Islam, islamisme

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Grenoble. L’imam légitime le armé, le préfet de l’Isère demande la fermeture de la mosquée Al-Kawthar

Par AH – Publié le 05/02/2019 – Ce mardi 5 février 2019, le préfet de l’Isère a fait notifier l’arrêté de fermeture de la mosquée Al-Kawthar à Grenoble. Une mosquée qui accueille quelques 400 fidèles réguliers.  “A travers plusieurs de ses prêches, l’imam légitime le djihad armé, provoque à la violence, à la haine et à la discrimination contre les fidèles des autres cultes et véhicule un message contraire aux valeurs républicaines en légitimant la charia et la discrimination envers les femmes” précise la préfecture de l’Isère dans un communiqué. L’arrêté a été pris sur le fondement de l’article L. 227-1 du code de la sécurité intérieure pour une durée de six mois. Il entrera en vigueur, “sous réserve d’un recours contentieux“, le 7 février 2019 à 11h40. L’association musulmane dauphinoise (AMD) gestionnaire du lieu de culte, ainsi que son imam, ont par ailleurs fait l’objet d’un gel des avoirs par arrêté conjoint du ministre de l’économie et des finances et du ministre de l’intérieur. Il y a quelques jours, l’AMD avait lancé une pétition de soutien auprès des fidèles après avoir été informée, à la mi-janvier, de sa fermeture prochaine

Le futur président des imams de Belgique appelait à brûler des Juifs (VIDEO) –

GILBERT DUPONT  – dhnet.be –  09 janvier 2019 – Reçue la veille du procès de l’attentat du Musée juif, la vidéo, toujours sur YouTube, consterne la Ligue contre l’Antisémitisme. À la veille du début du procès de l’attentat au Musée juif de Bruxelles, la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) a reçu un signalement portant sur une vidéo ancienne, mais incroyable, dans laquelle un imam incite à “brûler” des juifs, à brûler “les sionistes”. L’imam Mohamed Toujgani, de la mosquée al Khalil, située en plein cœur de Molenbeek, est entre-temps devenu le président de la Ligue des Imans de Belgique. Et la mosquée al-Khalil, avec 3 500 places, rien moins que la plus grande d’Europe. (…)

Pour Charlie Hebdo, quatre ans après l’attentat, “tout est devenu blasphématoire” –

Le Vif,  06/01/19  (Source: Afp) – Quatre ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, “beaucoup se sont déjà lassés” des combats du journal satirique : amer, l’hebdomadaire dresse le portrait sombre d’une société française “anti-Lumières” dans un numéro commémoratif…

“Ce ne sont pas seulement nos histoires personnelles (qu’on oublie), c’est aussi ce qu’a signifié ce qui nous est arrivé. On a l’impression qu’on tourne le dos à ça, alors qu’à notre avis ces phénomènes de réactions rétrogrades sont toujours présents, encore plus qu’il y a 4 ou 5 ans”, explique à l’AFP Riss, directeur de la rédaction et auteur du dessin de une. “Ce n’est plus uniquement une hostilité qui vient d’extrémistes religieux mais aussi d’intellectuels”, s’inquiète-t-il.

Les Frères Musulmans tentent une OPA sur les musulmans en France

UFAL 8 FÉVRIER 2019 – LAÏCITÉ – L’UFAL a été informée de la 12ème rencontre organisée par les « Musulmans de France » (ex UOIF) ce 10 février à « Lille-Grand-Palais ». Elle aura pour thème « un destin à construire ». Parmi les conférenciers, on retrouve l’imam adepte du complot Ahmed Miktar, maniant l’art du double discours – modéré d’un côté, mais islamiste de l’autre – surtout depuis qu’il souhaite devenir « Grand Mufti de France » pour aider sa « chère confrérie des Frères Musulmans » à réaliser la « renaissance islamique ».

On note aussi la présence d’Abdelmonaïn Boussenna, l’imam connecté et défenseur de “Frère” Tariq Ramadan, notamment lors d’un prêche d’octobre 2017 visionné par 220 000 fidèles. Suite à la médiatisation de l’affaire, ce dernier s’était peu ou prou rétracté, mais qu’importe, la stratégie est bien connue : l’essentiel est que le message soit bien passé.

Nulle surprise à la présence d’Amar Lasfar président du lycée Averroès et grand défenseur du voile à l’école. On aura des difficultés à nous faire croire que l’ex UOIF ne s’occupe pas de politique et qu’elle est détachée des frères musulmans. Il faut donc s’interroger sur la participation de Ghaleb Bencheikh, président de « la Fondation de l’islam de France ». Affichant volontiers des opinions « progressistes », et prônant pour l’islam « la sortie du politique », ne sert-il pas de caution à ce qui ressemble à une tentative de prise en main par les Frères Musulmans du nébuleux « islam de France » bien malencontreusement mis sur les rails par les pouvoirs publics depuis des années ?

Enfin, cerise sur le gâteau, présence de Naïma Ben Yaïch du PJD (1) , qui se flatte d’avoir biffé la liberté de conscience de la Constitution Marocaine, et sœur de jihadistes internationaux. La perversion des principes démocratiques est ici une stratégie assumée des islamistes.

Devant un tel panorama, personne n’est dupe : les « Musulmans de France » ne sont pas les musulmans en France et on a du mal à voir dans cette réunion, un quelconque mélange qui participerait à construire un destin commun, avec tout le monde. Pour les Frères Musulmans, qui n’ont jamais renoncé au rétablissement du califat, le « destin à construire » se résume au détournement, à leurs fins, de la liberté de conscience et de la démocratie. La lutte contre l’islamisme politique commence par refuser de louer la salle aux Frères Musulmans : « Lille Grand Palais » est géré par une société d’économie mixte au sein de laquelle la ville de Lille est majoritaire et qui est présidée par un Maire-adjoint.

Pour une mosquée mixte : prémices d’une révolution théologique inéluctable

Marianne –  22/01/2019 – Malik Bezouh – Intellectuel musulman engagé dans la réforme de l’islam, Malik Bezouh propose la mise en place de mosquées mixtes où hommes et femmes prieraient côte à côte, avec des imams de sexe féminin. Par cette prise de position, l’essayiste compte faire émerger un courant progressiste de l’islam en France. « Vous voulez détruire l’islam ! On ne vous laissera pas faire ! » C’est en ces termes, marqués au coin de la colère mais aussi de l’inquiétude, que je fus invectivé par une étudiante lors d’une campagne de sondage que j’ai effectuée il y a quelques mois. Mais pourquoi diable ai-je déclenché l’impétueux courroux de cette jeune personne ? La raison en est simple. Dans ledit sondage, ciblant des françaises et français de culture ou de confession musulmane, je posais la question suivante : « Êtes-vous favorable à la création d’une mosquée mixte, dans laquelle hommes et femmes prieront ensemble et où la fonction d’imam sera dévolue à une femme ? ». Dans les faits, nous avons testé, dans le cadre de ce sondage, deux types de mosquée mixte. La première, au nom de Fatima, est un lieu de culte dans laquelle les hommes prient à droite et les femmes à gauche ; au même niveau donc. Dans cette moquée-là, l’imam est alternativement, une femme, une semaine durant, puis un homme la semaine suivante. La seconde, prénommée Sïmorgh, mélangera hommes et femmes. Les rangées seront donc mixtes. En outre, la fonction d’imam sera assurée par une femme, à l’instar de ce qui se passe au Danemark avec l’imam Sherin Khankan. Quant aux résultats du sondage, réalisé sur un échantillon de 520 français et françaises de culture ou de confession musulmane, les voici : pour la mosquée Fatima, on obtient 68% d’avis défavorable, 27% d’avis favorable et 5% de sans opinion. En ce qui concerne la mosquée Sïmorgh, 73% des personnes sondées se prononcent contre, 25% pour et le reste, soit 2%, n’a pas d’avis. Que penser de ces données ? À la vérité, avant même de mener cette enquête d’opinion, nous savions à quoi nous en tenir ; en l’occurrence un rejet du projet de mosquée mixte compte tenu du fort vent de conservatisme qui souffle fort, très fort, sur le monde musulman, dans ses deux versants oriental et occidental, et ce depuis la funeste fermeture théologique qui s’est opérée au XIIIe siècle marquant ainsi le début du processus de vitrification de la pensée musulmane. En outre l’islam de France – c’est vrai aussi pour l’islam belge, espagnol, etc., – a cela de particulier qu’il est minoritaire. Un fait nouveau, et pour tout dire historique puisque l’islam, dans les pays majoritairement musulmans, est religion d’État ; statut lui conférant une intouchabilité absolue. Par suite, toute tentative de remise en cause des dogmes est perçue, dans ces pays-là, comme un attentat de nature blasphématoire contre la religion. Plusieurs penseurs et théologiens musulmans l’ont appris à leur dépens. C’est le cas de l’illustre soudanais Mahmoud Mohamed Taha, apôtre d’une théologie islamique de la libération, condamné à mort et pendu le 18 janvier 1985 à Khartoum pour « hérésie »

La journaliste Zineb el Rhazoui menacée de mort après ses propos sur l’islam

Le Figaro. 19/12/2018. Par Edouard de Mareschal –  (VIDÉO) – L’ancienne journaliste de Charlie Hebdo est la cible d’un «déferlement de haine reçu sur les réseaux sociaux» pour avoir dit sur CNews que l’islam devait «se soumettre à la critique»… Depuis près d’une semaine, Zineb el Rhazoui subit une violente campagne de harcèlement en ligne. En cause, les propos tenus vendredi dernier par l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo sur le plateau de CNews: «Il faut que l’islam se soumette à la critique, qu’il se soumette à l’humour, qu’il se soumette aux lois de la République, qu’il se soumette au droit français. On ne peut pas venir à bout de cette idéologie en disant aux gens “l’islam est une religion de paix et d’amour”», avait-elle affirmé. Une plainte pour «menaces de mort» a été déposée mardi par son avocat, Me Thibault de Montbrial. «L’urgence a bien été comprise par la police et le parquet», assure-t-il. «Nous avons transmis les messages incriminés aux enquêteurs qui vont faire des réquisitions auprès de Facebook et Twitter pour remonter jusqu’à leurs auteurs.» –  «J’espère que les auteurs de ces messages seront identifiés et mis devant leurs responsabilités», dit Zineb el Rhazoui au Figaro. «L’impunité judiciaire doit cesser.» Militante laïque, la journaliste franco-marocaine est régulièrement prise pour cible par des fondamentalistes pour ses prises de position hostiles à l’islam politique et à l’islam radical. Journaliste chez Charlie Hebdo en 2015, elle n’était pas à la rédaction le 7 janvier, quand les terroristes l’ont décimée. Elle vit depuis sous étroite protection policière… Si cette campagne de harcèlement l’a profondément affectée, Zineb el Rhazoui n’est pas revenue sur ses propos. Au contraire, elle les a réaffirmés mercredi sur le plateau de CNews. «Ce n’est pas la première fois que je subis une campagne de haine, et même de fatwa qui réclame ma tête, tout ça pour des propos de bon sens, comme ceux que j’ai tenus vendredi», a-t-elle dit avant de répéter que l’islam devait «se soumettre aux lois de la République, à l’humour, à la raison, à la critique, comme toutes les autres religions.»

Auprès du Figaro, elle dénonce un climat délétère. «Quatre ans après l’attentat de Charlie Hebdo, la situation est pire que jamais. Cette campagne de haine n’a même pas été provoquée par une caricature, mais par une phrase aussi simple que ça», dit-elle, déplorant un manque de soutien dans les rangs de la gauche, dont elle est issue. «Qu’attendent les journaux qui font des portraits dithyrambiques d’islamistes notoires pour raconter ce que je subis? Où sont ceux qui se disaient ‘‘Charlie” en 2015?»  C’est la seconde fois en trois mois que la militante laïque est la cible de messages haineux. La première salve avait été provoquée fin septembre par ses propos dans l’émission «Punchline» (C8), où la journaliste avait affirmé que les femmes voilées affichaient «une idéologie qui est celle de l’islam radical, qui est une idéologie dont l’aboutissement est le terrorisme». Des propos qui lui ont valu une plainte du Collectif contre le racisme et l’islamophobie (CRI), une association à l’activité comparable au très procédurier CCIF.

L’imam de la mosquée de Toulouse, Mohamed Tataï, mis en examen «pour incitation à la haine raciale»

Ladepeche.fr – 20.12.2018 – L’imam de la mosquée d’Empalot à Toulouse, Mohamed Tataï, a été mis en examen mercredi pour incitation à la haine raciale à la suite de propos antisémites prononcés en langue arabe lors d’un prêche, en décembre 2017. En septembre dernier le parquet de Toulouse avait ouvert une information judiciaire pour provocation à la haine à l’encontre de M. Tataï, un ressortissant algérien de 55 ans présenté comme un imam «modéré ». Deux chefs de mise en examen ont été retenus : « provocation publique, par parole, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion » et « provocation publique, au moyen de communication au public par voie électronique, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Le 23 juin dernier, au lendemain de l’inauguration de la mosquée du quartier Empalot à Toulouse, le préfet de Haute-Garonne, Pascal Mailhos, avait alerté le parquet de Toulouse sur des faits « susceptibles de constituer une incitation à la haine », à travers des propos diffusés sur internet dans une vidéo. Ce film de mauvaise qualité, sous-titré en anglais, montre un prêche datant de fin 2017 dans une salle de prière du quartier Empalot à Toulouse. On y voit Mohamed Tatai se livrer en arabe à des propos clairement antisémites. Selon la traduction d’arabe en anglais, Mohamed Tataï aurait déclaré : « (Le prophète) nous a parlé de la bataille finale et décisive : le Jugement dernier ne viendra pas jusqu’à ce que les musulmans combattent les juifs […] Les Juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres et les rochers et les arbres diront : «Ô musulman, Ô serviteur dAllah, il y a un juif qui se cache derrière moi, viens le tuer». Face à la polémique, Mohamed Tataï s’était défendu en dénonçant « un montage grossier » et des propos « sortis de leur contexte ». « Dans mon prêche, je ne visais ni le judaïsme, ni le peuple juif » avait-il déclaré à La Dépêche. À la suite de ces diffusions, le parquet de Toulouse avait mandaté des experts assermentés pour réaliser la traduction de ces prêches. C’est à l’issue des vérifications « du contenu et des modalités de sa diffusion » que le chef du parquet de Toulouse a décidé de confier les investigations à deux magistrats instructeurs. Mohamed Tataï a fait l’objet d’une audition libre, début septembre, dans les locaux du service régional de police judiciaire de Toulouse, chargé de l’enquête…

 

Nord: Le préfet ferme une salle de prière pour des propos violents et haineux tenus lors de prêches

Le préfet s’est appuyé sur un article du Code de la sécurité intérieure mis en place après la levée de l’Etat d’urgence… Mikael Libert -20minutes.fr –  Le 13/12/18 – Dans un communiqué envoyé, jeudi, le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, a annoncé la fermeture, pour une durée de six mois, d’une salle de prière musulmane à Hautmont, près de Maubeuge, dans le Nord. Ainsi, les responsables de la salle de prière As-Sunnah se sont vus notifier l’arrêté de fermeture ce jeudi, pour une entrée en vigueur « dans 48h, soit le samedi 15 décembre à 14h30…Pour justifier cette décision, le représentant de l’Etat s’appuie sur l’article L.227-1 du Code de la sécurité intérieure qui lui permet de fermer un lieu de culte « aux seules fins de prévenir la commission d’actes de terrorisme ». « Les idées qui y sont diffusées et les activités qui s’y déroulent provoquent à la violence, à la haine et à la discrimination et font l’apologie d’actes de terrorisme », précise le préfet du Nord. Outre les « propos tenus lors de prêches », la préfecture affirme que des intervenants invités pour des conférences « ont tenu des propos de même nature ». En octobre dernier, le préfet du Nord avait usé de ce même article du Code de la sécurité intérieure pour ordonner la fermeture du Centre Zahra, à Grande-Synthe, près de Dunkerque. Dans la foulée, le trésorier de ce centre avait été placé en détention provisoire. Pour la salle de prière d’Hautmont, les autorités n’ont pas communiqué sur d’éventuelles interpellations. Sans citer l’attentat sur le marché de Noël de Strasbourg qui a fait plusieurs morts, le préfet évoque le « contexte actuel » et rappelle son engagement dans la « lutte contre les extrémismes de quelque nature qu’ils soient ».

 

L’inquiétante sortie de prison de 450 islamistes

Par Christophe Cornevin. Le Figaro 06/06/2018. Dans les mois à venir, ces détenus incarcérés pour terrorisme ou qui se sont radicalisés en prison seront libérés…Relâcher dans la nature un fanatique qui mettrait à exécution une équipée mortifère une fois sa liberté recouvrée… Ce scénario catastrophe hante les autorités. Alors que le spectre d’un retour massif de «revenants» issus des zones de combats se dissipe, les services antiterroristes et judiciaires considèrent comme une absolue priorité la prise en compte des islamistes «sortants» de prison. Le sujet présente une acuité telle qu’il était à l’ordre du jour du Conseil de défense tenu ce mercredi à l’Élysée. Deux chiffres suffisent à faire comprendre la situation explosive que vont devoir gérer les services. Selon un nouveau bilan, près 10 % des 512 détenus incarcérés pour terrorisme sont susceptibles d’être libérés d’ici à fin 2018. Soit au total, une cinquantaine de potentielles bombes ambulantes dont il est très difficile d’affirmer avec certitude si elles seront désactivées ou non.

 

Menace terroriste : plus de 800 “radicalisés” suivis de près dans la région PACA

La Provence 14.12.2018. Par Romain Capdepon, Thomas Hirsch et Jérémy Michaudet… C’est un nombre qui gonfle par vagues, et connaît des reflux en cascades. Une masse inquiétante et variable au gré des signalements et de leurs prises en compte par les groupes d’évaluation départementale (GED) de la radicalisation…Une jeune fille soudainement convertie qui tient un discours radical, voire violent, un homme qui ne va plus en cours à la fac, se replie sur lui-même, ne daigne plus serrer la main des femmes, un autre qui a abandonné la salle de sports, un fils, un frère, un cousin qui soudainement fréquente une mosquée aux prêches radicaux… ces signalements sont livrés par un coup de fil au numéro vert mis en place par le gouvernement, par exemple, ou, dans la majorité des cas, sont le fruit des repérages effectués, notamment par les groupes “Islam” des services départementaux du Renseignement territorial. Selon nos informations, actuellement dans les Bouches-du-Rhône, 480 personnes sont inscrites au Fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) et suivies de près : les trois quarts sont des hommes et 20 % sont mineurs. Si en 2017, une vingtaine de suspects ont été mis en examen pour “association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste”, le chiffre 2018 n’est pas encore rendu public. À la suite du drame de Strasbourg, une grande partie des quelque 250 militaires de l’opération Sentinelle présents depuis des mois dans les Bouches-du-Rhône ont été affectés spécifiquement au marché de Noël sur le Vieux-Port, au centre-ville de Marseille et sur les zones commerciales. Le 1er octobre 2017, après qu’un terroriste a poignardé deux jeunes filles sur le parvis de la gare Saint-Charles, c’est l’un de ces militaires qui a coupé court à son équipée meurtrière. Dans le département du Vaucluse, entre 200 et 250 personnes, présentant des signes de radicalisation ou fichées S (une centaine au total) sont surveillées de près. Pour l’heure, les militaires Sentinelle ne sont pas déployés…Dans les Alpes-de-Haute-Provence, une cinquantaine de personnes (une trentaine en 2016), présentant des signaux faibles de radicalisation sont actuellement suivies, 13% d’entre elles sont âgées de moins de 20 ans…Enfin, dans le département des Hautes-Alpes, une trentaine de personnes, présentant des signaux faibles de radicalisation sont dans les radars. Les deux tiers sont inscrits au FSPRT. Là non plus, les militaires de l’opération Sentinelle ne sont pas déployés (…)

Harcèlement sexuel au Hadj, des femmes livrent leurs témoignages

algerie-direct.net. Imane Chibane, 24 08 18 – Un nouveau Hashtag qui dénonce le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles enflamme les réseaux sociaux, après meetoo, et balancetonporc, cette fois, c’est balance ton Hadj, et ça nous vient tout droit des terres saintes, de La Mecque, en pleine période de pèlerinage. Il semble difficile de croire que des agressions sexuelles prennent lieu en plein pèlerinage, mais c’est malheureusement le cas, et c’est très grave. Les femmes livrent leurs témoignages sur les réseaux sociaux et racontent un calvaire, vécu durant leur séjour à La Mecque et à Médine, certaines ont subi des attouchements à deux pas de la Kaaba, et dans la mosquée du prophète. Les femmes se taisent souvent, de peur d’être critiquées pour leurs tenues vestimentaires, pour un comportement indécent, et pour quelque chose qu’elle aurait fait pour s’attirer elle-même les mains baladeuses et les insulte des harceleurs. Mais cette fois, il s’agit de femmes intégralement voilées, dans un lieu saint, censé être le refuge des gens pieux, aucune excuse ne peut être acceptée, même par cette société arabo-musulmane machiste. Sabica Khan, la première à avoir rapporté son témoignage, une femme pakistanaise agressée sexuellement devant la Kaaba, qui avait dénoncé les harcèlements et les attouchements et avait affirmé s’être sentie très mal dans sa peau, en danger, et très déprimée suite à l’incident. « J’avais cru que le premier attouchement avait été un accident, je n’avais rien dit, mais il a recommencé, et il m’a pincé les fesses », a affirmé Sabica Khan, qui avait essayé d’arrêter l’homme, mais qui ne pouvait pas bouger à cause des foules. Elle a ajouté : « …Je ne me sentais pas en sécurité et j’étais à deux mètres de la Kaaba, dans le lieu islamique le plus saint sur terre. Je n’ai pas été agressée une fois ou deux, mais trois fois la bas. »  Le témoignage a été partagé 2000 fois à partir de son compte Facebook, et avait inspiré courage et force aux autres femmes qui se sont mises à dénoncer les agressions et à livrer leurs propres témoignages, pour donner naissance à un Metoo, version hadj. Aziza, une femme âgée de 37 ans s’est confié au Times Magazine, en affirmant que ces pratiques sont courantes, et n’ont rien de surprenant, que les femmes se sont habituées et résiliées au silence. « C’est des pratiques courantes, moi et ma famille avons subi ces agressions sexuelles, pour moi, la première fois où un homme m’avait collé son pénis, je n’avais que 9 ans et je n’avais rien compris, c’était ma sœur âgée de 14 ans qui avait alerté ma mère. En plein cœur de La Mecque, les attouchements, pincements et agressions sont très courants. », confie Aziza au Times Magazine…                                https://algerie-direct.net/lactualite/harcelement-sexuel-au-hadj-des-femmes-livrent-leurs-temoignages/

Dans le cadre du «djihad nikah» : des Algériennes ont rejoint Daech pour 2000 euros.

Par Algérie Monde Infos – 27 août 2018 – Elles sont plus de 30 Algériennes à avoir quitté leurs familles pour rejoindre Daech en Syrie, sous prétexte d’accomplir leur devoir de soutenir le groupe terroriste à travers le «djihad nikah», une forme de «prostitution halal.» Le procès de 36 membres de Daech, qui s’est déroulé au tribunal de Boumerdès, a révélé l’existence d’un réseau chargé du recrutement de jeunes filles et femmes algériennes sur les réseaux sociaux pour le compte de Daech.   

http://www.algeriemondeinfos.com/2018/08/27/cadre-djihad-nikah-algeriennes-ont-rejoint-daech-2000-euros/

Suisse, Le Conseil central islamique justifie la circoncision des filles

Le Matin – 19 février – En Suisse, toutes les formes de mutilations génitales féminines sont interdites. Une variante est néanmoins défendue par le Conseil central islamique. La circoncision du prépuce masculin est une pratique largement acceptée à travers le monde. La situation est en revanche tout autre en ce qui concerne l’excision féminine, rappelle ce lundi le «TagesAnzeiger»…Qaasim Illi, porte-parole du CCIS …sur Twitter, il estime que l’ablation du prépuce clitoridien n’est pas une mutilation génitale. Selon lui, la circoncision féminine n’est pas obligatoire, mais conseillée. Cette pratique ne serait pas nocive et n’aurait aucune conséquence négative pour les filles…

Syrie : 120 enfants de jihadistes français sont détenus sur place, la France examinera leur rapatriement au cas par cas.

INFO FRANCE 3.  le 27/09/2018 . Leurs parents devront quant à eux être jugés sur place, précise le quai d’Orsay. 120 enfants de jihadistes français sont actuellement détenus dans des camps kurdes en Syrie, révèle France 3, jeudi 27 septembre. Le quai d’Orsay envisage de rapatrier les mineurs au cas par cas, mais souhaite que leurs parents soient jugés sur place.                                                                                         https://www.francetvinfo.fr/

Daech aurait formé des enfants pour commettre des attentats en France

Par  Le Figaro.fr – 26/06/2018  – L’État islamique aurait eu pour projet de former des jeunes syriens pour commettre des attentats en Europe, et notamment en France. C’est ce qui ressort des propos d’un ancien djihadiste français, Jonathan Geffroy, tenus lors de sa garde à vue, et que le quotidien Le Monde a pu consulter (…). Mais c’est un projet au long cours, car ils veulent qu’ils grandissent pour pas qu’il y ait de reconnaissance faciale”… Selon Jonathan Geffroy, ce sont les frères Clain, bien connus des services de renseignement français, qui auraient suggéré cette idée aux dirigeants de l’EI. Ces derniers avaient notamment prêté leur voix à la revendication par l’organisation terroriste des attentats du 13-Novembre.                                                                

Un rapport remis à Macron s’inquiète de la montée de l’islamisme en France

L’Obs avc AFP – 10 septembre 2018 – Une association pour financer l’islam de France, notamment par le biais d’une “taxe halal”, renforcer l’apprentissage de l’arabe à l’école : l’Institut Montaigne a présenté dimanche 9 septembre des propositions pour lutter contre le fondamentalisme qui “progresse chez les musulmans de France”, selon un rapport.  L’auteur du rapport, Hakim El Karoui, a présenté sur RTL sa mesure phare, déjà évoquée depuis plus de deux ans par ce groupe de réflexion libéral : la création d’une Association musulmane pour l’islam de France (Amif)… Hakim El Karoui, qui a l’oreille d’Emmanuel Macron, préconise également de renforcer l’apprentissage de l’arabe à l’école publique. “Le nombre d’élèves qui apprennent l’arabe au collège et au lycée a été divisé par deux. Il a été multiplié par dix dans les mosquées, il faut savoir ce qu’on veut”, a-t-il argué…Son rapport constate “la progression de l’idéologie islamiste chez les musulmans de France“… Les salafistes – branche rigoriste de l’islam – “gagnent du terrain à l’intérieur de la communauté”, surtout chez “les jeunes de moins de 35 ans”. La quasi-totalité des réponses sur internet aux questions religieuses est fournie par des prédicateurs proches des salafistes, s’inquiète Hakim El Karoui, qui pointe aussi le développement de sites communautaires, d’hébergement ou de covoiturage “halal”…

Menace terroriste : un rapport dénonce “l’inaction des pouvoirs publics” face au “danger” du salafisme.

10 juillet 2018, @ ULI DECK / DPA / AFP …Un rapport sénatorial consacré à la “menace terroriste” insiste sur son caractère “endogène” et déplore de “fortes inquiétudes pour l’avenir”. Il dénonce en particulier “l’inaction coupable des pouvoirs publics” face au “danger” du salafisme…Citant des chiffres des services de renseignement, le rapport estime que le salafisme en France, représenterait environ 130 lieux de culte et entre 40 à 60.000 adeptes. “Le manque de courage conduit trop souvent à fermer les yeux sur la place du salafisme en France, tandis que certains individus surveillés ne sont pas toujours empêchés de passer à l’acte”, déplore la commission d’enquête… Les deux sénateurs préconisent notamment une mobilisation de l’arsenal juridique ou encore d’inscrire le salafisme sur la liste des dérives sectaires de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes)…

http://www.europe1.fr/societe/menace-terroriste-un-rapport-denonce-linaction-des-pouvoirs-publics-face-au-danger-du-salafisme-3706412

Salafisme: en France, 4000 enfants ont été déscolarisés en deux ans…

m.epochtimes.fr – 21/07/2018 – Le 10 juillet, un rapport sénatorial exposait le « danger » du salafisme en France… Un chiffre retient l’attention dans le rapport : entre 215 et 2017, 4 000 enfants ont été déscolarisés dans les quartiers sensibles. Il ne s’agirait pas de « décrochage scolaire » : ces enfants seraient tout simplement « scolarisés à domicile », mais sans aucun contrôle de la part des autorités. Passant sous le radar de l’administration publique, une partie des parents est rappelée à l’ordre, et d’autres sont totalement ignorés. Caroline est prof dans les quartiers nord de Marseille. Lors d’une interview à Paris Match, elle se livre sur son quotidien. « Même si l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans, les parents reçoivent des recommandés du Conseil général pour absentéisme puis une convocation chez les flics pour un rappel à la loi. Ce qui ne sert à rien ; les familles s’en désintéressent au point de ne même pas venir aux réunions de prérentrée… Sur nos 60 élèves (15 par classe), il n’y a que trois parents qui y assistent ! »…

Bucaille : Un auteur adoré des islamistes dans un manuel de français en classe de 6ème

Marianne- 11/07/2018 . Par Hadrien Mathoux. Dans un chapitre consacré aux différentes explications de la création du monde, un livre de français destiné aux élèves de sixième utilise comme source l’ouvrage d’un certain Maurice Bucaille. La thèse principale de cet essayiste controversé est que le Coran a, contrairement à la Bible, anticipé toutes les découvertes scientifiques des Hommes…La Bible, le Coran et la Science n’est pas le genre de livre qu’on s’attend à voir cité dans un manuel destiné aux collégiens. C’est cette découverte surprenante qui a poussé Olivier B., père d’une jeune fille scolarisée en 6ème dans un établissement public d’Arles (Bouches-du-Rhône), à contacter Marianne.

En feuilletant Fleurs d’encre, le manuel de français de sa fille, il s’est arrêté sur le chapitre “Au commencement du monde”…La page 187 est consacrée à l’islam. Y figurent plusieurs sourates du Coran, traduites en français. “Votre Seigneur est Dieu qui créa les cieux et la terre en six jours” … ce qui interpelle, c’est la source à partir de laquelle les auteures du manuel ont tiré les sourates du Coran : La Bible, le Coran et la Science, un ouvrage publié en 1976 par un certain Maurice Bucaille… Peu connu du grand public, Bucaille est une véritable star dans une partie du monde musulman. “Quasiment toutes les bibliothèques des mosquées de Grande-Bretagne (et de France*)” possèdent son best-seller dans leur collection, rapporte par exemple le quotidien britannique The Telegraph. Ancien médecin de la famille du roi Fayçal d’Arabie, né en 1920 et décédé en 1998, Maurice Bucaille défend dans son livre-phare une thèse à même de séduire les islamistes de tout poil : selon lui, le Coran a anticipé toutes les découvertes scientifiques modernes et se trouve en conformité avec elles, tandis que la Bible chrétienne serait truffée d’erreurs flagrantes. La position est farfelue : le Telegraph souligne ainsi que Bucaille, fasciné par la religion musulmane, a interprété les textes religieux de manière biaisée pour prouver ses dires…D’après Bucaille, d’autres passages du livre saint de l’islam anticipent la découverte de l’embryon et même… l’arrivée de l’Homme sur la lune. “Sans surprise, de telles assertions ont été ridiculisées par les scientifiques et les théologiens sophistiqués“, conclut le Telegraph. Aux Etats-Unis, le Wall Street Journal partage l’analyse, évoquant une influence si phénoménale du médecin français qu’il a donné son nom à une doctrine : le “bucailléisme”, “équivalent musulman du créationnisme chrétien”. La thèse de Bucaille, censée prouver la supériorité de l’islam sur le christianisme en se basant sur la science, a logiquement conquis une certaine influence, y compris parmi les fidèles de l’islam vivant dans les pays occidentaux… le bucailléisme “réconcilie les conflits que les étudiants pouvaient ressentir entre leurs croyances religieuses et des carrières séculaires d’ingénieurs ou d’informaticiens”, souligne le quotidien. On retrouve en effet des citations du livre de Maurice Bucaille sur bon nombre de sites prosélytes de référence, comme Islamicity ou Oumma.com…                                                                                                                       *(Note du GEMPPI)

Un prof de droit complotiste et anti-laïque pour former les imams à l’Université de Lorraine

Marianne. 26/09/2018. Par Étienne Girard. “Marianne” s’est procuré le plan de cours d’un professeur de droit de la laïcité à l’Université de Lorraine: il fustigeait le droit français… auprès de futurs aumôniers officiant dans les prisons, les hôpitaux ou dans l’armée ! Un diplôme subventionné par le ministère de l’Intérieur. Il a récemment été écarté. Pendant toute l’année universitaire 2017-2018, un enseignant du diplôme d’université (DU) “Religions, laïcité et inclusion sociale” a donné un cours de droit de la laïcité… ouvertement anti-laïque. Dérangeant quand on sait que cette formation fait partie des 20 cursus agréés par l’Etat à délivrer un diplôme obligatoire pour les aumôniers religieux rémunérés dans les hôpitaux ou les prisons. Le juriste y a notamment exposé auprès de ses 24 étudiants, dont 9 sont –d’après les chiffres communiqués par l’Université – des imams ou de futurs imams, son aversion pour la loi d’interdiction des signes religieux à l’école publique. Loin d’avoir dérapé, ce professeur de droit public est un habitué des propos ou écrits hostiles à la laïcité française et le défenseur de théories du complot, particulièrement sur le 11 septembre 2001. Il a été récemment mis à l’écart du diplôme d’université, qui devrait reprendre en novembre prochain, comme l’a révélé Le Figaro le 21 septembre dernier. Le cours de Christopher Pollmann, professeur agrégé de droit public à l’Université de Lorraine depuis 2005, portait sur le “droit de la laïcité”, sur 30 heures. L’enseignant a choisi d’en faire un réquisitoire contre l’application de ce principe en France…notamment sur les signes religieux à l’école (loi de 2004)

Le retour en force de la théorie de la «Terre plate»

Loïc Le Clerc – NASA / AFP 06 avril 2017 …La Terre est-elle vraiment ronde? Si vous pensiez que le débat avait été clos par Galilée et bien d’autres, vous vous trompez. Cette fois-ci, c’est une chercheuse tunisienne en géologie à la faculté des Sciences de Sfax qui s’attaque à la question dans une thèse bourrée de fautes d’orthographe, révélée par Jeune Afrique. Travaillant sur sa thèse depuis 2011… l’étudiante avance tout simplement que «la terre est plate et le soleil gravite autour». Ceci au nom de la religion musulmane. Cette théorie se fonde sur «les donnés et les arguments physiques religieuses» (sic) afin de «démontrer la position centrale, la fixation et l’aplatissement de la surface de la terre, la révolution du soleil et de la lune autour d’elle»… Enfin, la thésarde tunisienne assure que «les étoiles se situent à 7 000 000 km avec un diamètre de 292 km et leur nombre est limité. Ils possèdent trois rôles : pour être un décor du ciel ; pour lapider les diables et des signes pour guider les créatures dans les ténèbres de la terre». Il n’en fallait pas plus pour horrifier la communauté universitaire tunisienne, choquée par ailleurs de voir un tel «travail» appuyé par une faculté de sciences…  Cette soumission des lois de l’univers à celles de la religion musulmane n’est évidemment pas une première. Début 2015, le prédicateur saoudien Bandar al-Khaibari expliquait ainsi à ses étudiants que la Terre est «stationnaire», qu’elle «ne bouge pas» ni sur elle-même, ni autour du soleil. Ce qui est plus nouveau, en revanche, c’est la diffusion de cette théorie fumeuse dans des cercles non religieux. Récemment, le rappeur B.o.B. de même que deux stars de la NBA se sont notamment fait remarquer par des sorties médiatiques sur le sujet…  Des illuminés isolés? Pas tout à fait. Car en ces temps de «fake news», la science est clairement devenue un terrain suspect. Des sites conspirationnistes fleurissent ainsi sur la Toile pour venir «prouver» la platitude de notre planète. Les arguments sont toujours les mêmes : pourquoi ne voit-on qu’une seule face de la Lune ? Pourquoi l’horizon est-il plat ?                                                http://www.leparisien.fr/sciences/le-retour-en-force-de-la-theorie-de-la-terre-plate-06-04-2017-6829746.php

Turquie: Qui est Adnan Oktar, le leader d’une “secte” arrêté pour fraude et abus sexuels

Al HuffPost. Par Salma Khouja. 14/07/2018 – Un prédicateur musulman… de 62 ans est notamment poursuivi pour fraude, corruption ou encore agression sexuelle, rapporte la BBC. Adnan Oktar, qui s’est fait connaître dans le pays avec son ouvrage remettant en question la théorie de l’évolution de Darwin, “L’Atlas de la création”, est également célèbre pour être à la tête le l’organisation “Harun Yahya” (son nom de plume), considérée comme une secte par certains observateurs…Le prédicateur a notamment longtemps eu sa propre chaîne, A9, qui diffuse des émissions consacrées à la religion et ses théories créationnistes…Dans ces extraits pour le moins étranges, Adnan Oktar est constamment entouré de femmes lourdement maquillées, allure svelte et vêtements sexy, surnommées ses “kittens” (“chatons”). Des prêches entrecoupés de pauses musicales durant lesquels les femmes de l’assistance sont encouragées à danser. ″À sa demande, ses Kittens ont troqué le hijab et autres tenues traditionnelles contre des tenues de designer, du maquillage et des opérations chirurgicales”, racontait déjà le site Vice en 2016, précisant que Oktar et ses adeptes essayaient ainsi “de dessiner ce qu’ils appellent le nouveau visage de l’islam moderne”… Ce n’est pas la première fois qu’Adnan Oktar est poursuivi pour des plaintes d’agressions sexuelles et de chantages à la sex tape. En 1999 déjà, ce dernier s’est retrouvé dans la ligne de mire des autorités, comme le rapporte le journal Haaretz, qui a réalisé une longue enquête sur le leader religieux quelques jours seulement avant son arrestation. Après avoir passé 9 mois en prison en attendant son procès, les accusations contre Adnan Oktar avaient finalement été abandonnées après le retrait de nombreux témoins. Adnan Oktar dément de son côté toutes les accusations, invoquant un complot…                                                                                                                                           https://www.huffpostmaghreb.com

Adnan Oktar – Harun El Yahya – Les médias turcs accusent le «chef de secte» de liens avec Israël.

SETH J. FRANTZMAN  – Le Jerusalem Post ,  18 juillet 2018…Les médias turcs ont été inondés de détails salaces au sujet de l’arrestation d’un dirigeant  de «secte» controversée au cours de la semaine dernière. Dans la dernière version, des reportages ont cherché à lier Adnan Oktar et son groupe à Israël. Au fur et à mesure que l’affaire avancera devant le tribunal, les allégations et l’attention des médias vont probablement augmenter et Israël deviendra de plus en plus un bouc émissaire. Mercredi dernier, la police a arrêté Adnan Oktar – également connu sous le nom de Harun Yahya – et a accusé son organisation de crimes comprenant «la création d’une bande criminelle, la fraude, le chantage, l’abus sexuel et l’espionnage politique et militaire». 171 suspects ont été arrêtés et la police a confisqué des camions de preuves, dont 70 armes, 3 000 munitions et de l’argent…Dimanche, le nombre de plaintes pénales s’élevait à 45 dans six pays, dont dix-sept enfants qui alléguaient des abus sexuels commis par de nombreuses personnes qualifiées de «sectaires»… 86 entreprises liées à l’organisation ont été identifiées…Les médias turcs ont également cherché à établir des liens entre ce qu’ils appellent une «organisation terroriste FETO» et la « secte ». “Cette mascarade était un montage des traîtres, leurs liens les uns avec les autres et leurs contacts avec les sionistes et les croisés”, écrit un chroniqueur à Yeniakit.com. FETO est le nom donné à l’organisation dirigée par Fethullah Gulen, un religieux accusé par Ankara d’être derrière le coup d’État de 2016 et d’autres crimes. La Turquie a demandé l’extradition de Gulen des Etats-Unis… Un deuxième article de Yeniakit affirme que le soutien d’Oktar au dialogue religieux avec les juifs et les chrétiens était similaire à celui de Gulen. Une grande partie  de l’article ne donne pas de détails, mais parle de «liens sombres avec Israël et les États-Unis, et les points focaux du pouvoir.» Alors que ces théories du complot se répandent, les réseaux de «sionistes et maçons» apparaissent en ligne… Lors d’un rassemblement après les arrestations, une poupée en forme d’Oktar avec le mot “Siyonist” ou sioniste a été placée devant les manifestants…
https://www.jpost.com/Middle-East/Turkish-media-accuses-cult-leader-of-Israel-ties-562809

450 radicalisés sortiront de prison d’ici fin 2019.

Le Point.fr (avec AFP)  le 06/06/2018. Près de 450 détenus radicalisés sortiront de prison d’ici fin 2019, parmi lesquels une cinquantaine de “terroristes islamistes”, a indiqué mercredi la garde des Sceaux Nicole Belloubet… « Nous avons à peu près 500 détenus qui sont radicalisés comme terroristes islamistes. Sur ces 500-là, il y en aura une vingtaine cette année qui sortent, et puis à peu près une trentaine l’année prochaine », a-t-elle expliqué sur BFM TV. À cette cinquantaine d’individus devant sortir de prison s’ajoutent des détenus de droit commun qui se sont « radicalisés » : « À côté de ceux-là, nous avons effectivement des gens qui sont détenus pour des faits de droit commun mais qui en même temps, nous le savons, ont été radicalisés (…). Un certain nombre d’entre eux, à peu près 30 %, auront terminé leur peine en 2019 et sortiront en 2019. »… « Les services de renseignement qui jouent un rôle essentiel seront considérablement renforcés », a promis la ministre. « Nous allons recruter cent personnes supplémentaires sur les services de renseignement pénitentiaire et déployer des moyens pour mieux isoler [en détention, NDLR] les détenus radicalisés », a-t-elle dit. La France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats djihadistes sans précédent qui a fait 246 morts et des centaines de blessés. Un nouveau plan d’action contre le terrorisme doit être présenté en juin par le gouvernement. http://www.lepoint.fr/politique/selon-nicole-belloubet-450-radicalises-sortiront-de-prison-d-ici-fin-2019–06-06-2018-2224619_20.php

Financement du terrorisme: 416 donateurs de l’EI identifiés en France

Le Vif  26/04/18 – Source: Afp. Les autorités françaises ont identifié un total de 416 donateurs ayant participé au financement du groupe État islamique (EI), a indiqué jeudi le procureur de Paris, s’alarmant d’un “micro-financement” du terrorisme, par des sommes “modiques” mais nombreuses. Alors que se tient à Paris une conférence sur le financement du terrorisme international, François Molins a révélé sur Franceinfo qu’un travail de “coordination avec les services de renseignement financier” avait permis d’identifier en France ces 416 donateurs ces deux dernières années. “Ce qui est beaucoup”, a-t-il commenté. Ses services ont également repéré “320 collecteurs, essentiellement basés en Turquie et au Liban, grâce auxquels les jihadistes qui se trouvaient en Syrie ou en Irak pouvaient recevoir des fonds”, a ajouté le magistrat.

Dans les colonnes du quotidien Le Parisien, il souligne également que “Daech s’est principalement financé en utilisant deux vecteurs. D’abord la zakat, la charité: on envoie de l’argent à des associations à but humanitaire ou directement à des membres de sa famille qui sont sur place (…) Ensuite, il y a la ghanima, le butin de guerre, c’est à dire le financement par des actes délictueux”. Plusieurs dossiers dans lesquels des parents sont soupçonnés d’avoir envoyé de l’argent à leur enfant parti combattre aux côtés de groupes jihadistes sont entre les mains de la justice et des condamnations pour de tels faits ont déjà été prononcées. Les failles du système de mandat cash qui permet de transférer très rapidement de l’argent à un tiers, ont aussi été utilisées pour financer les jihadistes partis combattre en zone irako-syrienne. Soupçonnée d’avoir manqué de vigilance en la matière, la Banque Postale est visée depuis septembre par une enquête préliminaire du parquet de Paris.

http://www.levif.be/actualite/international/financement-du-terrorisme-416-donateurs-de-l-ei-identifies-en-france/article-normal-832247.html?utm_source=Newsletter-26/04/2018&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBDAGLV&M_BT=26073027215451

Un imam salafiste Marseillais expulsé vers l’Algérie

Par Foozine, le 20 Avril 2018. El Hadi Doudi, un imam salafiste de Marseille connu pour ses prêches radicaux a été expulsé vers l’Algérie ce matin. Cette décision a été prise sur le base des informations fournies par les parties, alors que son avocat invoquait le risque qu’il subisse des tortures ou traitements inhumains ou dégradants s’il était renvoyé par les autorités françaises vers l’Algérie. Hadi Doudi âgé de 63 ans, imam de la mosquée As-Sounna, située dans le 3 ème arrondissement de Marseille, s’est vu reprocher des prêches très radicaux, et notamment des ‘actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes’, en l’occurrence les femmes, les juifs, les chiites, les personnes commettant l’adultère. D’après les autorités, El Hadi Doudi avait même incité ses fidèles ‘à prononcer la formule ‘Allah Akbar’ dans les lieux publics pour ‘effrayer les mécréants’. Après avoir suspendu une première demande, la Cour européenne des droits de l’Homme a finalement donné son feu vert, jeudi. L’influent imam salafiste marseillais a fini par être expulsé vendredi 20 avril dans la matinée, vers son pays, l’Algérie.

https://www.foozine.com/un-imam-salafiste-marseillais-expulse-vers-lalgerie-28444

L’identité de 2 626 policiers de la DCRI aux mains d’une radicalisée

Le Point.  10/04/2018. Par Marc Leplongeon et Stéphane Sellami et Aziz Zemouri. Les policiers avaient découvert au domicile de Mina B. une liste de 2 622 identités d’agents de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).  L’information est connue des autorités depuis un an mais était traitée avec la plus stricte confidentialité. En avril 2017, une jeune femme, Mina B., fichée S, est entendue dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur ses liens avec la mouvance radicale… comment Mina B. s’est-elle procuré ces fichiers ? …ce lundi 9 avril 2018 s’est produit un incroyable rebondissement. La jeune femme a été extraite de sa cellule de Fresnes pour être interrogée par la sous-direction antiterroriste (Sdat) sous le régime de la garde à vue, dans le cadre de l’enquête ouverte sur l’attentat de Magnanville. En juin 2016, un policier Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider ont été assassinés dans leur propre maison par Larossi Aballa. Toutefois, selon nos informations, ces deux noms n’apparaissent pas dans la liste…Cinq autres personnes sont actuellement entendues par la Sdat, dont une policière, ancienne déléguée départementale du syndicat Alliance dans les Yvelines. Selon L’Express, Mina était une amie de la fille de la policière et aurait été hébergée à leur domicile, courant 2016. Le magazine ajoute : « Mina fait partie des suspects entendus par les policiers de la Sdat, au même titre que son frère, décrit comme un proche de Larossi Aballa. » – La jeune femme a-t-elle profité de son incursion dans l’entourage de la policière pour obtenir cette liste confidentielle d’agents du renseignement ? Contacté, le parquet n’a pas souhaité commenter. Selon plusieurs sources au sein des services de renseignements, c’est la policière qui aurait transmis la clé USB à sa fille, après en avoir effacé les données. Un scénario qui reste à vérifier…

Seine-et-Marne: un imam accusé d’avoir légitimé le jihad expulsé vers le Maroc

AFP – 28 mars 2018 – L’imam suppléant de la mosquée de Torcy (Seine-et-Marne), sous le coup d’une procédure d’expulsion pour avoir “légitimé le jihad” dans ses prêches, doit être expulsé mercredi vers le Maroc, pays dont il est ressortissant, a-t-on appris auprès de la préfecture. Des policiers sont venus chercher Mohammed Tlaghi, 50 ans, à son domicile en Seine-et-Marne mercredi matin. “Il va être reconduit à la frontière en application d’un arrêté d’expulsion et doit prendre un avion pour le Maroc dans la journée”, a précisé la préfecture, confirmant une information d’Europe 1. Un arrêté d’expulsion avait été prononcé en décembre 2017 à l’encontre du quinquagénaire, arrivé en France en 1992 et père d’un garçon de 14 ans né sur le sol français. Il lui était reproché d’avoir “violé des principes fondamentaux de la République”, avait indiqué à l’époque son avocat, Gilles Devers. La décision des autorités était notamment motivée par des prêches tenus en 2016 et 2017 au cours desquels les deux imams de la mosquée avaient “explicitement légitimé le jihad armé en appelant les fidèles à prier pour les jihadistes du monde entier afin de détruire les ennemis de l’Islam en France et dans le monde”. La mosquée de Torcy, qui pouvait accueillir jusqu’à 500 fidèles, avait fait l’objet d’un arrêté de fermeture administrative le 10 avril 2017, au motif qu’elle était devenue depuis plusieurs années “un lieu de culte où étaient prônées une idéologie radicale ainsi que des incitations au jihad”.  L’imam, professeur de mathématiques au lycée Jean-Moulin de Torcy, avait dans la foulée été suspendu de son poste par l’Éducation nationale.

France: trois morts et deux blessés, le preneur d’otages tué par les forces de l’ordre

Le Vif   23/03/18 – Source: Afp –  Trois personnes sont mortes vendredi lors de la prise d’otages dans un supermarché de la localité de Trèbes (sud de la France). Le preneur d’otages a été tué par les forces de l’ordre. L’organisation Etat islamique a revendiqué l’attaque. Une prise d’otages a eu lieu vendredi dans un supermarché de Trèbes, près de Carcassonne dans le sud de la France, par un individu se réclamant du groupe Etat islamique (EI). Le preneur d’otages soupçonné d’avoir tué trois personnes et d’en avoir blessé deux autres au cours de trois attaques menées à Carcassonne et à Trèbes, dans le sud de la France. “Le suspect a d’abord volé une voiture à Carcassonne, tuant un passager et blessant le conducteur, avant de toucher à l’épaule un CRS à proximité de la caserne située non loin de là. Ensuite, il a tué deux autres personnes au cours de la prise d’otages dans le supermarché de Trèbes”. Le preneur d’otages a été tué lors d’un assaut des forces de l’ordre dans le supermarché où il était retranché avec un gendarme. Le gendarme, qui avait pris la place d’un otage, a été blessé par balle*, ainsi qu’un autre militaire. L’organisation Etat islamique a par ailleurs revendiqué ces attaques. “L’homme qui a mené l’attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l’Etat islamique, qui a agi en réponse à l’appel” de l’organisation “à viser les pays membres de la coalition” internationale anti-EI, selon un communiqué de son agence de propagande Amaq. Selon le ministre français de l’Intérieur, l’auteur a agi seul. “Il s’appellait Redouane Lakdim. Il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l’avions suivi et nous pensions qu’il n’y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l’acte brusquement”, a déclaré sur place Gérard Collomb… Le Premier ministre français Édouard Philippe a évoqué dans un premier temps une “situation sérieuse”, avant d’ajouter que tout laissait “à penser qu’il s’agirait d’un acte terroriste”…

http://www.levif.be/actualite/international/france-trois-morts-et-deux-blesses-le-preneur-d-otages-tue-par-les-forces-de-l-ordre/article-normal-817125.html?utm_source=Newsletter-23/03/2018&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBAVULV&M_BT=26073027215451

*Le lieutenant colonel Arnault Beltrame qui s’est substitué courageusement à une femme otage est décédé ensuite des suites d’un coup de couteau à la gorge asséné par le terroriste islamiste (Note du GEMPPI)

Des cris qui font vomir – Radouane on est avec toi : l’intolérable solidarité de quartier de la cité Ozanam. ..Solidaires avec un assassin…copinage de quartier.

Atlantico.fr – 26 Mars 2018 –  L’envoyé spécial du Parisien s’est rendu à Carcassonne. Dans le quartier de la route dite de Narbonne. Et plus précisément dans la cité Ozanam. C’est là que résidait l’assassin d’Arnaud Beltrame. Il a vu et entendu des choses. Il a vu des policiers qui bouclaient la cité pour perquisitionner le domicile des parents de Radouane Lakdim. Il a entendu les cris des “jeunes” du quartier qui défiaient la police. Selon le journaliste du Parisien ils manifestaient “leur soutien rageur” à l’assassin. La routine! Une routine dont on ne parle presque jamais. Pour une raison simple : parce que c’est stigmatisant pour les “jeunes” qui seraient ainsi désignés. On connaît la solidarité nationale.

La solidarité ethnique. La solidarité religieuse. Il nous faut maintenant prendre en compte une solidarité nouvelle : la solidarité de quartier.

Pour les “jeunes” de la cité Ozanam Radouane Lakdim n’était pas un assassin. C’était un copain. Un pote. La victime (et demain un héros?) c’est lui! Quant au lieutenant-colonel de la gendarmerie c’est bien fait pour sa peau…Mais est-ce que nous vivons dans le même pays qu’eux ?  Quand un Normand tue un Breton et est abattu à son tour est-ce que les jeunes de Normandie honorent sa mémoire ?  Si un chauffeur de taxi irascible tue un de ses concurrents d’Uber et tombe sous les balles de la police est-ce que les chauffeurs de taxis lui manifestent “un soutien rageur”? Quand Mohammed Merah fut tué par le GIGN des dizaines de “jeunes” accompagnèrent sa dépouille au cimetière. Ils étaient solidaires d’un tueur d’enfants. Comme quoi la cité Ozanam est loin d’être une exception…

http://www.atlantico.fr/decryptage/radouane-on-est-avec-toi-intolerable-solidarite-quartier-cite-ozanam-benoit-rayski-3344682.html

Maeva, la Varoise qui conseillait les candidates au jihad en Syrie pour l’Etat islamique

Var MATIN – avec AFP , 22/03/2018 – Depuis la Syrie, Maeva S., alias “Oum Zahra”, est soupçonnée d’avoir conseillé de nombreuses jeunes femmes souhaitant rejoindre l’organisation Etat islamique. Cette Française de 24 ans est jugée vendredi à Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Originaire de Draguignan (Var), la jeune convertie radicalisée avait quitté la France en mai 2014 pour gagner les zones tenues par l’organisation jihadiste en Syrie, afin de vivre sa foi selon la charia et, espérait-elle, faire de l’humanitaire. Elle avait épousé dès son arrivée un jihadiste français rencontré sur Facebook, Ziyeid Souied – condamné en son absence à 10 ans de prison en 2016 – et l’avait suivi dans plusieurs villes du nord syrien… Elle qui se faisait appeler “Oum Zahra” sur les réseaux sociaux y postait des appels à rejoindre la Syrie et dispensait ses conseils à de nombreuses jeunes femmes qui souhaitaient gagner les zones de jihad, tout en posant kalachnikov en bandoulière. Recruteuse, entremetteuse? Au cours de l’enquête, la jeune femme a nié avoir joué ces rôles, mais reconnu avoir aidé “beaucoup” de femmes de France et de Tunisie, en leur expliquant l’itinéraire ou la tenue à emprunter, en communiquant parfois le numéro d’un passeur. Si des médias l’avaient surnommée “la marieuse de l’Etat islamique“, cet aspect ressort peu du dossier, selon une source proche. Seule une “revenante” avait raconté que Maeva était venue la voir dans une maison pour femmes “pour (lui) proposer un mari”. L’intéressée avait assuré aux enquêteurs que ce n’était pas son travail. Mais “si certaines voulaient se marier, on en parlait avec mon mari, pour voir si ça pouvait coller avec des hommes qu’il connaissait”, avait-elle expliqué. Souffrant de problèmes de santé, effrayée par les bombardements, Maeva S. avait fini par passer en Turquie en juillet 2015. Elle avait été expulsée vers la France et arrêtée à sa descente d’avion. 

Repentie ? Elle sera également jugée pour avoir entretenu des contacts avec des jeunes filles qui, dépitées de ne pouvoir partir en Syrie, imaginaient sur les réseaux sociaux commettre un attentat en France. Elle se défend de toute incitation à la violence. Un message adressé en 2014 depuis son compte Facebook à ces mineures leur suggérait de “soit exploser, soit se procurer une arme et tuer“, mais il n’est pas certain qu’elle ait écrit ces mots. Maeva S. sera seule dans le box: son coprévenu, Brahim El Khayari, 25 ans, poursuivi pour “soustraction d’enfants”, est présumé toujours en Syrie ou mort. Il est soupçonné d’avoir attiré une adolescente de 14 ans en Syrie en juin 2014. Celle-ci n’est jamais rentrée en France; ses parents seront partie civile au procès. Les trois mineures qui évoquaient un vague projet d’attentat étaient également en contact avec cette jeune disparue de 14 ans. Les jeunes filles ont été condamnées en février par le tribunal pour enfants de Paris à respectivement six mois d’emprisonnement avec sursis, deux et trois ans avec sursis assorti d’une mise à l’épreuve, selon une source judiciaire.

Maeva S., jeune femme fragile, est-elle repentie ou toujours dangereuse et influençable? Le tribunal devra en juger. Écrouée puis relâchée sous contrôle judiciaire, la jeune femme, qui a condamné les attentats parisiens du 13-Novembre (130 morts et des centaines de blessés), a été de nouveau placée en détention provisoire en janvier, alors qu’elle s’apprêtait à épouser civilement un homme qui purge une peine de prison pour sa participation à une filière jihadiste.      www.varmatin.com/justice/maeva-la-varoise-qui-conseillait-les-candidates-au-jihad-en-syrie-pour-letat-islamique-217351

Manuel Valls : “Le salafisme doit être combattu comme on combat des sectes”

Ancien Premier ministre et député, Manuel Valls était l’invité des “4 Vérités” de France 2 ce lundi 26 mars 2018. “C’est difficile dans une démocratie qui vit en paix depuis 70 ans d’admettre que le terrorisme nous fait la guerre, que cette guerre va durer quinze ans, le temps d’une génération. Il faut sortir d’une forme d’insouciance”, affirme Manuel Valls dans Les 4 Vérités ce lundi matin…”20 000 personnes au moins sont radicalisées, épousent une idéologie totalitaire. Il faut les traquer, les poursuivre. A partir du moment où on consulte des sites web qui prônent des messages de haine à notre égard, une action de droit, de justice peut être envisagée“, estime-t-il après avoir évoqué ce week-end la rétention administrative des fichés S.  “On ferme déjà des mosquées salafistes, on expulse des imams étrangers. Le salafisme, l’islam radical doivent être combattus comme on combat des sectes”, assène l’ancien Premier ministre. Des jihadistes français seront remis en liberté à partir de 2022. “On ne peut pas expliquer aux Français que ces personnes pourront sortir. Il faut un suivi d’une puissance inégalée“, conclut Manuel Valls.                                   https://www.francetvinfo.fr/politique/manuel-valls/les-4-verites-valls-le-salafisme-doit-etre-combattu-comme-on-combat-des-sectes_2674986.html

Un ministre turc: “Bientôt, des guerres de religion vont commencer en Europe”

7sur7.be – 16/03/17 Christophe Da Silva (avec AFP) – “…Vous avez commencé à désintégrer l’Europe et la conduire vers le précipice”, a lancé M. Cavusoglu à l’adresse des dirigeants européens. “Bientôt, des guerres de religion vont commencer en Europe”, a-t-il ajouté. vidéo Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a affirmé ce jeudi que les dirigeants européens sont en train de “conduire l’Europe vers le précipice”, ajoutant que “des guerres de religion vont commencer”, car l’Europe effectue un dangereux pas en arrière. Parce qu’ils étaient de croyances différentes, les Européens se sont battus pendant 100 ans. Mais après cela ils en ont tiré une leçon et ont créé l’Union européenne et le Conseil de l’Europe. Tout cela est en train d’être anéanti, l’Europe retourne à ces anciens jours Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. La Turquie, en pleine crise diplomatique avec les Pays-Bas, a estimé ce jeudi qu’il n’y avait pas de différence entre le parti libéral de Marc Rutte, vainqueur des législatives, et le “fasciste” Geert Wilders.
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/3106520/2017/03/16/Un-ministre-turc-Bientot-des-guerres-de-religion-vont-commencer-en-Europe.dhtml

 «Les salafistes infiltrent les syndicats français!»

Tribune de Genève.  28.11.2017 –  Tamedia Publication Romande SA – Par Jean-Noël Cuénod, Paris .

À la fois «musulman et républicain», un leader syndical décrit l’influence grandissante des islamistes et des évangélistes.  Pratiquer l’islam et militer en faveur des valeurs laïques de la République française n’a rien d’incompatible pour Mustafa. Toutefois, en affirmant publiquement cette double position, il prendrait de gros risques vis-à-vis des musulmans intégristes – souvent regroupés sous la dénomination de salafistes – dans un contexte intercommunautaire particulièrement tendu depuis la série d’attentats djihadistes qui ont visé la France. Aussi, Mustafa n’est-il pas le vrai prénom de ce responsable d’un grand syndicat… S’il souhaite ne pas être identifié, il tient toutefois à sonner l’alarme sur un fait peu et mal connu: l’infiltration des salafistes à la base des syndicats et les violations des principes de la laïcité au sein de certaines entreprises. «C’est la France de très en bas, poursuit-il, la France qui se lève à 5 h du matin pour le salaire minimum.»…

Effet de concurrence – «Voilà ce que j’ai pu constater dans certaines boîtes d’Île-de-France», explique Mustafa. «Des salariés fréquentant les mêmes mosquées d’inspiration salafiste et vivant dans les mêmes quartiers…et provenant souvent des mêmes pays d’origine, se portent candidats aux élections professionnelles, parfois sur plusieurs listes différentes. Les uns seront candidats de tel syndicat, d’autres, de tel autre, etc. Lorsqu’ils font campagne, ils prennent bien soin de ne pas afficher leurs convictions intégristes. Souvent, ils profitent du manque d’engagement des autres salariés au sein de ces structures représentatives pour s’imposer comme de bons défenseurs de la cause du personnel. Une fois élus, certains de ces intégristes s’entendent pour quitter leur syndicat et rejoindre celui qu’ils jugeront le plus puissant. Leur poids au sein du Comité social et économique de l’entreprise et de leur nouveau syndicat en sera renforcé d’autant.»

Mustafa relève également la vivacité de la concurrence entre les nombreuses centrales syndicales (en France, on en dénombre au moins huit) pour expliquer leur bienveillance vis-à-vis de ces élus de base qui leur apportent des sièges: «Non seulement ils seront élus comme délégués du personnel, mais encore leur syndicat les désignera volontiers comme délégués au sein des entreprises. Ce sont de véritables petits sultans qui s’installent dans ces structures de représentation et de défense du personnel. Leur stratégie consiste à investir la base mais sans chercher à grimper dans la hiérarchie syndicale. Dès lors, ils ne gênent personne au sommet!»

À noter que les intégristes évangélistes adoptent la même stratégie, en visant d’autres buts. Ils contribuent, eux aussi, à leur manière, à ce «communautarisme» bien contraire à la «République une et indivisible».

Imam payé par l’employeur – Cette présence importante des salafistes au sein de ces organismes n’est pas sans conséquence, loin de là, comme le précise Mustafa: «Tout d’abord, ils font tout pour discriminer systématiquement les femmes et même les dénigrer. Par exemple, un représentant des salariés, récemment, s’est attaqué à des responsables de la coordination au sein d’une boîte uniquement parce qu’il s’agissait de femmes. «Pourquoi la direction ne réserve-t-elle pas ces postes aux hommes?» Voilà ce qu’on peut entendre au sein d’un Comité d’entreprise de la part d’un élu du… personnel! Tout est fait pour sortir les femmes du monde de l’entreprise afin qu’elles regagnent leur foyer.»

En outre, les comités d’entreprise reçoivent de leurs employeurs une subvention représentant 0,2% de la masse salariale brute, somme qui se révèle fort importante selon la taille de l’entreprise. Cette manne patronale sert à financer les œuvres sociales de ces comités d’entreprise (lieux de vacances, bons cadeaux, événements divers). Les élus d’entreprises en sont les dispensateurs. Ce qui accroît leur prestige auprès de leurs collègues. Mustafa ajoute que ces salafistes, forts de leur statut d’élus, répandent leur idéologie antisémite. Quant à la sécurité, cette présence salafiste pose de très sérieux problèmes. Notre interlocuteur cite un exemple parmi d ’autres: «Un représentant du personnel d’une société de services n’a pas reçu l’autorisation de se rendre dans le périmètre d’un ministère, car il est repéré comme musulman intégriste par les services de renseignement. Sa boîte n’a pas pu le licencier car il est protégé par son statut d’élu représentant du personnel. Pour ne pas avoir d’histoire, son employeur a préféré lui verser son salaire sans obligation de se rendre au travail. Comme il est imam, il peut donc accomplir sa mission religieuse tout en étant salarié par son entreprise!»

Et la lutte contre le terrorisme? «Je ne dis pas que ces salafistes d’entreprises sont tous des terroristes, bien sûr. Il n’empêche que dans un pareil contexte, un terroriste y évoluerait comme un poisson dans l’eau.»

Un cadre supérieur d’une entreprise publique – qui tient lui aussi à ce que son nom ne soit pas publié – confirme en tout point les dires du syndicaliste. Il ajoute: «Une grande partie des intégristes sont liés au gangstérisme et aux réseaux mafieux. Il y a osmose entre intégrisme et gangstérisme.» Ce cadre met en cause les scissions fréquentes au sein du monde syndical: «Cette fragmentation fragilise les organisations qui deviennent ainsi des cibles plus aisées à atteindre pour les intégristes.»

Promouvoir les femmes

Comment lutter contre ce fléau? Réponse de notre interlocuteur syndicaliste et musulman: «Le plus urgent est de promouvoir les femmes dans les organismes de représentation du personnel et les instances syndicales. La laïcité ne doit pas s’arrêter aux portes des entreprises, charge à elles de disposer d’une charte à cet effet comme il s’en trouve dans les écoles publiques. Et enfin, il faudrait que les employeurs cessent de se montrer laxistes vis-à-vis des violations de la laïcité et que les plus hauts responsables des syndicats prennent enfin la mesure de l’infiltration des réseaux salafistes à leur base. Pour moi, être musulman dans son cœur, c’est respecter pleinement la liberté de conscience.» (TDG)

Retour de jihadistes français : “Nous sommes face à des gens qui sont davantage déçus que repentis”, rappelle François Molins

LA NEWSLETTER ACTU, 10/11/2017 – Près de deux ans après les attentats du 13-Novembre, François Molins, procureur de la République de Paris en charge des questions terroristes, était l’invité de franceinfo. Il a notamment abordé la question du retour des combattants jihadistes en France, davantage “déçus” que “repentis”.

295 femmes et 28 mineurs de plus de 15 ans – Selon François Molins, les services secrets français estiment à environ 690 les personnes qui se trouvent dans la zone irako-syrienne. Parmi elles, 295 femmes et 28 mineurs combattants de plus de 15 ans. Dans son chiffre, il ne tient pas compte des mineurs non combattants, dont le nombre est estimé à 400. “La majorité des combattants, explique François Molins, sont plutôt tentés par un maintien sur zone et devraient se diluer dans la zone irako-syrienne. La majorité d’entre eux n’a pas envie de revenir en France compte tenu des poursuites judiciaires dont ils font l’objet.” Et pour cause : les personnes identifiées ont, assure le procureur de Paris, été judiciarisées et font l’objet d’un mandat de recherche ou d’un mandat d’arrêt. Le phénomène du retour en France concernerait donc dans la plupart de cas des femmes, le plus souvent des veuves, avec des enfants. Il faut, selon lui, raisonner au cas par cas au regard de deux principes : “Il faut se départir de toute naïveté. Je n’ai pas perçu véritablement de regret dans ce que j’ai entendu.”

Davantage déçus que repentis – Aussi, prévient le magistrat, il s’agit de ne pas confondre la déception, la désillusion et le repentir. “Nous sommes face à des gens qui sont davantage déçus que repentis, indique-t-il. Il faut faire attention : nous allons être confrontés à des mineurs ou des femmes qui ont été souvent formés au maniement des armes.” Nous faisons face à des appels au jihad qui continuent et qui s’adressent aussi à des mineurs et des femmes en leur demandant d’y prendre une part active…Outre les Français détenus à l’étranger, actuellement, en France, il y aurait, selon le procureur de Paris, 398 individus mis en examen, dont 260 sont placés en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet dans des affaires liées au terrorisme…

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/8h30-aphatie/retour-de-jihadistes-francais-nous-sommes-face-a-des-gens-qui-sont-davantage-decus-que-repentis-rappelle-francois-molins-procureur-de-paris_2438835.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20171112-[lespluspartages/titre5

Céline Pina* : «L’État doit dénoncer clairement l’association Lallab, laboratoire de l’islamisme»

FIGAROVOX/TRIBUNE, le 23/08.17. Par Céline Pina – Face à la polémique suscitée, l’Agence du service civique a finalement renoncé à confier des jeunes à l’association «féministe et antiraciste» Lallab. Pour Céline Pina, l’État devrait exprimer clairement les motifs de ce refus : cette association défend des idées incompatibles avec la République française. L’association «Lallab», qui se présente elle-même comme «une association dont le but est de faire entendre les voix des femmes musulmanes qui sont au coeur d’oppressions racistes et sexistes», fait en réalité partie de ces associations que sécrète l’islamisme et qui sont les façades respectables de la diffusion de leur idéologie inégalitaire, obscurantiste et mortifère. Proche des frères musulmans et des indigénistes, cette association qui prône un féminisme islamiste est opposée à la loi de 2004 contre le voile et n’a de cesse de conspuer le féminisme blanc. L’adjectif «blanc» a ici pour objet de dévaloriser la dimension universelle de ce combat mais il démontre surtout à quel point la race est l’obsession de toute cette mouvance. Pour cette association, la femme appartient d’abord à sa communauté et son seul combat est de l’assigner à résidence dans cette appartenance. Comme l’indique l’enquête rigoureuse de Mathilde Lambert disponible sur le site « Ikhwan Info » : «Lallab, laboratoire du féminisme islamiste», la femme exemplaire que Lallab prend pour modèle, Asma Lamrabet, est un pur produit de l’idéologie des Frères musulmans. Dans le livre phare de l’égérie de l’association, «Musulmane tout simplement», l’enquêtrice d’Ikhwan Info relève de savoureux passages où Asma Lamrabet, en bonne propagandiste, fustige l’hystérie des femmes et défend le droit du mari de frapper sa femme. Lallab est également très proche d’une organisatrice du camp décolonial interdit aux blancs ou de militants luttant contre l’IVG, ce qui ne semble pas gêner le Planning familial qui vient à son tour de lui apporter son soutien, montrant au grand jour ce que beaucoup soupçonnaient eu égard à des prises de position de plus en plus curieuses: comme la Ligue des droits de l’Homme ou la Ligue de l’enseignement, le Planning fait lui aussi l’objet de l’attention des frères musulmans qui y diffusent leur idéologie. Le cœur de son combat est la soumission de la femme sous le coup des injonctions intégristes mais cela passe mieux en l’appelant «liberté de porter le voile». Le pire est que cela marche… Finalement, du combat féministe, les militantes de Lallab rejettent tout: le droit à disposer de son corps, la liberté sexuelle, le droit à l’avortement, le refus d’être réduite à une fonction biologique, l’égalité femmes/hommes… Pour Lallab, le féminisme sauce islamiste, c’est le soutien aux injonctions machistes, obscurantistes et patriarcales sous couvert de défense des libertés: le cœur de son combat est la soumission de la femme sous le coup des injonctions intégristes mais cela passe mieux en l’appelant «liberté de porter le voile». Le pire est que cela marche…

Et c’est à cette association que l’Agence du service civique s’apprêtait à allouer trois postes afin de l’aider à développer ses activités. Face au tollé soulevé, l’Agence gouvernementale a finalement reculé. Destinées à favoriser l’engagement citoyen et renforcer la cohésion nationale, les missions de l’Agence du service civique sont censées être des missions liées à l’intérêt général. On peut douter qu’une association, qui confond universalisme et domination de la race blanche, qui se dit féministe tout en rejetant tous les combats de libération de la femme et pour qui le summum de l’affirmation de soi est la servilité au groupe et l’intégration des interdits religieux, en soit le meilleur exemple. En effet, les postes en service civique, payés en partie par nos impôts, représentent une aide non négligeable, tant humaine, financière que morale: en disposer montre aussi que l’on est un interlocuteur reconnu et légitime de l’État. On n’imaginerait pas doter de personnes en service civique le Parti des Indigènes de la République, qui travaille à réveiller la haine «raciale», traite l’État de raciste et les Français de fascistes. Pas plus que l’on n’envisagerait d’en doter une officine proche de l’extrême droite. Ce serait leur donner les moyens de nous cracher dessus en fournissant nous-même la salive. Il en est de même pour Lallab: elle ne saurait disposer du soutien d’un État dont ses responsables minent les fondations en refusant dans les faits l’égalité femmes/hommes et en tirant à balles symboliques sur notre laïcité et notre République. À force de refuser de défendre nos principes, valeurs et idéaux, certains dirigeants sont en train de financer les activités de ceux qui n’ont pour ambition que de détruire ce que nous sommes. L’Agence du service civique se serait grandie en assumant ces évidences et en étant claire sur les raisons de son refus de doter cette association en volontaires… Mais pour cela encore eût-il fallu que l’heure soit au courage. Or à voir l’embarras et l’hypocrisie de la communication de l’Agence: «l’annonce n’a pas été retirée mais suspendue», «nous craignons que cela ne permette de remplacer un emploi salarié…», voire la gêne à invoquer le caractère cultuel de l’association, nous ne sommes pas à l’abri que des personnes en service civique finissent par travailler pour ce type d’association et, au lieu d’œuvrer pour la concorde civile, deviennent des agents actifs de la ségrégation et du séparatisme que recherchent les frères musulmans. À force de refuser de défendre nos principes, valeurs et idéaux, certains dirigeants sont en train de financer les activités de ceux qui n’ont pour ambition que de détruire ce que nous sommes. Qu’en prime nous les subventionnions pour cela n’est qu’une preuve de plus de l’aveuglement d’une partie de l’élite, aveuglement qui les conduit à trahir leur mission: protéger et faire vivre notre idéal républicain. Ici nous parlons d’association dont la façade de respectabilité n’est là que pour permettre que les premiers pas vers la radicalisation se fassent en douceur tout en se targuant même de légitimité politique (si les élus et agences gouvernementales subventionnent, c’est donc que l’activité et les objectifs sont reconnus). Le voilement des femmes n’est pas anecdotique dans la politique des frères musulmans, il est au cœur de leur matrice: cela signe leur emprise sur les corps, les têtes et les territoires. On peut donc s’interroger sur l’influence et le succès d’une association qui à peine fondée en 2016 envoyait ses militantes sur les plateaux télé en face du Premier ministre Manuel Valls, avait droit à des articles élogieux du Monde, de La Croix, reçoit le prix «Coexister» des mains de Jean-Louis Bianco, se voit affecter une partie de la réserve parlementaire d’Esther Benbassa… Certains idiots utiles se transforment de plus en plus en traîtres actifs et ne sont pas innocents de l’ampleur du noyautage islamiste que ce genre d’affaire nous donne à voir.  Il semble que les islamistes aient des relations au plus haut niveau des médias et du pouvoir pour qu’à peine créée et sans bilan très étoffé, Lallab ait été autant mise en valeur: l’association est même intervenue dans des lycées, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Cela interroge sur la pénétration des ennemis de notre République au plus haut niveau d’influence et nous met en droit de demander des comptes à notre représentation politique. Comme de remarquer également que certains idiots utiles se transforment de plus en plus en traîtres actifs et ne sont pas innocents de l’ampleur du noyautage islamiste que ce genre d’affaire nous donne à voir. Il faut les voir prendre la défense de l’association en accusant l’Agence du service civique d’avoir cédé face aux oukases de la fachosphère, certains journalistes collaborant sans difficulté à la diffusion de ces fausses informations, alors que la réaction est venue avant tout de la sphère laïque et républicaine. Mais pour faire taire ces voix lucides et dérangeantes, le procès en fascisme a longtemps été efficace, pourquoi abandonner une telle martingale? Les Frères musulmans par le biais de leurs alliés mettent une pression énorme sur l’Agence du service civique pour les faire revenir sur leur décision. Le refus de leur accorder du personnel en service civique peut devenir un coup d’arrêt à l’institutionnalisation de leurs filiales si elle est la première salve de l’honneur retrouvé de la République… Lutter contre la radicalisation, cela commence par là: refuser subvention et légitimité à des associations qui ne respectent pas l’esprit de nos lois et de notre constitution et qui attaquent ce qui nous fonde en tant que Nation…C’est ce que n’a pas su faire l’Agence du service civique, c’est ce que refusent de faire trop de nos élus, c’est ce que ne fait toujours pas un gouvernement qui pour être nouveau est tristement semblable au précédent sur ces questions…

* Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle avait dénoncé en 2015 le salon de «la femme musulmane» de Pontoise et a récemment publié « Silence Coupable » (éditions Kero, 2016). Avec Fatiha Boutjalhat, elle est la fondatrice de « Viv(r)e la République » mouvement laïque appelant à lutter contre tous les totalitarismes et pour la promotion de l’ universalité de nos valeurs républicaines.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/08/23/31003-20170823ARTFIG00098-celine-pina-l-etat-doit-denoncer-clairement-l-association-lallab-laboratoire-de-l-islamisme.php

Hamed Abdel-Samad : «L’idée du djihad est aussi vieille que l’islam lui-même»

Par Alexandre Devecchio, Le Figaro, 10/03/2017 – Le Germano-Egyptien Hamed Abdel-Samad est l’un des plus grands spécialistes de l’islam politique en Europe. La traduction de son best-seller, Le Fascisme islamique, sort finalement en France, chez Grasset, six mois après que son éditeur initial a renoncé à le publier. « Le Fascisme islamique. Une analyse», de Hamed Abdel-Samad. Traduit de l’allemand par Gabrielle Garnier. Grasset, 304 p., 20 €. Né en 1972 près du Caire, fils d’imam, Hamed Abdel-Samad est l’un des penseurs de l’islam les plus reconnus en Allemagne. Menacé de mort par les islamistes, il vit sous protection policière. Son essai, Le Fascisme islamique, immense succès en Allemagne en 2014, aurait dû être publié en français à l’automne 2016 par la maison d’édition Piranha qui en avait acquis les droits. Mais son directeur, Jean-Marc Loubet, s’était ravisé pour des raisons de sécurité, mais aussi pour ne pas «apporter de l’eau au moulin de l’extrême droite». Il paraît aujourd’hui chez Grasset. L’auteur y dresse un parallèle entre l’idéologie fasciste et l’islamisme, en remontant jusqu’aux origines du Coran. Pour Hamed Abdel-Samad, l’idéologie fascisante est ancrée dans les racines de l’islam: «L’islamisme n’est pas la trahison d’une religion immaculée, mais la tare originelle de sa traduction dans le champ politique.»

Dans votre dernier livre, vous expliquez que l’islamisme est un fascisme…Je fais la comparaison à trois niveaux: l’idéologie, la structure organisationnelle et les objectifs. Islamisme et fascisme partagent le monde entre le bien et le mal, considèrent leurs adeptes comme des élus et le reste du monde comme des ennemis. Ils nourrissent tous deux leurs adeptes du poison de la haine et des ressentiments, déshumanisent leurs ennemis et appellent à leur extermination. La haine est idéalisée en vertu, et la lutte mystifiée en expérience transcendante. Pour ces deux idéologies, la lutte n’est pas seulement le moyen pour atteindre des objectifs politiques mais devient un but en soi…

Le principe du chef est central dans les deux cas. Le chef – ou, le cas échéant, le prophète – possède l’accès exclusif à la vérité absolue. Il est chargé d’une mission sacrée afin d’unir la nation et d’éliminer les ennemis. On ne peut pas le critiquer car toute l’identité du peuple (l’oumma) dépend de lui. Les deux idéologies s’emploient à dominer le monde et le rééduquer ensuite.

L’islam est né au VIIe siècle dans la péninsule arabique, le fascisme et le nazisme sont des idéologies du XXe siècle… Le fascisme n’est pas seulement une idéologie politique, mais aussi une religion politique avec ses prophètes, ses secrets, ses vérités absolues et ses épiphanies sacrées. L’islam n’est pas seulement une religion, mais aussi une idéologie politique avec une mission clairement définie. L’islam fait encore aujourd’hui partie de notre réalité politique. Mahomet continue à régner depuis sa tombe et décide de la vie et de la mort.  «L’islam modéré est un islam qui attend seulement sa chance de prendre le pouvoir. Nous nous souvenons tous de l’attitude d’Erdogan quand il avait besoin du soutien de l’Occident. Depuis, il a montré son vrai visage»

Selon vous, il n’existe pas d’islamisme modéré. Pourquoi? L’islam n’a pas été créé afin de faire partie d’un ordre mondial façonné par les hommes, mais pour modeler le monde depuis le haut. Il se montre sous un jour modéré seulement là où il n’a pas (encore) conquis le pouvoir. Là où il détient les rênes politiques et juridiques, il pratique des prisons à ciel ouvert et l’oppression des minorités, le mépris de la femme et des droits de l’homme. L’islam modéré est un islam qui attend seulement sa chance de prendre le pouvoir. Nous nous souvenons tous de l’attitude d’Erdogan quand il avait besoin du soutien de l’Occident. Depuis, il a montré son vrai visage

L’une des thèses les plus provocantes de votre livre est que l’idéologie fascisante est ancrée dans les racines mêmes de l’islam… «Les Frères musulmans ainsi que l’Etat islamique ne font rien d’autre que ce que Mahomet et ses adeptes ont fait auparavant: la conquête, l’esclavage, l’assassinat des prisonniers de guerre et l’exécution de peines corporelles» – L’islam est né politique. C’est sa tare de naissance: Mahomet n’était pas seulement prophète, mais aussi chef d’armée, législateur, juge et ministre des Finances. Le mélange entre croyance, pouvoir, guerre et législation est ancré dans le Coran. Ce ne sont pas les Frères musulmans qui ont commencé à diviser le monde en croyants bénis et incroyants damnés, mais Mahomet. L’idée du djihad comme combat pour la cause divine est aussi vieille que l’islam lui-même. Dieu lui-même se décrit comme guerrier dans le Coran, qui tue des incroyants de ses mains. Les Frères musulmans ainsi que l’Etat islamique ne font rien d’autre que ce que Mahomet et ses adeptes ont fait auparavant: la conquête, l’esclavage, l’assassinat des prisonniers de guerre et l’exécution de peines corporelles. Ils ne font pas mauvais usage du Coran, ils traduisent seulement en actes ce que le Coran exige. Il y a 206 passages dans le Coran qui glorifient la violence et la guerre. La décapitation des incroyants y est exigée à deux reprises. On peut bien sûr lire tous ces passages en les plaçant dans leur contexte historique, mais le Coran s’entend lui-même comme la parole directe et ultime de Dieu pour les hommes. Il se présente comme un manifeste politique et une constitution valables pour tous les temps. C’est là qu’il y a un problème. L’intangibilité du Coran et du Prophète empêche la conceptualisation historique de ces passages et la possibilité de les déclarer inopérants pour notre vie d’aujourd’hui. Nous avons besoin d’un discours post-coranique et post-prophétique!

Une telle critique ne risque-t-elle pas «d’essentialiser» les musulmans? Je n’ai jamais dit que tous les musulmans étaient des fascistes. Certes, il n’y a pas d’islam modéré, mais seulement des musulmans modérés. Tous les musulmans ne sont pas des corans ambulants. L’islam est multiple… La plupart des musulmans ne commettent certes pas d’attentats terroristes, mais beaucoup d’entre eux soutiennent la théologie de la violence qui en est le fondement. Beaucoup sont certes contre l’Etat islamique, cependant ils ne s’opposent ni à l’idée du califat ni à la charia en soi.

Comment expliquez-vous l’antisémitisme dans le monde arabe? Est-il uniquement lié au conflit israélo-palestinien?  «L’antisémitisme a davantage à voir avec l’échec du monde arabe et avec l’éducation. On nourrit la population avec le poison de la haine» – On peut comprendre quand un Palestinien à Gaza ou un Libanais dans le Liban-Sud condamne Israël parce qu’ils ont perdu leur maison ou leur famille dans la guerre. Cependant, que des Marocains ou des Mauritaniens, qui n’ont strictement rien à voir avec ce conflit, haïssent les juifs de manière pathologique relève d’autre chose. Les juifs, dans le Coran, sont désignés à plusieurs reprises comme étant des escrocs, des incroyants ou encore les descendants des singes ou des porcs. Allah, dans le Coran, applaudit les musulmans qui tuent des juifs et les chassent de leurs villes. Mahomet a prophétisé que les musulmans et les juifs se battront les uns contre les autres jusqu’à la fin du monde. Que, pendant la lutte finale, les juifs devront se cacher derrière des rochers et des arbres, et que ceux-ci s’écrieront alors: «O musulman, derrière moi se cache un juif, viens le tuer.» Cette exclamation célèbre de Mahomet est aujourd’hui enseignée dans toutes les écoles coraniques.

L’antisémitisme a davantage à voir avec l’échec du monde arabe et avec l’éducation. On nourrit la population avec le poison de la haine et la prive d’énergies importantes dont on a besoin pour être productif. Il faut croire que les dirigeants, qu’ils soient islamistes ou laïques, ont besoin d’ennemis et de boucs émissaires pour déplacer l’attention de leur propre misère et canaliser la colère de la population vers une autre cible. Le fait que Mein Kampf et Les Protocoles des Sages de Sion fassent partie des best-sellers de longue durée dans le monde arabe est une preuve de son indigence. Kant, Voltaire et John Lock sont des inconnus pour la plupart. Et ce n’est pas la faute d’Israël.

En France, le débat sur l’islam est très vif. Est-ce également le cas en Allemagne? De soi-disant spécialistes-ès-terrorismes ont cru pendant longtemps que l’Allemagne serait à l’abri parce qu’elle jouissait d’une image positive dans le monde arabe et avait à l’époque condamné la guerre contre l’Irak. Puis, le fait qu’elle n’ait pas d’histoire coloniale au Proche-Orient a fait croire à certains que l’Allemagne allait être épargnée. Mais les terroristes islamistes haïssent l’Occident non seulement parce qu’il s’est engagé militairement dans le monde musulman, mais aussi parce qu’il est décadent et incroyant et qu’il empêche les musulmans d’exécuter le plan divin et de rétablir l’ordre du monde sous la domination de l’islam. On a cru que l’ouverture des frontières et la culture de l’accueil envers les réfugiés musulmans allaient protéger l’Allemagne de la haine islamiste. Mais c’est exactement le contraire qui s’est produit. Cologne marque une césure. L’opinion a basculé quand la population a tout à coup compris que beaucoup des réfugiés qui avaient été accueillis avec des couvertures et des peluches par des femmes ont justement importuné ou violenté ces mêmes femmes quelques mois plus tard.  «Une partie de la gauche n’analyse même plus les problèmes, elle ne fait que les moraliser. Or, ce n’est pas une protection pour les musulmans, sinon une forme de racisme qui consiste à abaisser le niveau d’exigence» –  En France, l’écrivain Kamel Daoud a été accusé d’islamophobie pour avoir lié les viols de Cologne à la misère sexuelle du monde musulman…Je connais Kamel Daoud mais aussi l’attitude hostile à l’égard de sa critique de l’islam de la part des musulmans et de la gauche française… Depuis le 11 Septembre, des

musulmans tentent de démonter la critique de l’islam en mettant en avant l’islamophobie ou le racisme. Mais plutôt que de défendre l’islam avec autant de véhémence, ils feraient mieux de chercher les véritables raisons de la violence et de la misère dans le monde musulman. Et plutôt que d’attaquer des voix critiques comme Kamel Daoud ou moi-même, ils feraient mieux de s’élever contre l’Etat islamique ou contre l’islam politique en Europe.

Alors, que faire pour enrayer la percée de l’islamisme ? «L’islam a besoin d’une sécularisation et d’un processus démocratique. L’éducation de la haine dans les mosquées et dans les foyers doit cesser» – …L’éducation de la haine dans les mosquées et dans les foyers doit cesser. Le sentiment d’humiliation permanente et de paranoïa par rapport à l’Occident doit être surmonté. Les Etats occidentaux et démocratiques ne doivent pas permettre, au nom de la tolérance, que les intolérants construisent leurs propres infrastructures et diffusent leur idéologie… Nous sommes en droit d’attendre une égalité du traitement et, par conséquent, que Mahomet et le Coran puissent être critiqués tout autant que Jésus et la Bible. Nous pouvons aussi attendre d’eux qu’ils interviennent davantage pour lutter contre la théologie de la haine plutôt que d’organiser des campagnes de promotion de l’islam. Qu’ils descendent plus souvent dans la rue pour protester contre l’Etat islamique, au lieu de s’énerver contre des caricaturistes et des détracteurs de l’islam. L’islam n’a pas de problème d’image, il a un problème avec lui-même et avec l’interprétation de ses textes sacrés et de sa mission politique…

Voyage du pape en Egypte : « Comment  j’ai été éduqué à détester les chrétiens »

Par Saïd Shuayb, LE MONDE  19.05.2017. « Je suis musulman et je déteste les chrétiens. » – Oui, avoir les chrétiens en abomination est un devoir religieux islamique, les mépriser est une nécessité. Ce ne sont pas véritablement des êtres humains. Soit on les pousse à émigrer en dehors des pays musulmans, soit on les tue. Et si on est un musulman noble, on les laisse vivre, mais humiliés, outragés, et on leur fait payer la jiziya, le tribut prévu dans le Coran pour les minorités non musulmanes, pour les rabaisser. Ceci est clairement une partie importante de la culture religieuse islamique. Il ne faut pas tomber dans le piège de croire que ce qui est arrivé dans la province d’Al-Miniya, à 240 km au sud du Caire [en mai 2016 dans un village, une femme copte de 70 ans avait été agressée et humiliée par des islamistes], et ce qui est arrivé avant et ce qu’arrivera encore dans d’autres lieux est uniquement causé par des salafistes puritains radicaux ou des wahhabites saoudiens.

Le fruit d’une culture raciste et inhumaine – C’est une conséquence logique de la façon dont on m’a éduqué en tant que musulman et de ce qui m’a nourri tout au long de ma vie. A la mosquée, à l’école, dans les programmes religieux, dans les médias officiels et indépendants, on nous a bien appris que, conformément à ce que nous a ordonné Dieu, le Très-Haut, pour aller au paradis, il faut commencer par détester, outrager, porter préjudice, et tuer si nécessaire. Le gouverneur d’Al-Miniya, le préfet, le président de la République et les autres responsables des institutions étatiques sont, tous, le fruit de cette culture raciste et inhumaine. C’est ce que nomme, mon cher ami, le chercheur Magdi Khalil, « l’Etat islamique profond » – en référence au terme « Etat profond », apparu après la révolution de 2011 pour désigner le système et les personnes qui dirigent le pays sans apparaître sur la scène politique. Ainsi, le gouverneur d’Al-Miniya, qui avait été bouleversé par la découverte d’un œuf de poule sur lequel était inscrit le nom de Dieu, n’a pas été troublé par le feu mis à la maison d’une femme chrétienne, à son expulsion et aux tortures qu’on lui a infligées. Cette culture islamique traditionnelle n’est pas seulement dirigée contre les chrétiens, mais aussi contre toutes les minorités. On se rappelle ainsi comment, en 2004, des bahaïs ont été expulsés de chez eux et leurs maisons brûlées [le bahaïsme est une religion monothéiste qui proclame l’unité spirituelle de l’humanité].

En effet, cette culture sauvage utilise sa puissance pour faire la guerre à toute personne de religion différente. Il faut ainsi se souvenir, par exemple, du cheikh chiite Hassan Shahatah. En 2013, on lui a arraché ses vêtements et on l’a lynché. Ceux qui se trouvaient avec lui dans le village de Zawiyyat Abu Mossalam, dans le gouvernorat de Guizeh, il y a quelques années, ont été aussi torturés jusqu’à ce que mort s’en suive.

Ecole sanglante – Cette culture terroriste, j’insiste, n’est pas née du wahhabisme saoudien. Il est vrai que le wahhabisme l’a diffusée, mais Muhammad Ben Abd Al-Wahhab, fondateur de cette école sanglante, n’a pas inventé ce radicalisme. Il en va de même pour l’Etat islamique, pour les talibans et bien d’autres encore parmi les organisations terroristes.

Tous se fondent sur :

– Les versets violents du Coran incitant à monter les musulmans contre les « associateurs » (polythéistes) les « Nazaréens » (chrétiens), les juifs et les autres. Et il est demandé au musulman, pour complaire à Dieu, le Très-Haut, et pour entrer au paradis, de devenir terroriste, et de haïr tout ce qui est humain. Ces versets constituent l’échine de l’école sunnite dans toutes ses formes et doctrines. Cette doctrine est enseignée à Al-Azhar, la mosquée et l’institut sunnite officiel, dans les écoles publiques, dans les mosquées, dans les médias et partout ailleurs.

– Les hadiths [parole de Mahomet non retenue dans le Coran, reconnue comme authentique et qui fait force de loi pour les croyants] appelant clairement à tuer et à terroriser l’ennemi, y compris les musulmans non sunnites.

– L’histoire du califat de Quraysh (que je ne considère pas islamique, comme le califat ottoman et d’autres encore) était celle de l’occupation d’autres peuples et des razzias innombrables. Elle ressemble, bien sûr, à celle de tous les empires antérieurs : soumission, dictature, despotisme, discrimination, crimes. Il n’a jamais existé une histoire idéale. Même l’histoire d’« Al-Andalus » était plutôt celle d’une occupation colonialiste.

Le musulman sunnite ordinaire est porteur de tous ces fardeaux inhumains. Les puissances politiques et religieuses tout au long de l’histoire du califat de Quraysh, et des suivants pendant le règne ottoman, ont combattu toute tentative visant à promouvoir l’ijtihad qui renouvellerait l’interprétation du texte religieux. Ils ont, en effet, incité à tuer et à laminer les rénovateurs les plus importants tels que les Mutazilites, Ibn Rushd (Averroès), Mahmoud Muhammad Taha, Nasr Hamid Abu Zayd, Sayyid Al-Qemni, Farag Fuda, Islam Al-Bihayri et d’autres encore.

Des versets qui ne s’appliquent plus à notre temps – Ces personnes illustres entendaient, par exemple, expliquer que les versets qui incitent à la violence étaient liés aux circonstances dans lesquelles ils avaient été révélés…ces versets fondamentaux a été déterminé par les circonstances historiques et ne s’applique donc pas aujourd’hui.

Dans les autres religions abrahamiques, des interprétations violentes du texte sacré ont dominé à un moment. Puis, tout particulièrement en Occident, les sociétés sont parvenues à promouvoir l’interprétation ou la critique en un sens humaniste.

Nous devons proclamer et reconnaître, en tant que musulmans sunnites, que nous sommes devant une catastrophe considérable qui nous touche autant que les autres. Les musulmans sont pauvres d’esprit, leur tête a été emplie par l’idée selon laquelle on ne peut plaire à Dieu et gagner son paradis, où on déjeune avec le Prophète et gagner les houris, qu’en devenant un bloc de ressentiment et de haine : un terroriste qui se réjouit et éprouve de l’orgueil à déshabiller une femme copte, parce qu’elle est copte, qui sourit quand il met le feu et qu’il la tue, car il se considère comme la main de Dieu contre les ennemis de Dieu. Ainsi, le chemin vers le paradis est rempli du sang des « mécréants ».

Nous devons nous mobiliser pour réanimer et promouvoir la critique humaniste au sein de notre magnifique religion. Cette critique qui interdit catégoriquement de mettre à nu la femme copte de Miniya, d’incendier les maisons de bahaïs, de bannir des athées, et de brûler vifs des otages. Cette critique se réconcilie avec la vie, et ne devient jamais un prétexte pour la détruire. Et tous ceux qui sont contre cela, qu’ils soient du côté des puissances religieuses ou politiques, sont des ennemis de l’humanité.

Saïd Shuayb, journaliste et chercheur égyptien, a notamment été rédacteur en chef d’Al-Yaom Al-Sabea de 2006 à 2010. Aujourd’hui, il habite au Canada et publie notamment des articles sur le terrorisme pour le think tank américain Gateston. Lire aussi :   Mohamed Talbi, l’éclaireur du Coran

L’islamologue suisse controversé Hani Ramadan interpellé et expulsé vers la Suisse

AFP, 08 avril 2017. L’islamologue suisse controversé Hani Ramadan, “connu pour avoir dans le passé adopté un comportement et tenu des propos faisant peser une menace grave sur l’ordre public sur le sol français”, a été expulsé samedi soir vers la Suisse, a annoncé le ministère français de l’Intérieur. Frère du non moins polémique Tariq Ramadan et petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens, Hani Ramadan a “été interpellé ce jour à Colmar (dans l’est de la France, ndlr) à l’occasion d’une conférence à laquelle il participait. Il a été raccompagné sous escorte de police à la frontière franco-suisse”, affirme le ministère dans un communiqué. Il faisait l’objet d’une interdiction administrative du territoire depuis vendredi. “Le ministère de l’Intérieur et les forces de l’ordre sont pleinement mobilisés et continueront de lutter sans relâche contre l’extrémisme et la radicalisation”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl, cité dans le communiqué. Ces derniers mois, plusieurs conférences d’Hani Ramadan ont été annulées en France. En septembre 2002, Hani Ramadan avait fait scandale en défendant dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde l’application de la charia et la lapidation des femmes adultères. Il avait ensuite été licencié de son poste d’enseignant de français par le gouvernement genevois pour propos “contraires aux valeurs démocratiques et aux objectifs de l’école publique”.

Lutte contre la radicalisation : ce que font les autres pays…

PAR SÉRAPHIN ALAVA*, THE CONVERSATION France  le 03/03/2017  Le Point.fr – « Échec », « fiasco », « pseudo-spécialistes »… Les mots ne sauraient être plus durs. Dans un bilan d’étape, rendu public mercredi 22 février, les sénatrices-auteurs remettent complètement en question les approches de l’État français face à la déradicalisation des jeunes. Suivant leurs avis, la France est dans l’impasse en matière de traitement de la radicalisation djihadiste. L’une des solutions serait, comme le suggèrent les sénatrices, de mieux développer la prévention. Ce constat est lucide. Si l’on observe l’ensemble des actions de prévention de la radicalisation violente et que l’on compare les expériences internationales qui se déploient depuis de nombreuses années, force est de constater que l’Europe est bien en retard. Trois niveaux de prévention doivent être analysés afin de pouvoir tirer le bilan de l’efficacité des politiques publiques en matière de sécurité. En premier lieu, la prévention primaire consiste à lutter contre la radicalisation cognitive qui envahit peu à peu les esprits des jeunes et des très jeunes et qui se déploie au sein des réseaux mais aussi des quartiers et parfois des groupes de jeunes eux-mêmes. Cette prévention se fait par l’éducation, l’inclusion sociale et l’envie de vivre ensemble.

Le rôle de l’éducation

En second lieu, la prévention consiste à éviter le basculement de jeunes vers des actes radicaux qui les conduisent dans la délinquance ou le départ. Cette prévention intervient souvent après le signalement du jeune. La troisième forme de prévention vise à favoriser chez les jeunes la rupture avec les idées terroristes et l’entrée dans un processus de résilience, puis de projet de vie dans le respect de la loi et des valeurs républicaines.

…L’approche de l’Unesco, qui propose une éducation philosophique et un renforcement des valeurs humaines, peut-être ainsi consolidée par des expériences locales.

Une expérience belge

Parler, se présenter, dire sa vie… Tels sont les angles pédagogiques choisis par l’association belge Maks qui organise la projection d’histoires digitales créées au sein du projet « Je suis Ahmed, Lèonie, Charlie, of net niet… », déployé sur les villes de Molenbeeck et de Scharbeeck. L’idée s’inscrit dans une série d’initiatives prises en Belgique. Le gouvernement pousse pour une éducation numérique où les jeunes eux-mêmes s’engagent dans la production de contre-discours, d’animation de forum d’échanges et de médiation de jeunes à jeunes. C’est aussi le choix de Rose-Marie Farinella, enseignante à l’école primaire de Taninges, en Rhône-Alpes, et qui travaille inlassablement avec ses élèves de CM2 pour produire des ressources numériques de jeunes pour les jeunes afin de prévenir la radicalisation en agissant collectivement pour partager leurs savoirs. Donner la parole pour se sentir citoyen, agir avec les médias pour comprendre l’information et résister à l’embrigadement complotiste : telles sont aussi les approches de plusieurs organismes en France.

Les modèles indonésien, autrichien, marocain et indien

La prévention de la violence et de la radicalisation passe aussi par la pensée. Le processus de radicalisation est avant tout conversationnel. Partant des préoccupations des jeunes, il va avancer vers des idées radicales et de rupture. L’interprétation d’événements, les prises de position politiques ou sociales sont présentées sous un angle fermé empêchant le débat. De plus, les digitales natives sont bien souvent des digitals naïfs incapables de distinguer les informations objectives issues de sites officiels, d’articles scientifiques, et les informations issues de sites conspirationnistes ou suprémacistes. C’est un handicap qui facilite l’embrigadement. De nombreuses expériences ont donc choisi de produire des discours alternatifs pour contrer les idées terroristes. Cinq jours après les attentats de Paris, le Nahdlatul Ulama, la plus importante organisation musulmane de masse d’Indonésie, a mis en ligne une vidéo intitulée « Rahmat Islam Nusantara », sous-titrée en arabe et en anglais. Ce film de 90 minutes entend contrer point par point la lecture faite par Daech du Coran et des hadiths. Suivant le même objectif, l’université de Vienne a construit le programme « Vienna Observatory for Applied Research on Radicalism and Extremism », Vortex, ayant pour vocation de « produire des éléments de narration visant à contrecarrer l’idéologie radicale et à les diffuser dans le monde ». Le projet se compose d’une part d’une analyse des stratégies et des discours en ligne djihadistes et d’autre part du développement de discours experts (religieux, politiques, journalistiques alternatifs). Au Maroc, la campagne nationale « Non au discours de la haine » a été lancée en juin dernier. En Inde également, plusieurs programmes ont été mis en place face à la recrudescence d’attaques sur le sous-continent.

Les exemples danois et britanniques

Agir en commun dans un esprit fraternel est au cœur des actions de prévention posant comme socle de la paix le respect des autres. Lancée en 2007 à Aarhus (Danemark), l’expérience danoise de prévention de la radicalisation s’appuie sur la mise en relation des jeunes avec des « mentors ». Ces jeunes adultes sont des travailleurs sociaux qui dialoguent avec les jeunes et leur permettent d’agir ensemble pour « réhumaniser » leurs actions. Au Royaume-Uni, le projet Mosaic, fondé par le prince de Galles, propose de lutter contre la violence et l’exclusion en favorisant la reconnaissance des talents des jeunes et des femmes issus des communautés défavorisées. Faire témoigner les victimes, mettre en contact les jeunes en voie de radicalisation et des victimes est aussi une voie active de prévention. L’Association italienne des victimes du terrorisme (AIVITER) a mis sur pied le projet C4C « Une contre-narration pour contrer le terrorisme ». Ce projet, soutenu par la Commission européenne, a pour objectif de diffuser à travers des plateformes du Web les paroles des survivants des actes du terrorisme, afin que ces paroles contrent les discours radicaux des adeptes du terrorisme avec un impact fort sur les jeunes en voie de radicalisation. Cette volonté de ne pas opposer victime et jeunesse radicalisée est aussi au cœur de l’action de l’association belge SaveBelgium, présidée par Saliha Ben Ali, mère d’un jeune parti en Syrie et qui multiplie les actions pédagogiques au sein des quartiers pour témoigner et agir contre les dérives sectaires et radicales. Enfin, la ville de Düsseldorf (Allemagne) agit dans la même volonté de construire du lien social et de renforcer les contacts avec le cycle de formation « Les imams, des ambassadeurs de la démocratie », proposant de mobiliser l’ensemble des citoyens pour prévenir la violence et la radicalisation.

L’art, le rire et la culture au cœur de la prévention – Le rejet du « droit à rire » a été au cœur des actions terroristes en Europe. C’est ce même droit qui est aussi au cœur des actions de prévention où la culture et l’art sont les ciments d’un dialogue et d’un vivre ensemble. Au Burkina Faso, une des sources de prévention des conflits s’appuie sur une expérience originale, « la parenté à plaisanterie ». Il s’agit alors de proposer une dispute autour de la question de l’engagement djihadiste où les opinions de chacun s’exposent et/ou le groupe pousse la caricature pour convaincre.

Cette pratique ancienne et commune à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Dans un groupe donné, deux parties s’insultent abondamment tout en comprenant qu’elles sont fortement liées et responsables du bien-être l’une de l’autre. À travers ces insultes verbales publiques à faible enjeu se dénouent des problèmes et se renforce le traitement non violent des conflits. L’exemple de la Côte d’Ivoire est criant : la prévention met l’accent sur l’éducation interculturelle à travers le renforcement des liens affectifs, ethniques, sociaux utilisant la création et l’art. La tragi-comédie est alors une source évidente et naturelle de cohésion sociale. C’est ce même principe qui est illustré par la troupe de théâtre belge qui monte la pièce Djihad d’Ismaël Saidi, ou par l’action collective d’artistes au soir des attentats. Moins intellectuelle, mais relativement spontanée et rapidement virale, la réaction à la fois comique et engagée de certains jeunes offre elle aussi un contre-discours avec des vidéos telles que « Marseille répond à Daech » ou « Un Africain s’adresse aux terroristes ». L’ensemble des arts peut alors devenir des leviers de paix. Prendre la parole est un moyen de « dire et se dire », comme dans les ateliers « l’art de s’exprimer » mis en place au Québec par le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Le pays renforce d’ailleurs l’engagement des jeunes, tout comme le Canada qui propose une éducation à la citoyenneté à la lutte contre les discours xénophobes et racistes. Prévenir la radicalisation commence très tôt au sein de la famille, du quartier, de l’institution scolaire et des différentes organisations régissant la vie du jeune…

*Séraphin Alava est professeur à l’université de Toulouse – Jean Jaurès. Il intervient auprès de l’Unesco sur la prévention de la radicalisation numérique. Et est expert sur la cyberviolence et les cyberdiscriminations auprès de plusieurs instances européennes.

http://www.lepoint.fr/societe/lutte-contre-la-radicalisation-ce-que-font-les-autres-pays-03-03-2017-2109004_23.php

Algérie – Radicalisation institutionnelle : blasphème, interdiction du prosélytisme non musulman

Mohamed Aïssa : “un projet de loi en élaboration pour protéger le référent religieux national”

27/03/2017 – International-Radio Algérienne –  Un projet de loi est en cours d’élaboration pour renforcer la protection des Algériens de toutes dérives sectaire et doctrinale». C’est ce qu’a annoncé, ce lundi, le ministre des Affaires religieuses et des wakfs, Mohamed Aissa, au Forum de la radio nationale.  «L’Algérie qui respecte la liberté de culte et la pratique des rites se devait, insiste-t-il, d’avoir des textes juridique protégeant l’unité de ses enfants et pouvant à même déjouer toute velléité de ceux qui aspirent à diviser les musulmans en sectes ou en rites». Selon le ministre des affaires religieuses, L’Etat ne peut pas rester silencieux face aux «sectes, manipulées de l’extérieur, qui prêchent le mal et des réflexions dégradantes». Il pointe du doigt, les auteurs des attaques contre les symboles sacrés de l’Islam, «tel que le blasphème du Coran et de la Sounna, l’humiliation des compagnons du prophète (QLSSL), l’organisation des campagnes d’évangélisation ou la rupture du jeûne en public lors du mois sacré de ramadhan».

Pour contrecarrer cette menace, l’invité du Forum de la radio a fait savoir que son département s’attèle à mettre en place, prochainement, un Observatoire national pour la protection du référent religieux national. Cet organisme, explique-t-il, qui constituera «un organe complément aux corps de sécurité nationale», sera composé d’un panel de religieux, d’imams, de penseurs, de sociologues, de politologues et des professionnels de la communication.(…) Il a relevé enfin, le rôle des medersas (écoles coraniques) dans la préservation de l’identité nationale, estimant que ce dernier “complétait celui des établissements éducatifs. En mai prochain, un “programme national complémentaire” sera ficelé avec le ministère de l’éducation nationale”, a-t-il ajouté.                                                                                            http://radioalgerie.dz/news/fr/article/20170327/107293.html

Laura, repentie : « On est comme dans une secte »

Dernières Nouvelles d’Alsace 02/10/2016- Terrorisme / De retour de l’enfer de Daech – RECUEILLI PAR XAVIER FRERE. Sans pseudonyme, à visage découvert. C’est l’une des premières femmes à témoigner ainsi, courageusement, à son retour, de l’enfer de Daech (*). De ses neuf mois en Syrie, avec son fils de 4 ans, où elle a vécu « dans la guerre, sous les bombardements, enfermée, comme de très nombreuses femmes, uniquement là-bas pour procréer, rien d’autre », nous décrit Laura Passoni, 31 ans aujourd’hui.

« Des ‘’haineuses’’ prêtes à prendre les armes ». « Je témoigne pour en empêcher d’autres de partir, ou de commettre des attentats ». Cette Belge de Charleroi avait été endoctrinée en quelques mois avant de prendre la direction du territoire irako-syrien. À la suite d’une déception amoureuse -le départ du père de son fils- cette convertie d’une famille d’origine italienne se laisse envoûter par un « chasseur en ligne » de Daech : « Le recruteur vend du rêve, il me disait que je pourrais être infirmière, que ma vie d’ici était désormais inutile ». Laura Passoni l’a compris aujourd’hui, ils ont joué sur « sa faiblesse ». « Je me suis confiée à lui, j’étais totalement manipulée », se remémore-t-elle, « pour moi, on est comme dans une secte ». Ces dernières semaines, l’implication de jeunes Françaises dans des préparatifs d’attentat (et leur arrestation) a fait écho à son propre embrigadement. « On n’avait pas vu beaucoup de filles jusqu’ici, même le ‘’califat’’, quand j’y étais, interdisait aux femmes de participer à des attentats », éclaire la jeune maman, « mais je ne suis pas choquée par ce qui est arrivé en France, j’ai connu beaucoup de ‘’haineuses’’ là-bas qui voulaient prendre les armes et tout faire péter ».  Laura Passoni a eu du mal à se réadapter à une vie « normale » à son retour en Belgique. Pour participation aux activités d’un groupe terroristes, elle a été condamnée à trois ans de prison avec sursis, son mari à quatre ans de prison ferme…

http://www.dna.fr/faits-divers/2016/10/02/laura-repentie-on-est-comme-dans-une-secte

 

Pourquoi les politiques de déradicalisation sont un fiasco ?

Alors que l’État diffuse depuis cette semaine des spots pour prévenir la radicalisation, dans la djihadosphère, c’est moqueries et rires à ne plus en finir.

huffingtonpost.fr –  26/11/2016 –  Achraf Ben Brahim, étudiant en droit et sciences politiques. Ce n’est un secret pour personne, Stop-Djihadisme et l’action du gouvernement en termes de dé-radicalisation connaissent un flop retentissant. Tous les observateurs avisés du sujet peuvent en témoigner et la récente fermeture du centre de Dounia Bouzar, présentée par le ministère de l’intérieur comme la cador en la matière parachève l’épopée d’un naufrage non seulement rapide mais surtout prévisible…

La radicalisation, une conviction plutôt qu’une pathologie. Lorsque j’ai posé la question de la dé-radicalisation à Rachid Kassim, instigateur de l’attentat de Saint-Etienne du Rouvray dans le cadre de mon livre, la réponse fut limpide : “C’est tout à fait normal que les marchands du temple, que ce soit les soi-disant imams ou les Dounia Bouzar, cherchent à se faire de l’argent sur notre dos. Le plus marrant, c’est qu’ils font leur pain sur les djihadistes qu’ils détestent tant. Ils nous qualifient d’extrémistes, de fous, égarés etc. mais si nous n’étions pas là, ils ne pourraient pas gagner leur pain. Sans nous, ils ne pourraient pas sortir des films, des livres, faire des centres de dé-radicalisation etc. Ils sont bien contents qu’on existe. Ces hypocrites, qui en profitent pour créer ce business sur la dé-radicalisation, c’est grâce à nous qu’ils sont reconnus”. Un autre, Abou Moussa, m’a répondu : “qu’ils essayent d’inverser la courbe du chômage avant de prétendre nous dé-radicaliser”. Il est temps de comprendre que la radicalisation n’est pas un simple processus émotif ou sectaire qui découle d’une déception personnel ou le fruit d’un désœuvrement ou rejet social. Parmi les protagonistes interviewés dans mon ouvrage, se trouvent des ingénieurs, des opticiens, des techniciens qualifiés ainsi que des graphistes multimédia. Soit un agrégat de djihadistes socialisés, conscient de ce qu’ils font et profondément convaincus par le dogme religieux qu’ils défendent. Mais au lieu de s’intéresser à ce dogme et tenter de le déconstruire, une certaine paresse pour ne pas dire méconnaissance s’est installée, préférant parler de folie ou de démence que de conviction. Car la radicalisation n’est pas une maladie, c’est une conviction, aussi extrême soit-elle. Et elle répond à des normes dogmatiques bien définis comme Al-Wala wa Al-Bara (l’Alliance et le désaveu) ou encore Le Tâghout (l’idole, la république en l’occurence). Cette ignorance du dogme jihadiste explique aujourd’hui en grande partie l’échec cinglant des politiques publiques sur le sujet, permettant l’apparition d’un véritable business…                Achraf Ben Brahim est l’auteur de L’emprise, enquête au coeur de la djihadosphère.                                                          http://www.huffingtonpost.fr/achraf-ben-brahim/radicalisation-lutte-daech/

 

La liberté d’expression à l’épreuve du harcèlement juridique de l’islam politique

Le Vif. 06/07/16 – Pierre angulaire de notre démocratie, la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de critiquer, sont sérieusement remises en cause au nom d’une vision falsifiée de la lutte contre le racisme, qui assimile la critique de l’islam à une forme de racisme, en la qualifiant d’ ” islamophobie “. Ce positionnement idéologique, qui relève de l’escroquerie sémantique, concourt à imposer l’idée que la liberté d’expression serait subordonnée aux diktats des religions en général et de l’islam en particulier.

…Pourtant, aujourd’hui nombre de penseurs…de journalistes et de militant(e)s féministes et laïques font l’objet de graves persécutions, voire de menaces de mort en raison de leur détermination à user de ce droit. Cette tendance prend une orientation dramatique s’agissant du monde dit musulman où la séparation des pouvoirs politiques, religieux et judiciaires est un enjeu fondamental qui oppose, à l’heure actuelle, des démocrates aux islamistes et aux régimes autoritaires ou dictatoriaux.

C’est le 14 février 1989, avec la publication du roman de Salman Rushdie Les Versets sataniques, que l’opposition frontale à la liberté d’expression prend une tournure des plus terrifiantes en se transposant sur la scène européenne. L’ayatollah Khomeiny appelle tous les musulmans à tuer le romancier anglo-indien accusé de blasphème. Désormais, la stratégie des islamistes consiste à éliminer par tous les moyens leurs opposants. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la condamnation à mort de Taslima Nasreen (1993), l’assassinat de Theo van Gogh (2004), les tentatives visant le caricaturiste danois Kurt Westergaard (2005), ainsi que la tuerie à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

La légitimité de la mise à mort des esprits libres est clairement revendiquée par l’islam politique. Leur élimination est programmée et se joue sur plusieurs niveaux. Le terrain juridique en est un et il n’est pas des moindres. Des poursuites judiciaires sont désormais intentées contre des militants laïques et féministes sous de faux prétextes. Cette nouvelle stratégie qui s’apparente à une “guerre juridique”, s’est visiblement mise en place, afin de museler quiconque use de sa liberté de parole pour critiquer l’islam radical et tester la résistance des “cibles” et des institutions. En France, le procès des caricatures de Charlie Hebdo en a préfiguré le terrifiant engrenage. Le procès contre la crèche Baby Loup a suivi, avec ses interminables rebondissements judiciaires dont la directrice, Natalia Baleato, est sortie victorieuse, mais au prix d’un long combat.

Au Québec, Djemila Benhabib, journaliste et essayiste bien connue pour son combat contre l’islam politique en est déjà à son deuxième procès. En 2012, elle est poursuivie par une mère musulmane qui lui reproche d’avoir publié sur son blogue les photos de ses deux enfants prises lors d’un concours de récitation coranique organisé à la mosquée al-Rawdah, un fief des Frères musulmans. Or, ces mêmes photos étaient déjà publiées sur le site de ladite mosquée. Djemila Benhabib a gagné ce procès sans réel objet, mais on peut imaginer ce que cela représente de pression morale et financière. Le 26 septembre prochain s’ouvrira à Montréal, un autre procès qui l’oppose, cette fois-ci, à une école islamique pourtant financée par le ministère de l’Éducation et qui fait du port du voile islamique une obligation à partir de la troisième année (c’est-à-dire pour des fillettes de 9 ans). Au Royaume uni, la militante féministe, Maryam Namazie qui mène une lutte acharnée contre les tribunaux de la charia est confrontée à des lobbies organisés au sein des campus universitaires qui viennent perturber violemment ses conférences. Cet insupportable harcèlement consiste toujours à faire passer des militant-e-s laïques pour des racistes.

Ne nous trompons pas sur les véritables motivations des auteurs de ces attaques d’un type nouveau. D’abord, il s’agit de faire régner la peur pour empêcher toute expression critique envers l’islam ou contre la façon dévoyée dont certains veulent l’imposer à d’autres. Ensuite, il s’agit de mettre une pression démesurée sur les personnes visées, pour les épuiser psychologiquement et financièrement, les ostraciser et les éliminer du débat public. Bref, les décourager de continuer à s’exprimer publiquement. C’est pourquoi nous réaffirmons avec force que les démocrates du monde entier refusent la stratégie de la peur et de l’intimidation. Il ne saurait être question de renoncer à la liberté d’expression, pas plus qu’à l’universalité des droits humains et à ceux des femmes en particulier, qui ne doivent souffrir aucune contestation ni restriction au nom de préceptes religieux ou de prétextes culturels. À nous de rassembler nos forces pour nous donner les moyens d’agir collectivement. C’est le premier objectif du comité de soutien qui vient de se constituer. http://djemilabenhabib.com/ je-soutiens-djemila

Par Élisabeth Badinter philosophe, Gérard Biard directeur de Charlie Hebdo, Ewa Débrowska-Szulc, présidente de l’association ProFemina-Pologne, Sanal Edamaruku fondateur-président International Rationalist et président Indian Rationalist, Caroline Fourest journaliste, Nadia Geerts philosophe, Shoukria Haidar présidente de NEGAR- Soutien aux femmes d’Afghanistan, Guy Haarscher, philosophe et professeur ordinaire émérite, Bernard Landry ancien premier ministre du Québec, Taslima Nasreen écrivaine, Hubert Reeves astrophicien, Yvette Roudy ancienne ministre des droits des femmes, Boualem Sansal écrivain, Fatoumata Fathy Sidibé députée au parlement de la région Bruxelles-Capitale, Mohamed Sifaoui auteur et réalisateur, Viviane Teitelbaum députée au parlement de la région Bruxelles-Capitale, échevine, Sam Touzani, comédien          –         Djemila Benhabib. © djemilabenhabib.com

http://www.levif.be/actualite/international/la-liberte-d-expression-a-l-epreuve-du-harcelement-juridique-de-l-islam-politique/article-opinion-520681.html?utm_source=Newsletter-07/07/2016&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBDAGLV&M_BT=8237620777878

Affaire des shorts : «La police de la vertu islamiste impose ses normes par la violence»

Par Céline Pina Le Figaro  08/09/2016

À Toulon ce dimanche, deux hommes se sont fait agresser et frapper sous les yeux de leurs enfants, par une bande de jeunes issus de la cité dite «sensible» des Œillets, simplement parce que les femmes qui les accompagnaient étaient en short.

Toujours à Toulon, le 13 juin 2016, une jeune fille de 18 ans s’était faite insulter et menacer dans le bus de la ligne 3, par une bande de fille de son âge parce qu’elle portait un short. Aux cris de « putes » et « vas-y mets-toi toute nue », les jeunes hommes sont venus exercer une police de la vertu que l’on croyait impossible sous nos latitudes.

Aux cris de «putes» et «vas-y mets-toi toute nue», les jeunes hommes sont venus exercer une police de la vertu que l’on croyait impossible sous nos latitudes. Dans le cas de la jeune fille en short, qui a raconté son agression sur Facebook, à la question «pourquoi vous me traitez de pute parce que je porte un short alors qu’un homme peut se balader torse nu en plein centre-ville sans que personne n’y trouve rien à redire?», les jeunes femmes ont répondu «ben parce que t’es une femme, faut se respecter, sale conne.» Ces gardiennes sourcilleuses de la pudeur des femmes, mais peu de la chasteté de leur vocabulaire par ailleurs, ont tout dit: un homme on doit le respecter, une femme doit se respecter…. Une assignation à la pudeur qui plonge ses racines dans l’hypersexualisation du corps féminin et qui explique le rejet du corps de la femme, vu comme intrinsèquement impur et sale.

Faire du corps de la femme, un enjeu social et politique, un marqueur de la progression d’une idéologie au sein de la société. La question du burkini, la multiplication des voiles intégraux, l’agression des femmes en short et le tabassage de leurs compagnons participent de la même logique. Faire du corps de la femme, un enjeu social et politique, un marqueur de la progression d’une idéologie au sein de la société. Dans les deux cas, c’est au nom de la transgression d’une «pudeur», érigée en norme pour la femme, que les agresseurs sont passés à l’acte. Le corps enseveli de la femme, la visibilité de son invisibilisation marque sa soumission à un ordre social où elle ne doit pas exister dans la sphère publique, car elle y apporte le désordre et le dérèglement sexuel. Le short est vécu par certains comme la marque du refus de cette soumission, des résistances à cette nouvelle norme et les agressions qu’il déclenche témoignent de l’influence que gagnent les islamistes dans certains secteurs, où ils ont imposé leur vision du monde faite de séparatisme sexuel et confessionnel, quand bien même la pratique religieuse serait frustre ou aléatoire. Que les hommes aient été passés à tabac obéit au même processus. Puisque la femme, chez ces esprits rétrogrades appartient aux hommes, ceux qui n’imposent pas à leurs femmes cette nouvelle norme, sont faibles, traîtres à leur sexe et sont donc punit de leur déloyauté…

C’est par la violence que les islamistes veulent imposer leurs normes. Ces provocations et agressions sont des avertissements envoyés à un mode de vie qu’ils combattent. Un mode de vie, où la reconnaissance de la liberté des femmes n’est pas l’acceptation de leur frivolité, mais la reconnaissance de leur pleine capacité de citoyenne, qui va avec le droit de vivre en société avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les hommes. Ces agressions sont un message politique clair: nous tenons les lieux, nous sommes puissants et prêt à en découdre. Vous ne maintiendrez votre mode de vie qu’à vos risques et périls. Et les tests de résistance comme les passages à l’acte se multiplient, sur les plages et dans les quartiers… La peur et le rejet que cette attitude génère est normale. Elle alimente le vote Front National et ce d’autant mieux si les regards se détournent… À la manifestation organisée à Toulon appelée «marche en shorts» après l’agression de la jeune fille en juin, il n’y avait pas un seul élu…

On n’éteindra pas la volonté de conquérir le pouvoir de ceux qui se servent de l’Islam pour imposer leur totalitarisme politique (y compris en attisant le feu de la guerre civile) en ignorant la multiplication de leurs provocations, mais en indiquant clairement que certaines attitudes sont séparatistes et inacceptables.

Une Nation n’est pas une auberge espagnole, ni un monde de bisounours où la tolérance suffirait à éviter tous les conflits. Nous avons tous à nous intégrer au monde commun qu’elle propose et celui-ci a son histoire, ses bornes, ses références et ses exigences. Il arrive ainsi que des revendications soient incompatibles et la notion de conflits de valeurs n’est pas une vue de l’esprit. Ceux qui combattent les fondamentaux de notre contrat social, ou en épousent les provocations violentes ou symboliques, n’y trouveront pas leur place et subiront l’opprobre et la marginalisation, à partir du moment où la manifestation de cet opprobre reste dans le cadre de la loi. Cela n’a rien à voir avec de la stigmatisation et tout à voir avec la justice.         http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/09/08/31003-20160908ARTFIG00104-affaire-des-shorts-la-police-de-la-vertu-islamiste-impose-ses-normes-par-la-violence.php

L’illusion du paradis, le moteur des kamikazes

Source AFP. Publié le 29/06/2016. Le Point.fr – Le sociologue Farhad Khosrokhavar, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, tente de décrypter la logique des terroristes…À Istanbul, Paris ou Bruxelles, la conviction que l’éden est au bout du sacrifice motive les kamikazes…Mardi soir à l’aéroport d’Istanbul, un témoin, Oftah Mohammed Abdullah, a raconté avoir vu l’un des assaillants : « Il avait une veste courte et avait caché un fusil [dessous]. Il l’a sorti et a commencé à tirer sur les gens. Il marchait comme un prophète. » Le paradis, « c’est une adhésion existentielle », explique à l’Agence France-Presse le sociologue Farhad Khosrokhavar… « Ils y croient dur comme fer… Cette certitude leur donne une sérénité et une force extraordinaire. » « Certains ont dit que les tueurs du Bataclan [en novembre à Paris], par exemple, devaient être drogués pour être si calmes et déterminés. C’est faux. Ils n’en avaient pas besoin », ajoute-t-il. Des survivants du massacre dans la salle de concert ont raconté que les tireurs agissaient posément, calmement, parfois le sourire aux lèvres en mitraillant une foule sans défense. Après leur mort, des analyses de sang ont été effectuées : rien.

D’où leur vient cette croyance ? Comment leur est-elle inculquée ? Dans un reportage titré Soldats d’Allah, diffusé le 2 mai par la chaîne française Canal+, le journaliste Saïd Ramzi infiltre une cellule d’aspirants-djihadistes en France. L’émir du groupe, un jeune Franco-Turc se faisant appeler Oussama, lui décrit les joies qui les attendent à l’issue d’une mission-suicide qui n’aura toutefois jamais lieu. « Vers le paradis, c’est ça le chemin », lui murmure-t-il en souriant. « Viens, frère, on va au paradis. Nos femmes nous y attendent, avec des anges comme serviteurs. Tu auras un palais, un cheval ailé fait d’or et de rubis. »

En plus des délices de l’au-delà, les kamikazes sont certains que leur geste leur permettra d’ouvrir la porte des cieux à des dizaines de leurs proches, pour le salut desquels ils ont la certitude de se sacrifier…

Fragilité et psychiatrie… « Ces sujets se disent : Je suis délinquant, je vais passer pour le militant d’une cause et, de surcroît, il m’est promis un au-delà meilleur et durable. Non seulement je vais tuer des gens, des enfants, mais, comme c’est pour la bonne cause, je vais être récompensé. C’est l’inversion totale des valeurs. Ça relève aussi de la psychiatrie. » Le 13 juin, alors qu’il est cerné par la police dans la maison du couple de fonctionnaires de police qu’il vient d’assassiner en région parisienne, Larossi Abballa avait été jusqu’à filmer et mettre en ligne son testament. « Imagine-toi, ô musulman. Il te suffit de t’élancer, de mourir, et te voilà au paradis, avec ton prophète […] Quelle immense faveur ! » dit-il, lisant un texte préparé. « À ce moment-là, plus de soucis, plus d’épreuves. Seulement une jouissance sans fin ! »

 Source : http://www.lepoint.fr/monde/l-illusion-du-paradis-le-moteur-des-kamikazes-29-06-2016-2050571_24.php

 

La théorie du complot est un marchepied à la radicalisation djihadiste

Journal du Dimanche- Alix Hardy – leJDD.fr – vendredi 10 juin 2016 –

…Le sociologue Gérald Bronner s’est intéressé de près aux théories complotistes et à la radicalisation dans le domaine religieux et politique. Et les deux sont plus liés qu’il n’y parait. (Montage JDD) – Sectes, complots, radicaux politiques ou religieux : le sociologue Gérald Bronner, auteur notamment de La démocratie des crédules (PUF, 2013) et La pensée extrême (Denoël, 2009), étudie les mécanismes de la pensée extrémiste sous toutes ses formes…

-Vous étudiez les mécanismes de la crédulité, ce qui fait qu’on se met à croire ou pas à des thèses plus ou moins spectaculaires. Pourquoi certaines personnes croient-elles aux théories complotistes?…
La théorie du complot est très séduisante. Il y a un effet de “réenchantement” quand on vous propose de découvrir l’envers du décor : c’est beaucoup plus excitant que la morne actualité. Savoir “ce qui se trame vraiment” donne l’impression d’être plus intelligent que les autres :  cela donne une plus-value dans l’espace social. Vous avez l’impression d’appartenir à une aristocratie de la pensée, alors que les autres sont des “moutons” ou des “chiens de garde”D’autre part, la théorie du complot permet de mettre en cohérence toute une série d’événements incohérents. On vous dit : “Tu crois que les attentats de Charlie Hebdo, c’est une coïncidence? Tu n’as pas vu qu’auparavant la France a voté pour l’existence d’un État palestinien? C’est bien sur l’État d’Israël qui a puni la France avec ces attentats.” Deux événements qui n’ont rien avoir l’un avec l’autre sont soudain liés et mis en cohérence dans une théorie. Comme si on levait le voile tout à coup, ce qui crée une grande satisfaction intellectuelle.

Pourquoi est-ce qu’on note un retour des théories du complot? Pendant longtemps, ces argumentaires demeuraient confinés dans des espaces de radicalité. Quelqu’un qui avait un argumentaire anti-vaccin venait par exemple d’un environnement religieux, de la deep-écologie [un mouvement qui place la nature au dessus de l’humanité, NDLR] ou bien de l’extrême-droite. Ces porteurs de représentations-là n’étaient la plupart du temps pas autorisés à parler dans l’espace public de l’information. Aujourd’hui, les règles ont changé. Avec Internet, le marché de l’information s’est dérégulé : on peut désormais verser n’importe quelle information dans l’espace public. C’est la loi du plus fort : ceux qui sont motivés à faire valoir leur point de vue gagnent la bataille de la visibilité. Et les plus motivés sont les croyants, les militants et les porteurs de radicalité, car la radicalité est un indice de motivation. De sorte qu’on observe un marché qui nous fait confondre la visibilité d’un point de vue avec sa représentativité. 

Croire aux théories du complot, c’est forcément être bête? Non, pas du tout. Ce sont des théories sophistiquées par leur nombre d’arguments et la diversité des compétences qu’elles mobilisent. Ce n’est pas tant la théorie du complot qui implique un niveau d’études que le thème sur lequel elle porte. Selon la nature de la théorie, ce n’est pas le même type de public qui est intéressé. Les thèmes de l’extrême droite et les thèmes populistes en général trouvent apparemment plus facilement un écho chez les gens qui ont un faible niveau d’études. On sait aussi qu’en France ce sont les gens qui ont un faible niveau d’éducation qui votent FN. Et on sait par ailleurs qu’il y a un lien entre radicalité et extrémisme politique. Tandis que ceux qui invitent à la méfiance vis à vis de la science – les motifs écolos, les vaccins, l’empoisonnement – trouvent plus facilement écho chez les gens qui ont un niveau d’études plus important. 

Savoir douter de ce qu’on nous dit, c’est plutôt une preuve d’esprit critique, non? Et les théories du complot sont basées sur la mise en doute de la version officielle. 
Nous avons droit au doute, mais tout droit implique des devoirs. Or, les conspirationnistes réclament ce droit sans s’acquitter de leur devoir. Qui est d’avoir une pensée méthodique et de respecter des règles de base : l’administration de la preuve de ce qu’on avance, ne pas confondre corrélation et causalité, ne pas admettre l’argument du cui prodest (“à qui profite le crime”). Supposez que je vous dise que les embouteillages profitent à ceux qui vendent de l’essence, et que c’est donc eux les responsables. L’argument est logiquement inacceptable. Bon, la ficelle est grosse, mais quelques fois c’est plus insidieux, comme ceux qui soutiennent que les attentats de Charlie Hebdo profitent à Hollande car il a bénéficié d’un rebond de popularité et il a pu promulguer des lois considérées comme liberticides.

Quel est le lien entre théorie du complot et radicalité politique ou religieuse? Le lien entre théorie du complot et radicalité est tout à fait avéré [par une étude de chercheurs néerlandais publiée dans le Social Psychological & Personality Science journal]. Le complotisme est aussi un marchepied à la radicalisation djihadiste. Quand on y croit, cela suscite une telle indignation morale qu’il faut une révolution. Et une punition, car dans une lecture manichéenne, il y a des bons et des méchants, et il faut punir les coupables par la violence, car les autres détiennent déjà tous les autres pouvoirs. La radicalisation djihadiste offre une lecture inspirée par un thème victimaire, d’un monde musulman qui serait victime d’un complot du monde occidental visant à asservir les musulmans ou à créer une troisième guerre mondiale. Ceux qui pensent que les attentats du 13 novembre en France n’ont pas été réalisés par des terroristes se réclamant de l’islam pensent que le but était de provoquer une guerre des civilisations pour que l’Occident puisse enfin éradiquer l’islam comme, soi disant, il en a envie. Cela s’appelle la théorie du “combat de chiens”.

Comment est-ce qu’on glisse vers la radicalisation djihadiste? C’est un processus incrémentiel, un escalier dont les premières marches sont petites. La conclusion de la radicalisation, c’est souvent des croyances tellement absurdes que si vous connaissiez ces croyances avant d’emprunter l’escalier, vous n’y croiriez pas et vous reculeriez tout de suite.  Dieudonné, par exemple, a quand même fait des campagnes contre le FN dans les années 90. Qu’aurait pensé le Dieudonné de ces années-là du Dieudonné de 2016? Il n’aurait probablement pas cru qu’il allait devenir comme ça, parce qu’il n’aurait pas vu la somme des étapes qui l’ont conduit à un virage à 180 degrés. Les théories du complot sont souvent une première étape : avoir l’impression de vivre dans un monde où on nous ment. Imaginez un adolescent, par exemple, qui cherche de bonnes raisons de détester le monde des adultes : s’il découvre une proposition selon laquelle son malaise est dû au fait que le monde des adultes est mensonger et pas au fait qu’il est fragile psychologiquement parce qu’il se construit, il va être sauvé de lui-même. Il fera partie des élus qui détiennent la vérité. Dans les mouvements djihadistes, cela commence souvent comme ça : on te dit que Dieu t’a choisi et que tu as raison car le monde est un mensonge.

Comment fait-on revenir en arrière des personnes radicalisées? Tout ce qu’on essaie à l’heure actuelle est encore expérimental. Si quelqu’un sait comment faire, qu’il le dise! Au niveau mondial, personne n’a encore réussi. Personnellement, je ne crois pas à la “déradicalisation”. Le lavage de cerveau n’a jamais existé. Tout ce que vous arrivez à faire, c’est priver quelqu’un de sommeil et le rendre un peu amnésique, voir lui provoquer des troubles psychologiques, mais il récupère son système de représentation. On ne déradicalise pas dans le sens où on ne peut pas retirer une croyance d’un cerveau. Ce que je veux faire, c’est essayer de redonner à ces individus le contrôle de leur esprit critique. S’il y a déradicalisation, c’est une autodéradicalisation. Ils vont s’éloigner, par l’excitation de leur pensée critique, au moins d’une adhésion trop radicale et inconditionnelle. Je ne parlerai à aucun moment de religion mais du fonctionnement de leur cerveau : comment il peut les tromper, comment certaines étapes de leur parcours intellectuel ont été en fait adossées à des erreurs de raisonnement. En leur apprenant  à reconnaître ces situations, ils sauront qu’ils peuvent se tromper. Il suffit qu’ils doutent un peu pour redescendre beaucoup dans la radicalité.

Vous avez étudié les sectes et les extrémismes. Vous faites partie d’une mission interministérielle sur l’étude de la radicalisation. En quoi cela va-t-il vous servir concernant la radicalisation djihadiste? J’ai été contacté par le préfet Pierre N’Gahane, qui est secrétaire général du CIPD [Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation, NDLR], pour rejoindre une mission interministérielle qui a été formée dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo dans le but de prévenir la radicalisation. C’était d’abord pour donner un coup de main, puis c’est allé plus loin… A partir de septembre, je vais aller physiquement dans un centre de déradicalisation une fois par semaine, trois heures, pour être au contact avec trente profils radicalisés. Il y a beaucoup de proximité entre les sectes et le djihad, même si ce thème est critiqué. Il existe des invariants de la radicalité, quel que soit le thème – par exemple, le processus incrémentiel. Il y a des processus intellectuels similaires. Bien sûr, il ne faut pas se tromper de sujet. Il existe aussi des variables. Le djihadisme n’a rien à voir avec la secte bouddhiste ou les collectionneurs fous que j’ai étudiés. Les objets sociaux sont une hybridation entre invariants et variables. Donc pour moi, tout le débat entre radicalisation de l’islam et islamisation de la radicalité est un peu vain. Les deux sont vrais en même temps.   http://www.lejdd.fr/Societe/La-theorie-du-complot-est-un-marchepied-a-la-radicalisation-djihadiste-789945

Sa fille en voie de radicalisation, un père témoigne de son calvaire

La Dépêche, le 21/03/2016Propos recueillis par St.B.-  Parcours chaotique d’une ado agenaise de 16 ans dont les parents craignent qu’elle puisse être embrigadée. Officiellement, 10 à 15 mineurs sont comme elle interdits de sortie du territoire en Lot-et-Garonne. Depuis la fin janvier, cette jeune Agenaise de 16 ans est interdite de sortie du territoire, pour six mois en théorie, pour «risque de radicalisation.» Son père témoigne.

Comment êtes-vous arrivé à la conclusion que votre fille était en voie de radicalisation ?

«Pour l’instant, elle est sur le fil du rasoir. Elle n’est pas encore radicalisée mais elle continue semble-t-il de se poser des questions sur le voile, l’islam. Elle n’a pas les réponses mais elle les cherche. Jusqu’au moment de notre arrivée à Agen (en 2015, N.D.L.R.), elle était déjà en état de fragilité psychologique(…) Depuis la fin de l’an dernier, une enquête de proximité menée par les gendarmes nous a alertés. Avant son départ du domicile vers un autre département elle fréquentait des délinquants mêlés à des trafics de stupéfiants. Elle a par ailleurs coupé les ponts avec son environnement proche, familial et autre. Cet été, elle sortait avec un musulman, elle vivait avec nous et lui venait à la maison pour la voir, sans problème aucun. Depuis, elle a cassé avec lui pour se rapprocher de ces réseaux de délinquance. Elle ne mange plus de porc, demande des produits halal. Pendant trois mois de décembre à février, les gendarmes ont poussé leurs recherches. Elle possède au moins un autre profil Facebook. C’est après l’avoir consulté qu’ils nous ont conseillé de demander une mesure d’interdiction de sortie du territoire (…) On nous dit qu’elle peut basculer (…) elle est fragile, sans projet et déscolarisée (…). L’interdiction de sortie du territoire n’est qu’une mesure administrative, pour six mois. Vous pointez du doigt l’impact des réseaux sociaux…

«Elle possède un compte Facebook depuis l’âge de 13 ans. Avec sa mère, on avait fixé les conditions d’accès à ce réseau social. Elle ne devait avoir que des contacts que l’on connaissait. Les deux premières semaines, tout allait bien. Après, on a vu apparaître de nouveaux noms (…) on lui a dit qu’elle avait enfreint les règles. Elle a eu dans les premiers mois des contacts au Maroc, en Tunisie, entre autres. Elle posait des questions sur le port du voile, on lui répondait. Elle a été invitée à partir là-bas pour découvrir que les femmes étaient soi-disant libres. Elle ignorait de toute évidence le danger. C’est le temps de la première fugue. Ensuite, il y a eu un contact avec une nouvelle amie, en difficulté comme elle. Les ponts ont été coupés, par ses parents à elle. C’est à ce moment que j’ai fait le choix de pouvoir consulter ses conversations sur internet. Elle n’a que 14 ans, et c’est alors la 2e fugue, la rencontre avec une mineure qui porte le hijab (…) Sans ce dispositif, je n’aurais pas su qu’elle voulait se rendre à Paris pour rejoindre sa copine, puis dans le sud-est. Les réseaux sociaux sont un moyen de recrutement de jeunes en difficultés qui peuvent par exemple servir de mule pour les trafics mais pas seulement…

Que dites-vous aux parents qui peuvent être confrontés à ce que vous vivez ?

«Je leur dis que le danger vient autant par les réseaux sociaux que par les rencontres. Je leur dis aussi qu’il faut anticiper et se renseigner sur les moyens mis à leur disposition. Ils doivent en parler, signaler leurs doutes auprès des services compétents…Il existe aussi des numéros d’appels spéciaux (*)…au travers de notre expérience, on ne peut que regretter qu’il n’existe pas de «tuilage» entre les différents services, les informations ne sont pas forcément mises en commun. J’en veux aussi aux services sociaux car il n’y a rien eu, ni éducateur, ni placement provisoire, le conseil départemental a refusé notre demande d’AEF, l’action éducative familiale. Un placement provisoire peut protéger un enfant s’il est extrait du cercle familial par sa volonté ou par obligation… Nous, nous avons et c’est une chance pu compter par exemple sur la Maison des ados dont le soutien a été précieux, pour l’écoute comme pour l’aide à la parentalité.»                                                                                       (*) Le 119 et le 0 800 005 696 « stop-djihadisme ».

PARENTS DE DJIHADISTES BELGES : LA TORTURE AU QUOTIDIEN

 Paris Match, N°751 du 28 janvier au 3 février 2016 – Les jeunes Belges embrigadés par l’État islamique pour défendre des idéaux chimériques sont nombreux à avoir quitté le pays. La mort était, pour beaucoup, au bout du voyage. Des parents d’enfants disparus sur le terrain syrien ont accepté de nous rencontrer… Ils sont catholiques, agnostiques, bouddhistes ou musulmans. Leurs fils sont tombés au «front», sauf un, encore en vie, croit-on. Ils reviennent sur ce cauchemar collectif avec un mélange de candeur assumée et de détermination, écartelés entre douleur, regrets et interrogations. Ils sont partis pour ce qu’ils voyaient comme une grande cause, ils sont partis pour un miroir aux alouettes: une pseudo-liberté qui les délivrerait des formalités administratives et des visions creuses d’un Occident pourri, disaient-ils, par l’ultralibéralisme. Un Occident dépouillé de ses valeurs initiales, vidé, à leurs yeux, de spiritualité. Ils sont partis pour donner un sens à leur vie, pour exister… Quelle qu’ait été leur formation, leur milieu, la religion familiale, ces gamins ont de nombreux points communs: ils ont été élevés par un parent seul, loin de pères qui reconnaissent, pour certains, n’avoir pas été suffisamment présents. Ils se sont convertis tôt, ont commencé à respecter assidûment certains préceptes du Coran qu’ils ont aussi malmenés, déformés. Ils ont arrêté de boire, de fréquenter des filles. En toile de fond à ce décrochage, on retrouve les classiques difficultés à trouver un emploi, la perte des repères, l’effet de groupe, une fragilité psychologique indécelable à l’œil nu, un désarroi dont les proches n’ont pas mesuré l’ampleur… Le résultat est là: tous ont mis les voiles en douce. Ils sont partis en Syrie. Sont tombés au combat. L’un d’entre eux a disparu. Leurs parents ne cessent de s’interroger, tentant de comprendre et de redorer le blason de ces brebis égarées, en quête d’identité. La plupart ont eu peur de parler aux autorités, de trahir les enfants. Comme d’autres avant eux, ils ont eu ce sentiment de livrer leur progéniture en pâture. Ces parents blessés appellent chaque jour à la compassion et l’affirment avec foi: leurs fils sont des djihadistes, pas des terroristes. EJ.

ILS EN SONT CONVAINCUS : LEURS FILS ONT ETE AVEUGLÉS PAR UNE SENSATION DE LIBERTÉ ET « UN COMBAT POUR UN MONDE MEILLEUR»

PAR EMMANUELLE JOWA –  Géraldine Henneghien est belge, convertie à l’islam. Son fils, Anis, est mort en Syrie. Elle a les yeux bleus, une allure décidée qui cache mal une douleur sans nom, de celles qui fragilisent à vie…elle nous dit d’emblée qu’elle et ses pairs ne sont pas des «mères de terroristes ». Géraldine s’est transformée, au fil du temps, en porte-parole d’un groupe de familles déjeunes disparus sur le terrain syrien. Des parents de djihadistes disparus en Syrie. Entre deux appels du Washington Post ou d’Al Jazeera…, elle nous présente au compte-gouttes d’autres familles de jeunes djihadistes. Son caractère décidé et ses talents de polyglotte l’ont amenée à gérer les relations publiques de ce groupe informel. Elle est méfiante. « Nous avons changé plusieurs fois d’adresse mail», nous dit-elle. «Nos comptes ont souvent été piratés.» L’association porte l’appellation de «Parents concernés»… «Vous devez être fiers de votre fils. Il s’est battu comme un lion et ici, on est tous choqués de son départ. A lui seul, il a fait fuir cinquante soldats.». Ce sont les premiers mots de ce SMS que Géraldine a reçu d’un jeune Molenbeekois, parti combattre lui aussi. Dans ce message, il lui annonce la mort de son fils, Anis. Tué le 23 février 2015 à Deir Ezzor, lors d’une frappe aérienne de la coalition internationale. Avant son départ en 2014, Géraldine avait signalé aux autorités belges qu’elle craignait qu’il rejoigne la Syrie. Elle n’a pas été entendue : il est majeur, lui a-t-on répondu.

Catholique – Véronique Loutea la soixantaine. Chrétienne de conviction, formatrice sociale de métier… est aujourd’hui retraitée après une carrière de quarante ans « dans le handicap » comme elle dit…Son fils, Sammy, 23 ans, parti pour la Syrie en novembre 2012, n’est pas revenu. A sa connaissance, il n’est pas mort. Cela fait deux ans que Véronique l’attend. Sammy a profité d’un bref séjour de sa mère en Allemagne pour s’envoler. «Avant mon départ, il m’a embrassée tranquillement. C’est la dernière fois que j ‘ai vu mon fils.» Derrière lui, Sammy a laissé à Véronique un Coran et un livre sur le dialogue chrétien-musulman. « Il m’avait parlé de voyager en terre musulmane mais je lui avais dit alors qu’un projet s’imposait ». Sous couvert, dans un premier temps, d’aide humanitaire à la frontière turque, Sammy s’engage dans la lutte contre l’armée syrienne qui écrase alors les troupes révolutionnaires. Le djihad est devenu son projet. Depuis, sa mère ne vit plus que pour retrouver la trace de ce fils qui s’est dissous dans une voie impalpable…

Bouddhiste – Oliviera une quarantaine d’années, une silhouette juvénile et le regard triste. Peu loquace au départ, cet ancien imprimeur converti au bouddhisme intervient par bribes dans la conversation pour nous narrer son histoire, non sans réticences… D’emblée, il nous dit ceci: «Dites, s’il vous plaît, que nos fils étaient des garçons bien. Sean, le mien, a toujours gardé ce regard bienveillant. Il s’est laissé porter par ses idéaux, point », martèle ce père… Son fils, Sean, mort au combat, est le premier du groupe à être parti pour la Syrie, avec celui de Véronique. C’était fin octobre ou début novembre 2012, racontent ces parents aux traits défaits. Dévorés par l’angoisse et le regret.

Des enfants du divorce – Véronique, divorcée, a élevé son fils dans un esprit « chrétien », ouvert, généreux. La vocation humanitaire, son clan l’a dans le sang. Mais elle admet, en tant que femme seule, avoir eu peu de temps à consacrer à l’éducation de son fils, à son «suivi». Il s’est converti à l’islam, elle n’y a vu qu’un choix profondément spirituel, une vision altruiste. Une façon aussi, sans doute, de se démarquer du contexte familial. Elle ne s’est pas étonnée outre mesure de l’envie d’engagement soudain de Sammy… Les parents que nous rencontrons ont entre autres ce point commun: ils sont séparés. «La maman de Sean est métissée, née en Belgique de mère africaine et de père russe. Sean était quarteron », dit Olivier en nous montrant, très ému, une photo de son fils… « Lorsque Sammy a annoncé sa conversion, il vivait avec son père, qui était farouchement opposé à la religion musulmane », explique Véronique. « Le père de Sammy est ivoirien. Il est professeur de maintenance informatique.»… «Mon ex-mari a souffert des différences entre nord et sud en Côte d’Ivoire. Dès lors, il ne voulait pas que son fils devienne musulman. Le père de Sammy et moi nous nous sommes quittés, sans fracas ni douleur, pour des raisons personnelles. Mes enfants savaient que j’allais quitter leur père. Entre Sammy et lui, ça n’allait plus. Comme ça devenait très “chaud” à la maison et que mon fils n’avait pas les moyens de partir, je lui ai loué un appartement. Je me suis installée à Saint-Gilles… Sammy qui, au départ, vivait avec moi avant de voler de ses propres ailes, a entamé sa conversion vers 2004. II avait alors 16 ans. Mais peut-être l’avait-il amorcée plus tôt dans sa tête.» Entre 2004 et 2012, le jeune homme poursuit son chemin de foi. «Durant toutes ces années, il y a eu une évolution progressive que je percevais. Il s’éloignait de nous.»

Du hip-hop à la mosquée – A Laeken, Sammy et Sean étaient des copains de quartier. Ensemble, ils faisaient du hip-hop et fréquentaient une maison de jeunes. Ensemble, ils se sont trouvés, à un moment donné, un peu désœuvrés. « Sean a exprimé alors un rejet profond de la société de consommation », commente son père Olivier. Le piège de l’Etat islamique s’est refermé sur ces garçons qui aspiraient, selon plusieurs parents, à bousculer les idées reçues. Ils ne se sentaient ni acceptés, ni prêts à affronter le monde extérieur et ces barrières administratives qui se mettaient sur leur chemin – la recherche d’emploi, notamment, et sa cohorte de formalités…Les parents évoquent en vrac les déceptions, les espoirs détruits. «Sammy avait le sentiment de n’avoir aucun avenir», raconte Véronique…Le déclencheur varie, la vitesse du basculement aussi. Mais certains points communs sont là pour démontrer que les processus de «radicalisation» sont tout de même sensiblement identiques. Il y a des indices que les familles doivent apprendre à reconnaître. Les fils de celles que nous entendons ont, en règle générale, commencé à se vêtir différemment, à fréquenter la mosquée avec zèle. Ils ont arrêté de boire, de voir des filles. Ils étaient célibataires. Presque endurcis. Une forme d’exaltation, un excès de prières, une rigueur soudaine ou progressive, une intransigeance envers les valeurs inculquées…Ces signes ne sont que de simples indices et ne permettent pas les conclusions hâtives.

L’évolution de Sammy englobe, comme chez les autres, des changements vestimentaires, une forme d’austérité générale. «Sammy n’a jamais bu un verre de vin ni une bière.» Cette rigueur surprenante pour un jeune n’a-t-elle pas interpellé ses parents? «Je ne m’en préoccupais pas », répond Véronique. Le garçon, amateur, comme tous les gamins de son âge, de jeux vidéo et fan à ses heures des Tortues Ninja, portait en lui, depuis longtemps, une propension à la spiritualité. «A l’âge de 7 ans, il m’avait demandé s’il pouvait se faire baptiser dans l’Eglise catholique, poursuit sa mère. Un professeur l’en avait convaincu. Il fréquentait un pensionnat catholique. Mon mari à l’époque ne pratiquait pas et, bien que catholique moi-même, je souhaitais laisser à mes enfants le choix d’être baptisés ou non. Sammy s’est fait baptiser à Pâques, l’année de son septième anniversaire…En cinquième année d’humanités, il m’a dit qu’il voulait changer d’école. Il a demandé mon accord pour rejoindre l’athénée et suivre les cours de religion islamique. Il s’est converti.»

Le piège caritatif – Début 2012, Sammy s’immerge dans la religion musulmane, fait le ramadan et ses prières cinq fois par jour. Il se laisse pousser la barbe, n’assiste plus aux réunions familiales, «parce qu’on n’y mange pas halal». Il remplace l’écoute des infos par des prêches à la radio. « Certains proches m’ont demandé comment je pouvais me plier à ça », poursuit Véronique, «mais j’avais à cœur, une fois encore, de lui laisser la liberté de culte… Petit à petit, j’ai vu Sammy changer. Il s’est éloigné du milieu familial. Son habillement s’est modifié. Il a porté la djellaba d’abord rentrée dans le pantalon, ensuite au-dessus du pantalon. En revanche, il a gardé une coiffure courte el n’est pas, du moins à ma connaissance, passé à la barbe. »  – Le détonateur de l’embrigadement, pour Sammy, a pris la forme d’une action humanitaire. «Un jour, il me dit: “Voilà, maman, je vais distribuer de la nourriture aux pauvres’. ‘J’étais fière de lui, comme toutes les mères l’auraient été en pareilles circonstances… Il a entamé cette démarche avec Jean-Louis Denis. Je ne connaissais pas ce nom mais aujourd’hui, j’en veux énormément à ce personnage qui a fait du mal à beaucoup de jeunes, Sammy était ainsi bénévole au Resto du Tawhid, l’association qui distribuait des repas aux SDF autour de la gare de Bruxelles-Nord, tout comme Sean et les autres (NDLR: menée par Jean-Louis Denis, dit «le soumis», soupçonné de faire partie de Sharia4Belgium et inculpé pour terrorisme, l’association avait mis en place ces distributions de repas qui étaient le prétexte à des recrutements). Ces actions prétendument en faveur des pauvres étaient l’antichambre de la radicalisation. On appâtait les jeunes, on les rassemblait, on leur faisait un lavage de cerveau. Quand mon fils est parti, je suis tombée dans un gouffre. Sammy avait appris l’arabe un an avant de partir…». Véronique admet aussi avoir, en ressassant les axes qui auraient pu conduire son fils vers la voie obscure, soupçonné ce professeur d’arabe qu’elle n’a jamais rencontré d’avoir influencé Sammy… Parmi les jeunes qu’ils fréquentaient dans le quartier, un groupe a eu un accident de voiture. L’un d’entre eux est mort. Sean a commencé à prier pour lui, il s’est rendu dans la mosquée de quartier. Il dit avoir eu une révélation avec l’islam. Il s’est converti très vite et s’est intéressé de plus en plus au Coran. Cette révélation s’est accentuée en trois ans. C’était un sujet de discussion à la maison. Les deux premières années, ça se passait très bien. C’est à partir de la troisième année que j’ai vu des changements, je me suis rendu compte qu’il s’était un peu fermé. C’était fin 2010-début 2011. Sammy, de son côté, était déjà converti…» – Sean poursuit sa grande mutation en passant par quelques paliers. «Il était fusionnel avec sa maman. Elle a remarqué des variations de comportement, l’a trouvé plus distant.» Lejeune homme modifie son alimentation, prie de plus en plus souvent. Sa quête spirituelle le fait évoluer. Il sort moins, n’écoute plus beaucoup de musique alors qu’il a passé sa prime jeunesse à danser. Il a de nouvelles fréquentations, notamment au Resto du Tawhid. «Il a fait un pèlerinage à La Mecque l’été dernier», raconte encore son père. « Il était très fier, il voulait vivre sa foi à fond. C’était important pour lui et ça semble avoir été un détonateur. Dès son retour, il portait tous les jours sa djellaba. Son attitude a changé, il était dans une sorte de repli sur soi. Avant, il travaillait avec moi sur des chantiers de peinture, de décoration d’appartements pour gagner un peu d’argent. Et puis il a communiqué de moins en moins. Il n’est plus allé au cinéma, ni au restaurant. Il a arrêté le hip-hop. Bien sûr, je l’ai trouvé un peu sérieux, mais je me suis dit que je n’allais pas l’embêter avec ça. Ces éléments étaient importants, je m’en suis rendu compte par la suite, mais sur le moment, je n’ai pas senti le danger. Ces jeunes se cherchaient une identité grâce à l’islam, probablement parce qu’ils n’avaient pas vraiment d’avenir ici. Je regrette de n’avoir pas mieux décelé ces signes…»

Mariages de « luxe» versus fidélité – «Sean a été élevé dans la morale laïque», poursuit Olivier. «Il s’est converti à l’islam vers 14 ou 15 ans. Moi-même, je me suis converti au bouddhisme vers l’âge de 25 ans. J’en ai aujourd’hui 46. Mon ex-épouse, qui avait la garde de Sean durant la semaine, a épousé un homme musulman non pratiquant. Cela pourrait expliquer le fait que Sean s’est ouvert à une religion plus qu’à une autre… Selon ce père meurtri, il peut apparaître plus simple à ces jeunes de convoler sur place. Une question de respect des traditions, d’épouses plus «malléables»? «Je ne pense pas que nos fils aient ou aient eu l’idée d’une femme soumise, mais plutôt l’envie de rencontrer une femme épanouie au sein de leur croyance, et fidèle. Le mot “fidélité” joue un rôle clé dans l’esprit de ces jeunes…» – Le jeune homme critiquait, dit son père, la vénalité des jeunes filles qu’il rencontrait en Belgique. «Un jour, Sean m’a dit : “Les femmes marocaines veulent des bons mariages, des mariages à 6000 euros, et ça n’a plus de sens dans l’église. Le mariage est une union sacrée.” La femme marocaine était devenue presque une mécréante à leurs yeux. Je pense qu’ils ont recherché la sécurité affective à travers leur religion…” On leur propose aussi un certain code d’honneur, si je puis dire. Les jeunes qui partent ont le sentiment, paradoxalement, d’être en quelque sorte emprisonnés ici…» – Ces jeunes en quête de liberté semblent rechercher une structure. L’islam leur donne, en apparence, des règles basiques, une vision des choses qui, lorsqu’elle n’est pas approfondie, peut être vue en deux couleurs, noir et blanc. Simple, efficace, tentant…Les parents que nous rencontrons voient que la religion apportait à leurs enfants, au-delà d’un regain d’estime de soi, un sentiment de supériorité. Ce dernier peut réduire la capacité d’esprit critique et de lucidité.  Le fils d’Olivier est mort il y a trois ans (…)

Enquête sur la “génération Daech”

04/12/15 – Le Vif/l’express, Soraya Ghali, François Janne d’Othée. L’explication qui dominait jusqu’ici – misère sociale, rejet par la société occidentale – est de plus en plus contestée. La majorité des jeunes partis d’ici pour devenir djihadistes seraient plutôt animés par une soif de révolte. Aux accents nihilistes.

Sa bouille juvénile est apparue partout, sur une photo qui a fait le tour du monde : une barbe naissante, le doigt levé, extrêmement déterminé. Bilal Hadfi, “Billy du Hood” (“de la rue”) dans sa vie numérique, était le plus jeune terroriste identifié des attentats de Paris : 20 ans, cadet d’une fratrie de quatre, ayant grandi dans une cité bruxelloise. Le 13 novembre, il s’est fait exploser à proximité du Stade de France. Autrefois timide et fumeur de joints, il s’est progressivement radicalisé. Ses proches racontent qu’au printemps 2014, la Palestine, d’abord, puis la Syrie, ont pris une part plus importante dans ses discussions et que son vocabulaire est devenu plus guerrier et religieux. En février de cette année, Bilal est parti en Syrie. Comme Sean Pigdeon et Samy, qui avaient rejoint l’Etat islamique en novembre 2012, avec trois amis de leur quartier de Laeken, dans le nord-ouest de Bruxelles… En Belgique, selon les derniers chiffres communiqués par le procureur fédéral, sur 494 djihadistes belges partis en Syrie et en Irak, l’immense majorité appartient à la communauté d’origine marocaine ou sont des convertis. Actuellement, 272 se trouvent en Syrie, 13 sont en transit vers cette destination. Les autres sont rentrés ou morts. Beaucoup d’hommes, issus de la deuxième génération surtout, une cinquantaine de femmes et une trentaine de mineurs…Ils n’avaient rien de l’apparence d’une bande de salafistes. Les frères Abdeslam ? Des petits caïds, vendeurs de shit, noceurs, connus pour des délits de droit commun. Abdelhamid Abaaoud ? Fils d’un commerçant de vêtements plutôt aisé, lui aussi fumeur de shit, buveur d’alcool, glandeur, auteur de larcins divers.

Un tel paradoxe semble donner raison à Olivier Roy, directeur de recherche et professeur à l’Institut universitaire européen de Florence : ce sont les musulmans “born again et surtout les convertis – un quart des partants – qui livrent une première clé d’explication. “Ils montrent, dit-il au Vif/L’Express, qu’il ne s’agit pas de musulmans radicalisés mais de radicaux islamisésQui concerne aussi des candidats n’ayant jamais souffert du racisme et avec peu de raisons de s’identifier à une communauté musulmane.” L’analyse qui domine – la misère affective et sociale, l’emprise sectaire et le recrutement via le Web – ne serait donc plus la plus pertinente pour vraiment comprendre l’enrôlement djihadiste. “On perçoit ces jeunes comme des victimes d’un simple endoctrinement et de rabatteurs du djihad, mais c’est un faux discours”, estime Serge Garcet, docteur en psychologie et directeur du service de victimologie de l’ULg. “C’est leur nier la capacité de poser des choix. Ces jeunes revendiquent leur identité radicale. Ce sont eux qui vont chercher sur les sites ce qui renforce cette identité. Ils sont volontaires lorsqu’ils partent. Ils ne sont pas manipulés. Ils étaient en attente, ”prédjihadistes” avant même de rencontrer l’offre djihadiste.” …On le voit dans le réservoir européen de l’Etat islamique : les nouveaux djihadistes font partie d’une même génération, ou plutôt d’une même tranche d’âge : 23 ans en moyenne. Ils sont aussi ce que les psychanalystes appellent des “post-adolescents” : à l’image des Abdeslam – 31, 29 et 26 ans -, qui habitaient encore chez leurs parents, collés les uns aux autres…Mais, comme les convertis d’ailleurs, ils rompent avec leurs parents, “ou plutôt avec ce que leurs parents représentent en termes de culture et de religion”, écrit Olivier Roy dans son dernier ouvrage (1)… “Pour la plupart d’entre eux, ils sont totalement autodidactes en  matière de religion. Ils ne comprennent pas l’arabe, ne l’apprennent pas… ils choisissent l’islam radical et tentent en vain d’y convertir leurs parents. C’est-à-dire un islam fondé sur le fantasme d’une oumma (“communauté”) planétaire, homogène mais attaquée et qu’il faut sauver corps et âme. Un islam qui sépare le licite de l’illicite, la vérité du complot. “Ils se tournent vers quelque chose qui n’est pas leur point de départ… Car ils ne veulent ni la culture de leurs parents ni d’une culture ”occidentale”, devenues symboles de leur haine de soi”, souligne Olivier Roy…Ils sont mal intégrés dans la communauté musulmane…Une fois radicalisé, un chef de bande peut ainsi se muer en gourou, en pseudo-émir autour duquel se rassemblent des émules plus ou moins proches : frères, copains… et basculent collectivement dans l’action…”Le passage à l’acte est facilité par le passé de petit délinquant. Ces jeunes ont déjà reconstruit leur cognition mentale et modifié leur neutralisation morale : ils ont volé, agressé… L’autre n’existe déjà plus”, relève Serge Garcet. Et pourquoi Daech ? Selon Olivier Roy, parce que l’Etat islamique offre à ces “jeunes paumés de la mondialisation” fascinés par la mort, un sens, une cause, un vrai terrain où ils peuvent se réaliser, un récit d’héroïsme et la garantie de faire la Une dans les médias…Souvent, cela se cumule avec un héroïsme et un désir de martyre qui les libère du souci de se protéger, et leur prouve à eux-mêmes leur supériorité morale par rapport à une société qui a peur de mourir, alors qu’eux acceptent d’aller jusqu’au bout de leur idéal…”

Pourquoi pas les Turcs ? …La communauté turque, qui représente un peu plus de 200 000 individus…on observe très peu d’engagement au martyre. Pourquoi ? Selon Coskun Beyazgül, directeur général de la Diyanet de Belgique, la très officielle “église” musulmane turque, un point essentiel se situe dans la frustration historique et postcoloniale, que les Turcs n’éprouveraient pas. Le djihadisme s’appuie en effet sur un “idéal islamique blessé”. La notion recouvre une certaine réalité historique du monde musulman au début du XXe siècle : la fin du dernier empire (ottoman), l’abolition du principe de souveraineté du califat, le dépeçage des territoires par les puissances coloniales. Les musulmans passent de la position de maîtres à celle de subalternes chez eux. Ça ressemble à l’humiliation du traité de Versailles pour l’Allemagne…D’où le but de Daech de reconstituer l’Etat islamique impérial”, déclare Coskun Beyazgül. Il semble bien que la communauté marocaine se révèle plus poreuse à l’idée d’un islam blessé… Des familles entières sont parties pour réinstaurer un califat”, rappelle Hassan Bousetta.

Si la communauté belgo-marocaine est durement touchée par les départs, ce serait aussi parce qu’elle serait devenue plus perméable au wahhabisme et au salafisme. Pour le ministre Rachid Madrane (PS), “le péché originel, en Belgique, a été de confier les clés de l’islam en 1973 à l’Arabie saoudite pour s’assurer un approvisionnement énergétique”. Résultat : la pratique de l’islam apaisé qui était celle des personnes qu’on a fait venir du Maroc, a été infiltré par du wahhabisme, du salafisme. “C’est ça qu’on paie aujourd’hui.” En Belgique, cette mouvance est soutenue par la présence d’imams et de conférenciers formés à Médine, en Arabie saoudite, par le développement Internet et par des chaînes satellitaires relayant le discours des prédicateurs salafistes, et depuis peu, l’ouverture par exemple de centres de formation aux sciences islamiques…

 (1) En quête de l’Orient perdu, Entretiens avec Jean-Louis Schlegel, par Olivier Roy, Seuil, 288 p.

(2) Radicalisation, par Farhad Khosrokhavar, éd. de la Maison des Sciences de l’Homme, coll. “Interventions”, 191 p.

 
Les croyances apocalyptiques au coeur de l’action des djihadistes

VOIR, 16 novembre 2015, Daniel Baril… Les croyances évangéliques de George Bush ont été apportées comme justification à sa guerre en Iraq. Il fallait éliminer le grand Satan incarné en Sadam Hussein et entrainer la chute de Babylone (Bagdad), un évènement annonciateur de l’Apocalypse. Il ne s’agit pas là d’une diabolisation de la politique guerrière de Bush… Préparer le retour du Christ n’était évidemment pas le premier motif de la guerre en Iraq, mais la croyance religieuse de Bush a contribué, à ses yeux et à ceux de millions d’Américains, à en légitimer l’exercice. Bush affirmait lui-même recevoir ses ordres de Dieu (lire aussi cet article de Rodrigue Tremblay: Bush, la droite religieuse et la fin des temps; ces fous qui préparent l’Armageddon.)

Cette croyance apocalyptique est également au coeur de l’action de l’État islamique. Dans un ouvrage paru en septembre dernier (The ISIS Apocalypse), l’analyste politique et spécialiste de l’islamisme Will McCants met en évidence le recours à la croyance apocalyptique pour fouetter l’ardeur des combattants de l’État islamique. Dans une entrevue accordée au Huffington Post USA (traduite ici) il souligne que:

«[la guerre en Irak] et la violence qui s’est ensuivie se prêtaient à un mode de pensée apocalyptique, notamment parce que ces prophéties évoquent d’énormes bouleversements et violences en Irak et en Syrie. Daech et son prédécesseur, Al-Qaïda en Irak, ont vraiment joué la carte de l’apocalypse. Cela leur servait à la fois à appréhender ces bouleversements et à rallier des combattants étrangers à leur cause. […] Quand Daech est née, en 2006, le juge suprême du groupe à l’époque a déclaré qu’ils avaient la conviction que l’arrivée du sauveur musulman, le Mahdi, était imminente, et qu’il était nécessaire de créer un Etat islamique afin de l’aider à combattre les infidèles. […] Plus tard, [Daech ] s’est mise à évoquer l’apparition du califat et sa refondation comme un accomplissement des prophéties.»

Il y a plus de un an, le politologue français Jean-Pierre Filiu mettait le doigt sur le même élément de l’idéologie djihadiste: «A la différence d’Al Qaeda, la base de l’EI, à défaut de sa hiérarchie, est portée par des croyances millénaristes à l’impact dévastateur. On a désormais des dizaines de témoignages de «volontaires» étrangers de l’EI qui révèlent leur angoisse, mais aussi leur exaltation à l’approche de la fin des temps. […] C’est même un argument martelé pour inciter à rejoindre sans tarder les troupes du «calife» Baghdadi, car la participation à cette Bataille vaudra mille combats moins auréolés de gloire eschatologique.» (L’Etat islamique ou les chevaliers de l’apocalypse djihadiste). Même analyse présentée par le chroniqueur de France24, Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes (L’Etat islamique est dans une logique apocalyptique)… Selon Jürgen Todenhöfer, le seul journaliste occidental à être revenu vivant d’un séjour dans les zones contrôlées par l’ÉI. L’apocalypse n’est pas une figure de style. Les djihadistes sont même prêts à recourir selon lui à l‘holocauste nucléaire pour éliminer, si nécessaire, 500 millions d’«infidèles» … Ça donne froid dans le dos quand on sait que le Pakistan sunnite dispose d’armes nucléaires, un arsenal appelé là-bas «bombe islamique». Baghdadi réussira-t-il à réaliser la «prophétie» là où Bush a échoué?

Le groupe armé État islamique est un pur produit de la guerre de George W. Bush contre l’Iraq, une guerre menée sous des prétextes honteusement mensongers.  Tout comme les Talibans doivent leur réussite au soutien américain pour déloger les Russes de l’Afghanistan et que le régime des ayatollahs en Iran doit son avènement au soutien des Russes pour renverser le Chah, allié des États-Unis. Malgré ces désastres, l’Europe et les É.U. ont poursuivi sur la même lancée en voulant renverser Bachar Al Assad, encore sous de faux prétextes. Cette fois, on invoque la violation des droits humains en Syrie pour mettre la main sur ce pays riche en pétrole et allié de la Russie…

https://voir.ca/daniel-baril/2015/11/16/les-croyances-apocalyptiques-au-coeur-de-laction-des-djihadistes/

Aude: ils terrorisent les passagers d’un TER aux cris d'”Allah Akhbar”

Le Midi Libre, 19.11.2015, FRANCOIS BARRERE .

Six jeunes arrêtés par les gendarmes après avoir contraint un train à stopper à Salses-le-Château.

Six jeunes ont été arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi par les gendarmes de la compagnie de Rivesaltes après avoir terrorisé les passagers d’un TER, en hurlant des menaces de morts et en criant “Allah Akhbar” dans le système de haut-parleurs du train. La scène s’est produit aux alentours de 22 h mercredi soir, aux alentours de Narbonne, dans ce train qui circulait entre Avignon et Perpignan, et dans lequel se trouvaient à ce moment-là une trentaine de passagers. “Les jeunes ont menacé de mort les voyageurs, en leur ordonnant de déposer leurs téléphones portables au sol, et en criant : “Sinon on va vous tuer” a indiqué une source proche de l’enquête. Le contrôleur du train a réussi à regrouper les passagers apeurés dans une même voiture, et a prévenu les gendarmes, qui sont intervenus lorsque le train s’est arrêté d’urgence à la gare de Salse-le-Château. Là, deux jeunes filles faisant partie du groupe de perturbateurs ont été interpellés, pendant que les quatre garçons parvenaient à prendre la fuite. Ils ont toutefois été rapidement identifiés et interpellés dans la matinée. Ils sont depuis en garde à vue chez les gendarmes.

Des mamans de jeunes radicalisés : “Nos enfants ont été volés par une secte”

le 26 novembre 2015 , RTL info. Bernard Lobet, journaliste pour Bel RTL, a recueilli des témoignages de mamans dont les enfants sont partis en Syrie. Le 20 mai 2013 la vie de Samira bascule. Sa fille Nora part en Syrie. Dans une lettre d’adieu laissée à sa maman, Nora écrit ceci: “Je t’aime à la folie maman, mais j’aime Allah avant tout”. Samira réagit:“On aime tous Allah au dessus de tout,  mais Allah a dit, les parents d’abord.” Quatre jours plus tard la maman a rendez-vous dans un cyber café et là le choc, sur l’écran un couple qu’elle ne reconnaît pas. “Il y avait un type avec lequel elle était mariée et elle portait la burqua. Je lui ai dit: “S’il te plaît, montre moi ton visage que je puisse être sûre que c’est toi. Elle a ensuite levée son voile et je l’ai reconnue. Elle était bien en Syrie”…Deux semaines plus tard, nouveau coup de fil. “Elle m’a dit: “Maman, je dois te dire quelque chose”. Je lui ai dit: “Mais qu’est ce qu’il y a?”. J’étais en pleurs. Et là, elle m’a répondu que son mari nous avait quittés et qu’il était mort en martyr et qu’il ne fallait pas pleurer. Il fallait être fier.”…Une autre maman, prénommée Malika témoignait également ce matin dans le journal de Bel RTL. Le fils de Malika est parti en Syrie en 2013. C’était pour des raisons humanitaires avant l’installation de Daesh“Nos enfants n’ont pas été radicalisés mais volés, par cette secte qui a endoctriné nos enfants…..” Le dernier contact téléphonique avec son propre fils était il y a un mois et demi. “On ne parle pas de ce qu’il se passe là-bas. C’est pas une chose à aborder”, déplore Malika.

Une de ses amies, une autre maman dont le fils est mort en Syrie parle du fils de Malika: “Même si son fils a changé et qu’il n’est plus radical, il n’a plus d’autre choix que de rester en Syrie. Ceux qui reviennent c’est ceux qui sont disposés à faire quelque chose. Mais ceux qui veulent venir mettre à l’abri leurs enfants et leur femme, ils n’ont pas la capacité de le faire“, déplore cette amie.

Rachid Benzine: “Orphelin de son histoire, l’islam contemporain s’ouvre à tous les délires”

La Libre Belgique, 10 octobre 2015, mis à jour le 13 octobre. Dorian de Meeûs

Islamologue et chercheur associé à l’Observatoire du religieux, Rachid Benzine enseigne à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence ainsi qu’à l’UCL. Ce Franco-Marocain fait partie de cette nouvelle génération d’intellectuels qui prône un travail critique et ouvert sur le Coran à l’aune des outils issus des sciences sociales. Auteur de “Les Nouveaux penseurs de l’islam” et “Le Coran expliqué aux jeunes”Dans le Coran, on retrouve des versets particulièrement violents. Êtes-vous d’accord avec les intellectuels qui préconisent une réinterprétation de ce texte sacré ? …Concrètement, ce sont les croyants de chaque époque qui font parler les textes et qui leur donnent du sens en fonction de leur époque et de ses enjeux. Des croyants habités de pulsions violentes prendront les passages qui les intéressent pour satisfaire leurs pulsions, alors que les pacifistes prendront les passages pacifiques…Finalement, chaque croyant proclame sa propre vérité et la jugera comme seule valide.
Que répondez-vous à ceux qui dénoncent “les violences inhérentes à l’islam” ?
Le problème est qu’en dehors d’une approche qui historicise les textes, qu’ils soient dans le Coran ou l’Ancien testament, ceux-ci peuvent être pris pour argent comptant dans un contexte de crise, de frustration et de violence comme aujourd’hui. Il ne faut surtout pas parler d’une violence inscrite dans l’islam. En quinze siècles d’histoire, l’islam a été tout et son contraire dans les situations les plus variées, avec des moments de grande ouverture interculturelle et des moments de fermeture puis à nouveau d’ouverture….

L’histoire critique de l’islam a été faite ? Oui, parfois dans la douleur mais elle existe. Ce n’est malheureusement pas le cas de l’islam contemporain dans son rapport à ses textes sacrés de référence, que ce soit le Coran lui-même ou le corpus postérieur de la tradition dite prophétique. Ils n’ont pas été suffisamment historicisés ou plutôt l’ont été dans la perspective d’une sacralisation et d’une dé-temporalisation. L’islam contemporain est donc orphelin de son histoire ce qui ouvre la porte toute grande à tous les délires.
Comment peut-on réinterpréter les versets les plus violents ? Les passages violents des textes sacrés doivent être ramenés à leur contexte d’origine…Une parole violente peut chercher à compenser une action qui ne parvient pas à se réaliser…Comment peut-on expliquer aux jeunes musulmans qui se radicalisent que les textes religieux d’un autre temps ne justifient pas certains actes violents aujourd’hui ? …les plonger dans l’histoire à partir des textes mêmes en leur montrant que la parole première s’adressait à des gens qui ne sont pas eux dans une société qui n’est pas la leur. C’est un travail de longue haleine qui n’est pas fait dans les pays musulmans pour des raisons qui sont les leurs et qui sont liées à la crise de la modernité, à la décolonisation, à l’échec du développement et des nationalismes laïcisants. En 1954, Nasser se moquait de ceux qui voulaient imposer le voile aux Egyptiennes. Quand toutes les issues sont fermées, la mythification du religieux peut servir de refuge.
Comme en Arabie saoudite ? L’idéologie wahhabite, qui bloque toute lecture historique depuis une quarantaine d’année, fait des ravages. Elle a vu son influence décupler depuis l’arrivée d’internet. Dans les textes du passé il faudrait séparer ce qui relève du conjoncturel de situations non transposables en étudiant précisément des situations qui ne sont pas celles d’aujourd’hui…

Il y a aussi le ‘ hadîth ’ et la ‘sunna’. Que représentent ces textes ? A partir de la sîra, les croyants plus basiques restés étrangers à la théologie produisent les “paroles de Muhammad” comme modèle. C’est la constitution du corpus qui deviendra celui de la tradition prophétique appelé à la fois hadîth et sunna du prophète (modèle du sunnisme). Le mouvement démarre en Iraq avec Ibn Hanbal (m; 855) où il est combattu par les théologiens. Le mouvement de collecte des paroles prêtées à Muhammad (souvent totalement inventées ou reconstruites à partir d’éléments variés) est très conséquent et constitue un immense bricolage au sens anthropologique. Ces textes issus de la tradition juridique ou totalement légendaires sont censés répondre à tout sur le plan du rituel comme de la vie en société… ce qui évidemment n’était pas le cas du Coran. Cet imposant corpus n’a jamais fait l’objet d’une véritable étude de critique historique parmi les islamologues.
Mais, aux yeux des sunnites, la validité de ces paroles est comparable à celles du Coran ?
Il est malheureusement mis sur le même plan de validité que le Coran et les croyants croient y trouver les réponses que le Coran ne leur fournit pas…

Les musulmans ont-ils raison d’affirmer que les attentats n’ont rien à voir avec l’islam, alors que les terroristes les font au nom d’Allah ? Non. Les attentats ont un lien avec l’islam contemporain, précisément. Il est faux de dire qu’il n’y aurait aucun rapport. Mais il faut préciser que la notion d’islam en général est un fantasme. L’islam doit toujours être situé dans une temporalité… L’islam est-il porteur d’une volonté d’expansion ?
Les idéologies djihadistes sont porteuses d’une volonté expansionniste (on a des exemples en France et en Belgique où certains vivent avec un ritualisme exacerbé et largement inventé)…Les conquêtes qui suivirent la mort de Muhammad sont des razzias tribales et non des conquêtes musulmanes. Ensuite les califats mèneront une politique d’expansion impériale classique. D’où vient alors le radicalisme actuel ?  Les racines les plus anciennes des frustrations actuelles remontent à la chute de l’Empire ottoman et à celles de la colonisation, des idéologies de compensation qui se sont développées en sourdine un peu partout comme une sorte de revanche. Les crises actuelles, en gros depuis la création d’Israël, ont alimenté des frustrations nouvelles d’abord tournées avec les nationalismes vers un retour de la grandeur arabe perdue. Depuis une quarantaine d’années le religieux a pris le relais du nationalisme, largement aidé par l’expansion de l’idéologie wahhabite.

Béthune : une jeune femme sous l’emprise de Daesh pendant 1100 jours

www.lavoixdunord.fr ,  23/09/2015 – 23/09/2015, PAR STÉPHANE DEGOUVE. Les yeux maquillés, quelques percings sur le visage, Sonia* n’a pas le look d’une terroriste. C’est pourtant pour apologie d’un acte de terrorisme que cette femme de 29 ans a été jugée lundi au tribunal de Béthune. Pour avoir diffusé les messages des terroristes de Daesh et de l’État islamique (EI) et lancé des appels au djihad. Rien ne la prédestinait à ça, elle qui a grandi dans une petite commune du Béthunois. Rien jusqu’à une dépression, en 2012, suite à la perte de son travail et un viol quelques années plus tôt. Sonia se retrouve seule et cherche une porte de sortie sur Internet, sur des blogs de discussion. Elle communique souvent avec un Algérien vivant a priori à Marseille qui lui dit que l’islam va régler tous ses problèmes, puis avec un autre homme à Lyon, un en Syrie, etc.

Serment d’allégeance – Au bout de quelques mois, elle se convertit à l’islam dit authentique, en juillet 2014, et fait même serment d’allégeance à l’EI. « De fil en aiguille, il m’a dit qu’il fallait que j’aille en Syrie faire de l’humanitaire », explique Sonia. Ou faire exploser une synagogue à Marseille. Un départ en Syrie aurait même été évoqué, insiste la présidente, Stéphanie Ménard (l’itinéraire a été trouvé dans son ordinateur). Et il n’y avait pas que ça : des photos et des vidéos de décapitations, de la propagande djihadiste, de drapeaux de l’EI ou de Daesh, tout ce que Sonia a partagé sur sa page Facebook. Des incitations à « faire couler le sang », des hommages aux actes barbares de Merah ou des frères Kouachi. Même un message disant « Tuez les maires dans nos villages, comme ça on déstabilisera le pays », avec la photo du maire de Béthune. « Avec le recul, avec tout ce qu’ils m’ont fait voir, je trouve que c’est des barbares. Mais si je ne relayais pas leurs infos, ils me disaient qu’un châtiment m’attendait », explique Sonia.

« Un lavage de cerveau » – C’est quand elle a reçu un niqab par la Poste que sa mère, inquiète, a alerté les autorités pour être aidée. C’était en juillet dernier. Depuis, Sonia s’est réveillée et a pris ses distances avec ses « amis » virtuels. Son avocat, Me Darras, explique attendre « un rempart » de la justice pour la protéger. Pour aider une femme « happée par une forme de prédateur qui va surfer sur son intérêt pour l’islam et sur sa fragilité ». Isolée socialement, elle n’avait de liens avec le monde que via les réseaux sociaux. Pour Me Darras, c’est là qu’elle a subi « un lavage de cerveau […] Elle n’avait plus son libre arbitre ». Mais depuis la mi-juillet, sa cliente « victime d’un endoctrinement » n’a été sur aucun de ces réseaux sociaux et s’est tournée vers des psychiatres, vers sa famille et vers le Centre national d’accompagnement familial et de formation face à l’emprise sectaire (CAFFES) dont les membres étaient au tribunal pour la soutenir. Tous sont conscients que le chemin reste long pour que Sonia se désengage de cette emprise. « On commence seulement à s’éveiller d’un mauvais cauchemar », conclut Me Darras.

Les juges ont condamné Sonia à un an de prison dont 8 mois avec sursis et mise à l’épreuve, avec un aménagement de la partie de prison ferme possible. Elle devra suivre des soins, a l’interdiction d’entrer en contact avec les personnes qu’elle côtoyait sur Facebook et a l’interdiction de quitter le territoire sans autorisation.

« Elle avait conscience de ce qu’elle diffusait » – Sans faire de discours alarmiste, le procureur Julien Michel, a insisté sur le danger de cette forme de propagande sur Internet. « C’est un fonctionnement très établi, où des personnes comme Daesh ne veulent que renforcer leur présence et leur pouvoir par des actes terroristes. Les démarcheurs cherchent des enfants ou des personnes fragilisées. Première phase, ils prennent ces cibles pour les amadouer, les mettent en confiance et enjolivent. Deuxième phase, de déconstruction, en cassant la psychologie de la personne. Troisième phase, faire faire ce qu’ils souhaitent : diffusion de messages sectaires voire passage à l’action. » S’il reconnaît que Sonia est « victime d’une emprise sectaire », il estime qu’elle « avait conscience des conséquences de ce qu’elle diffusait. Au fur et à mesure, des images de barbarie ». Assez pour requérir « une peine d’assistance ». L’essentiel de la peine doit, pour lui, être l’obligation de « soins et le soutien d’une association pour se détacher de cette emprise. Il faudra un temps assez long pour détruire ce lien. »

* Prénom d’emprunt.

Pour s’informer : Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation : 0 800 005 696 (nº vert) ou stop-djihadisme.fr

Un lycéen menacé de mort après la publication d’un journal spécial Charlie Hebdo

AFP 21 mai 2015. Lycée Marcellin-Berthelot, Saint-Maur-des-Fossés (France). Un élève scolarisé dans le Val-de-Marne et rédacteur en chef du journal de son lycée est l’objet de menaces de mort répétées depuis la publication fin janvier d’un numéro spécial Charlie Hebdo, a-t-on appris jeudi auprès de ses professeurs. En réaction aux attentats, Louis, 17 ans, avait fait paraître le 22 janvier un numéro spécial de “La Mouette bâillonnée”, le journal du lycée, un établissement réputé de 2.300 élèves. Dans ce numéro titré “Je suis Charlie”, des billets d’humeur, des poèmes, des dessins, mais aucune caricature de Mahomet. “C’était un hommage aux 17 victimes sans discrimination, pour les juifs, les journalistes, les policiers”, explique Louis à l’AFP. Son lycée a été directement touché par les événements puisqu’un élève a perdu son père dans l’attaque de Charlie Hebdo, le correcteur Mustapha Ourrad, tandis que l’oncle d’une élève a été tué par Amédy Coulibaly dans l’Hyper Cacher à Vincennes. Dès le lendemain de la diffusion du journal, il découvre dans la boîte aux lettres du journal une enveloppe contenant la Une du fameux numéro sur laquelle ont été agrafés une croix gammée, un cercueil et une lettre de menace de mort. Il dépose plainte au commissariat…

Au total, sept menaces de mort lui ont été adressées depuis fin janvier, dont deux comportant une ou plusieurs balles. La dernière, qui remonte à début mai, avait “un goût d’ultimatum”, selon lui.

“Cela dure depuis des mois. Au début, nous n’avons rien dit pour laisser l’enquête se faire, mais rien de concret n’a été fait”, déplore Pascale Morel, professeur d’histoire, pour justifier le débrayage…

http://www.nicematin.com/france/un-lyceen-menace-de-mort-apres-la-publication-dun-journal-special-charlie-hebdo.2222636.html

Un aller sans retour pour les candidates au jihad

Euronews 28/05/15 – Contrairement aux hommes, rares sont les femmes jihadistes à pouvoir quitter la Syrie ou l’Irak. En février dernier, “trois adolescentes britanniques quittaient librement le Royaume-Uni pour venir grossir les rangs d’Etat islamique.” : http://fr.euronews.com/2015/03/01/jihad-nouvelles-images-des-adolescentes-britanniques-en-turquie/

Une journaliste française, utilisant le pseudonyme ‘Ana Erellle’ s’est fait passer pour une candidate au jihad : “On a entamé un dialogue où moi, je me suis fait passer pour une fille que j’improvisais au jour le jour d’une vingtaine d’années, pas bête, mais vraiment sans repères. Je suis allée jusqu‘à Amsterdam pour suivre les consignes qu’il m’avait donné et là tout a dérapé parce qu’il n’a pas respecté certaines de ses promesses, entre guillemets. Bilel s’est mis à me menacer et très vite, c’est son entourage” raconte-t-elle.

Il y aurait environ 600 occidentales qui auraient ainsi rejoint la Syrie ou l’Irak. Parmi elles, “Sarah”, une adolescente française, originaire de l’Aude, aujourd’hui mariée à un Tunisien en Syrie. Ses parents se sentent complètement impuissants (http://fr.euronews.com/2015/03/01/jihad-nouvelles-images-des-adolescentes-britanniques-en-turquie/)

“Malheureusement, ce qu’on entend autour de ces jeunes qui partent, c’est l’espoir de vivre leur religion, que j’entends en tout cas à mon sens de leur secte, avec l’espoir bien entendu de pouvoir l‘étendre au plus grand nombre d’habitants de cette terre. D’où le danger, d’où la gravité des choses” explique Samia Maktouf, avocate défendant les familles dont les enfants sont partis en Syrie. Sur environ 600 occidentales qui auraient rejoint les rangs d’Etat islamique, seulement deux auraient réussi à s‘échapper pour revenir en Europe. La France vient d’annoncer la création de deux cellules de “community managers” pour lutter contre la propagande jihadiste sur internet.

http://fr.euronews.com/2015/05/28/un-aller-sans-retour-pour-les-candidates-au-jihad/

 

Pierre Conesa : «L’appel d’air est au niveau du jihadisme salafiste»

Sylvain MOUILLARD, Liberation,15 AVRIL 2015 – INTERVIEW Pierre Conesa. Ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, Pierre Conesa enseigne à Sciences-Po et à l’ENA. Pour le compte de la Fondation d’aide aux victimes du terrorisme, il a publié en décembre le rapport Quelle politique de contre-radicalisation en France ?

Où en est la lutte contre les sectes en France ?

La situation actuelle montre les limites du dispositif conçu pour lutter contre les dérives sectaires. Georges Fenech, ancien président de la Miviludes, expliquait que l’institution s’interdisait de toucher aux grands monothéismes ainsi qu’aux partis politiques sectaires, type Moudjahidin du peuple, au nom de la liberté de conscience et d’opinion. C’est un problème face à la montée du salafisme jihadiste, qui repousse les limites de la République. Ce mouvement a des objectifs politiques, et pas seulement religieux. Or, on se refuse à qualifier ce continuum intellectuel (…)

Que faut-il faire ?

L’islam de France doit dire ce qu’il accepte ou non. Quand l’Union des associations musulmanes du 93 publie un texte qualifiant l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, d’«enjuivé», il faut le dénoncer. Les autorités politiques doivent le faire aussi. Le salafisme ne doit pas forcément être interdit, mais au moins interrogé. Cela permettrait de sortir de ce problème récurrent de la stigmatisation de l’islam. En cas de dérive, on pointerait du doigt non pas «l’islamisme», ce qui peut nourrir les amalgames, mais le salafisme…

Pourquoi utiliser la grille d’analyse d’une dérive sectaire ?

L’avantage, c’est qu’une grille juridique existe déjà et qu’elle permet de traiter ce problème comme les autres dérives sectaires. Quand il y a, par exemple, des cas d’abus de faiblesse sur des mineurs qu’on aide à partir en Syrie, la loi de protection des mineurs permettrait d’intervenir. Ce n’est pas évident, bien sûr, car les choses se passent souvent loin de la France. Au-delà de la protection de l’enfance, il existe le dispositif pénal classique qui doit être appliqué systématiquement à l’encontre des prédicateurs qui tiennent des discours antisémites ou d’appels à la violence.

http://www.liberation.fr/societe/2015/04/15/l-appel-d-air-est-au-niveau-du-jihadisme-salafiste_1242075

De grands auteurs “nuls” en islamisme

Marianne.net – Mercredi 25 Février 2015 , Daniel Sibony. Psychanalyste et théologien, auteur de Islam, phobie, culpabilité, Odile Jacob

Beaucoup d’auteurs cherchent encore à expliquer la montée de l’islamisme par des rapports de classe. Le psychanalyste Daniel Sibony dénonce ces ignorants de l’islam qui se contentent de décrire la réalité qui se passe dans leur tête, plutôt que d’observer le monde.  Alain Badiou – BALTEL/SIPA

Face à l’islamisme violent, des auteurs ignorants de l’islam mais sûrs du schéma qu’ils ont en tête…Ainsi M. Rosanvallon, nous dit (sur France Culture) que si des parents retirent les enfants d’une classe où il y a trop de musulmans, c’est « à cause des préjugés ». Je sais par de nombreux témoignages que c’est à cause des agressions, et du fait que l’école dit qu’elle ne garantit pas leur sécurité. C’est donc à cause d’un constat et non d’un préjugé. Si cet homme avait eu ses enfants dans de telles classes, et s’il avait été juif, il aurait fait la même chose. Mais ces auteurs honorables n’entrent pas dans le détail de ce qu’apprennent ces jeunes, dans leur culture islamique, sur les juifs et les chrétiens.

D’autres auteurs, comme M. Badiou, nous affirment que les djihadistes d’ici expriment un « fascisme » de lumpen prolétariat, de gens élevés dans la misère culturelle des banlieues, et dont la pente naturelle est le fascisme. Aucune des enquêtes n’a confirmé ce schéma des années 1920 ou 30 ; elles ont plutôt montré que la radicalisation islamique concerne souvent des couches aisées, où l’on est bien dans sa peau jusqu’à ce qu’on soit saisi par la « pulsion textuelle ». De fait, les tueurs de Charlie avaient un travail, un salaire, un bon logement… D’autres jeunes ont fait des études à la fac, etc. On comprend que ces auteurs écartent l’islam… Et à l’instar des dirigeants politiques, ils doivent rester proches de la masse musulmane, dont le refrain est double : rien à voir avec l’islam et bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à pas toucher au Prophète. Le fait que dans la grande manif pour Charlie Hebdo, les musulmans étaient largement sous représentés, le prouve, ainsi que les réactions des jeunes dans les écoles et les lycées. Seuls quelques rares « musulmans laïques » réclament qu’on écarte les versets tueurs comme inapplicables aujourd’hui.

Rosanvallon, Badiou, les analyses de ces auteurs décrivent la réalité qui se passe dans leur tête pas celle que tout le monde observe. On peut comprendre les auteurs ignorants ou effrayés que j’évoque : leur système n’intègre pas que des jeunes puissent tuer non par désespérance, mais par idéal, pour exalter une idéologie (l’islamisme), par espoir héroïque d’un monde meilleur (islamisé), et par l’idée d’aller droit au paradis. …Les analyses de ces auteurs décrivent la réalité qui se passe dans leur tête mais pas celle que tout le monde observe. L’écart en devient sidérant : des djihadistes entrent dans une école juive ou une boutique juive, parfois modeste, pour tirer dans le tas ? …Et au Moyen-Orient, les lumpen d’Irak, qui sont riches et bien armés, vont tuer en Syrie des gens souvent moins riches voire démunis. Voilà qui éclaire tout. Ce genre d’analyse risque d’être aussi fausse pour ces djihads que pour ceux du Hezbollah ou du Hamas.

Il ne vient pas à l’idée de ces grands penseurs que les musulmans radicaux ne sont pas des idiots, qu’ils appliquent une idéologie, laquelle exprime depuis des siècles sa vindicte anti-juive et anti-chrétienne …Cela les obligerait à voir que cette vindicte anti-juive en terre d’islam ne date pas de l’Etat hébreu…D’autant que l’agacement touche à son comble puisqu’une partie du peuple juif récupère sa souveraineté sous forme d’Etat hébreu. Il est alors  le symbole du capitalisme, de l’impérialisme, du mépris des masses révolutionnaires (islamistes…) C’est plus pratique, et surtout plus conforme à l’analyse « de classe 

Tiaret : une jeune fille harcelée par son frère, pour porter le hidjab, se suicide

Vendredi 6 mars 2015 – algerie1.com – Le quartier Titanic de Tiaret est encore sous le choc. Jeudi une jeune adolescente s’est donnée la mort par strangulation. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime a choisi d’en finir ainsi pour échapper au harcèlement de son frère qui l’oblige à porter le hidjab. Ce triste épisode rappelle le non moins triste sort de Katia Bengana, une jeune lycéenne originaire de la commune d’El-Kseur, assassinée à l’âge de 17 ans, le 28 février 1994, à Meftah, pour avoir refusé de porter le voile contre sa volonté. Les assassins étaient des criminels, membres du GIA, la secte des assassins responsable de plus de 150.000 morts durant la dénie rouge qui a commencé son cycle infernal début 1992.

http://www.algerie360.com/algerie/tiaret-une-jeune-fille-harcelee-par-son-frere-pour-porter-le-hidjab-se-suicide/

Le combat d’une musulmane contre l’islam radical

Angélique da Silva-Dubuis – Nord Eclair, 07/06/2014. Après la tuerie de Bruxelles et pour briser la loi du silence, Leïla, 40 ans, chef d’entreprise et artiste, lilloise d’adoption, accepte de témoigner du drame vécu par sa famille. Victime d’une secte islamiste, l’une de ses sœurs est devenue activiste, au nom d’une mission suprême…Leïla est l’aînée d’une famille de six enfants. Trois filles. Trois garçons. Son père a quitté le Maroc à la fin des années 60 pour s’installer en France. Son épouse le rejoint un an plus tard. La petite famille vit au nord de Paris dans un quartier HLM… «  Nos amis étaient polonais, espagnols, asiatiques… Les familles se respectaient et s’estimaient. C’était un quartier de classes moyennes. Il n’y avait pas toute cette misère.  » Le père de Leïla est ouvrier dans l’industrie. «  Il était très exigeant avec nous. Il n’a jamais loupé une réunion parents-profs. En tant qu’aînée, j’étais chargée d’aider mes frères et sœurs pour leurs devoirs…Nos parents nous ont toujours tirés vers le haut.  »

La famille de Leïla est musulmane pratiquante. «  Notre enfance a été bercée de récits autour du Coran. Mon père nous parlait d’Abraham, de Moïse, de Jésus et de Mahomet en nous expliquant que nous étions tous reliés. Dans mon esprit, c’était comme une grande aventure, une épopée… On parlait beaucoup de l’espérance et de la miséricorde, des valeurs universelles… J’ai commencé à prier et à jeûner à la puberté.  » Au lycée, Leïla prend du recul. «  Comme toutes les adolescentes, j’étais fâchée avec les principes.  » Elle a surtout en horreur cette peur endémique du regard des autres qui hante sa communauté.

Leïla entame des études de lettres. «  Je réalise que je pratique par héritage, par mimétisme. » Elle s’éloigne un peu plus de la religion, intellectualise beaucoup les choses. «  Je n’ai jamais douté de l’existence de Dieu mais j’ai déconstruit tout ça.  » Aujourd’hui mariée et maman de deux enfants, Leïla vit sa foi sereinement : «  Je sais pourquoi je le fais. J’ai beaucoup lu et j’ai rencontré de belles personnes porteuses d’un islam des Lumières.  » À l’opposé de sa sœur Samira.

Élève brillante, sa sœur Samira décroche le concours d’une prestigieuse école de commerce. Tout lui sourit et même les États-Unis pour son stage de fin d’études. À son retour, elle retrouve ses parents avec bonheur qui ont acheté une petite maison pour profiter de leur retraite…Mais au fil des mois, son comportement change. «  Elle tenait un discours de plus en plus rigoriste sur la religion. Elle rentrait tard le soir. Mon père se disait qu’elle travaillait dur.  » Jusqu’à ce fameux jour où elle annonce qu’elle souhaite porter le voile, y compris au travail…Mais Samira finit par abandonner sa tenue européenne pour enfiler le jilbab (un long voile) puis le niqab (mains gantées et juste les yeux visibles). Dans le même temps, elle quitte son emploi. « Mon père a tenté de la raisonner. Il a fait venir un imam à la maison pour lui faire entendre raison sur son discours extrémiste. » En vain.

Un beau jour, Samira décide de tout quitter pour s’installer dans le sud. «  Elle a rejoint son gourou. Ma sœur était sous l’emprise de cet homme depuis longtemps. Elle avait fait sa connaissance sur Internet.  » Arrive le mariage. «  On a fait le déplacement avec mes parents. Vous n’imaginez pas le choc que cela a été pour nous d’arriver dans cette famille. Mon père s’est retrouvé au milieu de jeunes barbus, des gamins de 25 ans déclamant les versets du Coran comme des sentences. Nous avons fait bonne figure car il fallait absolument garder le contact avec ma sœur pour la sortir de là.  » À chaque visite chez ses parents, Samira dépose des petits livrets qui reprennent des versets du Coran traduits en français. «  Tout était sorti du contexte et détourné de son sens spirituel. Je me souviens d’un passage où il était dit clairement qu’il fallait prendre les armes.  » Leïla craint alors pour ses autres frères et sœurs. «  Ces gens-là sont extrêmement fins et manipulateurs. Ils sentent vos fragilités et ne vous lâchent pas.  »

Départ pour la Syrie – Il y a cinq ans, Samira apprend à sa sœur qu’elle souhaite étudier l’arabe. Mais pas n’importe où : en Syrie. La jeune femme y vivra quelques mois bien avant les événements. «  Je lui ai dit : mais enfin, pourquoi tu ne vas pas à la Sorbonne ? Elle a eu cette réponse qui m’a glacé le sang : parce que ce sont tous des Juifs ! C’est là que j’ai réalisé toute la haine qui l’entourait.  »… Leïla appelle une association qui milite contre les sectes : «  O n m’a répondu qu’il fallait me rapprocher d’une mosquée !  »

Sa sœur coupe plusieurs fois les ponts avec ses proches qu’elle considère comme des «  mécréants  » vis à vis de l’islam. Les parents essaient tant bien que mal de maintenir le lien avec leur fille pour voir leurs petits-enfants : «  Mon père avait toujours espoir de la sauver. » Les rares réunions de famille offrent leur lot de révélations et de blessures : «  Un jour, nos enfants dessinaient des petits bonshommes, ma sœur était furieuse. C’était péché car seul Dieu a le pouvoir de créer des formes humaines dans notre religion. Mais là, c’était poussé à l’extrême.  » Leïla découvre que les enfants de sa sœur ne vont pas à l’école. «  Les familles s’organisent pour donner cours à leurs enfants.  » La télévision est également bannie pendant un temps.

Inquiète, la famille dénonce le couple aux autorités. Un couple dont l’emprise a fait d’autres victimes dans la famille dont une belle-sœur qui s’est enfuie avec ses deux enfants. « Ils lui ont lavé le cerveau en lui disant que quitter son mari, qui ne pratiquait pas selon leurs préceptes, était la seule façon pour elle de gagner le paradis avec ses enfants. » La jeune femme refusera de divorcer sous prétexte que la législation était incompatible avec ses croyances. Son mari a fini par obtenir le divorce pour dérive sectaire et la garde exclusive de ses enfants. «  Les services de renseignements ont pris les choses au sérieux. J’ai dû apporter mon témoignage, ça a été très douloureux. C’est ma sœur… On sait que leur groupe est surveillé. Rien de plus.  » Depuis, les liens sont rompus et la famille de Leïla a reçu des menaces.

«  On essaie de survivre à tout ça. Jour après jour, chaque acte terroriste, chaque amalgame, nous meurtrit un peu plus  », livre Leïla, en étouffant un énième sanglot. La jeune femme aimerait que ce témoignage pousse les musulmans à s’exprimer et à s’élever contre les courants obscurantistes : «  Arrêtons d’avoir peur et de culpabiliser pour une minorité.  » …

*Pour protéger la famille, les prénoms ont été modifiés.  http://www.nordeclair.fr/accueil/le-combat-d-une-musulmane-contre-l-islam-radical-ia0b0n427340

Des familles s’inquiètent de dérives sectaires liées à l’islam

Le Monde.fr | 24.03.2014 –  Par Stéphanie Le Bars. La jeune femme, née à Paris dans une famille d’origine africaine chrétienne, ne sort qu’intégralement voilée et gantée, ce qui lui a déjà valu plusieurs contraventions. Dans la chambre de son fils de 12 ans, un livre sur le Prophète, un autre sur les ablutions à effectuer avant la prière constituent les seules distractions du jeune garçon.

Contraint par sa mère de se rendre à la mosquée cinq fois par jour, l’élève, aujourd’hui en CM2, a été déscolarisé durant toute l’année 2013. « Elle ne voulait pas qu’il aille à la piscine avec les filles, qu’il entende parler d’accouchement ou de sperme à l’école. Elle a plusieurs fois évoqué son intention de partir en Afrique ou en Arabie saoudite », rapporte une source proche du dossier. Le 12 mars, le tribunal correctionnel de Chartres a condamné la jeune mère de 27 ans à six mois de prison avec sursis et à une « obligation de travailler ». Le procureur a estimé que cette attitude n’avait « rien à voir avec la religion » et a dénoncé une « dérive sectaire ».

Depuis quelques mois, des familles confrontées à une radicalisation religieuse de ce type dans leur entourage prennent contact avec la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui a « lancé l’alerte » au niveau interministériel. De même, l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Unadfi), constate une « poussée exponentielle » des cas enregistrés dans ses antennes locales.

(…) Face à ce « phénomène récent et croissant », selon la Miviludes, et alors que les services de renseignement s’inquiètent du départ de plusieurs centaines de jeunes Français vers la Syrie, chacun se félicite d’une prise de conscience, mais les analyses divergent encore. « Emprise mentale » pour les associations, « radicalisation religieuse », voire « dérive islamiste » pour les autorités, les réponses oscillent entre approches sociale, judiciaire et policière.

Les appels reçus à la Miviludes interviennent surtout pour s’inquiéter d’un changement de comportement chez des jeunes filles. « Ce sont des familles de culture musulmane ou non, pieuses ou non, qui voient en quelques mois, leur enfant se couvrir des pieds à la tête », confirme Serge Blisko, président de la Miviludes. Jusqu’à présent, les familles témoins d’une radicalisation religieuse liée à une dimension politique se taisaient ou, plus rarement, se tournaient vers la justice ou la police.

« Les cas qui nous arrivent ne relèvent pas tous de cela, explique M. Blisko. Parfois, la crainte concerne un départ à l’étranger pour un mariage, ou une rupture avec le cadre familial, avec les études. Les jeunes filles refusent certaines pratiques alimentaires ou affirment à leurs parents qu’ils vivent dans le faux. Les familles, dont certaines n’ont aucune attache religieuse, sont désemparées. »(…)

 « On n’a pas l’impression d’avoir affaire à des gens malades ; la plupart du temps, il n’y a pas de troubles à l’ordre public, et on n’est pas non plus face à des exigences financières, explique-t-il, en référence à quelques-uns des critères qui fondent les pratiques sectaires. On constate une emprise mentale par le biais de personnages troubles

(…) Le 9 avril, plusieurs familles devraient lancer une pétition, intitulée « Rendez-nous nos enfants », pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion. Et surtout, faire revenir Assia, une petite fille de 23 mois, partie à l’automne 2013 en Syrie avec son père, à l’insu de sa mère.

La néo-confrérie turque Gülen, un Opus Dei musulman en France?

En ce jour d’avril 2007, sur les rives du Bosphore, un petit groupe de Français discute ferme. Il y a là quelques belles signatures du monde intellectuel hexagonal: les historiens Jean-Pierre Azéma, Philippe Roger et Olivier Wieviorka, l’islamologue Olivier Roy, l’ancien recteur de l’Institut catholique de Paris Joseph Maïla, les philosophes Dominique Bourel, Michel Marian et Joël Roman, proches de la revue Esprit, le sociologue Jacques Donzelot, le géographe Michel Foucher, l’éditeur Jean-Louis Schlegel, le politiste Frank Debié… Ils ont été invités à Istanbul pour débattre, dans un luxueux hôtel, en compagnie d’universitaires et d’intellectuels turcs [1]. Le sujet? «La République, les diversités culturelles et l’Europe».

Et voilà que ce petit groupe s’inquiète: ont-ils bien fait d’accepter l’invitation? A l’origine de ce questionnement: le dîner du premier soir au Palais de Dolmabaçe, où l’alcool était proscrit, et puis, surtout, la teneur de la brochure de présentation disposée sur les tables de chevet des chambres d’hôtel. «Y avez-vous lu cette diabolisation du blasphème?, s’exclame, particulièrement vigilant et attentif, Philippe Roger. Nous avons accepté l’invitation d’une association qui criminalise le blasphème…»

Car derrière la «plateforme d’Abant», à l’origine de l’invitation, il y a –ces intellectuels français viennent de le découvrir– la vaste néo-confrérie Gülen, une «secte», explique Olivier Roy à ses pairs, laquelle «n’apparaît souvent pas en tant que telle et met en avant des personnalités qui n’en sont pas toujours membres».

Au fil de ces dernières années, cette néo-confrérie a pu apparaître comme une sorte de Janus. D’un côté, un large réseau de musulmans turcs pieux et très actifs, engagés et dévoués «au service» (Hizmet, en turc) de la société civile. Inspirés par la pensée de l’imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis depuis 1999, ils condamnent la violence et la terreur, promeuvent l’entrepreneuriat, l’éducation et le dialogue interreligieux.

De l’autre côté, une forte présence, un «noyau dur» selon certains observateurs, au sein de la police et de la justice qui, allié au parti de la Justice et du développement (AKP) au pouvoir depuis 2002, a aidé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à se débarrasser de la tutelle politique de l’armée en procédant à des centaines d’arrestations et de retentissants procès. La néo-confrérie est implantée dans plus de 150 pays, dont la France depuis les années 80 …

Encore récemment, en décembre 2013, lors d’un dîner à l’Assemblée nationale, un sénateur vantait le charme de la ville de Konya, qu’il venait de découvrir grâce au mouvement. «Certains de nos élus ne sont pas très regardants quand il s’agit de se faire inviter en Turquie…», confie un responsable du ministère de l’Intérieur français…..

Il faut dire que le mouvement n’est pas facile à définir. Par sa volonté d’agir dans la sphère publique avec des motivations séculières, il tient à la fois de la franc-maçonnerie et des jésuites; la diversité des activités qu’il propose fait en revanche parfois penser au Rotary. A tous, il emprunte un goût du secret –ou une prudence– qui suscitent la méfiance et évoquent l’Opus Dei…..

En 2009, les plus actifs membres du mouvement ont pourtant essayé de mieux se faire connaitre. «Mais ils restent encore relativement confidentiels», explique le politiste Louis-Marie Bureau, qui a étudié la pensée de leur inspirateur et a été l’objet d’une dénonciation virulente de la part de certains adeptes, auxquels un de ses articles n’avait pas plu. «De manière générale, ils sont en France tout à fait sincères par rapport aux lois de la République, même si leur discours n’a rien à voir avec celui qu’ils tiennent en Asie centrale ou en Azerbaïdjan (où ils invoquent volontiers les liens “panturques”, tandis qu’en France, l’accent est mis sur l’aspect citoyen et la laïcité). Mais ils pensent que présenter le mouvement comme monolithique pourrait les mettre en difficulté. C’est pourquoi ils restent vagues sur leurs liens avec Fethullah Gülen.»

…En France comme en Turquie, les étudiants sympathisants du mouvement Gülen se regroupent souvent pour partager un même appartement, autrement appelé «maison de lumière». Un «entre-soi» spirituel qui convient à certains, tandis que d’autres dénoncent un risque d’endoctrinement.

En privé, plusieurs universitaires français saluent le caractère «assidu, volontariste, sérieux et attentionné» de ces jeunes gens. Depuis quelques années, de nombreux étudiants travaillent sur le mouvement Gülen, mais une grande partie d’entre eux adhèrent à ses idées, ce qui pourrait à terme fausser les études sur le sujet. «La recherche sur le mouvement est investie par des étudiants qui en sont proches et celui-ci finance leurs bourses. Sans oublier qu’un chercheur non adoubé par le mouvement aura beaucoup de mal à avoir accès aux écoles, aux militants, etc.», observe la chercheuse française en sciences politiques Elise Massicard, associée au Ceri.

Les deux écoles fondées par des familles fidèles à Fethullah Gülen, à Villeneuve-Saint-Georges et à Strasbourg, comptent moins de 300 élèves au total. Elles sont pour l’instant «hors contrat», financées par moitié par les dons, par moitié par les écolages de 5.000 euros par an et par élève. Viennent s’y ajouter une vingtaine d’associations qui font de «l’accompagnement dans le domaine éducatif et social». Enfin, le mouvement organise des «dîners du vivre ensemble», parfois en partenariat avec des associations françaises comme la Croix-Rouge ou les Restos du cœur, comme c’était le cas le 11 janvier dernier à Clichy-sous-Bois.

…Transnationale, la néo-confrérie Gülen joue la carte de l’intégration dans le pays d’accueil, dont elle adopte normes et règles. Avec son fort enracinement turc, il lui faut, pour se développer en France, attirer les immigrés ou les Français d’origine nord-africaine, avec lesquels, précise le directeur de l’école de Villeneuve-Saint-Georges, Abdurrahman Demir, les Turcs ne doivent pas être confondus: «Ce qui nous différencie des Maghrébins, c’est qu’ils ont tourné le dos à leur culture car le message de leurs imams et de leurs parents ne correspond pas à la vie moderne. Alors, ils deviennent frustrés et violents. Tandis que nous, les Turcs, on avance avec notre culture, notre histoire, et grâce au mouvement Gülen, on ne s’enferme pas, on ne se replie pas sur nous.»

Liens avec la droite religieuse américaine

Si la «greffe Gülen» à du mal à prendre en France c’est peut être aussi parce que réside quelque chose de très américain dans ce mouvement où le culturel se confond avec le religieux. «Il existe des liens idéologiques entre Fethullah Gülen et la droite religieuse américaine», décrit l’universitaire Jean-François Bayart, qui est allé présenter son livre sur l’islam républicain à la Plateforme de Paris et a évoqué dans un article les liens qu’entretiendrait le mouvement Gülen avec la CIA. D’ailleurs, les adeptes de Fetullah Gülen, comme la majorité des Américains et des Turcs, sont créationnistes. «On trouve la même littérature de dévotion, les mêmes méthodes en matière d’éducation, d’information, d’affaires, d’activités sociales et caritatives qu’aux Etats-Unis», poursuit Jean-François Bayart…

Lobbying, noyautage, prosélytisme?

Lobbying pour la Turquie? Noyautage de la communauté turque? Prosélytisme? Quels sont les buts de l’implantation du mouvement Gülen en France? «En Turquie, l’approche du mouvement Hizmet a permis à ses membres de vivre à la fois comme musulmans pratiquants et citoyens actifs dans un état laïque et dans une société sécularisée. La priorité du mouvement en France est de déstigmatiser l’immigration turque par le biais de la scolarisation des jeunes. Donc, le mouvement s’inscrit dans une démarche communautaire mais pas forcement communautariste», répond Emre Demir.

Selon le chercheur Louis-Marie Bureau, le mouvement peut-être dangereux si on ne sait pas «à qui on a affaire, si on pense que c’est une communauté pour qui la seule chose qui compte, c’est le dialogue interreligieux et la réussite scolaire. Le mouvement se développe assez vite et il répond à l’appel de son fondateur, qui encourage ses membres à atteindre des postes d’influence, notamment au sein des administrations».

Parfois, l’actualité turque rattrape les sympathisants du mouvement jusque sur le territoire français. Ainsi, le 15 février 2012, plusieurs militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, parti d’inspiration marxiste-léniniste, et plutôt athée) s’introduisent dans les locaux du journal Zaman à Pantin et détruisent pour 30.000 euros de matériel. Le PKK voit d’un mauvais œil l’influence sociale et religieuse grandissante du mouvement Gülen dans les zones kurdes du sud-est de la Turquie, lequel n’approuve d’ailleurs pas de son côté les négociations que mènent les services secrets et Recep Tayyip Erdogan avec le PKK…

Mails d’injures et désabonnements

Depuis la mi-décembre, ce ne sont pas les Kurdes du PKK mais les partisans de l’AKP de Recep Tayyip Erdogan qui, comme en écho à la guerre intra-islamiste ouverte qui se déroule en Turquie, menacent sur le sol français: mails d’injures, désabonnements à Zaman, plus rarement, retraits d’enfants des deux écoles ou des cours de soutien scolaire… Déjà peu enclins à reconnaître leur affiliation, les fidèles de Fethullah Gülen se referment. Ils sont même carrément apeurés à l’idée d’être cités nommément: «Il y a une vraie chasse aux sorcières contre nous…», disent plusieurs d’entre eux. Car être étiqueté «guléniste» c’est risquer de se retrouver sur une «liste noire», et se voir peut-être interdire l’accès à des postes dans la fonction publique en cas de retour en Turquie…

Ariane Bonzon

[1] La professeure en relations internationales Tulin Bumin, les sociologues Niyaze Oktem et Levent Yilmaz, l’historien Mete Tuncay, le philosophe Kenan Gürsoy, les économistes Cengiz Aktar, Ahmet Insel, Eser Karakas et Asaf Savas Akat, les journalistes Mehmet Altan, Ali Buraç, Murat Belge, etc. Certains de ces professeurs enseignent à l’Université francophone de Galatasaray.

http://www.slate.fr/story/83825/neo-confrerie-gulen-france

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