chic et choc, Thierry de Roucy, vivant jusqu’à récemment près de New York, est menacé ni plus ni moins d’excommunication, c’est-à-dire d’être radié de l’Eglise, la peine maximale que l’institution peut infliger à ses fidèles. Bref, une sanction rarissime, d’autant plus pour un abbé. Prêtre très controversé, Thierry de Roucy est surtout devenu très embarrassant pour la hiérarchie catholique. En 2011, il a été condamné par un tribunal ecclésiastique pour abus sexuel et abus de pouvoir sur l’un de ses bras droits, un jeune homme majeur au moment des faits. Puis en 2015, en appel devant l’officialité (le tribunal catholique) du Languedoc-Roussillon, il a été sommé de verser 80 000 euros de dommages et intérêts à sa victime, ce qu’il se refuse à faire. Aucune procédure n’a été enclenchée devant la justice française, car la victime n’avait pas porté plainte à l’époque. «L’Eglise n’a pas de gendarmerie. Menacer Thierry de Roucy d’excommunication, c’est le moyen qu’a l’institution pour faire pression», explique à Libération une source proche du dossier. Seul moyen aussi de l’obliger à s’acquitter de ses 80 000 euros.

Dans les milieux catholiques, Thierry de Roucy n’est pas n’importe qui. Il a connu son heure de gloire en fondant, en 1990, une association humanitaire, Points-Cœur, très en vogue auprès de jeunes cathos de bonne famille pendant une quinzaine d’années. L’objectif était d’envoyer ­bénévolement à l’étranger des jeunes en mission dans des quartiers pauvres. Aujourd’hui, Points-Cœur est toujours actif dans une quinzaine de pays. En parallèle, le prêtre a créé, sous son autorité, trois associations de prêtres et de religieuses qui comptent, en 2017 une centaine de membres.

«Culte de la personnalité»

Tout allait bien jusqu’à ce que les premiers témoignages parviennent aux autorités ecclésiastiques au début des années 2000, mettant en cause des dérives internes. «Tout tourne autour de la personnalité de Thierry de Roucy. Il y a un vrai culte de la personnalité et une idéologie très enfermante. On envoie, sans les former, des jeunes vivre dans des conditions très extrêmes», nous raconte une jeune femme, partie en mission au Liban il y a une douzaine d’années. Au même moment, l’ex-bras droit de Thierry de Roucy alerte l’Eglise sur les abus sexuels dont il a été la victime. L’affaire remonte au ­Vatican, où la Congrégation pour la doctrine de la foi demande l’ouverture d’une procédure judiciaire interne qui aboutit, en 2011, à la condamnation du fondateur de Points-Cœur. Homme de réseaux, Thierry de Roucy a toujours bénéficié d’importants soutiens, notamment dans la grande bourgeoisie catholique, ce qui lui a permis de faire traîner les choses. En 2013, il est même promu par l’Etat officier de la Légion d’honneur malgré sa condamnation par l’Eglise. Depuis 2011, la pression s’est nettement accentuée, obligeant l’évêque de Toulon, Mgr Dominique Rey, à réagir. C’est de lui dont Thierry de Roucy et ses œuvres dépendent hiérarchiquement. Chef de file des milieux ultraconservateurs catholiques, Rey a longtemps traîné les pieds pour régler la question de Points-Cœur et de Roucy. Il est même intervenu en 2013 (mais sans succès) pour que le prêtre condamné puisse aller s’installer à ­Genève. Prudemment, l’évêque suisse du lieu a refusé de l’accueillir.

«Il n’en fait qu’à sa tête»

Coup sur coup, deux rapports commandés par Rey, le premier en 2014 et le second fin 2016, ont mis en cause les dysfonctionnements internes de Points-Cœur. L’évêque a dû aussi exiger que Thierry de Roucy rentre des Etats-Unis, le menaçant même, puisqu’il n’obtempérait pas, de le déchoir de son statut de prêtre pour «désobéissance»«Roucy n’en a toujours fait qu’à sa tête», explique un prêtre, très bon connaisseur du dossier. En fait, c’est l’archevêque de New York, Timothy Dolan, qui a demandé expressément le départ de Thierry de Roucy, qui vivrait désormais en région parisienne. Frappé de plein fouet par les scandales liés à la ­pédophilie, l’épiscopat américain est devenu très sourcilleux. De son côté, l’association Points-Cœur se terre dans son silence. Au siège, dans le sud de la France, on fait savoir que le responsable actuel, le père Laurent Pavec, «est à l’étranger». Pour ce qui est du fondateur, il est injoignable malgré plusieurs tentatives, vivant probablement en région parisienne. Thierry de Roucy, malgré tout, bénéficie encore de solides appuis, rassemblés au sein d’une association, Compassion et Vérité, qui regroupe des parents de religieux engagés auprès de lui. En septembre 2016, son président, Thierry Palluat de Besset, a envoyé un très long courrier aux évêques français, dénonçant des «manipulations malhonnêtes» et contestant la régularité des procédures engagées contre le prêtre et ses œuvres. De son évêché, Dominique Rey a été contraint, à son tour, de réagir et d’écrire, en octobre, à ses confrères évêques. Dans sa missive, Rey ne cachait guère que l’avenir de Points-Cœur était de plus en plus compromis. Pour l’heure, à Toulon, on attend surtout les directives en provenance du Vatican où plusieurs services planchent sur ce dossier complexe. Procédurier et tenace, Thierry de Roucy, comme ultime ­parade, a introduit un recours pour contester la menace d’excommunication qui plane sur lui. Son chant du cygne, sans doute.

TRAVAILLEUSES MISSIONNAIRES  (TM)

DU RÊVE SPIRITUEL À L’ESCLAVAGE – 01/06/2016 – Marie Claire – Par Pascale Tournier

 « La prière et la messe étaient secondaires, on les sautait s’il le fallait. L’essentiel c’était de faire la cuisine, servir le client, sans oublier de chanter pour lui des Ave Maria. En boubou et avec le sourire, bien sûr. »… Marie, 41 ans, déroule ses quinze années d’ancienne travailleuse missionnaire (TM). « J’ai honte. Je me suis fait berner », soupire-t-elle. A l’adolescence, cette Burkinabée pensait embrasser une vie de religieuse instruite et en contact avec le monde. C’était ce que promettait la brochure colorée de la communauté spirituelle de la Famille missionnaire Donum Dei, qui n’a rien d’un ordre religieux.  En réalité, de 1991 à 2006, Marie a été exploitée. En vraie esclave moderne. Neuf ans après sa sortie de la communauté, en 2015, elle porte plainte contre X. Sans un centime perçu, ni de cotisations sociales versées, la jeune femme a trimé dans les nombreux foyers d’accueil et une vingtaine de restaurants L’Eau vive, que possèdent ou gèrent les TM, ouverts au tout-venant pour certains et aux pèlerins pour les autres dans des lieux de pèlerinage du monde entier, avec souvent l’accord de nombreux diocèses. « Le premier restaurant a été ouvert à Toulon, en 1960. C’est devenu une vraie multinationale, qui recrute de nombreuses jeunes filles issues de familles modestes et de pays émergents. Elles seraient aujourd’hui environ trois cent cinquante dans le monde », explique Aymeri Suarez-Pazos, président de l’association d’Aide aux victimes des dérives des mouvements religieux et leurs familles (Avref), qui a collecté en 2014 une quinzaine de témoignages sans équivoque d’ex-TM… Avec son visa de « visiteur » collé sur son passeport puis confisqué par ses responsables, Marie a ainsi été cuisinière, serveuse, plongeuse, lingère, jardinière, comptable entre douze et quinze heures par jour. Ballottée entre Toulon, Lisieux, Liesle, l’ermitage de Notre-Dame-de-Consolation, dans le Doubs, Rome et Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, elle a astiqué à quatre pattes les planchers, préparé des entrées froides, assuré l’accueil de centaines de pèlerins, ramassé du bois dans le froid mordant du petit matin et chanté des hymnes religieux sous l’œil ravi des prélats du Vatican en train de se sustenter au premier étage d’un magnifique palais Renaissance, à Rome. Enfin, quand l’expression « banane flambée » était prononcée, elle savait qu’il fallait se cacher pour échapper à la vigilance des inspecteurs du travail venus opérer un contrôle. Marie n’est pas la seule à avoir porté plainte. Trois femmes et un homme – une branche masculine a été créée à partir des années 2000 – ont poussé la porte des tribunaux la même année, à Caen, Paris et Versailles. Au même moment – faut-il y voir un lien ? –, en septembre 2015, des cartes Vitale ont enfin été distribuées à des sœurs en mission en France. En attendant le travail de la justice, l’Église, qui a longtemps fermé les yeux, malgré les alertes d’un cardinal et de quelques prêtres(3), a pris conscience de la situation dramatique. Une enquête du Vatican est en cours… De son côté, l’organisation a déjà préparé sa défense. Dans son Memorandum publié sur Internet en 2014, elle précise que la « tâche » de Marie, comme celle des autres, est « librement acceptée ». C’est une « offrande » et « un moyen d’apostolat ». Dans un e-mail adressé à Marie Claire, la responsable générale, Agnès Brethomé, minimise les plaintes : « Elles semblent émaner d’ex-membres ayant quitté la communauté après avoir pris conscience qu’elles n’avaient pas de vocation à la vie consacrée. » Et d’insister sur le fait que les TM ne sont pas dans une relation de travail salarié avec la communauté : « Notre régime à l’égard des institutions sociales est celui des religieuses. » Sauf que les TM forment en réalité une association membre du tiers ordre carmélitain, reconnue par le Vatican depuis 1988 mais laïque (c’est-à-dire indépendante du clergé). Elles ne sont pas des sœurs, mais relèvent donc du droit commun.  « Les responsables semblent entretenir une ambiguïté sur le statut de ces jeunes femmes. Elles sont tantôt laïques tantôt religieuses, au gré des besoins », explique Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, qui a accompagné les victimes dans leur parcours judiciaire et demandé le regroupement des plaintes auprès du parquet de Caen. La mission prend très au sérieux le dossier : « Cela dépasse le cadre du droit du travail, parce que ces jeunes filles, sous couvert d’une vie spirituelle, sont sous emprise et privées de leurs droits élémentaires », note Serge Blisko.

 Au quotidien, la vie d’une missionnaire rime en effet avec enfermement, humiliation et atteinte à l’intégrité physique. « Les filles en ressortent psychologiquement détruites. Certaines ont même tenté de se suicider », alerte Jeanne, une TM « historique », qui a accueilli chez elle dès les années 80 plusieurs ex-missionnaires. « Il faut que cela cesse. Leurs agissements ne sont pas du tout catholiques », appuie Daniel, qui a quitté la communauté en 2005.

Brigitte et Madeleine reçoivent dans un foyer étudiant de religieuses, où elles vivent depuis leur départ des TM, en 2007 et 2010. Comme Marie, ces deux quadragénaires burkinabées ont porté plainte pour esclavage moderne. Autour d’une assiette de sablés au sésame, une recette apprise « là-bas », elles racontent comment, dès leur arrivée, on leur bourre le crâne. « Obéissance, pureté, travail sont les maîtres mots, tandis que l’argent est diabolisé », confient les deux femmes. La figure du père fondateur, l’abbé Roussel, mort en 1984, est sans cesse invoquée : la fidélité à sa parole permettrait, selon la direction actuelle, de garantir la pérennité du système. L’homme était pourtant sulfureux : il est réputé pour des abus sexuels présumés envers celles qu’il considérait comme des « vierges pures ». Selon plusieurs témoignages, il aurait eu pour habitude de regarder les jeunes filles faire leur gymnastique en culotte, le matin, et être lavé à main nue par plusieurs TM, elles-mêmes déshabillées. Des accusations qui ont totalement cessé avec sa disparition. Il n’empêche, ses écrits sont lus trois fois par jour et gravés sur des CD. « Sa chambre à Rome, où il est mort, est devenue un lieu de pèlerinage », précisent Brigitte et Madeleine.

 Au sein de la communauté, l’autonomie n’existe pas. « Quand nous avions besoin d’un nouveau soutien-gorge, nous devions déposer notre demande par écrit aux pieds de la statue de la Sainte Vierge. Et elle t’en donnait un quand elle voulait », rit jaune Madeleine. Tout contact avec l’extérieur est aussi réduit. Le courrier avec la famille ? « On devait lire nos lettres à voix haute pendant les repas. Et pour celles qu’on écrivait à nos proches, il ne fallait pas cacheter les enveloppes », complète-t-elle.  Autre rituel obligatoire : à l’époque, on vérifiait tous les mois le poids des filles. Un critère alors déterminant pour faire tourner les restaurants. « Celles qui avaient grossi devaient se mettre au régime, pour rester élégantes auprès des clients. Les maigrichonnes étaient condamnées au steak saignant », détaille Madeleine. Lors des entretiens réguliers en face à face avec la direction, les jeunes femmes doivent avouer leurs « pêchés », et surtout dénoncer les collègues. Résultat : entre les membres de la communauté, la solidarité fait défaut. « Une fois, j’avais besoin d’aide pour étaler de la crème sur mon dos endolori. J’ai dû en mettre sur le rebord du lavabo et me coucher dessus », relate Brigitte, encore écœurée. Dans ce qui est devenu un enfer, la fatigue et la déprime finissent par prendre le dessus. « J’en oubliais mon anniversaire et je ne dormais pas. Mais je pensais que je n’aimais pas assez Jésus », se souvient Madeleine.

 C’est une maladie qui pousse Brigitte à partir : « Comme pour les autres, on ne voulait pas me soigner par manque d’argent. » Pour Madeleine, c’est la rencontre avec une religieuse d’une autre communauté, lors d’une formation à Rome, qui lui « ouvre les yeux ». Au bout d’un an de discussions houleuses, la direction finit par la laisser partir, pariant qu’elle se sentira trop honteuse pour en parler à ses proches. Et cache le motif réel aux autres. Même si la foi est toujours là, le retour à la vie normale n’en demeure pas simple.  Madeleine, Brigitte et Marie aident aujourd’hui des TM à s’échapper à leur tour. Parfois de façon rocambolesque : « Une jeune fille a quitté son service au restaurant en catimini, pour nous confier ses affaires et nous rejoindre plus tard, à l’insu des autres ». Les « sœurs » les contactent via les réseaux sociaux, qui leur sont accessibles au compte-gouttes. « Internet et Facebook ouvrent une brèche dans ce système clos », se réjouissent Madeleine et Brigitte. Il y a peu, elles ont encore reçu dans leur boîte e-mail cet appel à l’aide : « S’il vous plaît, aidez-moi, je n’en peux plus, c’est infernal cette vie. »

http://www.marieclaire.fr/,du-reve-spirituel-a-l-esclavage,823773.asp

Fraternité des Saints-Apôtres

L’archevêque de Malines-Bruxelles suspend la dissolution de la Fraternité des Saints-Apôtres

Marie Malzac, le 30/06/2016 – L’évêque belge a différé sa dissolution, pour laisser à un évêque français le temps d’éventuellement manifester son intention d’en prendre la responsabilité.  Le 15 juin, Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles et président de la Conférence des évêques belges depuis quelques mois, annonçait que la Fraternité des Saints-Apôtres, issue du charisme du P. Michel-Marie Zanotti-Sorkine, ne serait plus accueillie dans son diocèse. Cette œuvre avait été érigée en « association publique de fidèles » par son prédécesseur, Mgr André-Joseph Léonard.  « L’initiative pose problème », pouvait-on lire dans le communiqué. En cause : la plupart de ses membres sont originaires de France « où de nombreuses régions connaissent un manque cruel de prêtres ». Ce qui manifeste « un grave manquement à la solidarité entre évêques, tant avec ceux de notre pays qu’avec nos voisins français ».  Cette décision et le motif invoqué avaient suscité une vive émotion, en particulier parmi les fidèles de la paroisse Sainte-Catherine, en plein cœur de la capitale belge, confiée aux prêtres de la Fraternité. Le lieu attire depuis deux ans, date de l’arrivée de cette œuvre sacerdotale, des personnes du quartier mais aussi de tout Bruxelles. Fermée pendant plusieurs années et promise à la vente, elle avait retrouvé une nouvelle vie grâce à cette œuvre, installée un an plus tôt dans le diocèse belge, après avoir dû quitter le diocèse de Toulon (Var).

 À leur demande, Mgr De Kesel a dès lors accepté de recevoir une délégation de laïcs « attachés à ce que l’élan missionnaire dégagé par la Fraternité puisse continuer en Belgique et que tous les prêtres et séminaristes qui désirent le poursuivre y soient accueillis avec bienveillance »… Le P. Tommy Scholtes, responsable presse de la Conférence des évêques de Belgique, a confirmé à la Croix que Mgr De Kesel n’avait pas encore signé de décret de dissolution, et qu’à ce jour aucun évêque français ne s’était manifesté…Pour d’autres, il s’agirait d’une mesure suscitée par les réticences de certains, dans l’Église belge, mais aussi en France, à l’égard de la personnalité du P. Zanotti-Sorkine, l’inspirateur de la Fraternité.

Source : http://www.la-croix.com/Religion/Monde/L-archeveque-de-Malines-Bruxelles-suspend-la-dissolution-de-la-Fraternite-des-Saints-Apotres-2016-06-30-1200772600

Michel-Marie Zanotti-Sorkine, une passion marseillaise (Pour rappel)  

CÉLINE HOYEAU , à Marseille, le 04/01/2012 – Ce curé en soutane, qui fut pianiste dans les cabarets parisiens, attire fidèles et curieux dans sa paroisse de la Canebière, suscitant engouement et critiques dans son diocèse… Le P. Michel-Marie Zanotti-Sorkine, 51 ans, grand brun au regard intense, est une figure dans le quartier. On vient de tout Marseille à sa messe. Même en semaine, il y a toujours du monde devant les grilles de son église, Saint-Vincent-de-Paul, qu’il ouvre et ferme lui-même matin et soir. Mais si cet étonnant curé à l’ancienne, qui ne lâche jamais son chapelet et n’a de cesse de vouloir «ramener le plus d’âmes possibles à Dieu», passe des heures dans son confessionnal, jusque tard chaque soir, il tient invariablement ses autres rendez-vous dans son bureau de prédilection : le bistrot. «Tout se fait dans le contact personnel, d’homme à homme», confie ce prêtre chaleureux.  Dans cette ville où l’on dénombre 1% de catholiques pratiquants, Zanotti-Sorkine ne se veut pas prêtre «pour le ghetto catholique». Sa soutane, il dit la porter comme un bleu de travail, bien visible dans un monde sécularisé. «Ce qui m’intéresse, c’est le boulanger ! La masse éloignée de Dieu et de l’Église. Il faut que nous soyons anachroniques pour que le monde puisse se tourner vers une autre source…» – Il bondit dès qu’on lui parle d’«équipes d’animation pastorale», défend avec opiniâtreté une vision «familiale» de la paroisse, où le prêtre, au centre, «tient l’esprit de la maison». Il affirme d’ailleurs recevoir des lettres et des visites de prêtres de toute la France, «qui n’en peuvent plus de devoir organiser une réunion pour changer de place un bouquet de fleurs!» Le cheval de bataille de cette forte tête, au parcours ecclésial compliqué : les normes, les systèmes clos. Nulle méthode, si ce n’est la pastorale du cas par cas. «Il ne faut jamais sacraliser les moyens mais partir des personnes elles-mêmes. Je ne vois pas pourquoi il faut attendre absolument deux ans pour recevoir le baptême…Pour certains, il le faudra, mais pour d’autres non. Il faut être au rendez-vous de l’Esprit Saint!»… Un prêtre, poète et musicien

 Nulle morale chez lui. «Je ne commence pas par les refroidir. J’accueille chacun. Nous sommes là pour annoncer notre Seigneur Jésus-Christ qui nous attend après la mort.» «La charité doit s’exercer dans la démesure», poursuit cet homme qui dit connaître le cœur humain. Car avant d’être prêtre, Michel-Marie Zanotti-Sorkine a mené une carrière d’auteur-compositeur-chanteur à Paris. Monté de Nice, il a chanté Piaf, Trenet, Montand et Brel de pianos-bars en cabarets pendant près de dix ans. «J’ai appris à aimer au contact de ce monde de la nuit, de ces hommes en apparence si loin de l’Église mais qui avaient une qualité d’amour exceptionnelle», raconte-t-il. 

De ce passé dont il regrette pudiquement certaines errances, le P. Zanotti-Sorkine a gardé une sensibilité à fleur de peau, une miséricorde pour les «histoires maladroites, désaxées, dont nous ne saurons jamais, du moins avant le ciel, si Dieu en était totalement absent». Et un art de la mise en scène indéniable. «C’est un homme de la scène qui sait se mettre en valeur médiatiquement, remarque son éditeur et ami Grégory Solari, des Éditions Ad Solem, mais il n’y a rien de factice, il est brûlé de l’intérieur.» –  Sa paroisse, qui vivotait avant son arrivée il y a sept ans, est passée à 500 fidèles. Une trentaine d’adultes se préparent au baptême, une soixantaine à la confirmation. Et son livre s’est déjà vendu à 10000 exemplaires. Le prêtre cultive les paradoxes. Sa soutane pourrait laisser croire à quelque velléité de restauration catholique. Il n’en est rien. En matière d’apostolat, il prise tout ce qu’il y a de plus moderne, sans hésiter à se mettre lui-même en avant. Il vient d’enregistrer un CD avec l’ancien pianiste de Trenet et le guitariste d’Aznavour. Derrière l’église, il a aussi ouvert une boutique «tendance» où l’on vend aussi une gamme de parfums d’ambiance intitulée «Parce que mon curé aime!»… S’il s’est entouré d’une soixantaine de laïcs à qui il délègue le catéchuménat ou le catéchisme, le P. Zanotti-Sorkine veille en revanche jalousement sur la liturgie. Sa messe est préparée avec le plus grand soin. «C’est notre carte de visite. Si elle n’est pas attirante, ça ne marche pas. Il faut que ce soit évident qu’on est dans un autre univers. Ce n’est pas une question de rite mais d’habitation du mystère.» … Atypique, franc-tireur, ce prêtre dérange, agace. Dans l’Église de Marseille, on rechigne à en parler. Tout juste dit-on tout bas «qu’il n’en fait qu’à sa tête, qu’il vide les églises alentour». Certains critiquent son manque d’œcuménisme et de participation au dialogue interreligieux. Il n’en a cure. «Je fais une anti-carrière», concède-t-il.

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Michel-Marie-Zanotti-Sorkine-une-passion-marseillaise-_NP_-2012-01-04-754099

Civitas peut désormais financer les partis politiques

Considérée comme le bras armé des catholiques intégristes, l’organisation a vu sa structure inscrite en qualité d'”association de financement”.

SOURCE AFP le 28/06/2016 – L’institut Civitas, proche de l’extrême droite catholique, est désormais reconnu comme éligible au financement des partis politiques, ce dont s’est ému le député de gauche Olivier Falorni, qui a dénoncé un « scandale » dans un courrier au ministre de l’Intérieur transmis mardi à l’Agence France-Presse. Considéré comme le bras séculier de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX, traditionalistes lefebvristes), Civitas a vu sa structure de gestion « agréée en qualité d’association de financement » de parti politique, selon une décision parue le 12 juin au Journal officiel.  « Civitas, sorti par la porte, rentre par la fenêtre », a déploré auprès de l’Agence France-Presse Olivier Falorni (apparenté Parti radical de gauche), alors que l’association avait été privée en janvier de la capacité de délivrer des reçus permettant à ses donateurs de bénéficier d’une déduction fiscale. « Le contribuable n’a pas à financer le fonctionnement d’une association qui prône la discrimination, prêche la haine, conteste la démocratie », a ajouté le député de Charente-Maritime. Comme tout parti politique, Civitas, qui s’était illustré lors de la mobilisation contre le mariage homosexuel en dénonçant « l’homofolie », peut désormais recevoir des dons jusqu’à 7 500 euros par personne, avec une possibilité de réduction d’impôt de 66 %.

 « Une théocratie totalitaire » –  « Je ne peux accepter qu’on ait demain des bulletins de vote Civitas alors que cette organisation prône une théocratie totalitaire, ne s’intègre pas dans le champ d’une république laïque », a poursuivi le parlementaire, qui a écrit lundi au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour dénoncer ce « véritable scandale ». Joint par l’Agence France-Presse, le président de Civitas, Alain Escada, a dit ne pas voir « pourquoi les mouvements pro-vie, pro-famille, catholiques enracinés ne pourraient pas disposer d’une représentation politique autonome… Il est évident que nous sommes aujourd’hui des orphelins politiques », a-t-il relevé, en disant ne pas se reconnaître, par exemple, dans le programme du Front national… »

http://www.lepoint.fr/politique/civitas-peut-desormais-financer-les-partis-politiques-28-06-2016-2050315_20.php

 

Pédophilie : comment l’Eglise a tenté d’étouffer l’affaire Preynat à Lyon

LE MONDE | 04.06.2016. Par Emeline Cazi et Cécile Chambraud

Depuis qu’a éclaté, en janvier, l’affaire du Père Bernard Preynat, accusé d’avoir commis des agressions sexuelles sur des dizaines de scouts lyonnais dans les années 1970 et 1980, l’Eglise est soupçonnée d’avoir étouffé les agissements de ce prêtre et de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour l’écarter des enfants.

Les éléments du dossier judiciaire dont Le Monde a pu prendre connaissance confirment que le diocèse de Lyon savait depuis longtemps l’attirance de l’aumônier pour les jeunes garçons – ce dernier a très tôt reconnu les faits – mais qu’à aucun moment elle n’a songé à saisir la justice.

Une première famille s’est manifestée en 1978 auprès du diocèse de Lyon pour dénoncer les caresses qu’aurait commis l’aumônier scout sur leur jeune garçon. Le prêtre a été convoqué par son supérieur, et fut prié de ne pas recommencer…Une nouvelle alerte est survenue en 1982. Une troisième en 1985. Puis une quatrième en 1990 qui a conduit au départ du curé de Sainte-Foy-lès-Lyon et à sa mise à l’écart chez les sœurs pendant six mois.

Très tôt, l’Eglise a eu connaissance de la gravité des faits. Les quatre cardinaux qui se sont succédé à Lyon, après la mutation du prêtre, ont tous convoqué l’ancien aumônier scout pour faire le point. A chacun d’eux, le Père Preynat a expliqué « que ce n’était pas des faits isolés qui s’étaient passés une ou deux fois mais que c’était sur une longue période (…). Il est clair que j’ai parlé d’attouchements sexuels sur des enfants ». Au cours de sa formation au séminaire, le prêtre avait déjà expliqué avoir « caressé » de jeunes garçons lorsqu’il était moniteur de centres de vacances…Déplacé en 1991 dans une paroisse de la Loire, le prêtre a été surveillé de près par l’archevêché pendant quelques années…Après quelques années, la surveillance s’est relâchée. Il faut attendre le 29 juillet 2015 pour qu’un cardinal, Philippe Barbarin, sur consigne de Rome, prenne un décret interdisant à Bernard Preynat « tout exercice du ministère pastoral et toute activité comportant des contacts avec des mineurs dans l’attente de la décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/06/04/pedophilie-comment-l-eglise-a-tente-d-etouffer-l-affaire-preynat-a-lyon_4935216_1653130.html#DOrB0IlkubByVbqa.99

Trois questions sur le témoignage d’une ancienne membre de l’Opus Dei

La Croix 14/04/2016, par Claire Lesegretain. Publié en Espagne en 1992, le livre de Maria del Carmen Tapia, ancienne « numéraire » de 1948 à 1966, vient de paraître en France pour la première fois. Le fondateur et les méthodes de l’Opus Dei y sont présentés sous une face très négative.

Quelle est l’origine de ce livre ? En 1992, paraissait en Espagne Tras el umbral (1), un témoignage très critique sur l’Opus Dei, cette institution de l’Église catholique fondée en 1928 par le prêtre espagnol Josemaria Escriva de Balaguer, et devenue prélature personnelle en 1982. L’auteur de ce livre, racontait de manière précise ses dix-huit années (1948-1966) au sein de l’Opus Dei. Elle en était devenue membre à 23 ans, en partie sous l’influence du P. Raimon Panikkar (2), et s’y était engagée comme « numéraire » (célibataire consacrée).

Après huit ans passés à servir dans des maisons de l’Œuvre à Madrid et à Rome, elle fut envoyée au Venezuela pour prendre en charge l’apostolat des femmes. Ce qu’elle fit avec succès pendant neuf ans… jusqu’à ce jour d’octobre 1965 où, sans la moindre explication, dit-elle, elle fut renvoyée au siège de l’Œuvre à Rome. Là, elle fut assignée à résidence et traitée en paria. « Tu es une misérable, une ordure ! », lui hurle le P. Escriva en lui laissant le choix entre démissionner ou provoquer « le déshonneur ». Elle quittera l’Opus Dei fin mai 1966, tout en restant célibataire consacrée. En publiant son témoignage, Carmen Tapia souhaitait apporter des éléments à l’« avocat du diable », chargé d’argumenter contre la béatification de Mgr Escriva de Balaguer. Bien que salué comme l’un des témoignages les plus documentés sur l’Opus Dei et traduit en anglais, en allemand, en portugais et en italien, ce livre n’était jamais paru en France. Jusqu’à ce que Jean Mouttapa, éditeur chez Albin Michel, décide de le faire traduire.

En quoi ce témoignage pose-t-il question ? Neuf ans après la publication de son livre, et quelques mois avant la canonisation par Jean-Paul II de Mgr Escriva, le 6 octobre 2002, Carmen Tapia avait envoyé une déclaration à l’agence de presse italienne ANSA. « Ma position par rapport à l’Église catholique a toujours été celle d’un amour filial, indiquait-elle en décembre 2001. Ce serait donc une lourde erreur que d’utiliser mon livre pour mettre en doute la sainteté du fondateur de l’Opus Dei. J’ai connu personnellement Mgr Escriva et j’ai toujours constaté que ses efforts s’orientaient entièrement vers le bien de l’Église et des âmes. » Carmen Tapia ajoutait même qu’elle avait « eu recours de nombreuses fois » à l’intercession de Mgr Escriva depuis son décès et qu’elle avait été « souvent exaucée ». Aujourd’hui âgée de 91 ans, Carmen Tapia « ne renie rien » de son livre et explique sa déclaration de 2001 par son seul désir d’« aller dans le sens de l’Église et ne pas donner l’impression de m’opposer à une décision du pape ». Elle avait appris, en 1992, que son livre n’avait pas été utilisé lors du procès en béatification, l’avocat du diable étant membre de l’Opus Dei.

Quelles sont les réactions à ce livre depuis sa parution en France ? Pour Béatrice de La Coste, porte-parole de l’Opus Dei en France, « les changements d’attitude de son auteur suffisent à discréditer ce livre ». « Les contre-vérités et distorsions de la réalité qui émaillent l’ouvrage ont été largement et formellement démenties par nombre de témoins oculaires », peut-on lire également sur le site de l’Œuvre. De son côté, Aymeri Suarez-Pasos, ancien « numéraire » (1991-2005) aujourd’hui président de l’Avref (Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles), affirme que « tout ce qui est décrit par Carmen Tapia est toujours vrai, car l’Opus n’a pas changé d’un iota ». Selon lui, l’Œuvre continue de « manipuler l’histoire, de piétiner les consciences, de contourner le droit canonique et de cacher ses documents internes ».                                                                   

 (1) Au cœur de l’Opus Dei », Marie del Carmen Tapia, Albin Michel, 464 p., 22,90 €. (2) Ce théologien indo-espagnol (1918-2010) fut prêtre de l’Opus Dei de 1940 à 1966.

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Monde/Trois-questions-sur-le-temoignage-d-une-ancienne-membre-de-l-Opus-Dei-2016-04-14-1200753314

Les Béatitudes, une secte aux portes du Vatican : un reportage éclairant

Médias-Presse-Info – IN RELIGION CATHOLIQUE/ BY FRANCESCA DE VILLASMUNDO / ON – 9 MAI 2016

Communauté charismatique, Les Béatitudes s’apprêtent à être reconnues par le Vatican comme ordre religieux. Le reportage de Sophie Bonnet pour LCP est éclairant sur les dérives de cette communauté. Fondée en France, dans la mouvance du Renouveau charismatique, elle s’est d’abord appelée communauté du Lion de Juda et de l’Agneau immolé. Elle appartient à ses communautés nouvelles nées avec Vatican II. Proche du protestantisme évangélique, elle pratique les rites charismatiques d’imposition des mains, d’exorcismes, de transe, de séances de « parler en langues ». Gérard Croissant, dit « Frère Ephraïm », né dans une famille protestante en est l’un des fondateurs. Avec le premier supérieur général Philippe Madre, tous les deux diacres permanents, il est accusé d’agressions sexuelles sur mineur. Ils sont réduits à l’état laïc. Par ailleurs, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires l’a dans son viseur pour « des comportements porteurs de dangers sectaires. »

C’est pourtant cette communauté controversée et sulfureuse, ayant un prédateur sexuel comme fondateur, que le Vatican, où règne le pape François très ami des mouvements charismatiques en général, protestants et catholiques, est sur le point de reconnaître comme ordre religieux. C’est cela l’Église conciliaire : un grand fourre-tout  ! C’est aussi pour cela qu’il est très dommageable de ne plus savoir faire la différence entre appartenir à l’Eglise Catholique reposant sur la communion des Saints et l’adhésion à la Foi, et cette Eglise conciliaire qui colonise les structures et la hiérarchie pour effectuer son œuvre de destruction.

TRAVAILLEUSES MISSIONNAIRES

Marseille : la table de la Bonne Mère sous surveillance

La Provence – 19/10/2015. Par Delphine Tanguy. En 2014, une association consacre un “livre noir” aux conditions de travail des Travailleuses missionnaires, qui gèrent des restaurants attachés aux diocèses, dont celui de L’Eau Vive, à Notre-Dame de la Garde. Alors que les plaintes se multiplient, leur regroupement au tribunal de Caen est demandé par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Non, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France ne “parlera pas”. C’est que le sujet est, depuis plus d’un an, un bien gênant caillou dans la chaussure de l’Eglise et de ses représentants. A-t-on laissé, depuis des années, des femmes travailler dans des conditions “proches de l’esclavage”, dans des restaurants sous contrat avec les diocèses ? La charmante cafétéria de L’Eau vive, au coeur même de Notre-Dame de la Garde, abrite-t-elle ainsi une réalité plus sombre que ses nappes aux fleurs passées, que les sourires doux de ses employées en tenues traditionnelles ? De cela, l’Avref, qui a, la première, donné l’alerte, est convaincue. En 2014, l’association publiait un “livre noir” des Travailleuses missionnaires de l’Immaculée. Intégrées au sein de la Famille Donum dei, un ordre créé en 1950 et ne rendant toujours de comptes qu’au Saint-Siège, celles-ci ont généralement été recrutées jeunes filles au Burkina Faso, dans les îles Wallis, au Vietnam et au Pérou, pour travailler dans ces cafétérias jusqu’à 15 h par jour, “pour 10 à 15 € par mois”. Ebranlé par les plaintes, l’ordre a entrepris une régularisation. Souvent sans papiers ni Sécurité sociale, certaines se sont enfuies à Caen, à Paris, à Versailles, à Marseille ou Toulon. L’été 2014, nous avions retrouvé, à Aix-en-Provence, certaines de ces femmes, des laïques et non des religieuses, qui dénonçaient l’isolement, le manque de soins et d’accès à la formation, le travail harassant et continuel, une expérience de “soumission totale”, loin de ce qui avait été présenté aux recrues, dans leur pays d’origine. Ces témoignages ont alerté jusqu’au sommet de l’Etat. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), directement rattachée aux services du Premier ministre, a ces derniers mois auditionné six anciennes travailleuses et relevé “des éléments qui caractérisent la déstabilisation mentale”, pointant “la diabolisation du monde extérieur, les ruptures avec l’environnement d’origine, l’absence de soins et les atteintes à l’intégrité physique.” L’affaire “est prise très au sérieux”, confirme t-on dans l’entourage de Serge Blisko, le président de la Miviludes, qui est d’ailleurs venu à Marseille en mai dernier. Aujourd’hui, une demi-douzaine de plaintes ont été déposées dans toute la France. En juillet, Serge Blisko a défendu auprès de la garde des Sceaux leur regroupement au tribunal de Caen, afin “d’augmenter les chances de (les) faire aboutir”. Selon la Miviludes, “les responsables de la communauté sembleraient entretenir volontairement une ambiguïté sur le statut des membres”. L’organisation décrit, elle, “la tâche librement acceptée” comme “une offrande” et qualifie les critiques de “caricature outrancière”. Cependant ébranlée par la révélation de certaines pratiques, la Famille Donum dei a entrepris depuis janvier une régularisation de ces femmes. Elles ont ainsi, en France, reçu… la première carte Vitale de leur vie.

http://www.laprovence.com/article/actualites/3629693/marseille-la-table-de-la-bonne-mere-sous-surveillance.html

Norvège, L’Etat accuse l’Église catholique de fraude

AFP 29 juin 2015

La Norvège réclame à l’Église catholique 4,6 millions d’euros en réparation d’une fraude consistant à exagérer le nombre de ses fidèles pour toucher plus d’aides publiques.

Le diocèse est accusé d’avoir passé au crible les annuaires téléphoniques à la recherche d’immigrés aux noms laissant penser qu’ils étaient originaires de pays catholiques, et de les avoir ajoutés à la liste des membres de l’Église catholique, parfois à leur insu.

La minorité catholique romaine de Norvège, pays à majorité protestante, revendiquait 140’000 membres début 2014, plus du double de 2010.

Le quotidien Dagbladet, qui avait fait éclater le scandale, a révélé lundi que le diocèse avait reçu une lettre de l’administration lui réclamant ces 40,6 millions de couronnes de trop-perçus.

Interrogée par l’AFP, la porte-parole du diocèse, Lisa Wade, a confirmé le contenu de la lettre. Elle a indiqué que l’Église ne paierait pas la somme pour le moment, pour la contester à l’échelon supérieur, devant le ministère de la Culture.

«Nous avons une interprétation très différente de la loi. Elle est complexe. Ce n’est pas comme s’il s’agissait d’une affaire claire et nette», a-t-elle expliqué.

Vague d’immigration

En mars, le diocèse avait publié les résultats de son enquête interne sur le sujet. Il avait découvert près de 7000 «inscriptions erronées» et près de 21’000 autres demandant un examen approfondi, mais avait nié toute intention de fraude.

Pour expliquer ce recensement généreux, l’Église a fait valoir qu’à partir de 2005, le pays avait connu une importante vague d’immigration de catholiques, notamment polonais, qui ont pratiqué sans être recensés. Cet afflux aurait fait augmenter les dépenses sans que les aides publiques suivent.

Y voyant une affaire de «fraude aggravée», la police avait effectué une perquisition dans des locaux de l’Église catholique en février, dans le cadre d’une enquête visant le diocèse, l’évêque et son trésorier.

(afp)

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/L-Etat-accuse-l–glise-catholique-de-fraude-30085647

COMMUNAUTE DES FRERES DE SAINT JEAN

Agressions sexuelles : un diacre condamné à huit ans de réclusion

Le Parisien, 28 Mai 2015,

La communauté des Frères de Saint-Jean se base sur la théorie de « l’amour d’amitié», un texte de son fondateur qui entretient une ambiguïté entre amour spirituel et charnel. Ici, le prieuré de la communauté de Saint-Jean à Rimont (Saône-et-Loire)
Un diacre de la communauté de Saint-Jean, accusé d’agressions sexuelles et de viols de jeunes filles, a été condamné jeudi à huit années de réclusion criminelle par les assises de Saône-et-Loire, où se trouve le siège historique de cette communauté religieuse déjà éclaboussée par plusieurs scandales.

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Assises de Saône-et-Loire : un religieux jugé pour viols et agressions sexuelles

Une peine de quatorze ans de prison avait été requise à son encontre, alors qu’il encourait jusqu’à 20 ans de réclusion. Jean-Dominique Lefèvre, 67 ans, qui comparaissait libre depuis le 21 mai, était  jugé pour des agressions sexuelles commises entre 1991 et 1999 contre cinq fillettes, en France et en Roumanie, ainsi que pour les viols de l’une d’entre elles, Roumaine, et d’une jeune femme de 33 ans, en situation fragile et qui s’est suicidée. La Cour a retenu l’accusation de viol dans le premier cas, mais pas dans le deuxième. Le condamné a quitté le tribunal sous escorte policière pour être incarcéré.
Après plusieurs cas d’attouchements de fillettes en France, il avait été envoyé entre 1992 et 1996 en mission dans ce pays du sud-est de l’Europe.  S’il a reconnu les agressions sexuelles, des «gestes déplacés», liés à des «pulsions», il a en revanche nié les viols.

L’accusé admet des caresses sur six enfants en Roumanie
Vendredi après-midi, lors de son témoignage à la barre, la première victime à avoir déposé plainte en 2006, de nationalité roumaine, a raconté que la première année où elle a connu le diacre, au début des années 1990, elle était «joyeuse de le voir». Issue d’une famille pauvre, battue par un père alcoolique, la fillette, âgée alors d’une dizaine d’années, vivait dans la rue. Elle avait trouvé refuge dans une association, qui partageait ses locaux avec la communauté de Saint-Jean.
«Le premier viol, c’était avec Jean-Dominique», a assuré la jeune femme, entre colère et sanglots, et les faits auraient eu lieu à de multiples reprises, durant plusieurs années. Elle a dit avoir également été témoin de pénétrations digitales par le religieux sur «24 ou 25» jeunes enfants dans un hôpital de Bucarest. L’accusé a de son côté admis des caresses sur «cinq autres enfants» en Roumanie.

Une femme de 33 ans sombre dans la dépression
En 2007, Jean-Dominique Lefèvre a été affecté à Beaurepaire-en- Bresse (Saône-et-Loire). Catherine, une jeune femme âgée de 33 ans, est alors très impliquée dans la communauté, dont elle s’est rapprochée en quête d’élévation spirituelle, fragilisée par des viols subis dans l’enfance. A son tour, elle porte plainte, dénonçant plusieurs rapports non consentis. C’est la quatrième victime de ce procès, et la seule qui ne pourra pas venir s’exprimer : très affectée, elle a sombré dans la dépression et dans l’alcool, jusqu’à en mourir, en 2010. 
Jean-Dominique Lefèvre, qui vivait au sein de la communauté de Saint-Jean à Rimont (Saône-et-Loire), quant à lui, n’en a pas terminé avec la justice : une nouvelle plainte a été déposée en 2014 pour des attouchements à l’égard d’une fillette en Haute-Loire. La communauté déplore des «dysfonctionnements» 
Dans un communiqué, la Communauté des frères de Saint-Jean dit sa «consternation» et sa «tristesse» qu’un de ses membres «ait abusé sexuellement des personnes et les ait blessées gravement». «Nous condamnons ces comportements odieux», poursuit-elle. Elle a également déploré «les manquements et les dysfonctionnements (…) qui ont ponctué la période des faits et pour lesquels nous demandons sincèrement pardon».
A plusieurs reprises, quand les attouchements étaient dénoncés, le religieux demandait pardon à la famille et était déplacé par sa congrégation. «Aujourd’hui de tels dysfonctionnements ne seraient plus possible», a assuré toutefois la congrégation, en assurant que de tels faits seraient désormais signalés à la police.
Créée en 1975 par le père Marie-Dominique Philippe, la communauté de Saint-Jean s’est installée dès 1982 dans le prieuré de Rimont (Saône-et-Loire). Elle a rapidement rencontré un succès très important auprès des jeunes religieux et compte aujourd’hui quelque 500 membres. La congrégation a été régulièrement soupçonnée de dérives sectaires.                                                         http://www.leparisien.fr/bourgogne/agressions-sexuelles-un-religieux-condamne-a-huit-ans-de-reclusion-28-05-2015-4811045.php

Un père poursuivi pour « dérive sectaire »

 Le Télégramme- 20 mars 2015/ Loïc Berthy .  Hier soir en fin d’audience au tribunal correctionnel de Vannes comparaissait, un homme de 66 ans poursuivi pour n’avoir pas rempli ses obligations légales de père. Il n’est pas venu seul au tribunal. Il a cité pour témoin un homme tantôt désigné comme gourou, tantôt appelé le grand monarque, voire le Pape. « C’est un prêtre pèlerin, qui chemine en portant la parole », précise le prévenu, lui-même très porté sur la religion. Pour son entourage et sa famille, il aurait pourtant complètement changé sous l’influence de ce guide. En 2011, le prévenu s’installe en famille à Mohon. Ils viennent du Maine-et-Loire, où les trois enfants ont été déscolarisés après un conflit avec l’équipe enseignante d’une école catholique. Dans le Morbihan, les enfants ne seront pas rescolarisés. Bien que vivant très chichement, la famille part régulièrement en pèlerinage à Lourdes, Jérusalem, Fatima, Rome. C’est au retour d’Italie, en 2013, que les trois enfants seront confiés à un couple suisse, vivant dans une yourte. De leur côté, le père, la mère et le gourou reviennent à Mohon. Quelques jours plus tard, le prévenu met littéralement sa femme à la porte. S’en suivra un dépôt de plainte de celle-ci, une injonction faite au père d’aller rechercher ses enfants, âgés de 6, 10 et 13 ans, en Suisse, puis leur disparition. Un mandat de recherche est délivré. Ils seront retrouvés en Slovénie, en route vers un pèlerinage à Medjugorje en Bosnie. Le parquet a soulevé le fait qu’il y avait non seulement déscolarisation mais que le père avait interdit que ses enfants soient soignés ou pris en charge par des secours y compris en cas d’accident. Chez l’aînée des enfants, un expert a noté « une absence de règles de vie et une manipulation mentale fondée sur une idéologie religieuse sectaire ». « Cette manipulation mentale, c’est une fable montée de toute pièce par ma famille. Je suis quelqu’un de normal et qui aime ses enfants », a répondu le prévenu. Des enfants qu’il a montés contre leur mère. Depuis deux ans, c’est bien à elle qu’ils ont été confiés par la justice. Ils sont scolarisés depuis et bénéficient aussi d’un accompagnement psychologique. Leur avocate a demandé pour chacun d’eux 4.000 € d’indemnités pour préjudice moral. Le procureur, qui a dénoncé une   « dérive sectaire » du prévenu, a requis 12 mois de prison avec sursis. Le tribunal, qui devra tenir compte de l’altération du discernement décrétée par un expert psychiatre, rendra son délibéré le 9 avril.

Exorciste: entre fonction officielle et charlatan dangereux

Le Soir,  Mardi 8 juillet 2014, Ludivine Ponciau, Elodie Blogie. http://jn.lesoir.be/#/article/155840

Le Vatican vient de reconnaître une association de prêtres exorcistes. Rien de bien sorcier: les prêtres exorcistes sont nommés officiellement par leur diocèse. Mais ce n’est pas le cas partout: les exorcistes, en Belgique comme ailleurs, changent de visages selon les cultes…

Tommy Scholtès, porte-parole des évêques belges: «Il s’agit davantage d’un accompagnement spirituel et psychologique de personnes qui expriment un certain mal-être. Le prêtre conseillera d’ailleurs parfois de rencontrer un psychologue. Les vrais exorcismes pour des fidèles qui ont l’impression d’avoir vu le diable ou d’être possédés sont rares». Dans de tels cas, une prière de délivrance peut être prononcée, dans une cérémonie très codifiée. Des formations sont par ailleurs régulièrement organisées à Rome pour les prêtres en question….

Une codification qui n’est pas de mise dans le culte évangélique, qui ne reconnaît aucun exorciste officiel. «S’il doit y avoir un exorcisme, c’est la communauté elle-même, via son simple pasteur qui intervient», explique Yves Gabel, pasteur bruxellois, responsable pour la communication des évangéliques francophones. Là encore, parler d’exorcisme est un grand mot: «Je ne crois pas à l’acte magique, affirme le pasteur qui, sur sa carrière, a eu affaire à une dizaine de cas. Mais, comme la parole d’un psy, la parole d’un prêtre ou d’un pasteur peut amener quelqu’un à changer de vie». Par «exorcisme», il comprend donc «une écoute attentionnée» et, parfois, quelques gestes: apposer les mains sur le visage, lire un extrait de la bible, mais «sans bougies, ni cinéma!». Pourtant, des dérives existent «aux frontières des mouvements chrétiens ou protestants… ou les milieux ethniques traditionnels africains ou sud-américains».

 

L’Église de France reconnaît des dérives sectaires en son sein

Le Figaro 14/11/2013 – Jean-Marie Guénois. L’Église catholique, comme toute institution, n’aime pas reconnaître publiquement des scandales internes. C’est pourtant ce que vient de faire le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, en répondant officiellement à un groupe d’une quarantaine de «victimes de dérives sectaires au sein de différents mouvements d’Église et congrégations religieuses» qui avaient adressé aux évêques réunis en assemblée plénière la semaine dernière à Lourdes un «appel» pour dénoncer des «dégâts» humains dont ils ont été victimes dans le cadre des communautés dites «nouvelles» et dont les effets décrits peuvent aller de la «dépression», au «suicide» ou la «destruction de personnalités».

La nouveauté de cette affaire ne réside pas tant dans la dénonciation d’abus sexuels que quelques-uns des plaignants ont subis mais dans celle d’«abus spirituel», un concept encore peu usité. Le fondateur, ou le supérieur, utilise son aura et son pouvoir spirituel sur des personnalités souvent jeunes et fragiles, pour enfermer leur liberté dans une dépendance totale afin d’obtenir d’elles le silence absolu couvrant d’éventuels abus sexuels ou autres abus de pouvoir.

La seconde originalité tient au fait que c’est la première fois que sont mises ainsi officiellement en cause quatorze «communautés nouvelles» qui ont été et continuent d’être, en France notamment, les symboles de la «nouvelle évangélisation». Elle représente une floraison d’initiatives pastorales, souvent d’inspiration charismatique mais pas toujours, qui a comme réveillé le paysage catholique français ces trente dernières années et qui en fournit toujours la majeure partie des forces vives.

Sur les quatorze noms de communautés cités par les victimes, seuls cinq à ce jour ont été l’objet de procès canoniques ou de révélations publiques, objectifs et indiscutables: les Béatitudes(suspension du fondateur, Frère Ephraïm en 2008), la Légion du Christ (suspension du fondateur, le père Maciel, en 2006), Points-Cœur (condamnation canonique du fondateur père Thierry de Roucy en 2011), la Communauté Saint-Jean (accusations officiellement reconnues en mai 2013 par l’ordre contre le fondateur le père Philippe, décédé), les anciens collaborateurs du père Labaky (interdiction canonique de célébration en juin 2013).

Dans sa lettre, Mgr Pontier évite donc le risque d’amalgame que cette démarche collective contiendrait si l’on réduisait le dynamisme de ces communautés nouvelles aux graves fautes de quelques individus, fussent-ils des fondateurs, mais il souligne la question centrale de la «liberté spirituelle». En clair: la manipulation des consciences. «L’Évangile du Christ que nous voulons servir, rétorque-t-il, est une école de liberté spirituelle.»

Au nom «de tous les évêques», il reconnaît que des «pratiques» contraires à ce respect des consciences «nous heurtent et nous choquent». Il rappelle que par le passé les évêques «ont alerté les fidèles mais aussi les familles sur le danger de certains groupes» et qu’ils ont «interpellé des responsables» mais que «bien souvent» ils n’avaient alors reçu que «méfiance et silence» pour réponse.

Le président des évêques s’engage donc, auprès des victimes, à les aider dans leur «reconstruction» en demandant à tous les évêques de prêter à ces situations une «oreille attentive et compréhensive» – le service compétent de l’épiscopat a été de fait réformé en ce sens mercredi – et appelle les victimes «lorsqu’il y a matière» à «porter plainte».

L’un des signataires de l’appel ne tient pas à se mettre en avant puisque les signataires forment un collectif mais son autorité morale reconnue a joué un rôle décisif dans cette prise en compte épiscopale. Il s’agit d’Yves Hamant, professeur d’université émérite, spécialiste de la civilisation russe qui fut l’un des proches de Soljenitsyne. Sa famille a été concernée par les agissements du père Thierry de Roucy, fondateur du réseau Points-Cœur (qui envoie des jeunes dans les pires banlieues du monde pour un «ministère de compassion» avec les plus pauvres). Ce religieux a été condamné le 21 juin 2011, par le tribunal ecclésiastique de Lyon pour «abus sexuel», «abus de pouvoir» et «absolution de la victime» – en l’occurrence, son adjoint, un prêtre majeur qui a subi sept années d’emprise et a fini par s’opposer. Si Yves Hamant a décidé d’agir, ce n’est pas «pour nuire à l’Église mais pour avertir et protéger les jeunes, dénoncer la manipulation des consciences et que les fruits portés par ces œuvres ne justifient plus l’omerta imposée dans les communautés, car ce sont des vies entières qui sont détruites en silence.» Il demande aussi le respect du droit canonique «séparant le for interne et le for externe» pour la liberté des consciences. En un mot que les supérieurs des communautés n’en soient plus, aussi, les confesseurs.

Un livre-témoignage sur les légionnaires du Christ

Fait-religieux.com – Patrick Sbalchiero – 24.10.2013. 

En 1941, après une inspiration divine, Marcial Maciel, prêtre mexicain mort le 30 janvier 2008, fonde la Légion du Christ. Le but affiché de cette organisation est de soutenir l’Église catholique dans l’évangélisation de la vie quotidienne des fidèles. Au service du Saint-Siège, les légionnaires ont depuis lors essaimé sur les cinq continents. Aujourd’hui, fort de 70 000 membres laïcs (le Regnum Christi) et d’un millier de prêtres, d’une présence dans les universités et de son influence au Vatican, le mouvement est devenu l’un des principaux piliers de la papauté. De Pie XII à Benoît XVI, les papes successifs lui ont accordé confiance et aide, faisant de la Légion une armée en ordre de marche au service de la « nouvelle évangélisation ».

La face sombre

Une montée en puissance d’autant plus étrange que le père Maciel fut très vite accusé d’actes délictueux d’une extrême gravité : abus sexuels sur mineurs, toxicomanie, etc. Une première dénonciation fut suivie d’une enquête à la fin des années 50. En vain. Pendant plus d’un demi-siècle, ce fondateur va donc mener une double vie et organiser une véritable omerta quant à ses déviances et délits. Jean-Paul II lui accorde même son amitié au nom de leur lutte commune contre le communisme. Enfin, les scandales s’accumulant, Benoît XVI lui demandera de se retirer.

Quant au pape François, il a élevé l’été dernier le père Fernando Vérgez Alzaga, légionnaire du Christ, à l’ordre épiscopal et l’a nommé secrétaire du gouvernorat de l’Etat de la cité du Vatican. Poste important pour un homme qui est déjà à la direction des télécommunications du Saint-Siège. Quel sens donner à cette nomination ? On peut s’interroger, surtout après la lecture du livre-témoignage, paru en septembre, de Xavier Léger, lui-même ancien légionnaire du Christ.

Un livre courageux

Au fil des pages, l’auteur démonte les mécanismes de captation puis d’emprise qu’il a subis au cours de ses sept années au service de l’organisation. Outre la coupure avec le passé, avec sa famille et son univers habituel, il raconte l’emploi du temps démentiel n’accordant pas une minute de répit entre 5 heures 30 et 22 heures ; les manipulations mentales transformant le futur légionnaire en admirateur hébété de Nuestro Padre (le père Maciel), la surveillance et la censure des supérieurs, autorisés à ouvrir le courrier, les règlements intérieurs infantilisant, comme la coiffure avec la raie à droite, ou la façon de monter et descendre les escaliers…

On découvre ainsi une société rigoureusement fermée, extrêmement hiérarchisée, autoritaire, centrée autour du culte du fondateur et de ses écrits. Au sein de la Légion du Christ, la liberté de conscience est inexistante, la culpabilisation permanente, et une vision manichéenne du monde qui implique la présence permanente du diable et du mal et la nostalgie d’un hypothétique âge d’or de la chrétienté. Le reste n’est que décadence. A lire Xavier Léger, le terme de spiritualité est peu adapté pour rendre compte du vécu légionnaire, on découvre plutôt un ensemble de règles et d’examens pratiques qui visent à en faire un soldat obéissant et efficace dans son combat contre le changement, contre ce que Pie X avait baptisé du terme de « modernisme » pour qualifier un monde en perdition.

Une secte en bonne et due forme

L’organisation pèse aujourd’hui autour de 20 milliards de dollars. Un trésor accumulé grâce aux méthodes du père Maciel : proximité avec les milieux financiers, collusion avec tous les régimes politiques, captations d’héritages, abus de faiblesse, etc. En France, l’association « Génération Entreprise » et son leader, le père Rafael, aujourd’hui défroqué et exilé en Argentine, reste un triste exemple des capacités manipulatrices de ces religieux. Et, constate l’ex-légionnaire, rares furent les prélats (nord-américains ou français) qui ont osé interdire la présence légionnaire dans leur diocèse. Il va même plus loin dans son interrogation critique. Pour lui, le Vatican a couvert les dérives de cette organisation et de son leader charismatique. Certes, Benoit XVI a bien demandé au père Maciel de se retirer dans la solitude, mais il ne fut guère obéi et souligne Xavier Léger, le pape n’osera jamais engager un procès ecclésiastique à son encontre.

Aujourd’hui, une question demeure : que va faire le pape François de cette puissante armée? Moi, ancien légionnaire du Christ, 7 ans dans une secte au cœur de l’Eglise – Xavier Léger, en collaboration avec Bernard Nicolas – Edinitions Flammarion – 352 pages ; 21 euros

http://www.fait-religieux.com/culture/livres/2013/10/24/un-livre-temoignage-sur-les-legionnaires-du-christCHAMANISME

L’Église de France crée un service national d’accueil des victimes de dérives sectaires.

À l’occasion du réaménagement de son Service national Nouvelles croyances et dérives sectaires, et sous l’impulsion de Mgr Michel Dubost (Évry), président du Conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux dont il dépend, la Conférence des évêques de France (CEF) s’est dotée d’un service national d’accueil des victimes de dérives sectaires dans les communautés ecclésiales.  « Il y aura enfin un accueil officiel des victimes dans l’Église. C’est une excellente nouvelle, car elles souffrent d’une suspicion systématique, se félicite un bon connaisseur du dossier. Bien sûr, certaines victimes exagèrent, ou sont dans la reconstruction, mais il s’agit d’une minorité. ».                                                                                                       La Croix – 10/9/13

Les Béatitudes peuvent-elles être sauvées ?

La vie -Publié le 14/06/2012

Ébranlée par de graves scandales et dérives, cette communauté de religieux et de laïcs connaît une refondation délicate.

C’est un château perdu dans la forêt aveyronnaise… Ils sont quatre, le père Jean-Baptiste Tison, Alain, Gisèle et Murielle, à faire vivre ­Bonnecombe. Quatre anciens des Béatitudes, à se battre depuis dix ans pour dire leur vérité, celle des vic­times d’une certaine époque de la communauté. Une mémoire qui ­permet de comprendre le travail de refondation qui a lieu en ce moment dans cette communauté nouvelle, issue du renouveau charismatique.

Quand il arrive en 1975, Alain est toxicomane « et complètement paumé ». Il rencontre Ephraïm, le fondateur et modérateur général, qui en fait rapidement l’un de ses possibles successeurs. À l’époque, il ressent de violentes douleurs dans les articulations, une conséquence de son addiction à la drogue. Ephraïm le convainc qu’il vit la Passion du Christ : « Chaque vendredi, je restais alité en me tordant de douleur, je ne laissais personne m’approcher. » Ephraïm pra­tique alors sur lui des exorcismes à répétition et expérimente ses techniques psychospirituelles : « J’étais son cobaye, je subissais des séances de
programmation neurolinguistique, d’hypnose… Pour se justifier, il disait que la Vierge lui était apparue. »

Ephraïm lui faisait porter un habit religieux, lui disait qu’il était prophète, voulait en faire un prêtre. Près de 30 ans plus tard, Alain, aidé par les trois autres, finit par consulter un psychiatre qui pose un diagnostic. Sous traitement médical, il prend conscience de ce qui lui est arrivé, de ce que, sous influence, il a fait subir aux autres. Depuis, il essaie de se reconstruire en acceptant ses souvenirs. Lucide, il explique : « La reconstruction passe par l’acceptation de la vérité. »

Mais évidemment il n’y a pas que ceux de Bonnecombe. En 2006, d’anciens communautaires, Myriam, infirmière en psychiatrie, et Pascal Michelena publient un livre choc, les Marchands d’âmes (Golias). Ils y racontent leur passage aux Béati­tudes de 1998 à 2002. Ils dénoncent des abus de pouvoir et des problèmes de confusion mentale consécutifs à des dérives dans l’exercice de pratiques mélangeant le psychologique et le spirituel. En 2007, le Vatican donne une série de directives à la communauté pour améliorer la situation, notamment celle de « choisir entre la vie monastique ou celle d’une communauté de laïcs ». En effet, l’intuition originale d’Ephraïm est de rassembler laïcs, religieux et religieuses pour vivre pleinement la communion des états de vie dans l’esprit de Vatican II… »

Le Vatican place donc la communauté sous l’autorité de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée (CIVC), à la fin de l’année 2008. C’est alors que survient un nouveau scandale. Une affaire de pédophilie met en cause le chantre de la communauté, Pierre-Étienne Albert, un proche d’Ephraïm, qui avoue une cinquantaine d’agressions perpétrées sur des enfants âgés de 5 à 14 ans, commises entre 1985 et 2000, et accuse les anciens modérateurs d’avoir couvert ses agissements malgré ses appels à l’aide. Jugé coupable par le tribunal de Rodez, en décembre 2011, il purge une peine de cinq ans de prison. Face à la complexité des problématiques, la CIVC a nommé un commissaire pontifical, Henry Donneaud, frère dominicain, pour reprendre les rênes des Béatitudes en 2010. Pour être sauvées, explique le Vatican, les Béatitudes doivent accepter de se refonder. Cesser les pratiques d’accompagnement psychospirituel. « Je me souviens d’une femme qui avait subi un viol, raconte Gisèle. L’animateur de la session lui a demandé de revivre son viol en souvenir… Pendant des semaines, elle a été hantée par des cauchemars de plus en plus traumatisants. »

Décompensations, ruptures fami­liales : en 2005, déjà, un rapport confi­dentiel de l’Église catholique adressé aux évêques de France et aux responsables de communautés religieuses tirait la sonnette d’alarme sur « la confusion entre psychologique et spirituel dans les communautés ». À l’époque, certains « praticiens » cumulaient les pouvoirs de psychothérapeute, d’accompagnateur spi­rituel et, parfois, de responsable de maison. Depuis la parution des directives vaticanes en 2007, affirme Henry Donneaud, « les pratiques mélangeant le psychologique et le spirituel ont complètement cessé dans la communauté ». La difficulté est que « des dérives résiduelles ont persisté, dans des endroits fondés par Ephraïm à un moment où il n’était plus à la tête de la communauté. Des endroits qui n’ont rien à voir avec les Béatitudes et sont sous la surveillance des dio­cèses concernés. »
Pour ce qui concerne les Béatitudes, à Cuq-­les-Vielmur (Tarn), des « sessions de restauration intérieure » dites « Nicodème » ont succédé aux anciennes sessions de « guérison »… D’anciens communau­taires craignent que le contenu des retraites ne soit le même qu’avant. Une accusation que réfute le frère Bernard-Marie, responsable du lieu : « Ce sont des retraites spirituelles… Si la personne manifeste une difficulté psycholo­gique, nous l’incitons à faire un travail thérapeutique avec un spécialiste. En aucun cas, nous ne pratiquons nous-mêmes de thérapie, il est évident que ce n’est pas de notre ressort. »

Par ailleurs, depuis les débuts, laïcs et religieux partagent une même vie communautaire. Mais, à force d’être proches, des couples et des familles calquent leur mode de vie sur celui des moines, décidant d’être aussi pauvres, obéissants et chastes qu’eux. Inversement, Ephraïm, diacre et fondateur, a reconnu des « unions mys­tiques » avec des sœurs… En 2007, le Vatican notait même « avec surprise l’expression “enfants communautaires” », ce qu’il juge « inadmissible ». Pour remédier à cette confusion, pointée comme « l’un des principaux points de dérive »… Il est désormais obligatoire, dans les couples, que l’un des conjoints travaille : le but est de s’assurer que les familles soient financièrement indépendantes. Les situations ne sont cependant pas comparables d’une maison à l’autre et évoluent avec le temps. Dans certains lieux, les laïcs bénéficient d’une grande auto­nomie depuis les débuts… D’anciens membres des Béatitudes se retournent aujourd’hui contre la Communauté : ils portent plainte devant les prud’hommes pour obtenir le recouvrement de cotisations de retraite non payées. À 60 ans, Gisèle se trouve dans cette situation. Dans sa cuisine fraîche où elle nous reçoit, elle jette quelques bûches dans le poêle à bois et commence son récit. Infirmière, elle a vécu en communauté de 1982 à 2009 comme laïque consacrée. À l’époque, elle fait don de ses biens. Pendant près de 30 ans, elle s’est occupée successivement du tri des médicaments, de la garde d’enfants, de chantiers de réfection, de convois humanitaires en Russie, de la formation des nouveaux arrivants… Jusqu’en 2000, aucune cotisation retraite n’a été versée. En quittant les Béatitudes, elle se retrouve sans économies, avec pour toutes ressources 400 € de RSA mensuels et demande un rappel de salaires pour les cinq dernières années, ainsi que le recouvrement de ses cotisations non payées… Henry Donneaud évoque la situation financière avec gravité : «… Si la communauté devait tout assumer immédiatement, elle n’aurait plus qu’à se mettre en liquidation, et tout le monde serait perdant. »

Le deuxième défi, et non des moindres, est celui de la mémoire. En 2011, quand ils apprennent les « graves manquements » d’Ephraïm et les « faits moralement graves » perpétrés par son beau-frère et successeur ­Philippe Madre, par un communiqué de presse d’Henry Donneaud, la plupart des membres tombent des nues. Certains refusent de le croire… François-Xavier Wallays, dernier modérateur général, était présenté dès 2000 comme le « sauveur de la communauté » par Ephraïm… Ses détracteurs lui reprochaient un mode de gouvernance autoritaire, un manque de dialogue et une mauvaise circu­lation des informations. Lors d’élections internes qui s’étaient tenues en octobre 2011, il avait été réélu, comme d’autres membres de l’ancienne équipe dirigeante.

Dans la communauté, certains se disaient que si l’Église avait vraiment désapprouvé son mode de gouvernement et ses conceptions, elle l’aurait dit clairement… Et les divisions s’accentuaient. Mais les choses ont changé. Le Vatican a expliqué qu’il ne souhaitait pas du tout que François-Xavier Wallays siège à la prochaine assemblée générale, ni qu’il participe à la future gouvernance de la communauté. Signe des temps, la décision de fermer la maison de ­Cordes-sur-Ciel (Tarn) vient d’être prise…

Egalement émission de Canal + “Dans l’enfer des Béatitudes” rediffusions le 2 juillet à 22h30 avec décodeur et le 8 juillet à 12h30 sans décodeur

http://www.lavie.fr/recherche/web.php?q=beatitude&x=0&y=0
http://www.lavie.fr/hebdo/2012/3485/splendeurs-et-miseres-d-un-charisme-12-06-2012-28409_326.php
http://www.lavie.fr/hebdo/2012/3485/les-beatitudes-peuvent-elles-etre-sauvees-12-06-2012-28410_326.php
http://www.lavie.fr/hebdo/2012/3485/l-histoire-des-communautes-est-faite-de-purifications-12-06-2012-28408_326.php

L’Eglise cherche à mieux baliser les sessions de « guérison spirituelle » LA CROIX 4 janvier 2012

Le nombre de sessions de guérison spirituelle organisées par l’Église catholique s’est multiplié ces dernières années, avec, selon les chiffres de « La Croix », 25 000 Français concernés en dix ans.
Suite à un certain nombre de plaintes et à certaines dérives, l’épiscopat a publié un document resté confidentiel pour mieux pointer les risques et dérives possibles.
Les responsables de ces retraites mettent l’accent sur l’indispensable formation des accompagnateurs. (…) Magali Raoul, sœur consacrée du Chemin-Neuf, médecin, responsable de la formation Siloé, confirme : « Nos sessions sont suivies par un psychiatre non pour proposer une démarche thérapeutique au sens médical du terme, mais pour nous aider à discerner dans le chemin spirituel de la personne ce qui peut relever d’un problème psychologique… Il faut être formé pour ne pas tout mélanger. Cela nous permet en outre d’orienter éventuellement les personnes vers une psychothérapie. »

Des dérives difficiles à rattraper

Pour autant, si un grand nombre salue les bienfaits de ces retraites, des plaintes de certains retraitants ou de leurs familles inquiètent l’Église. Ici c’est un prêtre qui quitte le sacerdoce, là des couples en déroute… Dans plusieurs cas, des personnes sont revenues chez elles persuadées d’avoir été victimes d’inceste et ont rompu avec leurs familles. « Trois dossiers m’arrivent chaque semaine », tempête Jeanine Dijoux, secrétaire générale du Collectif des victimes des dérives du psycho-spirituel, qui regroupe plusieurs centaines de personnes au sein du Centre contre les manipulations mentales (CCMM). « Comment des chrétiens qui n’ont aucune compétence se permettent-ils de manipuler des domaines aussi sensibles ? Ce sont des apprentis sorciers ! Il faut que l’Église reconnaisse les victimes de ces pratiques psycho-spirituelles sauvages. »  Dans les diocèses, deux centres ont récemment été fermés : Kinor, dans les Landes, tenu par l’ancien responsable des Béatitudes, Ephraïm, tandis que des responsables de la Communion Marie-Reine, dans le diocèse de Laval, ont été interdits d’enseignement.Avis divergents au sein de l’Eglise

Les plaintes sont suffisamment graves pour que les évêques aient mis en place il y a un an un comité d’experts sur le « Spirituel et psychologique » auprès du service Pastorale, nouvelles croyances et dérives sectaires de l’épiscopat. Ce dernier vient de remettre aux évêques un document resté confidentiel. « Ce qui est en jeu, c’est le sanctuaire inaliénable de la liberté de l’homme », alerte Bertran Chaudet, diacre au Mans et co-coordinateur de ce service. Le sujet est si épineux que, même parmi ces experts mandatés par l’Église, les avis sont partagés. Certains sont catégoriques : ce type de retraite est « une fausse piste », inoffensive pour des personnes relativement équilibrées, mais très dangereuse pour des personnalités fragiles. Certains estiment qu’ils conduisent à induire des faux souvenirs, à manipuler le vécu des personnes et, en « psychologisant » le message évangélique, à réduire le salut à une « idéologie » de la blessure et de la guérison.« Des dégâts terribles »

« Quand la personne entre dans un climat psycho-émotionnel fort, ses défenses tombent. Si certains ‘‘souvenirs’’ sont trop rapidement confirmés par un accompagnateur mal formé, qui plus est avec une autorité spirituelle, les dégâts sont terribles », s’alarme l’un d’eux. En clair, les chrétiens en souffrance devraient en rester à un accompagnement spirituel d’un côté et, de l’autre, une psychothérapie.

Béatitudes

Nuages sur l’abbaye de Bonnecombe – Église en Rouergue
LA DEPECHE /  le 16/04/2010.  Muriel Gauthier, ancienne membre de la communauté des Béatitudes qui a incité «Pierre-Etienne» à se dénoncer pour actes pédophiles, pousse aujourd’hui un cri de douleur. Dans un texte rendu public, elle met en cause la «campagne de dénigrement» dont elle s’estime victime, témoignages à l’appui. Au-delà de l’appel au secours, elle et les autres occupants de Bonnecombe ne savent plus vers qui se tourner. «On a quitté les Béatitudes, explique-t-elle. Mais ici on est encore cinq. On entretient les locaux et les terrains. On a créé une association pour envisager un avenir à l’abbaye, comme nous y avons été incités. Et aujourd’hui on ne voit rien venir. Nous sommes face à un mur». L’évêché a proposé il y a quelque temps un déménagement du groupe vers un ancien presbytère près d’Entraygues. «Trop petit et en dehors de tout circuit où l’on pourrait développer une activité», estime sœur Gisèle. En coulisses, côté collectivités, certains s’agitent pour monter un projet «culturel et touristique» qui pourrait avoir une cohérence, mais qui écarterait les «gêneurs». Paradoxe et injustice, ceux-là même qui ont permis de protéger des enfants en mettant fin aux agissements d’un ecclésiastique pédophile n’arrivent pas à trouver une nouvelle place dans l’église. «On demande une médiation, on nous la refuse, affirme Muriel. Nous avons un engagement vis-à-vis du Christ et entre nous. Nous cherchons désespérément un évêque qui voudrait bien nous accueillir».

Lettre ouverte : Muriel Gauthier écrit aux prêtres et catholiques. «Ma lettre n’a qu’un seul but, celui d’implorer auprès de vous une attitude plus objective quant à la dénonciation de pédophilie que j’ai faite en ce qui concerne Pierre-Etienne Albert (ancien frère de la Communauté des Béatitudes). Force est de constater que bon nombre d’entre vous atteignent ma réputation et non satisfaits de s’arrêter là, exacerbent malheureusement la faiblesse de quelques personnes qui n’hésitent pas à venir à Bonnecombe où je réside pour m’agresser publiquement. Je tiens pour responsables toutes les langues malveillantes qui participent à un acharnement qui a trop duré (…) Comment se fait-il que vous puissiez participer au lynchage d’une personne qui a protégé les enfants ? Qu’y a-t-il de tellement dérangeant pour que vous en arriviez à me faire un procès et à nuire à ma vie sociale et ecclésiale ? Laissez donc la justice rendre son verdict et ayez soin de ne plus m’accabler et m’outrager à cause du dérangement que vous procure cette douloureuse affaire. (…)Sachez que je n’ai plus l’intention de subir ce que je suis en droit de nommer des « pressions ». Dans le cas contraire je me verrai contrainte de porter ces faits devant la justice.

Béatitudes

Saint-Broladre. Incendie suspect à la fabrique de cierges
LE TELEGRAMME 17 septembre 2009. Le feu s’est déclaré hier vers 2h et a totalement détruit le grand bâtiment de 300m² qui abritait la fabrique de cierges de Saint-Broladre (35). Hier soir, la cause du sinistre restait indéterminée. Accident ou acte criminel ? Rien ne permet de privilégier la seconde piste, si ce n’est que la «Communauté des Béatitudes», dont fait partie la «Maison de l’Enfant Jésus Roi d’Amour» où est exploitée la ciergerie, souffre d’une réputation sulfureuse, alimentée par des soupçons de manipulations et de mauvais traitements.
La communauté a été créée en 1973 par deux couples qui ont fondé la première «maison» à Montpellier. Elle a ensuite pris de l’ampleur, puisqu’elle compte aujourd’hui près de 80 implantations dans le monde, dont une quinzaine en France. Deux sont situées en Bretagne: Saint-Broladre et Iffendic (35). Constituée sous la forme d’association catholique de fidèles, elle réunit des prêtres, des religieuses, des célibataires et des couples mariés. Ses rites sont inspirés des traditions judaïques et certaines maisons abritent des centres de psychothérapie. Reconnue par l’Église en 2002, l’association a perdu l’an dernier son agrément pontifical. Motif avancé: la mixité, qui «pourrait générer la confusion et favoriser des liens affectifs désordonnés».
Enquête en Midi-Pyrénées
Déjà, des accusations avaient été portées contre des «maisons» installées en Midi-Pyrénées. Une plainte pour abus de faiblesse avait été classée sans suite. D’autres témoignages ont suivi, faisant état d’«infantilisation» des membres, de manipulation mentale, de mauvais traitements, d’abus sexuels et de suicides d’adolescents. L’affaire est remontée à la Miviludes (*), qui a alerté le préfet concerné. Une enquête judiciaire est en cours et des investigations sont menées dans les antennes de la communauté, même celles qui n’ont fait l’objet d’aucune mise en cause, comme celle de Saint-Broladre qui est d’une totale discrétion et n’a jamais fait parler d’elle.

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